lundi, 08 février 2010
La montagne a accouché d'une souris.
Ce n'est même pas la vérité, car la montagne n'a pas accouché. Elle a juste fait une fausse-couche, l'enfantement est prévu pour une date très lointaine, non encore fixée, ce qui permet de s'interroger sur la nature de l'animal qui sortira....
Quoi qu'il en soit, aujourd'hui, les hérauts sont restés au vestiaire, car l'enfant n'était pas mûr et son concepteur plus vraiment sûr de la qualité de sa semence.
Il avait pourtant eu l'idée géniale de rassembler derrière son nom, en vue du grand succès populaire que ne manqueraient pas de constituer pour lui les élections régionales, les électeurs de droite, ceux sui flirtent avec l'extrême-droite, et la frange du peuple de gauche qui devait s'estimer heureux qu'on pose enfin la bonne question : Qu'est-ce qu'être français ?
Autre conséquence, le PS qui n'en finissait pas de se diviser aller encore un peu plus se scinder.
Il y aurait de grands débats, clôturés par un grand discours à faire pleurer les ménagères de plus de 20 ans et moins de 80 ans, et les autres...
Que n'aurait-on dit s'il n'avait eu le courage de donner au pays cette impulsion salvatrice qui allait renvoyer aux calendes le pouvoir d'achat, le chômage, et autres billevesées quotidiennes ?
Que du bénéf !
Mais quel mauvais génie a fait souffler le vent contre les minarets suisses ?
Quel député a souffert à la vue de femmes cachées par leur burqa à tous les coins de sa circonscription ?
Et qu'est-il advenu à son merveilleux ministre, Eric Besson, qui veut toujours tirer plus vite que son patron ? A croire qu'il était frustré lorsqu'il sévissait au PS car son vrai génome devait déjà porter la trace du FN...
Il en a tellement rajouté que tout d'un coup il n'a plus maîtrisé la boîte de Pandore qu'il n'avait pas conscience d'avoir ouverte, que des flots d'injures xénophobes se sont déversés, que toutes les discussions se sont portées sur l'islam, l'islamisation, les mosquées... que les Français ont commencé à se regarder avec méfiance, à ne plus se tolérer, qu'un climat de haine s'est installé et que toute cette situation faisait mauvais effet à un mois des élections.
De plus, Nicolas Sarkozy, que son flair politique n'avait jamais trompé, venait de faire la plus grosse erreur politique de sa vie : il n'avait réussi qu'à ressusciter le Front national, qu'à diviser ses troupes et qu'à réunifier le PS.
Pire, il dévissait dans les sondages.
Les Français ne comprenaient rien à ce débat sur l'identité nationale, et ne comprenaient plus leur président.
Problème essentiel : comment battre en retraite sans en avoir l'air ?« Les évènements qu'on ne maîtrise pas, feignons d'en être l'auteur » disait Jean Cocteau.
Eh bien, la question de l'identité nationale est bien trop importante pour être débattue aujourd'hui. « C'est un processus de réflexion et d'action que nous enclenchons et qui va se prolonger dans le temps », annonce François Fillon, simple collaborateur somme toute apprécié dans les moments difficiles.
La suite , on la connaît :
Le discours présidentiel est remis à plus tard, Eric Besson ne regrette rien, rien de rien, mais vu sa tête, repart-il à zéro ?
Il y aura « une commission de personnalités.... pour approfondir le débat ».On va peut-être nous refaire un Grenelle, celui de l'identité nationale ?
Mais d'ores et déjà, une dizaine de mesures seront mises en place :
Le carnet du jeune citoyen, mais je croyais qu'il était déjà distribué,
Une cérémonie solennelle pour accueillir les nouveaux Français. Là, où c'est mon cerveau qui défaille avec la fausse reconnaissance d'avoir déjà assisté à une telle manifestation à la mairie du 15ème, ou le gouvernement n'est pas au courant des pratiques décidées sous la précédente mandature.
Le renforcement de l'éducation civique, refrain qu'entonne à un moment ou à un autre chaque ministre de l'éducation nationale. Ce qui n'est pas très cohérent avec la suppression de l'enseignement de l'histoire en terminale S.
Tout ceci n'est pas sérieux. Un tel déballage laissera des traces dans la société déjà si fragile, de plus, pourra-t-on jamais connaître le montant de cette ineptie en coût, en temps, et en dégât électoral ?
A vrai dire, la question qui se lit sur toutes les lèvres : « le président n'aurait-il pas perdu la main » ?
dimanche, 07 février 2010
Même la médecine a le tournis.
La médecine hospitalière est vent debout, notamment l'AP-HP qui doit être restructurée et voir l'effectif de son personnel amputé de 4000 postes, ce dont on ne parle plus depuis quelques jours, les régionales dictant un peu plus de prudence.
Un facteur d'optimisme, cependant, est à signaler avec la nomination de Jean Leonetti à la présidence de la Fédération Hospitalière de France, succédant à Claude Evin. Lequel prend la direction de l'Agence régionale de Santé d'Ile de France (même dans le monde hospitalier, le jeu des chaises musicales est pratiqué !).
Le docteur Leonetti, cardiologue, et député UMP, continue d'exercer une matinée par semaine au Centre hospitalier d'Antibes.
Au moins, il sait de quoi il parle.
Il se permet même de réagir aux suppressions d'emplois de l'Assistance Publique, les qualifiant de « réponse purement comptable et brutale. Peut-être aurait-il fallu prendre le problème d'une autre façon et redéployer les moyens ».
Se penchant sur le problème épineux de l'organisation des urgences hospitalières et de la permanence des soins de ville, il veut contacter les médecins libéraux, annonçant " je suis pour le contrat plutôt que pour la contrainte et hostile à l'installation forcée des médecins libéraux". Lorsqu'on lui parle d'incitations financières, il les pense « utiles mais insuffisantes ».
Bref, si une hirondelle ne fait pas le printemps, il y a bien longtemps que les médecins n'ont pas entendu de paroles aussi apaisantes.
Pendant ce temps, la « mission pour la refondation de la médecine libérale », voulue par le président de la République, depuis ses vœux aux professionnels de santé à Perpignan, se met en place.
Elle doit avoir rendu sa copie à la fin du mois de mars.
Dirigée par le Président du Conseil national de l'Ordre des médecins, le docteur Michel Legmann, par ailleurs proche de Nicolas Sarkozy, elle se réunira une fois par semaine.
Selon les informations du Quotidien du médecin du jeudi 4 février, le « casting » aurait été arrêté par l'Elysée et comprendrait des personnalités peu favorables à la médecine de ville.
A ma connaissance, les femmes n'y sont pas nombreuses. Erreur grossière .
Pour envisager une thérapeutique efficace, il est nécessaire d'établir un diagnostic juste et, pour ce faire, analyser les symptômes réels.
La grandeur de la médecine réside dans le contact avec le patient.
Elle ne peut être pratiquée que par les professionnels, et non pas par tous les crânes d'œuf qui se targuent d'arguments, de savoirs, de statistiques, etc...
On a bien vu combien leurs estimations avaient coûté cher à la France avec le malheureux plan de vaccination contre la grippe H1N1.
Si on veut refonder la médecine libérale, le premier élément à prendre en compte est la féminisation de la médecine.
Les femmes représentent aujourd'hui 37% des médecins actifs. Elles sont majoritaires chez les moins de 40 ans et le seront tout court dans dix ans.
Les jeunes femmes veulent exercer selon le mode libéral, mais dans le cadre de maisons de santé pluridisciplinaires « offrant aux patients des soins de qualité et aux soignants un soutien pour les gardes et la permanence de soins, donc du temps pour la vie de famille ».
Elles veulent concilier vie familiale et professionnelle, regrette l'insuffisance de couverture maladie-maternité et se font du souci pour leur retraite.
Point n'est besoin de commission, de mission pour dresser ce constat.
Elles veulent moduler leur exercice en fonction de leurs activités familiales.
Il faut donc laisser à la médecine libérale son caractère libéral, la débarrassant de toutes les tracasseries administratives qui ne manquent pas de s'additionner de jour en jour.
Comme les réformes seraient efficaces si elles étaient proposées par les professionnels concernés !
Mais ne rêvons pas et soyons attentifs aux conclusions de la mission Legmann qui devra les livrer avant bien sûr, la parution du premier décret d'application de la loi HPST (Hôpital, patients, santé, territoire) dont on aurait d'ailleurs pu faire l'économie (santé et économie restent décidément bien antinomiques !)
vendredi, 05 février 2010
Non en octobre, oui en février.
Le président de la République n'affiche pas une politique lisible en ce qui concerne l'Afghanistan.
Comprenne qui pourra.
En mai, revenant d'Abou Dhabi, il confie « ni retrait, ni renfort » pour Kaboul.
En août, dix soldats français sont tués dans la vallée de l'Ouzbine, et en octobre, il annonce dans un entretien au Figaro que « la France n'enverrait pas un soldat de plus en Afghanistan ».
Le 1er décembre, Barack Obama, depuis West Point, décide de l'envoi supplémentaire de 30 000 soldats supplémentaires et aurait réclamé à la France l'envoi de 1 500 autres soldats.
Nicolas Sarkozy n'a pas manqué de « saluer le discours courageux de Barack Obama sur l'envoi de renforts en Afghanistan » (France2.fr) après s'être engagé, rappelons-le, à ne pas envoyer un soldat de plus au-delà des quelque « 4 000 personnels, soldats, gendarmes, policiers » qui font de la France le quatrième contributeur des forces de l'Otan dans ce pays.
L'Otan voilà le mot, voilà les maux. Depuis que la France a réintégré le commandement militaire intégré de l'Otan, elle a perdu toute autonomie, alors qu'elle devait gagner en commandement.
Et, aujourd'hui, le ministre de la Défense annonce que la France va envoyer entre 80 et 100 instructeurs, mais non pas des soldats, pour former les troupes afghanes !
La différence sémantique entre soldats et instructeurs doit être aussi subtile pour Hervé Morin que celle entre rémunération et indemnités pour Christine Lagarde concernant les émoluments de Henri Proglio.
On ne peut que se demander si nos ministres ne nous prennent pas pour des idiots en utilisant des distinguos qui ne trompent personne.
Et s'ils sont de bonne foi, il faut croire que leur fonction annihile leur jugement, à défaut de tout amour-propre.
Enfin, comble de l'incohérence présidentielle, c'est au moment où Nicolas Sarkozy se déchaîne contre Barack Obama qu'il lui fait allégeance en envoyant des Français dans un conflit qui ne mène nulle part.
Il suffit de se référer à l'article du 1er février du Temps.ch : « J'ai vu que M. Obama pour lequel j'ai de l'estime et même de l'amitié (a tout misé sur sa réforme de la santé). Je n'ai pas vu que ça rendait les choses plus simples ».
« Obama est au pouvoir depuis un an et il a déjà perdu trois élections partielles. Moi, j'ai gagné deux législatives et les européennes. Qu'est-ce qu'on aurait dit si j' avais perdu ? »
De plus, le président américain semble se désintéresser complètement de l'Europe puisque le sommet Union européenne-Etats-Unis qui devait avoir lieu en mai sera reporté au mois de novembre à Lisbonne, en même temps que le sommet de l'Otan.
« Il y a trop de sommets, il y a trop de déplacements, il y a trop de perte de temps » a annoncé Nicolas Sarkozy lors de la conférence de presse commune avec la chancelière allemande à l'issue du conseil des ministres franco-allemands, même s'il est, de tous les dirigeants occidentaux, celui qui voyage le plus.
Le langage, comme la politique du président, est à géométrie variable.
Comment s'y retrouver ?
mercredi, 03 février 2010
Un vent de folie sur la classe politique...
A tout saigneur, tout honneur.
Je suis affligée par les propos relatés par le Canard enchaîné de ce jour concernant le président de la République.
Très sincèrement, je ne puis croire un instant que le personnage qui représente 65 millions de Français, élu démocratiquement par plus de 50% de votants, donc de braves gens qui lui font confiance, puisse dire, à l'encontre de Dominique de Villepin :
« Il faut lui faire la peau, être très dur. Je le veux à terre, et sans oxygène ».
De deux choses l'une :
-ou bien le président s'est vraiment laissé aller à une phobie obsessionnelle qui laisse craindre le pire, mais je ne le crois vraiment pas. Cette bouffée ne peut être celle d'un chef d'Etat, quels que soient son animosité, ses griefs et sa haine concernant un de ses concitoyens que par définition il doit respecter.
-ou le journal a retransmis des propos approximatifs mais avilissants pour nous tous, et le président doit publier un démenti officiel dans les plus brefs délais. Ce qui témoignerait de raison au plus haut sommet de l'Etat.
Pour suivre l'ordre protocolaire, je m'interroge ensuite sur les connaissances juridiques du Premier ministre.
Certes, François Fillon a plus été bercé par les conflits sociaux de son mentor, Joël Le Theule, très efficace dans son mandat de ministre des Transports que par les problèmes régaliens de la justice de son pays.
Ce matin, cependant, sur une radio bienveillante pour les pourfendeurs de Dominique de Villepin, il s'est lui-même laissé aller à répéter l'argumentaire distribué aux séides, mais rehaussé de quelques arguments personnels par lesquels il excluait toute intervention élyséenne dans l'appel de la décision de relaxe.
« Tous les gens qui connaissent le fonctionnement de la justice savent que l'appel était automatique, il était obligatoire. Ce qui aurait été anormal , c'est qu'il n'y eût pas d'appel ».
Ce qui est anormal, c'est que le Premier ministre ignore à ce point le droit et qu'il pense de bonne foi l'appel d'un jugement « automatique et obligatoire ».
Et là :
-ou il méconnaît son sujet, ce qui est gravissime pour nous tous,
-ou il fait sa cour au président, ce qui révèle le triste état de notre démocratie, car on en est à bafouer les lois.
Lui aussi s'égare. Pour quoi ?
Elément à réserver pour la suite de la carrière politique de notre premier ministre...
Notre Garde des Sceaux (et ce n'est plus Rachida Dati), pour sa part, n'est au courant de rien, ce qui est vraisemblable, se contentant d'effectuer au mieux ses fonctions de « chambre d'enregistrements ».
Nous l'avons connue plus courageuse.
Elle réserve son énergie pour la défense de la suppression des juges. Ce qui amènera enfin la quiétude dans les prétoires.
Il n'y aura plus qu'une tête, celle du pouvoir.
Difficile de se recaser après un tel abandon de ses idées en rase campagne.
Comment cette superbe phalène peut-elle brûler ses ailes gaullistes à la médiocre bougie qui croit illuminer le monde ?
Quant aux seconds couteaux, pour plaire au chef, ils sont capables de tout et son contraire.
De toute façon, ils s'aligneront toujours sur le plus puissant. Banals dans les médiocres classes politiques, ils ne relèvent pas de la médecine.
Cette affaire Clearstream est un profond révélateur de notre société prête à avaler n'importe quelle couleuvre, prête à se battre pour un rideau de fumée, alors que les problèmes de la France ne supportent plus les incantations, les promesses, les dérivatifs.
Nous perdons toute crédibilité internationale. Nous sommes la risée de pays voisins pour des tas de raisons.
Nous avons le devoir de demander à notre classe politique plus de retenue, plus d'amour-propre, plus de sens des responsabilités.
Qu'ils demandent des avis médicaux s'ils le veulent, mais qu'ils assument une image correcte et digne de la France !
mardi, 02 février 2010
La France et l'Afghanistan. Le point de vue d'un spécialiste.
Hier, Dominique de Villepin est allé s’exprimer à l’Institut des Etudes Politiques sur « le rôle des puissances occidentales en Afghanistan »
C’est peu dire qu’il y a reçu un triomphe, et que l’amphithéâtre Boutmy buvait ses paroles.
D’abord, il a exposé ses arguments dans un discours vif au langage impeccable, sans le secours de notes, ce qui lui empêche les redites.
Quel brillant orateur !
Mais ne dit-on pas qu’il en va ainsi de tous les avocats ?
En tous les cas, pour être parvenu tardivement à la profession, il n’en est pas moins exceptionnel dans la forme !
Il a montré ensuite qu’il connaissait parfaitement l’histoire de ce pays pauvre, fragile, pris en otage lors des rivalités des grandes puissances de l’époque : Russes- Anglais au 19èsiècle, URSS-USA au 20è et maintenant Occident- Islam.
Dominique de Villepin qui avait suscité l’émotion des Nations-Unies lors de son discours mémorable contre la guerre en Irak, connaît parfaitement le monde des affaires étrangères et ne peut manquer d’inspirer la plus grande confiance tant aux autres pays qu’aux Français eux-mêmes.
Alors, lorsqu’il appelle au retrait des troupes françaises en Afghanistan dans un processus « maîtrisé, énergique et volontaire », le monde est suspendu à ses lèvres.
« Nous sommes aujourd’hui en Afghanistan dans une situation de légitimité flottante, de diplomatie embarquée… Il y a un engrenage de la force ; la force, quand elle n’est pas légitime, suscite une réaction d’une violence telle qu’elle nous entraîne dans un cycle dangereux et perdu d’avance ».
« Il s’agit de faire basculer une présence militaire incomprise et de la transformer en un investissement au côté de l’Afghanistan ».
« Ce qui me gêne, dans la diplomatie française, c’est son manque d’initiative, cette incapacité à inverser une situation où nous sommes entraînés à perdre nos soldats, sans savoir où nous allons ».
« C’est à la France de porter cette exigence du retrait »… faute de quoi, « nous resterons ce que nous sommes une cible immobile ».
Les jeunes de Sciences Po ne s’y sont pas trompés. Ils ont applaudi Dominique de Villepin à tout rompre.
Du style, de la concision, de la volonté, tout concourait à faire de cette intervention un succès.
Voilà pour la rue Saint –Guillaume.
Coïncidence : le même jour, Boulevard Haussmann, le Figaro fait entendre un tout autre son de cloche de la part du ministre des Affaires étrangères qui explique: « pourquoi nous restons en Afghanistan ».
Il veut croire que la « multiplication des arrangements de paix locaux incitera les grands chefs talibans nationalistes à songer à une réintégration politique », réintégration prônée par le président Karzaï lors de la conférence de Londres de la semaine dernière.
Ce qui a bien amusé ces talibans puisqu’ils rétorquent : « nous continuerons notre guerre sainte contre l’ennemi, lequel, dans un effort visant à recouvrer son prestige militaire et politique, a recours au complot et à la propagande ».
Ce n’est vraiment pas de chance. Pour une fois que Bernard Kouchner s’exprime, qu’il ne mélange pas les sacs de riz et les yogourts, il se fait ridiculiser par ces talibans qui n’ont pas compris qu’on voulait les sauver et les convaincre au hamburger-frites !
Il va falloir qu’il se secoue avant la fin du quinquennat pour rassembler tous les otages français retenus ici où là, car il est revenu du Mali les mains vides, Clotilde Reiss continue à faire des réussites à l’ambassade de France en Iran, Florence Cassez à croupir dans les geôles mexicaines et les reporters de France 3 restent cachés chez les pachtounes.
Et pourtant, ce n’est pas faute au président de la République de s’être démené et d’avoir mouillé ses chemises !
Le constat est terrible: aujourd’hui, la France n’est plus une puissance qui compte sur l’échiquier international. Elle cède au caractère belliqueux de ses alliés alors qu'elle devrait montrer le chemin de la paix.
lundi, 01 février 2010
Un président omnipotent qui fait des émules...
Normal, puisque les cellules souches embryonnaires "omnipotentes" permettent la réplique de n'importe quel tissu.
Ce qui est vrai pour le corps humain est vrai pour la représentation politique :
Le président qui fait tout, qui sait tout, et que ne dirait-on pas s’il ne le faisait pas ? s’ est dupliqué dans son ministre de l’Intérieur.
Au point que celui-ci veut faire une loi à chaque fait divers.
Et, si c'était de sa compétence, il aurait fort à faire: quoi qu’il en dise, les atteintes à la personne sont de plus en plus nombreuses, et les journaux regorgent de récits tous plus horribles les uns que les autres. L’un des derniers en date concerne ce couple de retraités tués à l’arme blanche dans leur pavillon de Pont-Sainte-Maxence découverts vendredi matin par leurs voisins inquiets de leur silence !
Aussitôt, le ministre de l’Intérieur a annoncé que les « sanctions pénales seraient aggravées » à l’encontre des auteurs d’agression envers les personnes âgées. « Notre mission est de protéger les personnes âgées, c’est devenu pour moi, une obsession ». Et le ministre de détailler sur le champ un dispositif de « Tranquillité senior », avec la mise en place de rondes par des « réservistes » ou des « bénévoles ».
Ce qui se conçoit aisément : en raison de la restriction des effectifs de policiers, il ne reste plus que les bénévoles qui vont pouvoir assurer la tranquillité de leurs voisins. Voilà une belle avancée sociale !
Question subsidiaire : que pourront-ils faire face à une bande de malfrats armés, déterminés, organisés ?
Autre question : à quel âge devient-on une personne âgée ?
60 ans, 62 ans selon que vous votez socialiste ou UMP ?
Voilà qui n’a pas du tout plu à notre garde des Sceaux, rappelant à Brice Hortefeux qu’il n’avait pas compétence de propositions de loi concernant la matière pénale, celles-ci étant « faites soit par le ministre de la Justice, soit par les parlementaires ».
« Aujourd’hui, 40% des incriminations qui existent en matière pénale, ne sont jamais utilisées par le juge, qui s’appuie sur des textes plus généraux pour rendre son jugement » a-t-elle poursuivi (si je puis dire).
Suite des évènements : Lefebvre a salué la réactivité du gouvernement ( !), Dominique Paillé a rappelé que « le Mouvement populaire » (qui a perdu l’Union d’UMP, c’est dire !) « est pleinement engagé dans ce combat pour la sécurité partout et par tous » (surtout avant des élections !).
Le président de l’Union syndicale des magistrats a déclaré : « c’est comme d’habitude, un fait divers, une loi. Je conseillerai à M. Hortefeux de relire le code pénal.
Tout ce qu’il annonce existe déjà »
Conclusion : M Hortefeux est allé se plaindre à papa Nicolas. Elle est pas drôle MAM, elle veut pas des gardes à vue de quatre jours pour les délinquants sexuels, elle est pas d’accord sur le couvre-(horte)feu pour les mineurs de moins de treize ans.
Elle serait même pas au courant d’un amendement voté mercredi dernier en commission des Lois sur l’aggravation des sanctions pour les agressions des personnes âgées.
Pauvre Michèle Alliot-Marie, tout se fait dans son dos : les amendements au projet de loi sur la sécurité intérieure (Loppsi 2), et même le procureur Marin ferait appel de la relaxe de Dominique de Villepin sans qu’elle soit vraiment informée.
Tout porte à croire qu’elle n’est pas conviée aux rendez-vous secrets.
Heureusement qu’elle représente encore un peu les gaullistes dans cette majorité présidentielle. Ce qui la sauvera lors du prochain remaniement ministériel.
NB : A quand la formation juridique continue pour les procureurs ?
Le directeur de l’Institut de criminologie de Paris et spécialiste de la procédure pénale, Philippe Conte, explique le mécanisme d’appel en France ainsi que la procédure qui lie le parquet à la Chancellerie : « les instructions orales sont illégales ».
« La loi prévoit que les instructions de la Chancellerie doivent impérativement être écrites et jointes au dossier. Afin, justement, que toutes les parties sachent bien qu’il y a eu des instructions »….et que vaut la voix des ondes ?
dimanche, 31 janvier 2010
Comment Nicolas Sarkozy s’est suicidé politiquement vendredi dernier
Comment aucun conseiller du président, dont on dit que quelques-uns sont férus d’histoire, n’a pas soufflé à Nicolas Sarkozy la seule attitude valable après l’annonce de la relaxe de Dominique de Villepin, ce que Louis XII en homme d’Etat avait déclaré au duc de la Trémoille : « le roi de France ne venge pas les injures faites au duc d’Orléans »?
Le souverain plaçait le service de la France au-dessus de ses rancunes personnelles.
Voilà le seul comportement valable quand on est le premier personnage de la France.
D’abord parce qu’il permet « de tourner la page » et de passer aux véritables problèmes qui préoccupent les Français.
Ensuite parce que d’une façon ou d’une autre, il sauve la face car on ne retient que l’objectif de l’homme d’Etat qui est de faire litière de ses ressentiments personnels, quelles qu’en aient été les conclusions judiciaires.
Encore faut-il être un homme d’Etat et ne pas revêtir un costume de la fonction trop grand pour la qualité réelle de l’homme.
Encore faut-il domestiquer ses pulsions, ce qu’on est en droit d’attendre de tout chef d’état, sinon le pire est toujours à craindre.
Comment peut-on alors faire confiance à quelqu’un qui se laisse dicter sa conduite par une haine irraisonnée au point de l’aveugler sur la façon de conduire les affaires de la France ?
Le président se maîtrise-t-il ? on peut se le demander.
Il vient de démontrer que dans l’adversité, il n’est pas capable de calme et de sérénité.
Que peut-il advenir à la France, lorsqu’un obstacle se dresse sur sa route ?
A l’occasion du premier procès, Sarkozy a offert une tribune à Dominique de Villepin. Il n’est d'ailleurs pas sûr que celui-ci se serait senti pousser des ailes vers un destin national si l’occasion de défendre son honneur par tous les moyens médiatiques possibles ne lui en avait pas été donnée.
De plus, aujourd’hui, Villepin, qu’on le veuille ou non, a été disculpé et les 327 pages du délibéré laissent à penser que cette relaxe est justifiée. D’ailleurs, selon le sondage du Monde aujourd’hui, « 69,6% des Français pensent que ce premier procès à permis d’aller au fonds des choses » et qu’un second procès est inutile.
Dominique de Villepin est devenu la victime de Sarkozy, l’objet de sa rogne, et obligatoirement attire la sympathie de ses concitoyens.
Il va pouvoir s’exprimer sans retenue, ce qu’il a déjà commencé à faire, et le président n’en sortira pas sans dommage.
Au moment du second procès, nul doute que l’opinion lui sera complètement favorable.
Enfin, l’image du procureur Jean-Claude Marin est singulièrement écornée.
Lui dont les détracteurs signalent qu’il s’est mis respectivement du côté des balladuriens, puis des chiraquiens pour finir chez les sarkozystes.
Pendant l’instruction des juges d’Huy et Pons, il avait été en désaccord sur leur façon de procéder. Et il a longtemps considéré qu’ « il n’y avait rien à reprocher à Dominique de Villepin ».
Il reconnaît lui-même avoir eu « deux épisodes violents avec Nicolas Sarkozy lorsque celui-ci était ministre de l’Intérieur » au sujet de l’affaire Clearstream.
Et le 29 janvier, il a l’outrecuidance de dire qu’il n’a pas changé d’avis !
Comment peut-on faire confiance à ce procureur ?
Le pauvre Herzog, qui n’avait pas pris de vacances pour mieux préparer ses quatre heures de plaidoirie anesthésiantes va goûter tout à loisir les CD de Johnny. Qu’on le veuille ou non, cet échec est le sien et celui de son client !
Et par un hasard inexpliqué, voilà qu’on nous ressort Gergorin atteint du psittacisme que le décès de Jean-Luc Lagardère a provoqué. Le seul capable de charger Dominique de Villepin à l’issue de ce procès.
Minable !
A coup sûr, Nicolas Sarkozy vient de se tirer une balle dans le pied.
vendredi, 29 janvier 2010
Côté cour, côté jardin
Côté cour : l’innocence, la grandeur, la mansuétude.
Côté jardin : la mesquinerie, la petitesse, la haine.
Côté cour : Dominique de Villepin.
Côté jardin : Nicolas Sarkozy.
Et que penser d’un président de la république, qui plus est avocat, qui fait paraître un communiqué de presse où manifestement il montre ignorer le droit ?
La belle affaire de ne pas vouloir faire appel du jugement ayant relaxé Dominique de Villepin !
Il n’en a pas la possibilité.
Mais il affiche sa (fausse)magnanimité. Quoique les images d’hier qui le montrent mauvais perdant ne trompent personne.
Pour un président dont la culture s’arrête au sport, ce n’est pas très glorieux de ne pas savoir perdre !
Ce n’est pas glorieux pour un président d’entretenir la haine.
Ce n’est pas glorieux pour un président de s’acharner de la sorte avec une rogne impulsive.
Où est le rassembleur ?
Où est le responsable à l’écoute des problèmes des Français ?
Où est l’homme politique qui donne par son exemple l’image de l’humilité au service de son pays ?
Les gaullistes qui n’acceptent pas que l’image de la France soit ternie entrent aujourd'hui en résistance.
jeudi, 28 janvier 2010
Un tribunal courageux, un honneur recouvré, un homme au service de la France…
Ce jour est un grand jour. Celui où un grand serviteur de l’Etat se voit complètement blanchi, disculpé de toutes les combines, mesquineries, falsifications et que sais-je…la liste de ses méfaits n’était pas assez longue pour ses détracteurs.
Dominique de Villepin, après cinq ans de calomnie, est aujourd’hui relaxé par le Tribunal correctionnel de Paris.
Ce qui veut dire que les accusations portées contre lui étaient infondées.
Mieux, il a été la première victime de manipulations.
Mais, comme son sens de l’intérêt général le lui commande, « une page est tournée » et, avec une maîtrise rare, il fait fi de toutes les humiliations subies par lui et par sa famille, pour se mettre au service des Français.
Non seulement il n’éprouve aucun ressentiment, ne prône aucune vengeance, mais encore, aujourd’hui, et dans la majorité présidentielle, il veut apporter son expérience qui n’est pas mince tant en ce qui concerne le chômage (taux le plus bas depuis 1983, lorsqu’il était le Premier ministre du président Chirac), qu’en ce qui concerne le rayonnement de la France sur le plan international : je ne rappellerai pas le discours contre la guerre en Irak, au siège de l’ONU, où son discours avait été suivi d’une « standing ovation ».
La France, comme dans les heures difficiles de son histoire, a la chance de voir une figure capable d’assurer son redressement, dans le souci de rassembler tous les Français, faisant litière du clivage droite-gauche complètement dépassé. Comme le souhaitait le général de Gaulle.
Voilà un "homme politique non professionnel "de la chose publique, uniquement habité par ses convictions, gaullistes, sociales et humanistes qui met au service de la France son engagement et sa détermination.
Qui pourrait se passer de cet homme d’Etat qui analyse les problèmes dont souffrent les Français, qui n’a qu’une obsession : le chômage, qu’un objectif : la justice sociale, qu’une passion : la France?
Toute autre interprétation n’est que scorie.
Et tous les beaux esprits, si tant est qu’ils en eussent, peuvent continuer à se faire plaisir avec leurs bons mots. A chacun selon son rôle, et celui de bouffon peut être aimable au roi !
Pour ma part, je ne servirai que l’homme qui répond à mes convictions politiques.
Cet homme s’appelle Dominique de Villepin.
Je le félicite d’avoir su démontrer son innocence, de se mettre au service de ses compatriotes et d’affirmer son attachement inextinguible à la France.
En route pour 2012!
mercredi, 27 janvier 2010
Ah ces journalistes!
Je comprends le président de la République quand il se met en colère contre eux.
En effet, ils écrivent n’importe quoi.
Ainsi aujourd’hui, en page deux d’un hebdomadaire qui paraît le mercredi, quelle ne fut pas ma stupéfaction de lire (je cite) : « Je ne comprends pas pourquoi Mougeotte a laissé publier ce torchon sur la visite de Villepin en banlieue ».
Je suis sure que le président, avare de ses colères car il ménage ses artères (n’a-t-il pas avoué lundi soir avoir subi une IRM pour une histoire banale?), n’a jamais tenu de tels propos.
Quoi, il aurait été furieux que Dominique de Villepin occupe les pages 42, 43, 44 et 45 du Figaro Magazine de samedi dernier?
Ce n’est pas possible : certes, les deux photos, qui ne semblent pas retouchées, montre un Dominique de Villepin souriant au milieu de la population de Bondy….mais rien que de très banal.
Et puis, il faut bien que quelqu’un retourne dans cette banlieue qui se croit déshéritée. Je suis sure qu'il a été satisfait de voir Bondy apaisé.
L'article décrit l'équipe des « sept samouraïs villepinistes », voilà une notion machiste à revoir car sur les trois anciens ministres, il y a deux femmes.
La garde rapprochée de Dominique de Villepin ne ressemble en rien à celle de Nicolas Sarkozy.
Je ne crois donc pas que ce dernier puisse prendre ombrage du bel article consacré à son ancien Premier ministre, celui qui l’avait fait rentrer en grâce.
Ils ne jouent pas dans la même cour !
Et toute irritation du président n’est, à mon avis, que calomnie.
En revanche, ce qui m’inquiète, ce sont les propos d’un proche du chef de l’Etat qui, à la lecture du même magazine, confie en parlant de Dominique de Villepin (Les indiscrets) : « De toute façon, il fera moins le malin la semaine prochaine (NDLR lors du jugement dans l’affaire Clearstream), ça le calmera ».
Si ces propos sont exacts, nous pouvons sérieusement nous interroger sur plusieurs faits qui interpellent :
-la confidentialité du délibéré . Or le président de la République n’a pas à connaître, plus que la partie adverse, le sort qui lui est réservé en tant que partie civile.
Et le président Pauthe qui se voulait irréprochable n’a pas su résister aux pressions.
-l’indépendance de la justice et la séparation sacrée des pouvoirs.
Ce qui en dirait long sur l’état de notre démocratie.
Mais non, j’affabule. C’est encore une histoire de journalistes.
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