lundi, 21 décembre 2009
Chassez le naturel, il revient au galop...
On croyait le président de la République revenu à des considérations saines et des réflexions modérées concernant ses prédécesseurs.
Il semblait maîtriser son attitude et ses propos conformément à ce que l’on est en droit d’attendre de sa fonction, à l’instar de tous les présidents de la Vè République.
Et tout le monde diplomatique, politique et intellectuel (si tant est que ces trois mondes fussent dissociés !) n’avait pas manqué de constater le vendredi 6 novembre dernier dans le Grand amphithéâtre de la Sorbonne combien il avait rendu un hommage appuyé à son illustre prédécesseur, lui exprimant son « amitié », son « estime », son « plaisir » de le retrouver, se laissant aller, à la fin de son discours, jusqu’à tutoyer son « cher Jacques ».
L’auditoire était charmé par cette juste reconnaissance affective.
Jacques Chirac n’écrit-il pas dans ses Mémoires intitulées « Chaque pas doit être un but » (citation de Goethe, pas mal pour un président que ses détracteurs ont voulu faire passer pour un inculte !) : « Nicolas Sarkozy est à mes yeux bien plus qu’un collaborateur…avec cette volonté, qui ne l’a pas quitté, de se rendre indispensable, d’être toujours là, nerveux, empressé, avide d’agir et se distinguant par un sens indéniable de la communication …
La ferveur et l’enthousiasme de NS ne me feront pas défaut au cours des dix années suivantes, même s’il s’agace parfois, désireux d’exister par lui-même, de ne pouvoir exercer sur moi une influence exclusive ».
L’analyse psychologique de ce jeune homme qui lui devra sa carrière, pour être bien sentie n’en est pas moins cordiale.
L’auditoire, donc, heureux de cet éloge, en avait oublié la sortie malheureuse de l’actuel président de la République, lors de la cérémonie des vœux aux parlementaires, le 7 janvier dernier, où il s’attribuait le qualificatif d’ « omniprésident », par opposition à ses prédécesseurs, qu’il désignait, sans les citer, de « rois fainéants ».
On pouvait penser la quiétude revenue chez le plus jeune.
Patatras ! Lors de sa conférence de presse de lundi dernier, Nicolas Sarkozy n’a pu s’empêcher « d’exister par lui-même » et de mettre en valeur son action concernant la baisse de la TVA dans la restauration, alors que des journalistes l’interrogeaient sur l’opportunité de cette baisse de recettes fiscales en période de disette budgétaire.
« Vous voyez ! Comme je suis généreux, je tiens la promesse de mon prédécesseur. Il n’a pas eu le temps de le faire, alors je le fais…Les responsables politiques qui font des promesses de campagne et qui ne les tiennent pas, ça pèse lourd »…
Dont acte.
Nous pourrons d’ailleurs rappeler, le moment venu, au président Sarkozy ses promesses sur le pouvoir d’achat, le plein emploi, la stabilité de la pression fiscale (alors qu’on est à plus de vingt nouvelles taxes, sur le tabac, l’alcool, les franchises médicales, la taxe carbone…), le nombre limité une fois pour toutes des soldats envoyés en Afghanistan….
dimanche, 20 décembre 2009
Les accents gaullistes de Dominique de Villepin
Dans une Tribune du Figaro en date d’hier, Dominique de Villepin affiche son « ambition économique pour la France ».
« Ne nous laissons pas aveugler par les faux débats sur l’identité nationale, car le véritable enjeu, c’est la défense de l’intérêt, national ».
L’ancien premier ministre rappelle les trois défis et les trois exigences qui permettront à notre pays de redémarrer.
« Trois défis centraux exigent notre détermination pour lutter contre le chômage de masse, à la fois gâchis humain et menace sociale, et inventer une nouvelle croissance sociale et durable .
Une garantie de la protection sociale….en refondant notre système de protection sociale avec un niveau de prestations durable et un financement consolidé.
Le combat contre les déficits…
Le chantier de la compétitivité et de l’innovation…….
Plusieurs exigences décideront du succès de nos efforts.
Le rassemblement, parce qu’il n’y a pas de politique durable qui construise sur les divisions…
La justice, parce que c’est l’exigence de la politique de répartir les efforts mais aussi les fruits selon les capacités et les besoins…
L’équilibre des institutions, enfin, indispensable à toute action efficace, comme l’enseigne l’histoire de la Vè République. Retrouvons l’élan mobilisateur du général de Gaulle. Il faut pour cela un premier ministre et un gouvernement forts, ainsi qu’un Parlement capable de se faire entendre face au risque d’isolement du président.
Nous ne sommes pas à l’heure des ruptures, au contraire, nous nous trouvons face au défi de préserver, ensemble, le salut public et l’intérêt général de la nation » (Le Figaro).
On croirait entendre le général de Gaulle dans un de ses discours :
« Il est nécessaire que nous ne recommencions pas ces absurdes disputes politiques que nous avons pratiquées trop longtemps et qui ne nous ont jamais rapporté rien que des malheurs : l'invasion, la dissidence,des faiblesses et la médiocrité nationales.
Il faut au contraire, que nous soyons solidaires les uns des autres quels que soient notre métier, notre classe comme on dit,notre origine, notre formation, notre opinion, que nous soyons solidaires quand il s'agit de l'intérêt national ».
Rassemblement, justice sociale, solidarité, voilà quoi sonne comme l’ébauche d’un programme électoral.
Si on y ajoute les déplacements chez ses amis parlementaires et au-delà, son aisance et la qualité de son écoute auprès de toute la population, Dominique de Villepin se prépare à « rencontrer » ses concitoyens, selon la formule qui veut qu’une élection présidentielle constitue ce contact privilégié entre un homme et les Français.
samedi, 19 décembre 2009
Copenhague, tout ça pour ça?
En 2002, le Président Chirac nous avait avertis: « notre maison brûle et nous regardons ailleurs ».
Sept ans plus tard, au terme du sommet de Copenhague, des commentateurs ont résumé la conférence d’une phrase assassine : « la montagne a accouché d’une souris ».
C’est en partie vrai.
Mais que pouvait-on en attendre de plus ?
Comment amener 192 pays à partager les mêmes contraintes, les mêmes objectifs alors que tout les sépare : taille, économie, progrès, richesse en énergies fossiles dont le pétrole… ?
Et pourtant la France n’a pas ménagé ses efforts depuis le Grenelle de l’environnement, en passant par le paquet climat et la tournée du président Sarkozy dans les Amériques.
Si le problème du réchauffement climatique est urgent à résoudre en associant tous les Etats à réduire l’émission des gaz à effet de serre, il était présomptueux de vouloir le régler d’un coup de baguette magique.
La scène a préfiguré les enjeux du 21è siècle dominés par le G2, les Etats-Unis et la Chine.
Il faut plutôt considérer comme un succès que ces deux pays soient arrivés à un accord, fût-il à minima.
Barack Obama ne devait pas assister à la clôture du Sommet. D’ailleurs l’opinion publique américaine n’est pas sensibilisée aux problèmes environnementaux, le calamiteux gouvernement de George Bush n’a rien fait pour les convaincre, lui qui n’a jamais fait ratifier le protocole de Kyoto.
La Chine a obtenu la prolongation de ce protocole mais a refusé toute surveillance sur ses objectifs de réduction du CO2 réclamée par les autres pays.
L’Union européenne aurait dû s’affirmer avec efficacité. Elle n’a pas donné l’impression d’unité ni de rassemblement autour d’objectifs communs. On a même eu l’impression d’un changement de pied du président de la République qui tout d’un coup s’est rapproché de Gordon Brown alors que c’est l’axe franco-allemand qui constitue le moteur de l’Europe.
Quant aux pays du G77, on peut comprendre leur circonspection.
Ils n’ont pas les moyens de s’aligner sur les pays développés. Lesquels n’ont pas fait beaucoup d’efforts financiers pour les dédommager des restrictions qu’ils allaient s’imposer.
Ayons le courage de tirer quelques conclusions :
La déclaration politique à minima doit constituer un début à une collaboration franche des blocs en présence. C’est une question de survie pour la planète.
Elle doit permettre d’en dégager toutes les conséquences diplomatiques, en particulier que la France seule ne compte pas.
Mais l’opinion publique est désormais alertée.
Chaque citoyen doit réaliser des économies d’énergie, et comme l’exemple vient d’en-haut, demandons à nos chefs d’Etat d’être déjà plus parcimonieux en déplacements.
vendredi, 18 décembre 2009
Quelle coïncidence!
L'Ifop annonçait cette semaine une popularité jusqu'alors jamais enregistrée dans son histoire pour quelque homme politique que ce soit, avec 78% d'opinions favorables.
Le premier tome de ses mémoires a dépassé les 410 000 exemplaires vendus, en à peine un mois.
La France et les Français aiment Jacques CHIRAC. Et c'est un juste retour des choses, lui qui leur a tant donné. Lui qui poursuit aujourd'hui avec sa Fondation les combats de toute sa vie pour la paix, le respect et la tolérance, la grandeur de la France.
Il n'est alors pas anormal qu'un juge d'instruction jusqu'ici inconnu du grand public, comme très certainement de ses pairs, décide de se servir de cette incroyable popularité pour asseoir sa toute petite notoriété, qui disparaitra du reste aussi vite qu'elle est apparue.
Le juge G. , dont il est inutile de citer le nom, a donc mis Jacques CHIRAC en examen dans l'affaire de Nanterre, l'affaire dite des emplois fictifs.
Mais de quoi parle-t-on exactement ?
Cette affaire ne doit pas être confondue avec celle de Paris, instruite par Xavière Siméoni, qui a décidé le mois dernier le renvoi du Président devant le tribunal correctionnel.
Celle de Nanterre, quant à elle, est bien différente. Elle a en effet déjà été jugée... C'est celle qui a donné lieu à ce qu'on a appelé le "procès Juppé". Dans cette affaire, donc, les responsabilités ont été déterminées, et d'ailleurs très courageusement assumées. Des peines ont été prononcées. Les emplois en cause ont été remboursés. Et les parties civiles ont été réparées.
Dans cette affaire, le juge Philibeaux a souhaité entendre le Président Chirac en juillet 2007, en qualité de témoin, et sur un seul emploi contesté. Le Président CHIRAC avait alors répondu à toutes les questions qui lui avaient été posées.
Depuis deux ans, pas d'éléments nouveaux dans une affaire déjà jugée où il n'y a plus ni préjudice, ni infraction, ni partie civile. Pas d'éléments nouveaux, pas de nouvelles auditions, et pourtant un statut qui passe de manière inexpliquée de témoin assisté à mis en examen.
Ah si, un seul élément nouveau : le Juge Philibeaux a laissé sa place au juge G. qui, reprenant le dossier, essaie de se faire un petit nom dans le monde des juges d'instructions mis à mal par le pouvoir en place... Et qui s'engouffre dans la brèche qui a été ouverte par Xavière Siméoni, laquelle a fait tomber les tabous et la soudaine notoriété de celle-ci a manifestement fait quelques envieux...
Ne rêvons pas :le dessein du juge G. est très clair : il renverra le Président CHIRAC devant le tribunal. Quant on prend des actes de manière aussi infondée, c'est qu'on sait déjà où on veut aboutir...
Alors aujourd'hui je veux simplement redire au Président CHIRAC mon affection, et ma gratitude . Je le remercie de rester digne. D'être toujours aussi chaleureux. D'être toujours aussi populaire.
Et nous devons aujourd'hui lui faire part de notre soutien, à lui, cet Homme d'Etat qui a consacré sa vie à la France, et qui, en se pliant à ses exigences et à ses contradictions, respecte la Justice de notre pays bien plus qu'elle ne le respecte.
11:48 Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : jacques chirac, ifop, nanterre, juges, rpr, emplois fictifs
jeudi, 17 décembre 2009
Il faut arrêter le débat sur l'identité nationale
« Il faut carrément arrêter le débat sur l’identité nationale » a estimé hier Dominique de Villepin sur les ondes de France 2.
« Un mauvais débat, ça ne se suspend pas, ça s’arrête », a-t-il poursuivi.
Et il a raison, ce débat, générateur de division, n’a déjà provoqué que trop de dégâts, de débordements, et de dérapages racistes.
« Ce débat doit être celui de unité et non de la division nationale » pour l’Association nationale des Elus locaux de la Diversité », inquiète de la tournure prise par le débat sur l’identité nationale.
Même le commissaire à la Diversité et à l’Egalité des chances nommé par le président de la République, Yazid Sabeg, s’inquiète de la dérive de ce débat et du « vrai risque » de « traiter les musulmans comme une ethnie à part ».
Le débat sur l’identité nationale est devenu un débat sur l’immigration. Que pouvait-on attendre d’autre de la part de son initiateur, ministre de l’Immigration et de l’Identité nationale, prédisposant par son périmètre de compétences (là c’est un bien grand mot !) à cet amalgame.
Ce débat eût gagné à être mené par une personnalité au caractère affirmé, à un autre moment que la veille d’un scrutin qui s’annonce difficile pour la majorité. Il est vrai qu’Eric Besson l’a rejointe depuis peu. D’où sa prédisposition à vouloir « laver plus blanc que blanc » et à se montrer le plus indispensable possible à Nicolas Sarkozy.
Lui emboîtent le pas les obligés alimentaires du président, les plus déterminés étant les moins légitimes, à commencer par Henri Guaino (dont le grand emprunt à 100 milliards d’euros a fait pschitt !) Frédéric Lefebvre « la voix de son maître ». Quant à Nadine Morano, secrétaire d’Etat, on aurait aimé l’entendre dire moins d’absurdités aussi maladroites que provocantes.
Il n’y en a qu’un qui est heureux : Nicolas Sarkozy qui affirme que « ce débat est particulièrement noble ».
Ne se rend-il pas compte qu’il a ouvert une boîte de pandore ? Et bien malin qui peut prévoir aujourd’hui tous les dommages que cette question va créer dans une société fragilisée par la crise, même lui…
Il n’y a qu’à voir, déjà, comment l’immigration tend à se résumer aux musulmans et à l’Islam.
Comment notre pays républicain, fier de sa laïcité peut-il en arriver à une telle stigmatisation ?
L’Union des étudiants juifs de France demande « de mettre un terme au débat sur l’identité nationale » ….qui « risque de morceler la société française et de porter atteinte au vivre ensemble ».
François Baroin ne comprend pas ce débat « qui va flatter les bas instincts » et il souhaite qu’on le mette « en suspens ».
Dominique de Villepin , pour sa part, déclare : « Il faut carrément l’arrêter. Un mauvais débat ça ne se suspend pas, ça s’arrête ».
« Ce débat ne peut pas être lié à l’immigration ». Il « peut interpeller et interroger la nation, il ne doit pas dériver vers des stigmatisations, il ne doit pas être nourri par la peur qui est très mauvaise conseillère dans ce domaine ».
C’est bien ce qu’il vient de dire à Monbazillac, à l’invitation du député Daniel Garrigue, où il a rappelé le message universaliste et humaniste de la France depuis la Révolution : « un citoyen quelle que soit sa couleur de peau, sa religion… est égal en droit à son voisin ».
Il a réaffirmé que la France n’est pas une addition de catégories, de communautés. Elle est bien plus que toutes celles-ci réunies. Elle est « une vieille nation », avec quelques principes forts, de liberté, d’égalité et de fraternité.
Elle doit donner l’exemple de la tolérance. Et dans la situation difficile où nous nous trouvons, l’heure est plutôt au consensus qu’aux déchirements.
Dominique de Villepin prône le rassemblement de tous les Français.
Il incarne l’alternative…
mercredi, 16 décembre 2009
Le courage n'est pas là où la tradition le place
Mon éducation pré-soixante-huitarde m’a enseigné que le courage était une valeur virile.
Je me doutais un peu de l’inanité de ce précepte.
La démonstration flagrante que la société a changé ses repères vient d’en être donnée aujourd’hui.
D’un côté, un ministre dont le nombre des reniements va le faire figurer dans le livre des Records, tellement souvent il " s’écrase".
De l’autre, une députée d’allure frêle, qui défend, bec et ongles, ses convictions profondes et ose ne pas être d’accord avec le Politburo.
D’un côté le ministre de l’Immigration et de l’Identité nationale, organisateur d’un nouveau tour-operator Paris-Kaboul.
De l’autre, une ancienne secrétaire d’Etat à l’Enseignement scolaire en 1995, lors de la première mandature de Jacques Chirac, Présidente de l’association des Droits de l’Homme, membre du Haut comité pour le logement des personnes défavorisées.
Le premier vient de renouveler, cette nuit, son exploit de la reconduite de neuf afghans dans un charter venant de Londres à destination de Kaboul.
Fin octobre, après sa première opération, il avait pourtant déclaré : « si la situation continue à se dégrader, il n’y aura pas d’autres retours dans les jours qui viennent ».
Un attentat dans le centre de Kaboul le jour même, faisant au moins huit morts, ne l’a pas dissuadé.
Il pense que l’Afghanistan n’est plus une terre de conflit. C’est sûrement parce que son agenda était surchargé qu’il n’a pas osé se montrer cet après-midi, à l’Assemblée nationale, dans les rangs des ministres du gouvernement de François Fillon.
Il aurait pu assister au débat de politique étrangère sur l’Afghanistan, entendre son collègue Bernard Kouchner annoncer que « le nombre d’Afghans accueillis en France serait supérieur à ceux qui doivent partir » , et que la France, pour répondre à l'invitation de Barack Obama, et honorer son retour dans le commandement intégré de l'OTAN, devrait envoyer d'autres militaires afin de pacifier le pays….
Mais:
1/ il n’a pas eu le courage de venir défendre sa politique, et pourtant il bénéficie des plus hauts soutiens, mais il a eu peur de se faire chahuter…Difficile de renvoyer des étrangers dans un pays dit pacifié quand un collègue en même temps y envisage l'envoi de troupes ...
2/le gouvernement est passé outre une décision de justice qui a constaté l’illégalité de la procédure de renvoi.
3/ le porte –parole de l’UMP, par ailleurs, a donné son « sentiment » : « les exilés afghans feraient mieux de faire la guerre » chez eux.
C’est alors que Françoise Hostalier, avec un courage très féminin, simplement, a osé dire que ces propos lui rappelaient ceux de la dernière guerre, lorsque de beaux esprits demandaient aux juifs dans les camps de concentration pourquoi ils ne se révoltaient pas puisqu’ils étaient plus nombreux que leurs gardiens nazis.
Il faut rappeler que Françoise Hostalier avait demandé, lundi dernier, au président de la République un "moratoire" sur le renvoi d'Afghans dans leur pays d'origine "tant que la sécurité ne serait pas assurée"...
Bravo Françoise.
Tu honores ta génération. Tu restes fidèle à tes convictions et tu oses les porter haut et fort.
Je suis fière d’avoir été à tes côtés à certains moments.
22:57 Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : eric besson, françoise hostalier, frederic lefebvre, ump
mardi, 15 décembre 2009
Quand le son casse l'image, une histoire de ouf!
Madame Dati, maladroite ou calculatrice, lorsqu'elle se fait piéger au Parlement européen sur son manque de motivation?
Maladroite au point de se laisser aller à des confidences qui se révèlent méprisantes pour ses électeurs ?
Toute sa communication est tellement soignée qu’on ne peut croire à une telle négligence!
Elle aurait oublié le micro qu’elle portait alors qu’elle téléphonait à une amie ?
Pas possible : elle pense à tous les détails.
Quitter la maternité avec un couffin vide, pour la presse…
Se taper la tête sur son pupitre aux propos hilarants de son voisin le grand humoriste Philippe Goujon au Conseil de Paris…afin de se faire repérer par les caméras.
Dire et faire n’importe quoi pour emplir l’espace médiatique… et avec un tel dédain, ne la grandit pas… et dessert un peu plus la classe politique. Si l’UMP, au nom de la parité, n’est capable de meubler son silence assourdissant sur les vrais problèmes des Français qu' en envoyant de telles « icônes », je vais finir par regretter mon combat. Il est vrai que la parité que je défends est une parité de compétence !
Bref, Madame Dati est fière de son image, mais "faudrait pas qu’elle cause"….
Si donc on peut la croire plus manipulatrice que légère, pour Madame Morano, lors d'un débat sur l'identité nationale dans les Vosges, la question ne se pose pas.
En effet, notre secrétaire d’Etat en exercice n’hésite pas à se trémousser dans les couloirs de l’Assemblée nationale pour légitimer ses débuts à la Star Ac de l’UMP. Elle ne semble donc pas la mieux placée pour donner des leçons de maintien aux jeunes qu’elle rencontre. De plus, je ne vois pas pourquoi tout ce qui lui déplaît chez un jeune l'oblige à attribuer à celui-ci une appartenance religieuse. Délit de faciès ? Je connais des musulmans plus respectables que de bons chrétiens. Mais, là encore, je ne dois pas être dans le coup : je n’habite pas dans les "téci", et j’adore les histoires de "ouf."
Je demande donc au président de la République de faire taire ses femmes.
Il veut des ministres et secrétaires d’Etat (le nombre des secondes grossissant au détriment des premières) pour qu’elles fassent bien sur la photo. Pourquoi pas ? puisque la mode est à l’image.
(Attention : « être à la mode, c’est avoir le destin d’une feuille morte » ! Jean Guitton repris par Jean Chirac!).
Mais qu’il les réduise au silence s’il ne peut les bâillonner !
lundi, 14 décembre 2009
Une certaine connivence ce matin entre Dominique de Villepin et Jean-Pierre Elkabbach ?
C’est un Dominique de Villepin détendu et fort à l’aise que Jean-Pierre Elkabbach a reçu ce matin à Europe 1 pour parler de son dernier ouvrage, cet arbre du limousin qui oblige à la « réflexion sur l’humanité et la préservation de l’humain ».
A plusieurs reprises, le journaliste a voulu pousser l’ancien Premier ministre dans ses retranchements. Celui-ci, sans se départir de sa bonne humeur, a éludé toutes les questions qui concernaient son avenir politique, tout en ne les récusant pas vraiment…
Aucun doute ne semble permis : Dominique de Villepin attend son heure, et c’est une bien bonne nouvelle pour la France.
Encore une fois, il prône le rassemblement de nos forces et de nos compétences.
Il fustige les faux débats, celui sur l’identité nationale, « la vision partisane qui se développe sur toute une série de sujets ».
Il se situe dans un schéma constructif, et dit l’urgence à bâtir une stratégie générale de sortie de crise.
Nos efforts doivent, selon lui, se concentrer sur trois axes : garantir notre protection sociale concernant la santé et les retraites, restaurer la compétitivité de la France, réduire les déficits.
«Le drame de La France, c’est la division et la diversion, alors qu’il faut se concentrer sur l’essentiel ».
Il se réjouit de la place prise par la France dans la préparation du Sommet de Copenhague, bon exemple de réflexions prises en amont et il n’oublie pas l’aide aux pays les plus pauvres.
Le déséquilibre de nos institutions ne le satisfait pas, car personne n’est à sa place : le parti, le Président, le Premier ministre, même si celui-ci est de moins en mois mis à l’écart.
Quant aux investissements pour le futur, ils sont nécessaires, et il est satisfait que le Grand emprunt, recadré par Alain Juppé et Michel Rocard, soit souscrit dans une enveloppe raisonnable.
Il martèle qu’il faut valoriser nos points forts et limiter nos points faible….
« Je connais maintenant vos forces et vos faiblesses » dit l’arbre.
L’arbre doit vivre et témoigner.
A Copenhague, on parle de la reforestation de l’Amazonie, du Congo. Jean-Louis Borloo veut reboiser la France.
« Souhaitons que les actes suivent les bonnes intentions. Nous avons besoin de bonnes décisions pour la planète ».
dimanche, 13 décembre 2009
Copenhague, au milieu du gué.
« La première semaine a permis d’évaluer les positions de chacun. La seconde devra être celle des compromis (La Croix), avec, ce week-end, la participation de militants activistes décidés à faire pression sur les négociations.
Au terme de la première semaine, la base de discussion fait une synthèse des positions d’un projet danois reflétant les positions des pays du Nord et d’un projet du Basic (Brésil, Afrique du Sud, Soudan, Inde et Chine) reflétant celles du Sud.
La limitation de la hausse de la température de la planète à 2°, voire 1,5 que préconise la France, repose sur la réduction des gaz à effet de serre dont l’objectif est de -20 à -30% d’ici 2020 pour les pays développés.
Fin 2008, sous la présidence française, les pays européens s’étaient en effet engagés à aller au-delà des 20% si les autres pays développés faisaient « un effort comparable ».
Quant aux pays les plus pauvres, il s’agit de les aider à financer la réduction de leurs émissions de CO2 et de s’adapter aux conséquences du réchauffement climatique.
Les vingt-sept états membres de l’Union européenne ont annoncé vendredi une aide de 7,2 milliards d’euros sur trois ans pour venir en aide à ces derniers, la France s’engageant à 300 millions d’euros pas an. Cette aide a été considérée comme dérisoire.
Les Etats-Unis veulent que « les plus grands pays en développement s’impliquent et prennent des dispositions réelles », en visant la Chine.
Celle-ci, appuyée par le G77 (pays en développement au sein de l’ONU) ne l’entend pas de cette oreille.
Vraisemblablement les conditions climatiques de la planète vont se résumer à une question économique.
« Comment répartir l’effort à l’intérieur de chaque pays ? Comment organiser la solidarité entre les vieilles nations industrialisées responsables historiques du réchauffement et les pays en développement, tout en inventant un nouveau modèle de production qui ne soit plus fondé sur l’utilisation des énergies fossiles émettrices de gaz à effet de serre ? » (Le Monde. Laurence Caramel) « A défaut d’une solution coopérative, le climat risque de devenir une source de conflit majeur ».
Où se situe aujourd’hui la place de la France ?
Quel est son poids dans l’engagement de la communauté internationale sur ces questions environnementales ?
Faudra-t-il envisager des mesures contraignantes vis à vis des pays qui ne respecteront pas leurs engagements ?
Jacques Chirac avait défendu à de nombreuses reprises la création d’une « Organisation des Nations Unies pour l’Environnement », structure qui associerait l’aide au développement et le développement durable.
« Quant aux pays pauvres, nous devons les aider à se développer dans le respect de l’environnement et à se prémunir contre les conséquences catastrophiques d’un réchauffement climatique pour lesquels ils ne sont pour rien… Sachons allier lutte contre la pauvreté et révolution écologique » (Jacques Chirac. Citoyens de la Terre. 2 février 2007).
Aujourd’hui, au sein de sa Fondation, il a lancé un programme de lutte contre la déforestation et un plan en faveur de l’accès à l’eau.
Comme le dit Nelly Olin, ancien ministre de l’écologie et du développement durable « ainsi, en alertant avec force la communauté mondiale, il y a quelques années, Jacques Chirac a profondément contribué à l’évolution des mentalités et des comportements qui permettent aujourd’hui les discussions mondiales de Copenhague ».
Puisse la France rester un moteur efficace de cette solidarité.
samedi, 12 décembre 2009
12 novembre-12 décembre : un mois de vaccination antigrippe A
46 heures de présence effective comme médecin dans deux centres de vaccination m’autorisent à faire un premier bilan, et d’abord à souligner l’extraordinaire dévouement de tout le personnel mis en œuvre dans cette vaccination de masse, première du genre dans notre pays.
A commencer par les responsables des gymnases, employés municipaux qui ont à cœur d’anticiper les problèmes logistiques multiples engendrés par le flux de candidats à la vaccination anti H1N1.
Certes, ils sont aidés par les chefs de centre, eux-mêmes pour la plupart fonctionnaires territoriaux, qui découvrent, comme tout un chacun, l’objectif de santé publique à honorer.
Viennent ensuite les infirmières, les médecins…
Tout ce monde est mobilisé autour de l’intérêt général que constitue la vaccination antigrippe A..
Cette vaccination, à Paris, centralisée initialement dans 12 gymnases, s’effectue maintenant dans 22 centres depuis 10 jours, « vaccinodromes » conçus pour la pratique sportive pas nécessairement compatible avec l’exercice médical lequel nécessite une certaine confidentialité. La disposition en « cabinets » séparés par des cartons ondulés qui s’effondrent à chaque mouvement intempestif d’un enfant fatigué par une heure d’attente tient plutôt de la médecine de guerre que de la prévention d’une grippe.
La population parisienne a répondu à l’appel de cette vaccination, puisqu’elle était sollicitée par des « bons» de vaccination envoyés par les caisses de sécurité sociale, et que ceux-ci étaient obligatoires pour recevoir le vaccin.
Ont donc été convoqués les porteurs de pathologie respiratoire ou cardiaque et les diabétiques.
Parfait.
De même, le virus s’étant montré particulièrement sévère pour des enfants, adolescents, adultes jeunes, il a été préconisé un « cocon sanitaire» autour des nourrissons de 6 mois et moins, car ceux-ci ne pouvaient bénéficier du vaccin.
A été convoqué le parent auquel l’enfant est rattaché sur la carte vitale. L’autre parent, non convoqué, ne bénéficierait pas de la vaccination ?
Que faire de la « nounou » plus ou moins déclarée ? demander au ministre de l’Intérieur ou être cohérent avec ce plan de santé publique qui fait passer à l’extrême arrière-plan ces considérations de « papiers » ?
Bref, si la ministre répète à l’envi qu’il faut un « bon de vaccination » pour se présenter au centre de vaccination, la ministre, bien au chaud dans son cabinet, a raison car dans l’absolu il faut un ordre dans cette vaccination de masse.
Dans la réalité, elle ferait bien de revêtir un jour l' habit d’un agent administratif de centre et d’expliquer elle-même aux gens désireux de se faire vacciner pourquoi elle les éconduit, d’autant que pour le moment nous sommes loin d’être à court d’approvisionnement.
Bref, les bons de vaccination peuvent être délivrés sur place. Sans aucun problème.
Restent les problèmes de fonctionnement.
Le président de la République n’a pas été satisfait des images de files d’attente, dans le froid et sous la pluie.
D’un geste : « qu’on ouvre le soir jusqu’à 22 heures, dimanche compris ».
Il a raison .
Mais il faudra qu’un jour ou l’autre, il comprenne qu’un claquement de doigt ne suffit pas.
Ce pouvait être la volonté de Merlin l’enchanteur, pas celle d’un président responsable qui ne saurait décider sans réflexion.
Un président n’est pas un homme de « caprices ».
Derrière sa volonté, il y a toute une infrastructure de personnel administratif, soignant, médical.
Certes, ces personnels sont prêts à travailler plus pour gagner plus. Ils ne semblent cependant se faire aucune illusion quant au gain de leur participation.
Mais ils ne sont pas « démultipliables » à souhait. Il n’y a guère que la classe politique qui soit capable d’exercer de multiples mandats en des endroits fort éloignés.
Une infirmière ne peut exercer ses soins en plusieurs cabinets à la fois. Une interne (les femmes sont majoritaires désormais dans cette catégorie), ne peut continuer son activité essentielle dans le service hospitalier où elle assume des responsabilités importantes et assurer des vacations de médecin dans un centre de vaccination. De plus que fait-on du repos compensateur que l’Europe impose à ces personnels serviables à l’infini ?
Quant aux médecins, je préfère ne pas discourir sur les convocations envoyées la veille pour le lendemain, suivies par d’autres annulant les précédentes mais conservant des horaires abscons. Et je ne parlerai pas des directives ministérielles que la population connaît avant les médecins prescripteurs…
A suivre….




