mercredi, 08 mai 2013

Le bilan positif de François Hollande

S’il y a bien un journal qui ne peut  être taxé de favoritisme au Président de la République actuel, c’est bien Le Quotidien du Médecin. Ainsi,dans le dernier numéro  version papier, il est accusé d’avoir « contribué aux mauvaises performances de l’économie française ». Pour autant, deux pages sont consacrées au « bilan santé » du président : « s’il n’a pas tenu l’ensemble de ses engagements, le locataire de l’Elysée a pourtant mené de nombreux chantiers. En un an, il a obtenu l’encadrement des dépassements d’honoraires, lancé un plan de démographie médicale, entrepris de renouer un climat de confiance à l’hôpital et engagé les premières actions de santé publique ».

Pour favoriser la répartition des médecins sur le territoire et endiguer la désertification médicale, toujours selon le Quotidien du Médecin, Marisol Touraine a lancé en décembre 2012 son « Pacte Territoire Santé »avec 12 mesures qui portent sur la formation initiale, l’exercice et les territoires isolés dont la généralisation des stages en cabinet libéral de médecine générale, le déploiement de la télémédecine, le développement des centres de santé ou la création de forfaits pour rémunérer le travail en équipe ».

Les hôpitaux de proximité doivent être réorganisés et le service public hospitalier rétabli alors que la précédente loi HPST l’avait supprimé.

L’encadrement des dépassements d’honoraires a été une des premières tâches de la ministre de la Santé, accusée de manquer de fermeté par les uns, décriée par les autres pour une mesure jugée autoritaire. De fait, les différents syndicats médicaux, l’assurance-maladie et les organismes complémentaires ont trouvé un accord qui apporterait moralité et visibilité dans ce domaine, sous la forme de « contrat d’accès aux soins » en cours de signature et s’appliquerait aussi aux praticiens hospitaliers ayant un secteur privé à l’hôpital.

Par ailleurs, le candidat Hollande s’était engagé à faire baisser le prix des médicaments. Le renforcement du dispositif du tiers payant contre génériques a permis une économie de 200 millions, et depuis le 1er mars dernier, les génériques les plus vendus ont vu leur prix baisser de 25%.

Le troisième plan autisme vient enfin d’être annoncé favorisant un diagnostic précoce dès 18 mois avec une prise en charge spécifique pour les tout-petits. Il s’appuie sur le rapport de la Haute Autorité de Santé, propose un accompagnement éducatif  et accorde un rôle plus important aux familles. Ne nous leurrons pas, les moyens accordés ne permettront pas de combler du jour au lendemain le retard accumulé par la France, de même que le financement de la recherche sur les mécanismes de la maladie se révèlera un peu court, mais les associations semblent satisfaites de ce plan.

François Hollande a promis la prolongation du 3è plan Alzheimer lancé en 2008 sans véritable concrétisation. Il se propose aussi de continuer l’action de son prédécesseur Jacques Chirac dans un 3è plan Cancer.

Enfin, le financement de la dépendance et de la perte d’autonomie promis pour la fin 2011 devrait faire l’objet d’une réforme avant la fin de l’année, reposant sur la solidarité et la responsabilité individuelle.

La santé est vraiment prise en compte par  ce gouvernement, d’autant que la santé du futur est prometteuse tant pour les patients que pour la compétitivité nationale.

Trois secteurs  se dessinent en médecine : la médecine personnalisée qui permet de choisir le traitement le plus adapté en fonction de la biologie du malade, comme elle est pratiquée à l’Institut Gustave Roussy, la médecine régénératrice  qui remplace les cellules déficientes ou les organes endommagés, et la télémédecine qui va révolutionner le suivi des patients atteints de pathologies chroniques, mais aussi opérer à distance au quotidien… comme l’avait pratiqué en première mondiale le Professeur Jacques Marescaux qui depuis New-York avait pratiqué une cholécystectomie chez une patiente hospitalisée à Strasbourg en 2001 !

"On occulte trop souvent le rôle potentiel de la santé comme moteur de la croissance économique. En France, ce secteur représente, dans sa totalité, plus de 11% du PIB. Source d’innovation, il est créateur de richesse et d’emplois " selon le président de l’université de Bordeaux- II.

Le vent de l’optimisme passe par la santé.

 

lundi, 01 avril 2013

Curieuse entrée en matières...

(aucune allusion au Président Chirac qui la gratifiait d’emmerdeuse)….

On ne peut qu’être surpris de l’entrée en campagne de NKM qui, pour tout programme pour Paris, commence par attaquer Anne Hidalgo par le biais d’une condamnation de l’Apur (Atelier parisien d’urbanisme).

Première surprise : il est étonnant qu’une candidate entre ainsi dans l’arène, fussent les arènes de Lutèce chères à Jean Tiberi qui connaît aujourd’hui quelques démêlés avec la justice et ne semble pas apprécier la candidature de l’essonienne.

Deuxième surprise : la candidate est-elle à ce point obnubilée par les juges la semaine où son mentor a maille à partir avec des magistrats dans une affaire qui semble dépasser le cadre d’un atelier d’urbanisme ? Au point de pratiquer des amalgames dans les condamnations?

Troisième surprise : celle qui se décrit dans son livre au titre pour le moins racoleur « Tu viens ? » comme élue locale ne semble guère convaincue par son action de proximité. « Députée de l’Essonne et maire de Longjumeau, parmi les administrés qui ont eu l’occasion de solliciter mon aide, j’ai rencontré une femme », le ton de cette page donne à penser qu’elles ne furent pas nombreuses, celles qui ont réussi à rencontrer leur élue…encore moins celles dont la cause a été satisfaite…Avis aux parisiennes…

Quatrième surprise : NKM raille Anne Hidalgo sur son statut d’héritière… N n’aurait pas connu une telle propulsion  dans la sphère politique sans le KM de son père François maire de Sèvres  et conseiller général des Hauts-de-Seine, de son grand’père Jacques ambassadeur de France et maire de Saint-Nom-la-Bretèche, de son arrière grand’père André, sénateur et maire de Boulogne. Et j’en oublie je suis sure … Est-ce cette grande bourgeoise que les Parisiens veulent élire, elle qui ne connaît même pas le prix d’un ticket de métro , l’évaluant à « 4 euros et quelques » sur Europe 1?

Réserve-t-elle aux Parisiens le mépris qu’elle affiche auprès des Longjumellois qui l’ont élue il y a moins d’un an ?

Et comme elle l’avoue elle-même à la fin de son livre : « il faut ruser avec l’ordre établi pour finalement être entendue ». La diffamation est-elle une ruse ? La fin justifie-t-elle tous les moyens ? Et l’ambition peut-elle s’affranchir des préceptes moraux les plus élémentaires ?

Voilà des réflexions que les électeurs devront méditer.

 

 

 

 

 

dimanche, 17 mars 2013

Quand les primaires deviennent une idée "tout à fait intéressante"

L’effervescence précédant les élections municipales  commence à s’emparer des partis politiques.

Et à droite, la confusion semble avoir du mal à être contenue par les ténors parisiens qui viennent de décider de la tenue de primaires ouvertes afin de départager les six candidats en lice.

Mais déjà, une partie d’entre eux critique« la complexité, l’opacité et l’iniquité qui président à la préparation des primaires à Paris » et reprochent la nomination sans aucune concertation d’Antoine Rufenacht comme « autorité morale ». Il s’agit  de Jean-François Legaret, actuel maire du 1er arrondissement, rompu à la pratique municipale depuis plusieurs mandats, de Pierre-Yves Bournazel, Conseiller de Paris et Conseiller régional et de Rachida Dati, maire du 7è arrondissement et député européen qui concentre les insultes de ses pairs . Lesquels, il faut le dire, ne pêchent pas par excès d’élégance.

Les insultes déversées à son égard, à mon avis, ne feront que l’ancrer dans sa détermination. L’UMP ne lui fera pas deux fois le coup des législatives où elle a été priée de laisser sa place à François Fillon…

Quant à la candidate la plus récente, celle qui fait office de favorite , Nathalie Kosciusko-Morizet, on l’a vue arpenter ce week-end le marché d’Aligre. Il faut dire que le 12è arrondissement est le lieu de prédilection des parachutages de l’UMP. Des esprits chagrins disent même que c’est là où passent les étoiles filantes.

Jean-Marie Cavada, malgré son tandem avec Christine Lagarde, s’était fait balayé aux municipales. Il a d’ailleurs fini par donner sa démission du Conseil de Paris où son fauteuil demeurait vacant lors des séances. Les rares fois où il siégeait, c’était juste le temps d’apposer sa signature sur la feuille d’émargement.

Puis on a vu passer les candidats aux élections législatives, dont Arno Klarsfeld, qui connaissait le 12è puisqu’il l’avait « traversé lors du Marathon de Paris »… Ou Charles Beigbeder , très proche Jean-François Copé. Sans parler de Chantal Jouano qui, sitôt élue sénatrice sur la liste UMP, est allée rejoindre le parti de Jean-Louis Borloo sous les regards furieux des élus UDI et celui pas plus amène de Catherine Dumas qui s’est fait voler sa place au Sénat !

Allons, de quoi nous plaignons-nous ? S’il y a pléthore de candidats,  c’est parce que ces Parisiens veulent se mettre au service de leurs concitoyens.. Et s’ils ne sont pas encore parisiens, ils veulent vite le devenir pour les mêmes raisons.

Reconnaissons plutôt leur dévouement pour se faire élire au terme d’ une campagne électorale animée par des militants généreux, désintéressés et le plus souvent plus convaincus que les candidats !

Mais les dirigeants  UMP auraient-ils déjà oublié toutes les critiques virulentes qu'ils formulaient lors des primaires socialistes? D’ailleurs, NKM  la première trouve aujourd'hui l’idée « tout à fait intéressante ». A ce propos, est-ce elle qui a inspiré le groupe longjumellois les 2 be 3 qui chante "partir un jour, sans retour, effacer notre amour..." ?

 

 

 

mardi, 12 mars 2013

Les flocons enflamment toujours l'UMP...

2009, 2010 …Tombe la neige… et aussitôt c’est « l’épisode neigeux du siècle ».Le  premier ministre de l’époque en perdait ses nerfs. Aujourd’hui, en mars 2013, c’est la postulante à la tête de la Région Ile-de-France qui donne de la voix.

Rappelons-nous janvier 2009. Marseille est paralysée par une tempête de neige pendant deux jours et François Fillon se met en colère. Il réprimande Jean-Claude Gaudin pour la mauvaise gestion de l’évènement : 1500 automobilistes sont bloqués, les autoroutes sont  fermées. Il n’en faut pas plus pour qu’une commission soit constituée à la demande de la ministre de l’Intérieur, Michèle Alliot-Marie et le secrétaire d’Etat aux Transports, Dominique Bussereau, afin d’évaluer les conditions dans lesquelles "les différents opérateurs ont anticipé et géré les conséquences de cet épisode météorologique ".

Décembre 2009. C’est au tour de François Fillon d’être immobilisé par la neige à Villacoublay alors qu’il doit se rendre à Marseille…le sort se réserve parfois beaucoup d’ironie…

Quelques mois plus tard, le Premier ministre rend visite à Vladimir Poutine, et  pendant son voyage, la neige tombe sur Paris créant une immense pagaille. François Fillon fustige depuis Moscou les services de Météo France qui n’ont rien vu venir. Le ministre de l’Intérieur, Brice Hortefeux, réfute pour sa part,  le terme de pagaille. Il admet qu’il y a eu  des complications de la circulation (créant des dizaines de kilomètres de bouchons !) et si les automobiles ont des difficultés pour rouler par temps de neige, c’est à cause des « routes inclinées » ! Même le très sérieux sénateur centriste Jean Arthuis avait alors raillé le ministre dont « les capteurs étaient aussi victimes du gel et du froid ».

Quant à Thierry Mariani, devenu ministre des Transports et qui accompagnait François Fillon, il n’avait pas jugé bon de se rapprocher de ses malheureux concitoyens empêchés dans leurs activités.

Alors, aujourd’hui, quelle mouche a bien pu piquer Valérie Pécresse qui demande une commission d’enquête devant « l’inertie coupable » de Bertrand Delanoë et de Jean-Paul  face aux intempéries et  qualifiant la situation de « chaos » ?

Est-elle agitée par la frénésie fillonesque que déclenchent les tempêtes de neige? Et à l’heure où les collectivités locales sont critiquées pour le nombre pléthorique de leurs agents, est-il cohérent de se plaindre de leur insuffisance ? D’autant que les dits agents ont passé leur nuit à saler les voies, déblayer les routes, secourir les naufragés de la route…

Ne serait-ce pas plutôt en fonction du calendrier électoral ? les un(e)s pensent à 2014, les autres (et peut-être les mêmes) à 2017. Et pourquoi pas 2015, l’année des élections régionales ?

Il n’est un secret pour personne que la députée des Yvelines, chef de file de l’opposition UMP au Conseil régional d’Ile-de-France en brigue la présidence, et qu’elle veut se faire entendre coûte que coûte. N’a-t-elle pas confié que cette élection serait plus difficile que celle qui vient de se dérouler à l’UMP ? Le duel Fillon-Copé va d'ailleurs se prolonger dans la bataille des régionales au travers du duel Pécresse-Karoutchi. Et Roger Karoutchi qui n’a toujours pas admis sa défaite de 2010 réclame déjà une « primaire transparente et contrôlée ». Il semble parler d’expérience…

Enfin, ne conviendrait-il pas de donner quelques idées aux barons parisiens, au cas où ils oublieraient de rendre le Maire de Paris responsable de cette tempête?

Ils n’ont  plus en mémoire la réflexion du Premier ministre, Jean-Pierre Raffarin qui avait calmé ses troupes après un épisode neigeux de 48 heures en janvier 2003 : « il ne faut pas croire qu’on vit dans une société où tout se prévoit » !

dimanche, 10 mars 2013

Le 8 mars, c'est toute l'année!

La Journée internationale des droits des femmes a ceci de particulier qu’elle fait l’unanimité, du moins en apparence.

Les femmes, même les moins engagées, ne sont pas mécontentes de se voir mieux reconnues.

Quant aux réactions masculines, elles relèvent souvent de la plus parfaite hypocrisie.  Beaucoup d’hommes concèdent que l’égalité des femmes tarde à se mettre en place et qu’une journée destinée à sensibiliser la société sur ce droit essentiel  a toute sa légitimité.

Quelques-uns annoncent fièrement que pour eux, « la journée de la femme c’est tous les jours ». Il peut se trouver des hommes sincères énonçant ces propos.  Le plus souvent cependant, ce sont les « mâles dominants » (expression qu’ Anne Hidalgo m’autorisera d’emprunter !) qui les lancent avec un sourire condescendant. Pour eux, il y a belle lurette que les femmes ont acquis la fameuse égalité hommes-femmes…. Et pourtant, s’ils font mine d’accepter celle-ci,  on les sent réticents lorsque cette égalité  menace leur pré carré.

Ainsi les professeurs de médecine qui voient plutôt leurs consœurs faire carrière à diplôme égal dans les branches fondamentales.

Ainsi surtout la classe politique.  Certes, « les codes, les pratiques et les règles de la démocratie française se sont forgés dans un entre-soi masculin qui a duré près de deux siècles » (Anne Chemin-Cahiers du Monde- 9/03/2012), mais ces traditions résistent à la révision constitutionnelle de juillet 1999 et à la loi du 6 juin 2000, voulues par le Président Chirac. Est-il besoin de rappeler que cette loi module l’aide publique aux partis politiques en fonction de la parité lors de la présentation des candidats aux élections ? Est-il besoin de rappeler que l’UMP préfère subir des pénalités plutôt que céder des bastions aux femmes ?

Pour la première fois, en juin dernier, la France s’est dotée d’un gouvernement à parité parfaite dans sa composition, « si le premier ministre n’est pas pris en compte » (17 femmes dans les 34 postes  du gouvernement et 9 ministères sur 18). Un comité interministériel des droits des femmes s’est réuni le 30 novembre dernier. Il n’avait pas été réuni depuis 12 ans !

Une de ses priorités sera d’étudier l’équilibre des temps de vie.  Ce sujet est essentiel et se pose pour toutes les catégories professionnelles. Il en est ainsi chez les femmes médecins. Et l’on peut dire que la féminisation de la profession est en partie responsable des problèmes de démographie médicale.

Les jeunes femmes médecins, désormais majoritaires parmi les médecins en activité (52%), veulent conjuguer leur vie professionnelle et leur vie familiale de façon harmonieuse. Elles n’entendent pas travailler 70 heures par semaine comme leurs prédécesseurs. Elles veulent pouvoir se remplacer entre elles, ne pas exercer en cabinet isolé. Ce nouveau mode d’exercice est d’ailleurs relayé par leurs confrères. L’exercice professionnel s’est ainsi assoupli et tout se passe comme s’il y avait un effet induit par la féminisation de la médecine. On peut donc dire que les femmes médecins sont pionnières dans l’égalisation de l’activité des hommes et des femmes médecins libéraux telle que la réclame la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne adoptée en décembre 2000.

Pour elles, le 8 mars, c’est bien toute l’année !

mardi, 28 août 2012

Dominique de Villepin redonne de la voix....

Est-ce le tintamarre trop assourdissant des candidats à la présidence de l’UMP qui fait sortir Dominique de Villepin de sa retraite feutrée ?

Telles pourraient être les conclusions de l’entretien accordé ce jour à Libération. Pour qui ? Pour quoi ? Pour quand ?

Il dit les avoir « tous vus », ou presque, les candidats à la succession de Nicolas Sarkozy. Il a bien du courage, car leur nombre ne cesse d’augmenter et la dévotion à ce chef qu’ils n’ont jamais tant aimé se fait de plus en plus fervente. Il regrette le désistement d’Alain Juppé qui proposait « une candidature de rassemblement ». Hélas, ce dernier semble avoir déjà beaucoup donné à l’UMP. Il fait dire qu’il a conduit sur les fonds baptismaux l’Union en Mouvement devenue, sous sa houlette, l’Union pour un Mouvement Populaire, et que son passage Rue La Boétie reste gravé dans les mémoires de ceux et celles qui ont eu le bonheur de travailler à cette mise en perspective.

Bref, le Rassemblement n’est plus ce qu’il était, surtout Pour la République. Et l’opinion publique ne peut que se gausser des rivalités plus ou moins affichées des prétendants au grade de chef. Les petites phrases et les grands sous-entendus ne manquent pas et s’avèreraient plutôt amusants s’il ne s’agissait pas d’hommes et de femmes responsables dont les Français attendent plus de tenue.

Que Dominique de Villepin s’exprime à ce sujet, pourquoi pas ? Il les connaît, les a pratiqués, les a appréciés ( ?). Et lorsqu’il affirme qu’il ne pourra pas voter pour l’un (e) ou l’autre, il ne fait que rappeler qu’il ne fait plus partie de l’UMP depuis le 23 février 2011, lorsqu’au Salon de l’Agriculture, il annonçait que «  l’UMP s’éloigne tous les jours un peu plus des valeurs qui sont les siennes », les valeurs gaullistes de justice sociale. Il disait ne plus vouloir reprendre la carte de l’UMP qu’il avait pourtant officiellement rejointe le 4 août de l’année précédente, en réglant une adhésion de 100 euros, comme membre bienfaiteur( ?) et ce, quelques semaines après la création de son propre parti, République solidaire , le 19 juin 2010, à la Halle Freyssinet, au milieu de sympathisants enfiévrés en attente de sa parole et de son action.

A vrai dire, le rassemblement, même s’il ne s’est pas donné pas les moyens de le réussir, constitue sa conviction première. Ce qui explique peut-être la mansuétude dont il fait preuve concernant l’ancien président de la République. Et, pour lui, « faire émerger un nouveau chef ne s’improvise pas » …Le parti «  essaie de se retrouver autour de la figure qui a fait les belles heures de l’UMP »…

Fichtre !

Et lorsque le journaliste évoque les propos de Bruno Le Maire qui décrit François Hollande comme « passé maître en procrastination », il « botte en touche ». Il croit « surtout qu’il est difficile pour le président de la République, compte tenu du piège de la démocratie d’opinion, de s’extraire du temps court pour imposer le temps long » . Se démarque-t-il de son ancien directeur de cabinet, cet amoureux de Proust qui se révèle plus sensible « à la recherche du temps perdu » depuis qu’il n’est plus le ministre de l’Agriculture et de la Pêche de Nicolas Sarkozy ? Il faut dire que ce Bruno Le Maire, habituellement élégant, ne s’est pas grandi en vitupérant sur les vacances de François Hollande qui avait passé son temps (c’est une obsession) dans les trains….

Dominique de Villepin veut revenir sur la scène politique, cela ne fait pas de doute.  Il faut lui reconnaître une analyse brillante de la situation tant européenne qu’internationale. Il plaide pour un renforcement de l’intégration européenne, il s’inquiète de la crise syrienne et de ses conséquences régionales. Sa stature de l’homme opposé à la guerre en Irak, le 14 février 2003 à l'ONU lui colle à la peau. Il préconise une « diplomatie de navette » et veut donner « des dents à la diplomatie ».

De plus, il ne peut «  se résoudre au déclin économique et politique de notre pays ». Voilà qui ressemble à une offre de service aux Français.

Pour quand ? Et comment ?

Je ne crois pas qu’il se résolve à endosser le rôle du « dernier témoin » qu’il décrit dans ce roman : cet arbre seul vestige du monde passé qui veut sauver ce qui peut l’être et « témoigner. Témoigner, ce n’est pas dire, c’est répéter, c’est transmettre, jusqu’à l’épuisement des choses ».

C’est peut-être aussi se donner les moyens d’agir et de gérer « la grandeur et la fragilité des hommes » (Le dernier témoin).

mardi, 24 juillet 2012

Qui êtes-vous donc, Monsieur Guaino...

Pour vous permettre d’ affirmer : « ma France, elle n’était pas à Vichy, elle était à Londres depuis le 18 juin » ?….mais  la France ne pouvait profiter de votre pensée ni de votre émotion en 1940. Elle devra attendre encore pas mal d’années avant votre naissance.

Et qu’eussiez-vous proféré en 1940, devant un maréchal de France, encore auréolé de la gloire de Verdun pour des historiens accrochés à leur savoir 

De quelle légitimité pouvez-vous vous revendiquer ?

Celle de l’onction électorale ? celle-ci est bien tardive… Vous aviez bien tenté, en 2001, d’arracher la mairie du 5è arrondissement de Paris, fort de l’investiture que vous avaient accordée le RPR et votre mentor candidat à la Mairie de Paris, le regretté Philippe Seguin. Vous aviez dû vous incliner devant le dissident Jean Tibéri qui n’avait fait qu’une bouchée de votre candidature….

Ouf ! Onze ans plus tard, la 3è circonscription des Yvelines a fini par vous choisir comme député, circonscription où une chèvre de droite serait élue sans campagne. Là, il vous a fallu cependant composer difficilement avec le maire de la Celle-Saint-Cloud, parfaitement implanté depuis 1998. Même Valérie Pécresse avait trouvé votre candidature « tardive et hasardeuse »… Bref, les obstacles se sont mués comme par enchantement en un second tour semé de roses, et vous voilà enfin élu. Vous allez pouvoir donner libre cours à vos envolées lyriques sur les bancs de l’Assemblée nationale. Encore que vous soyez meilleur souffleur qu’acteur.

Vous avez fini par vous rendre célèbre, vous l’homme de l’ombre, la plume, je ne dirais pas « le nègre » de l’ancien président de la République …

Vous avez organisé la pensée politico-historique de Nicolas Sarkozy. Il reprenait vos propos à la virgule près. Et peu importait si les vérités historiques restaient un peu à la marge de la réalité.  Le président de l’époque, peu sourcilleux sur le fond, déclamait les discours que vous veniez de lui écrire avec l’intonation voulue, celle qui transforme l’histoire en image d’Epinal.

C’est bien vous qui avez suscité sa vocation d’instituteur occasionnel. Vous qui l’avez convaincu de faire lire dans les lycées la fameuse lettre de Guy Môquet, le jour anniversaire de la mort de ce dernier. C’est-à-dire tous les 22 octobre. Pour vous le registre émotionnel prime sur la véracité des faits.

Et que dire du déplorable discours de Dakar où le mépris l’a disputé à la méconnaissance de l’Afrique, qui a si gravement nui à la politique africaine de Nicolas Sarkozy et surtout décrédibilisé la France, notre France, celle qui fut tellement respectée sous le mandat du président Chirac.

Il convient parfois d’observer une attitude humble et reconnaître ses fautes, en l’occurrence celles de l’Etat français, politique de « repentance » menée par Jacques Chirac .

Cette repentance a cependant été maintes et maintes fois critiquée par Nicolas Sarkozy (dans pas moins de 27 discours ?) qui voulait en finir avec la « détestation de soi ».

Alors Henri Guaino, au travers de la critique envers François Hollande dans son discours à l’occasion de la rafle du Vel d’Hiv, n’est-ce pas Jacques Chirac que vous visez de façon aussi mesquine qu’inélégante ?

dimanche, 22 juillet 2012

La Corrèze et ses grands présidents.

Le Président Chirac, avait «  énoncé pour la première fois, avec lucidité et courage » la faute de la France lors de la rafle du Vel d’Hiv, dans son discours du 16 juillet 1995, comme l’a indiqué ce jour son successeur. Le Président Hollande reprend une phrase de sa déclaration d’alors : « La France, dit-il, la France, patrie des Lumières et des droits de l’Homme, terre d’accueil et d’asile, la France, ce jour-là, accomplissait l’irréparable » .

 François Hollande a surpris son monde, et surement ses amis socialistes, Jack Lang, Jean Glavany et Claude Bartolone, qui, en 1995 avaient critiqué Jacques Chirac. Ils restaient fidèles à François Mitterrand qui distinguait le régime de Vichy et la République. « Ne demandez pas des comptes à la République, elle a fait ce qu’elle devait. L’Etat français ce n’était pas la République» avait exposé le président socialiste.La déclaration ferme de François Hollande a rassuré la communauté juive qui s’inquiétait de son positionnement, comme Serge Klarsfeld l’avait évoqué dans la tribune d’un grand quotidien. Aquilino Morelle avait garanti à ce dernier « la fidélité de la Nation, au devoir de la mémoire et la détermination (du Président) à dire l’histoire telle qu’elle fut et à en tirer les leçons qui s’imposent ».

Et bien voilà. François Hollande s’est lui aussi montré « lucide et courageux ».

 On peut dire que ces deux présidents semblent partager beaucoup de points de vue, et depuis longtemps.

Tous deux, hommes de cœur et de paix, soucieux de vérité et de responsabilité.

Qui a dit que pour faire un bon président, il faut aimer les gens ?

Ils aiment aller au contact de la population, serrer des mains, embrasser des enfants. Exactement ce qu’a fait François Hollande vendredi dernier, à l’occasion de l’étape du Tour de France à Brive ou sur le marché de Tulle. Puis il a rendu « une visite de courtoisie et amicale » à Jacques Chirac qui, dit-on était heureux de l’entretien. Madame Chirac ne confie-t-elle pas au JDD que les deux présidents « ont parlé de choses et d’autres, comme ils avaient l’habitude de le faire auparavant, de manière très amicale et, et très libres. Ils se sont beaucoup rencontrés dans le département, vous savez »….

 Et ce n’est pas l’humour corrézien qui pousse aujourd’hui les journalistes à dire que « François Hollande marche dans les pas de Jacques Chirac » …

dimanche, 15 juillet 2012

Deux mois déjà....

Deux mois depuis sa prise de fonctions… pour un candidat qui, selon ses adversaires, ne connaissait rien aux questions internationales, François Hollande se débrouille plutôt bien.

Il a enchaîné G8, G20, sommet de l’Otan, sommet européen, rencontres avec Angela Merkel. Il a même réussi là où son prédécesseur avait échoué : obtenir de la Chancelière allemande des mesures de croissance, complétées dans ce « paquet européen » par une supervision bancaire, une taxe sur les transactions financières et le pacte budgétaire.  Certes, les avancées de Bruxelles semblent aujourd’hui, marquer le pas, et l’euro n’est pas sauvé pour autant, mais la France ne s’est pas inclinée devant l’Allemagne…

Puis la politique nationale s’est imposée avec la Conférence sociale voulue par le nouveau Président, et surtout la catastrophe de PSA avec l’annonce de la suppression de 8000 emplois et la fermeture de l’usine d’Aulnay-sous-Bois en 2014. Il est vrai que Nicolas Sarkozy avait promis que la C3 de Peugeot serait fabriquée à Aulnay jusqu’en 2013 ! De là à penser  qu’une entente avait été établie entre l’ancien président et le président du Directoire de Peugeot pour que le plan social ne soit annoncé qu’après les élections présidentielles, il n’y avait qu’un pas ; d’ailleurs reconnu par Philippe Varin lui-même qui " ne voulait pas en faire un enjeu de la campagne électorale " .

François Baroin, ancien ministre de l’Economie, peut critiquer le chef de l’Etat et lui reprocher « de s’essuyer les pieds sur ses prédécesseurs. Et cela ne résiste pas à l’analyse », ajoute-t-il. Il oublie que PSA perd de l’argent depuis 2010 et les 4 milliards d’euros d’aides de l’Etat n’y ont rien changé…

Ils ne sont d’ailleurs, pas très cohérents les ténors de l’UMP lorsqu’ils critiquent à tout-va le nouveau gouvernement. Faut-il rappeler la fraiche adhésion d’Alain Juppé à l’inscription de la Règle d’or dans la Constitution, lui qui écrit, à ce sujet : « je ne suis pas contre, mais je n’y croit guère…On expliquera, à la première crise grave, que des circonstances exceptionnelles font qu’il n’y a pas d’autres moyens que de violer la Constitution….Il suffit de voir ce qui s’est passé avec le Pacte de stabilité et de croissance au respect duquel tous les Etats qui ont adopté l’euro s’étaient, pourtant, obligés par traité » (La politique telle qu’elle meurt de ne pas être. Alain Juppé et Michel Rocard).

Jean-François Copé, et ses sbires s’impatientent. Quant à François Fillon, il n’en finit pas d’annoncer, depuis cinq ans, la faillite de la France.

D’autres membres de l’UMP font preuve de plus de sincérité : Patrick Devedjian, lorsqu’il dit dans le JDD de ce jour que « la droite ne sait plus ce qu’elle défend ni quel projet de société elle veut… Si elle se contente de dire qu’elle est contre tout ce que dit et fait la gauche, elle n’ira pas très loin ». Et Bruno Le Maire, sans aller jusqu’à l’inventaire du gouvernement précédent, parle des « mauvaises habitudes » responsables du colossal déficit budgétaire, et du discrédit des citoyens envers leurs représentants politiques.  Il apprécie le changement de style présidentiel  de François Hollande: « plus de dialogue et plus de simplicité » qui vont « dans la bonne direction », même si lui aussi se révèle impatient de connaître son dessein pour la France !

Les compliments viennent de celui qui se veut « une voix d’expérience et d’indépendance » : Dominique de Villepin. N’a-t-il pas estimé, contrairement à d’autres, que François Hollande a « l’étoffe » d’un président de la République. « Il est préparé. C’est quelqu’un qui a concentré sa vie sur cet objectif. L’objectif de décider….Je crois que c’est un homme qui est capable de faire des synthèses…Nous avons besoin aujourd’hui d’équilibre dans notre pays. C’est la rude tâche qui est la sienne »…

lundi, 11 juin 2012

Les premiers résultats électoraux d'un président normal

C’est peu dire que la France vit selon un mode apaisé depuis le 6 mai dernier.

La simplicité prime sur la frime et l’humilité sur l’arrogance.

Tout n’est pas résolu pour autant sous le beau ciel de notre France mais l’auto-satisfaction permanente du gouvernement précédent  a laissé la place à une placidité assumée, dût-ce cette dernière faire passer ses responsables pour indolents.

Et le peuple de France ne s’y est pas trompé hier, même si 42,77 % ont préféré regarder la finale de Roland Garros ou suivre l’épopée footballistique de l’Euro 2012, ou encore préparer leur examen de fin d’année scolaire. Ce taux d’abstention a battu des records puisqu’il n’était que de 39,58% en 2007.

Il faut reconnaître cependant que, même las, les électeurs ont donné 34 % de leurs voix au PS, alors qu’ils n’avaient été que 26% en 2007. C’est dire que non seulement le spectre de la cohabitation s’éloigne, mais encore qu' une majorité absolue socialiste à l’Assemblée nationale est envisageable.

Les Français semblent apprécier les premières mesures de François Hollande et son style. Ils lui ont ainsi confirmé leur confiance.

Et même à Paris, le PS progresse. Un seul député a été réélu au premier tour, l’ UMP Claude Goasguen, qui a bravé les dissidences dans son fief du 16è arrondissement. L’ouest parisien semble décidément une forteresse bien gardée puisque Bernard Debré s’apprête à endosser le maillot de vainqueur devant la maire du 17è, Brigitte Kuster, dissidente déterminée mais qui vient d’abdiquer avant le second tour. Quel chantage a-t-elle subi pour d’un coup effacer tant de lauriers ?

Quant au 15è arrondissement, si Philippe Goujon rate encore une fois son entrée au parlement dès le 1er tour, alors que la circonscription semble avoir été découpée à son intention, on peut s’interroger sur les chances de Jean-François Lamour, malgré ses 43,9%  de vote favorable. En effet, en 2007, il avait récolté 36,6% des voix au premier tour, tandis que  Michel Bulté défendant les couleurs du Modem en amassait 10% , Dominique Baud 3,2% et surtout René Galy-Dejean 11,4%, malgré l’investiture qui lui avait été retirée par l’UMP. Toutes ces voix auraient dues être capitalisées par le candidat investi. Et pourtant, le résultat final ne lui en accordait que 56% . Certes, il n’y a que le résultat qui compte. Cependant, partant des mêmes calculs, et malgré aujourd’hui une avance substantielle apparente sur Gilles Alayrac, la chose n’est pas entendue. En effet, l’UMP ne dispose plus de la réserve de voix apportée en son temps par Michel Bulté et surtout René Galy-Dejean.

Habitants du 15è réveillez-vous. Interrogez-vous sur ce qu’il reste d’un parti hégémonique qui n’est même pas capable de faire élire une femme députée dans la capitale, et donnez au Président de la République les moyens de faire vivre les Français dans une société plus juste et plus… apaisée.