mardi, 24 janvier 2012

L'un s'aime trop, l'autre aime la France

La presse bruisse ce soir des propos que le président de la République a tenu à des journalistes dans l’avion que les ramenait de Guyane.

« De toute façon, je suis au bout…Dans tous les cas, pour la première fois de ma vie, je suis confronté à la fin de ma carrière. Celle-ci , ajoute-t-il, peut intervenir dans quelques mois ou dans cinq ans » (Le Monde-25/01/2012). Quel sentiment l’anime ? Sincérité ou posture ? N’est-il pas en train de nous refaire le coup de « j’ai changé », avec une telle humilité que les Français vont se battre pour garder un président qui doute à ce point de lui-même !

A vrai dire, en quoi ces états d’âme peuvent-ils intéresser le pays ?

Pour Dominique de Villepin, interrogé ce soir par Ruth Elkrief, Nicolas Sarkozy est simplement lucide. Lequel se dit, selon l’ancien Premier ministre,  : « si ça se passe mal, et c’est une hypothèse que je ne peux pas écarter, il y aura une autre vie pour moi ».

Dominique de Villepin, loin de se réjouir des interrogations du président, est attristé par cette situation, triste de ces quatre années et demie de gâchis. Il préconise « beaucoup d’orgueil pour le pays que l’on sert et beaucoup d’humilité au quotidien». Il reproche à Nicolas Sarkozy d’avoir choisi des hommes faibles pour gouverner, d’avoir divisé les Français, d’avoir voulu transformer le pays à partir de l’Elysée, sans feuille de route, et d’avoir aggravé les dépenses publiques de 500 milliards en cinq ans.

Il ne se veut surtout pas donneur de leçons, mais parle de son expérience et de son sens des réalités devant la crise majeure, la mondialisation, les problèmes financiers dont ceux du secteur bancaire. A cette occasion, il reparle de sa proposition de créer un service public bancaire. Dans le projet de Dominique de Villepin, cette suggestion s’inscrit dans un premier axe qui est de construire de nouveaux services publics (le deuxième étant de mettre la personne au cœur du modèle social et le troisième un nouvel ancrage des politiques publiques en rééquilibrant les territoires. Le tout obéissant à la priorité de « faire du modèle social français notre atout et notre identité dans la mondialisation »).

A Ruth Elkrief, il déclare se battre pour ses convictions, « par devoir et par expérience ». Il veut que la politique intéresse le citoyen. Il veut réhabiliter le rôle du citoyen.

Losqu’elle l’interroge sur la politique étrangère de la France,  l’homme de l’ONU reparaît, pour qui « la diplomatie engage la parole de la France ». Il pense que les parlementaires ont eu tort de légiférer sur la mémoire et de blesser un pays ami tel que la Turquie. Comme pour la Chine, les erreurs sont difficilement rattrapables dans le court terme, car « la confiance, tant dans la politique intérieure que dans la politique internationale, est très fragile »
Dominique de Villepin veut que la France retrouve son indépendance et sa souveraineté, et soit à la tête d’une vraie stratégie. Un beau programme !

 

vendredi, 20 janvier 2012

La santé absente des programmes électoraux?

L’augmentation dramatique du chômage, la perte de « notre trésor national » dans la dégradation de la France concernant le triple AAA, abreuvent les discours politiques du moment. Il n’en reste pas moins que pour Le généraliste : « 84% des Français jugent l’amélioration de l’accès aux services de santé comme un critère important dans leur soutien à un candidat politique ».

« Le manque de médecins et le coût de la santé sont au cœur des préoccupations de nos concitoyens » ajoute-t-il.

Et pour cause. Il suffit, pour s’inquiéter, d’écouter la vice-présidente de l’Agence régionale de santé et vice-présidente du conseil régional de Bourgogne, docteur en géographie de la santé( ?), et adjointe au maire de Dijon, vouloir « remplacer les médecins par les vétérinaires en milieu rural » ! Cette malheureuse élue (PS) a pour circonstance atténuante d’être tellement multi-professionnelle, exerçant de tellement nombreux mandats qu’elle méconnaît les spécificités de ces deux professions et qu’elle disqualifie « le poste de présidente de la conférence régionale de la santé et de l’autonomie » qu’elle occupe…

Elle ne donne pas une image valorisante de l’ARS de Bourgogne, issue, comme les autres ARS, de la  loi HPST (Hôpital, patients, santé, territoires) encore appelée loi Bachelot, usine à gaz tellement complexe que trois ans après son vote, tous les décrets d’application ne sont toujours pas parus !

Une autre idée, presqu’aussi géniale a germé dans le crâne d’un élu UMP, multi-mandaté lui aussi puisque maire de Fontainebleau, président de la communauté de communes de Fontainebleau-Avon, conseiller régional d’Ile de France. Ce président de la Fédération hospitalière de France veut faire remplacer les médecins libéraux par des médecins hospitaliers dans les déserts médicaux. L’hôpital deviendrait l’organisateur des soins de proximité et scruterait l’activité des cliniques privées. Pourquoi pas ? A ceci près que l’hôpital ne passe pas pour un système très performant dans la gestion des urgences et des tours de garde et que l’heure est plutôt à la réduction des séjours hospitaliers. Cette mesure s’apparente à de la provocation à l’égard des médecins libéraux….  

Ah, ces libéraux qui osent partir à la retraite sans avoir trouvé de successeur pour reprendre leur cabinet !

Le député du Nouveau Centre, Philippe Vigier, biologiste, maire de Cloyes-sur-le-Loir( où il voulait implanter une gare TGV) a lui tout bonnement proposé une loi prévoyant des mesures autoritaires pour combattre la désertification médicale, autre provocation soutenue par une cinquantaine de députés de la majorité, alors que le président de la République refuse, aujourd’hui, toute mesure contraignante à la liberté d’installation.

On le voit, tous les partis politiques font de la surenchère car l’accès aux services de santé s’impose au premier plan des préoccupations des électeurs. Ceux-ci s’interrogent autant sur les inégalités territoriales que sur le renchérissement des coûts de la santé avec, pour corollaire, le renoncement aux soins.

570 euros : c’est le budget annuel moyen qui reste à la charge des Français pour leur frais de santé (sondage Opinionway du 17/01/2012).

6  Français sur 10 déclarent avoir renoncé à des soins parce qu’ils étaient trop chers : lunettes et prothèses dentaires. Un tiers a renoncé à une visite chez un spécialiste, un quart à certains médicaments non remboursés. Ils changent plus facilement de mutuelle, soit pour être mieux couverts, soit pour payer moins cher.

Il va bien falloir enfin mener une politique cohérente en matière de santé, effacer « les quatre premières années du quinquennat qui ont été nulles » (Dr Chassang, président de  la Confédération des syndicats de médecins libéraux) et encourager sérieusement la médecine de proximité par un soutien à l’exercice en équipe et aux maisons de santé. Et peut-être s’intéresser aux femmes médecins, majoritaires en nombre chez les moins de 40 ans ; les salariées s’estiment victimes de discrimination avec 30% de revenus en moins qu’un homme, et les libérales aspirent à une meilleure couverture sociale dont la prise en charge d’indemnités journalières par l’assurance maladie au premier jour d’arrêt de travail pour une grossesse pathologique…

Où en sont les programmes de refondation de la médecine que Nicolas Sarkozy a appelés de ses vœux tous les ans à l’occasion de ses  visites dans le monde hospitalier ?

dimanche, 15 janvier 2012

Un exemple de gaspillage.

« Si je suis élu président, dans deux ans, plus personne ne dormira dans la rue ! ». C’était Nicolas Sarkozy à l’hiver 2007…

5 ans plus tard, non seulement, les gens sans abri ne se comptent plus sous les ponts, dans les rues ou ailleurs, mais il ne s’agit plus de personnes seules, mais de jeunes et de familles à la rue.

23867 demandes d’hébergement d’urgence n’ont pas été satisfaites en décembre dernier sur 48618 appels au 115.

Pour Xavier Emmanuelli, ancien secrétaire d’Etat à l’Aide humanitaire d’urgence et fondateur du Samu social, « l’Etat ne comprend pas l’urgence sociale et gère chaque année l’exclusion comme si c’était une crise passagère alors que c’est une crise chronique ». Il a d’ailleurs démissionné de ce Samu si cher à son cœur en juillet dernier à la suite du désengagement partiel de l’Etat qui finançait le Samu social à la hauteur de 92%. Il avait cru, le malheureux, aux promesses de Benoît Apparu, secrétaire d’Etat au Logement qui affirme aujourd’hui que le gouvernement a ouvert depuis cinq ans 25000 places d hébergement supplémentaires pour les sans abri !

Querelle de chiffres ? Si tous les partenaires sont de bonne foi, comme on l’espère,  ils ne parlent pas le même langage et ne prennent pas en considération les différents types de population. Peut-être ne connaissent-ils pas le sujet !

Autre fait : Lors d’un hiver rigoureux, il y a deux ou trois ans, le président de la République avait souhaité que les équipes de maraude aillent à l’encontre des personnes sans abri et les contraignent à un hébergement d’urgence. Ce qui avait soulevé un tollé, que personne ne se rappelle, la cause des sans abri n’étant pas la préoccupation première de tout un chacun. Comment obliger un SDF à quitter ses 2 m2 de bitume s’il ne le souhaite pas ?

Xavier Emmanuelli, président de l’association Les Transmetteurs, qu’il a fondée en décembre 2006, composée de médecins retraités capables de répondre à toute crise sanitaire, avait envoyé des volontaires, bénévoles, pour renforcer les équipes de maraude, la nuit. Cette opération ne s’était pas révélée très positive, les SDF n’appréciant pas de voir des têtes nouvelles au milieu d’équipes habituées à les rencontrer la nuit et leur apporter un peu de réconfort. Par ailleurs, animés d’empathie et de bonne volonté, les confrères ne savaient pas comment les aborder, et pouvaient déclencher des gestes d’agressivité chez ces gens de la rue.

Benoît Apparu est-il au courant de cette expérience ?

Toujours est-il qu’en ce moment, pour le compte de l’EPRUS, et sous l’autorité du gouvernement,  un médecin intérimaire passe des coups de fil à tous les médecins retraités pour leur demander leur concours afin de renforcer ces maraudes. Les médecins « disposeront d’un sac à dos contenant divers affaires pour les petites urgences médicales ». Le malheureux ne connaît pas la composition de cette trousse d’urgence. Il croit qu’elle comprend un appareil à tension entre autre…Je mets au défi le plus brillant des secrétaires d’Etat ou des ministres de prendre la tension artérielle dehors, par moins 10 degrés, à un SDF ensommeillé dont on aura dévêtu un bras !...Quant à la prise de température corporelle par voie cutanée, il n’est pas besoin de médecin pour ce faire.

Donc, le gouvernement est à la recherche de médecins volontaires, engagés de 19 à 24 heures, payés 265 euros pour être inefficaces…la mesure mérite d’être révélée.

Qui a eu cette brillante idée ? Elle a pris une forme réglementaire  lors du protocole interministériel du 14 décembre 2011 qui en a chargé l’EPRUS.

L’Etablissement de Préparation et de Réponse aux urgences Sanitaires (EPRUS), placé sous la tutelle du ministère de la santé, a été créé par la loi du 5 mars 2007 modifiant le code de la santé publique. Il possède deux missions principales :

la mise en place et la gestion administrative, financière et opérationnelle d’une réserve sanitaire de l’Etat,

la gestion des stocks stratégiques des produits de santé de l’Etat.

Pour la petite histoire, et non la moins coûteuse, l’EPRUS n’est apparu sur le devant de la scène sanitaire qu’à l’occasion du stockage du Tamiflu, antiviral tellement puissant que la vue des containers, en nombre impressionnant, a effrayé le virus H1N1 !

Enfin, ce dispositif qui prévoyait la constitution de la réserve sanitaire avec 1000 professionnels de santé pour la réserve d’intervention et 20000 pour la réserve de renfort n’a séduit à ce jour que 268 professionnels pour la réserve d’intervention et 235 pour la réserve de renfort. Lesquels ne sont quasiment jamais intervenus (seulement pour la vaccination anti-grippale et l’examen médical des enfants venant d’Haïti le 23 décembre 2010)

La Cour des Comptes s’intéresse aux processus d’indemnisation des personnels réquisitionnés, rémunérés par l’EPRUS. Elle devrait s’intéresser à cette usine à gaz qui compte plus d’agents administratifs que de professionnels de santé. Lesquels ne servent à rien.

Voilà comment la France perd ses AAA! Et les contribuables leurs deniers !

samedi, 14 janvier 2012

Coup de tonnerre!

Certes, l’orage grondait depuis quelques semaines et le président de la République avait subtilement changé de registre quant à la bonne gestion de la France dont il se voyait le protecteur. Il se faisait le gardien du triple A, note maximum de crédibilité des dettes souveraines, telle que l' évaluaient les agences de notation, dont la fameuse Standard & Poor’s.

Cette défense du triple A était devenu une « obligation pour le gouvernement » et avait justifié l’annonce, plus que la réalisation, de deux plans de rigueur en quatre mois.

Patatras, hier vendredi 13, à 100 jours du premier tour des élections présidentielles, l’agence Standard & Poors a dégradé la note de la France en AA+. Certes, c’est la seule agence, sur les trois, à montrer une telle sévérité, et ce résultat était déjà anticipé sur les places boursières. De plus, une telle sanction pourrait ne pas avoir de trop graves conséquences financières, comme l’ont montré les Etats-Unis, déclassés mais peu sensibles à cette appréciation.

Il n’en demeure pas moins que l’Allemagne, subissant la crise comme la France, ne connaît pas pareille vicissitude, et que la France va désormais avoir du mal à lui imposer ses vues. Qu’en sera-t-il de la taxe Tobin que Nicolas Sarkozy se faisait fort d’imposer à la planète, à commencer par l’Union européenne ?

Lui qui ne se voulait pas « chef du Club Med », raillant les pays de la zone euro où le Club Med a installé des villages ( Grèce, Italie, Espagne, Portugal), il va devoir montrer des prétentions à la baisse. Ce qui ne va pas faciliter sa campagne électorale lorsqu’ il va se décider à annoncer sa candidature. A moins que la prise de conscience, sincère, de son très triste bilan ne l’en dissuade. Car, comme le dit Dominique de Villepin, « la perte du triple A, c’est l’échec de la politique gouvernementale, mais pas de la France. C’est la sanction d’une politique…Le président de la République a su gérer la crise, mais n’a pas su l’anticiper».

Pour l’ancien Premier ministre, « les Français paient le prix cher d’un enlisement de longue date », mais il met en garde contre la tentation d’accorder «  une admiration malsaine et démesurée » à la notation perdue : « la chute des fétiches n’est pas la chute de la tribu » !

Dominique de Villepin évoque « une cohérence d’action permettant de dépasser le malaise européen et un pacte de croissance et d’emploi autour d’une urgence : permettre aux Français de travailler, de travailler en France, d’accorder leur confiance à un modèle économique et social plus juste, plus équilibré ». Il invoque également « une quête d’union nationale, autour d’un projet collectif et exigeant » (AFP).

Par ailleurs, c’est bien parce qu’il se préoccupe de l’emploi et des jeunes qu’il a passé une partie de l’après-midi d’hier, au Salon de l’apprentissage et de l’alternance où les jeunes visiteurs n’ont pas boudé leur plaisir de le saluer, lui serrer la main et immortaliser la rencontre par de nombreuses photos, avec des arrêts prolongés à divers stands, ceux de la RATP, de la fédération française du bâtiment-Grand paris, au centre Gustave Eiffel, au stand de Sup de V et à bien d’autres… Dominique de Villepin est à l’écoute de la population. Il entend vraiment mettre en place « un pacte de croissance et d’emploi » pour redresser la France .

On ne peut que souscrire à ce langage de vérité et espérer voir transposé de Matignon à l’Elysée l’excellent bilan de son mandat pour les cinq années à venir. Il faudra bien un quinquennat pour effacer les dégâts causés par les tempêtes de l’actuel président !

mercredi, 11 janvier 2012

Dominique de Villepin, le candidat qui s'impose...

Des esprits chagrins ont raillé la montée de Dominique de Villepin dans un sondage qui ne citait pas son origine. Ils ont pu être très vite rassurés par celui réalisé par BVA et publié par Le parisien lundi dernier.

Dominique de Villepin n’atteint certes pas les 8% annoncés, mais il enregistre la plus forte progression. Il se place à la hauteur d’Eva Joly. Pas mal pour un candidat déclaré depuis quatre semaines seulement, avec le seul soutien d’un parti jeune, décrié, sans financement. Il faut dire que l’annonce de sa candidature a dynamisé ses troupes, de façon étonnante pour les observateurs extérieurs. Témoins les 200 cadres réunis rapidement dimanche dernier, qui n’ont pas hésité à traverser la France et à modifier leur programme pour recevoir leur feuille de route. Et les adhésions se font de plus en plus nombreuses…

Pourquoi Dominique de Villepin apparaît-il de plus en plus crédible ? Tout simplement parce que ses idées sont reprises, et parfois à la va vite, par les autres candidats.

Il est plaisant d’entendre l’UMP vitupérer sur la cacophonie de la gauche concernant la modulation du « quotient familial ». Comme si la TVA sociale faisait l’unanimité dans ses rangs !

Dominique de Villepin, lui, propose, pour retrouver un projet collectif citoyen, une réforme fiscale avec la création d’un « grand impôt citoyen », signe de simplicité, impôt unique retenu à la source, fusionnant la CSG, la CRDS et l’Impôt sur le revenu. « Un euro de revenu quelle que soit son origine, doit être taxé de la même manière ». Ce grand impôt citoyen doit être signe de justice sociale, avec une progressivité renforcée, une révision de la fiscalité sur le patrimoine, tout en maintenant une franchise des petits patrimoines. Il serait signe d’engagement civique, payable par tous, personnellement, même à titre symbolique.

Par ailleurs, Dominique de Villepin  propose un levier fiscal moderne pour enclencher un changement de modèle économique avec une TVA 3E (Environnement, Emploi, Exportation), modulable en fonction de critères environnementaux et remplaçant une part des cotisations sociales, salariales et patronales. Une réduction de 4 points et des charges patronales pour soutenir la compétitivité, la relocalisation industrielle et la création d’emplois, et des charges sociales pour soutenir les salaires et le pouvoir d’achat.

Force est de constater que cet ancien Premier ministre sait de quoi il parle parce que, lui, a un bon bilan. Il ne lui a fallu que deux ans pour baisser le chômage, réduire le déficit public et la dette. Laquelle est devenue monstrueuse dans les cinq années qui ont succédé à son mandat.

La France a besoin d’un Président calme, compétent, expérimenté, qui ne confond pas vitesse et précipitation, « un président qui pendant cinq ans ne fasse pas le travail du Premier ministre », pendant que personne ne « fait le travail de président »…avec pour résultat, des Français « de plus en plus divisés »…  Avons-nous envie de revivre « un quinquennat pour rien » ?

mercredi, 04 janvier 2012

Une polémique pitoyable!

A 100 jours du premier tour de l’élection présidentielle, alors que les candidats sont dans les starting-blocks, se guettant les uns les autres, mais avec un certain respect, ce qu’on appelle le fair-play (oh la la, la colère me ferait-elle utiliser un franglais honni !), voilà que l’équipe d’un candidat encore putatif s’en prend à l’un des autres, avec un procédé lamentable. Que dis-je déshonorant pour elle, pour lui, pour tous !

Le candidat PS aurait parlé du président de la République en des termes  peu amènes. A partir de là, volées de bois vert, hirsutisme des fan-girls, psittacisme des hérauts…

Ou comment faire du buzz avec la plus parfaite mauvaise foi !

Les faits : un journaliste du Parisien écrit ce matin que François Hollande avait qualifié le chef de l’Etat de « sale mec » , au cours d’un déjeuner, en off…  A partir de là, ouragan médiatique, demande d’excuses publiques, etc, etc… A croire que l’UMP est tellement à court d’argument électoral que les membres du gouvernement sont heureux de combler le vide sidéral du programme de son candidat pas-encore-déclaré ! Et pour cause, Nicolas Sarkozy en trois mois veut mettre en place ce qu’il n’a pas réussi en quatre ans et demi. Il lui sera difficile dans ces conditions de présenter, de façon crédible, un programme quand on sait ce qu’il a fait du précédent.  

Bref, le gouvernement lui-même déchiré sur la TVA sociale, les ministres désavoués par le Président sur la fermeture de SeaFrance, ne donnent pas une image reluisante de cette fin de quinquennat. A partir de là, faisant feu de tout bois, voilà les partisans du chef de l’Etat qui montent au créneau, ulcérés par les propos du candidat PS. Ils sont peut-être partis un peu vite, si l’on en croit Le Figaro, pourtant confit dans le sucre présidentiel. En effet, selon lefigaro.fr, « le journaliste du Parisien….a reconnu qu’il s’agissait d’une tirade parodique, ce qui n’avait pas été précisé dans l’article ».

On pourrait considérer l’incident clos. A ceci près qu’il est étonnant que les hommes et les femmes du Président s’émeuvent de propos moins vulgaires, à tout prendre,  que les « cas’toi, pauv’con », « descends si t’en un homme », etc…

On pourrait s’émouvoir du manque de respect dû à la fonction présidentielle. A ceci près que le successeur de Jacques Chirac n’a jamais montré l’élégance de son prédécesseur. Lequel s’est toujours abstenu de jugement concernant un jeune militant qui lui devait sa carrière, sinon sa trahison. Et pourtant « les rois fainéants » n’on jamais appelé ni explications  ni encore moins d’excuses.

De toutes les façons, l’exemple vient d’en haut. Si le président tient un langage de charretier, il ne peut prétendre entendre ses sujets parler comme Madame de Clèves ! Et puis, une réaction aussi démesurée ne traduit-elle pas une vulnérabilité que l’entourage devrait plutôt masquer?

Un homme d’Etat digne de ce nom et son entourage se doivent de montrer un sang froid à toute épreuve.

Nicolas Sarkozy n’a rien d’Auguste : « je suis maître de moi comme de l’univers » et ses sbires, à l’occasion de cette misérable polémique, montrent qu’eux aussi sont loin de la quiétude indispensable pour mener les affaires de la France!

 

mardi, 03 janvier 2012

En 2012, mieux vaut être riche et en bonne santé!

Depuis trois jours, les fonctionnaires en arrêt de maladie subissent une journée de carence et les salariés du privé dont le salaire brut s’élève à plus de 2 450 euros voient leurs indemnités journalières diminuées.

Le doublement de la taxe sur les contrats de santé va provoquer une hausse de 5% des complémentaires santé.

Bref, près de deux Français sur dix affirment avoir réduit leurs dépenses de santé, faute de moyens, selon un sondage pour Santé magazine à paraître le 6 janvier. «  42% renoncent à des soins dentaires, 30% à des soins ophtalmologiques, 28% ne pratiquent pas les examens prescrits. Pourtant 93% des répondants affirment avoir une mutuelle santé »(Le généraliste.fr) . Voilà pour la médecine de ville.

Par ailleurs, malgré la reconnaissance de l’HAD par la loi Hôpital, patient, santé et territoires (dont tous les décrets d’application ne sont pas encore parus, 30 mois plus tard), les établissements d’hospitalisation à domicile souffrent. 38% étaient en déficit en 2010  et ils seront plus nombreux en 2011. Les autorités de tutelle sont convaincues du bien-fondé de ces structures de soins offrant une alternative à l’hospitalisation classique. Malgré le bénéfice apporté par cette solution favorable aux patients, moins onéreuse qu’un séjour hospitalier, facile à implanter dans les zones rurales, terrain de prédilection de la télémédecine, l’enveloppe affectée à l’HAD s’est vue amputée de 5% en trois ans. Il est vrai que l’HAD prend en charge des patients de plus en plus lourds, recevant des médicaments coûteux comme des antibiotiques ou des antimitotiques. « certains patients nous coûtent 3 fois plus cher que ce qu’ils nous rapportent » se plaint Elisabeth Hubert, présidente de la FNEHAD (Fédération nationale des établissements d’hospitalisation à domicile), « et certains établissements sont contraints de refuser des malades en voyant les prescriptions dont nous ne sommes pas à l’origine ! » Ne serait-ce pas le début d’une discrimination ?

Quant à la pédiatrie et à la rééducation, Xavier Bertrand, son lointain successeur au ministère de la Santé, avait promis de prendre en compte ces deux domaines. Hélas, cette promesse s’est révélée sans suite, et pourtant, les avantages procurés par l’HAD d’enfants  ne sont plus à démontrer !

Enfin, cerise sur le gâteau, les jeunes accouchées restent trop longtemps à la maternité. Déjà, le plus souvent, elles regagnent leur domicile au bout de quatre jours, à peine remises de leurs fatigues, et commençant l’apprentissage de l’allaitement. Eh bien, la CNAM ne veut plus les garder que deux jours. Ce dispositif, dénommé PRADO (projet d’aide au retour à domicile),est expérimenté dans huit départements, et devrait être bientôt étendu à tout le pays. Les 3 500 sages-femmes libérales devront se démultiplier pour réaliser une à deux visites au domicile dans la période post-accouchement. Elles attendent la révision de leurs honoraires…

Faire des économies, tout le monde en est bien d’accord, mais pas à n’importe quel prix !

D'ailleurs, "la santé, ça n'a pas de prix"! ou mieux, pendant cette période de voeux: "Bonne année, bonne santé"!

 

 

 

dimanche, 01 janvier 2012

Bonne année 2012!

Tous les ténors politiques ont souhaité une bonne année aux Français

Il fait dire qu’à moins de quatre mois de l’élection présidentielle, il est de bonne guerre, pour les candidats, de glisser dans leur discours quelques propositions de leur programme qui feraient la vie plus belle à leurs chers compatriotes.

Le président de la République n’a pas failli à l’exercice, encore qu’il ait évité de se positionner en candidat à sa réélection. Les derniers vœux de son mandat avaient un ton bien pathétique. La Crise est responsable de tous les désordres enregistrés dans le pays, fussent-ils antérieurs. Mais grâce au courage et au sang-froid de tous, dont les siens, le pire a été évité. Il est vrai qu’il ne manque pas d’audace quand il vante notre système de protection sociale, lui qui le démantèle allégrement.

Il promet des mesures rapides pour inverser la courbe ascendante du chômage. Quel dommage qu’il n’y ait pas pensé plus tôt ! Mais il sait que sa réélection se jouera sur le problème de l’emploi. Que pourra-t-il inventer après le « travailler plus pour gagner plus » bien mis à mal pendant quatre ans et demi ?  Il amorce un projet de financement de la protection sociale par la TVA sociale qu’il avait combattue en 2007…. Quant à la taxation des transactions financières qu’il devait faire adopter aux membres du G20 réunis à Cannes, même s’il en fait «  une question de morale», il semble bien seul dans la cour des grands, soulignant ainsi les échecs de ses brillantes perspectives internationales.

Il lui reste 112 jours pour mener à bien tous ses engagements de 2007. Mais peut-être ne sera-t-il pas candidat à sa réélection !

Il pense, à juste titre, que les Français ne sont pas encore « rentrés dans la campagne ». Mais les Français sont-ils encore sensibles aux programmes, qu’ils savent vite écornés ? Une crise et patatras, c’est le repli des  promesses.

Au demeurant, nos chers compatriotes semblent attacher au moins autant d’importance au style et au comportement des candidats qu’à la liste de leurs propositions.

Dans ce domaine, l’exercice des vœux est révélateur.

Dominique de Villepin qui, lui aussi, a délivré son message dès le 30 décembre, a tenu des propos lucides et encourageants dans un style sobre, au milieu de quelques adhérents d’âge et d’horizon variés, dans un endroit qu’on imagine très proche du siège de République Solidaire. Cette simplicité l’honore. N’a-t-il pas prévenu que sa campagne se fera sans débauche financière, car il veille à une meilleure utilisation des deniers publics ?

Il bénéficie d’un bilan de Premier ministre exceptionnel: « Nous avons réduit le chômage, nous avons réduit les déficits et nous avons livré la bataille du patriotisme économique »

Il rêve d’une France qui « soit à la hauteur de sa mission dans le monde, fidèle à ses principes et toujours en initiative pour défendre la paix, pour défendre la justice, pour défendre les droits de l’Homme ».

« Oui, par la politique, nous pouvons changer les choses, changer la vie, changer notre façon de vivre collectivement….En 2012, faites votre choix….en pensant à vous, en pensant à vos enfants, en pensant à la France…. Bonne année à toutes et à tous ».

Après le vent de liberté qui a soufflé sur la planète en 2011, puisse 2012 être l’année de la paix et de la solidarité. Cet avenir est entre nos mains!

 

vendredi, 23 décembre 2011

Un président pyromane.

Que diable Nicolas Sarkozy ne serait-il pas capable d’imaginer pour grappiller quelques centaines de voix afin d’assurer sa réélection et satisfaire ainsi à la satisfaction de son accomplissement personnel?

Au détriment de la France. Au détriment de la paix. Au détriment de toutes les valeurs qui ont fait la grandeur de notre pays, la prééminence de ses idées, le respect qu’il inspirait par ses considérations essentielles d’égard pour l’Homme.

Il aura fallu moins  d’un mandat présidentiel pour voir anéantis tous ces beaux principes. A  cet égard, félicitons-nous de l’avènement du quinquennat.

La France connaît une des crises les plus aigües qu’elle ait jamais dû traverser en quatre ans. Qu’en serait-il été si le septennat eût été toujours en application !

Alors que le président Chirac s’était imposé comme un acteur de paix exceptionnel, refusant le choc des civilisations promis par Huntington, aidé  dans ce domaine par Dominique de Villepin, l’homme qui aux Nations Unies s’était opposé à la guerre en Irak, alors que Jacques Chirac tendait la main aux populations les plus défavorisées autant à l’intérieur qu’à l’extérieur de nos frontières, le président Sarkozy, lui, réduit à l’image d’un affligeant pêcheur aux voix , transgresse tous les principes d’une France rassembleuse et rayonnante en voulant punir la négation du génocide arménien.

Il paraît qu’il agit sous influence et que Madame Sarkozy rêve d’un duo avec Charles Aznavour !  Voilà un riche programme électoral !

Aujourd’hui, il ne comprend pas la réaction des Turcs et il tente d’éteindre l’incendie qu’il vient lui-même d’allumer!

La Turquie est un grand pays, laïc, qui a accordé le droit de vote aux femmes dix ans avant la France ! Un pays qui accueille les bases de l’OTAN, un pays dont l’économie est prospère et dont le taux de croissance peut faire rêver la vieille démocratie que nous sommes.

A ce sujet, il serait intéressant d’entendre la position de Pierre Lellouche, actuel secrétaire d’Etat au Commerce extérieur et jusqu’au 13 novembre 2010 en charge des Affaires européennes. Il était très  favorable en son temps à l’adhésion de la Turquie dans l’Union européenne. Sa position gouvernementale a-t-elle eu raison de ses convictions ? ce qui ne serait pas, non plus, très glorieux, mais on en a vu d’autres !

Bref, Nicolas Sarkozy a emmené les députés sur la pente scabreuse de la division au sein de son gouvernement en faisant condamner la négation des génocides. Le Ministre des Affaires étrangères dont la parole est toujours mesurée ne vient-il pas de déclarer ce débat inopportun ? Et pourtant on connaît la prudence  d’ Alain Juppé  qui le dispute à la droiture  !

Sur le plan économique, il faut s’attendre à des mesures de représailles, déjà annoncées par le Premier ministre turc. Notre économie est-elle tellement florissante que nous pouvons faire fi d’une commande de 100 Airbus ? Les 1000 entreprises françaises en Turquie vont-elles pouvoir subsister à un boycott local ?

Et sur le plan moral, qui sommes-nous pour donner des leçons au monde entier ? Aujourd’hui, Recep Tayyip Erdogan accuse la France de génocide en Algérie. Demain, qui va nous condamner pour le massacre de la saint Barthélémy, pour les exterminations des Vendéens?

Nicolas Sarkozy veut-il étaler ses connaissances en histoire, après les efforts méritoires qu’il s’est imposé en littérature ?

Une chose est bien sure. Plutôt que de plonger la France dans le ridicule diplomatique et international, après l’avoir fait sombrer sur le plan économique, il serait bon qu’il se retire de la scène politique et qu’il laisse la place à un acteur plus sage, moins pusillanime, plus expérimenté, et tout entier au service de la France.

La France doit offrir l’image d’un pays rassemblé, tolérant, tout entier tourné vers les vrais problèmes qui la menacent : l’emploi , la justice sociale, la diminution de sa dette publique, son rayonnement dans le monde. L’image d’une France apaisée.

dimanche, 18 décembre 2011

Jacques Chirac: un toujours grand Président.

Et voilà, la justice est passée, et elle a condamné Jacques Chirac pour des faits qui datent de plus de vingt ans, alors qu’il était Maire de Paris, et que le financement des partis politiques commençait tout juste à être codifié. En effet, jusqu’en 1988, les partis politiques étaient censés ne vivre que des seules contributions des militants et la scrupuleuse Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques (CNCCFP) n’a vu le jour qu’en 1990. Comment juger des faits aussi anciens alors que les temps ont changé, que les mentalités, les lois éclairent d’un jour différent des pratiques qui avaient cours pour l’ensemble des formations politiques ?

Les faits sont là. Sur les 40 000 emplois à la Mairie de Paris, certains ont été qualifiés de fictifs. « Sur près de 470 emplois examinés, il n’en reste, après des années de procédure que 19 qui me sont imputés, et encore partiellement », explique Jacques Chirac. Il faut dire que le Président  n’a pas fui ses responsabilités. « J’assume les recrutements. Dès lors, il serait injuste d’en rendre responsable les directeurs de cabinet ». Ce qui vaudra la relaxe à Michel Roussin.

Celui que Dominique de Villepin décrit comme « un homme de combat », a effectivement toujours servi l’intérêt général. D’abord comme Maire de Paris. Faut-il rappeler la création en 1988, à  son initiative, de la Carte Paris-Santé, délivrée sous condition de ressources, garantissant l’accès aux soins pour tous les Parisiens? Elle ne tardera d’ailleurs  pas à être généralisée à tout le pays.

Faut-il rappeler la création du SAMU social, en novembre 1993, sous la houlette du docteur Xavier Emmanuelli qui deviendra secrétaire d’Etat à l’Aide humanitaire d’urgence ? Il s’agit d’ « aller à la rencontre des personnes qui dans la rue paraissent en état de détresse physique ou sociale » grâce à des équipes mobiles d’aide.

Faut-il rappeler l’action de la Ville de Paris dans la lutte contre le sida et la toxicomanie ? La création du Laboratoire d’hygiène de la Ville de Paris, etc…. ?

Il fut le premier maire de Paris depuis Etienne Arago en 1870, élu en 1977 et réélu deux fois de suite en s’assurant le grand chelem dans la capitale. C’est peu dire que son action a été appréciée, est toujours appréciée des Parisiens…

Lorsqu’en 1995, il devient président de la République, c’est au service de la France qu’il se consacre. Comme l’assure encore Dominique de Villepin qui fut son Premier ministre : « la vérité de Jacques Chirac, c’est le service de la France. Il s’est battu pour son pays qu’il aimait et qu’il aime profondément ». le jugement « n’entache en rien la vie et l’action de Jacques Chirac » Il n’est qu’à se reporter à la conférence que l’ancien Premier ministre a animée à Sciences Po il y a une dizaine de jours pour comprendre  le rayonnement de la France sur la plan international sous les deux présidences de Jacques Chirac.

Convient-il alors de revoir le statut pénal du chef de l’Etat ? Pour Dominique de Villepin,  une telle question ne se pose pas.

Cependant, des faits récents interpellent le bon peuple. Le président de la République bénéficiant d’une immunité pendant la durée de son mandat ne peut donc être condamné. Il n’est pas un citoyen ordinaire mais  voilà que Nicolas Sarkozy le redevient lorsqu’il intente une action contre un escroc à la carte bancaire. Où est le principe d’égalité des parties?

Il faut croire que le monde change….  Il n’en demeure pas moins que le Président Chirac s’est grandi en rappelant « son attachement à un des principes qui fondent notre pacte républicain et qui veut que tous les Français soient égaux face à la justice ». Il ne fera pas appel : « le respect de nos institutions exige que l’apaisement vienne(…) Je m’en remets à mes compatriotes qui savent qui je suis : un homme honnête ».

Oui, un bien grand Président !