dimanche, 22 novembre 2009

Les droits de l’enfant n’intéressent pas le président de la République!

La Convention internationale des droits de l’enfant vient de fêter son 20è anniversaire. La France a ratifié cette convention internationale en 1990 et a créé le Défenseur des droits de l’enfant en 2000, autorité indépendante de la République en charge de la défense et de la promotion des droits de l’enfant.

Cette institution est placée sous la responsabilité directe du chef de l’Etat auquel elle est tenue d’en présenter le bilan et des propositions.

Succédant à Claire Brisset, Dominique Versini a été nommée défenseure des enfants par décret du Président de la République le 29 juin 2006 pour une durée de 6 ans.

Elle est d’ailleurs présidente du réseau européen des 35 défenseurs des droits de l’enfant et reconnaît que la tendance en Europe est à la création d’une institution comme la nôtre. Les  Moscovites se préparent d’ailleurs à créer leur Défenseur sur le modèle français.

 

Quand une institution fonctionne trop bien, il faut la modifier et la réformer.

La Réformite a donc atteint la Défenseure des enfants puisque un projet de loi a été déposé au Sénat le 9 septembre 2009 au profit d’un nouveau Défenseur des droits englobant tous les pouvoirs en matière de droits.

 

Le poste de défenseur des enfants risque donc d’être supprimé (on n’imagine pas les parlementaires ne pas obtempérer sur ce sujet !), et Dominique Versini n’a jamais été consultée ni auditionnée malgré les demandes de rendez-vous formulées. Ce qui ne montre pas une grande élégance dans le procédé, ni un grand souci d’efficacité dans l’action.

 

Depuis sa création, l’institution a traité des réclamations concernant près de 20 000 enfants.

La Défenseure des enfants apporte son approche spécifique pour tenter de résoudre les cas auxquels les instances spécialisées n’ont pu trouver de solution. Elle s’est préoccupée des cas des enfants présents dans les centres de rétention administrative, du traitement des mineurs étrangers isolés….

Elle a sensibilisé aux droits de l’enfant, en trois ans, plus de 50 000 collégiens dans 12 départements, par l’intermédiaire de 32 « jeunes ambassadeurs » effectuant un service civil volontaire.

Elle anime une équipe de 60 correspondants territoriaux issus de la société civile, dévoués à la cause des enfants, mais ignorés par le projet de loi.

 

L’action de la Défenseure des enfants s’inscrit dans une réflexion de société sur les grandes questions concernant les enfants et fait des propositions législatives (statut des tiers beaux-parents), des propositions d’amélioration des politiques publiques (souffrance des adolescents, équipes mobiles de pédopsychiatrie).

 

Une consultation de 2 500 jeunes a permis de dresser un état des lieux des droits des enfants. Ils ont réfléchi sur 10 thèmes : famille, éducation, justice, violences, discrimination, santé, précarité, handicap, expression et participation, vie privée et internet.

Leurs conclusions se sont concrétisées en 200 propositions à l’attention du président de la République et du parlement.

Le président, surement intéressé mais trop occupé par des problèmes plus importants que ceux de l’enfant et de l’adolescent s’est défaussé sur son Haut Commissaire à la jeunesse.

 

En conclusion, ce sujet n’intéresse pas le Président de tous les Français. C’est vrai que les enfants ne votent pas.

Le gouvernement pense que tout a été fait dans le domaine des droits de l’enfant.

De plus, cette Institution coûte cher, et il n’y a pas des scandales  tous les jours !

 

Bref, la France, jusqu’alors très au fait de ces problèmes de l’enfant, va reculer, comme elle a reculé sur la question de la justice des mineurs et sur la prévention de la délinquance au profit de la sanction.

 

Beau travail !

vendredi, 20 novembre 2009

Le père de la Nation à Bordeaux

Jacques Chirac continue à remporter un succès populaire qu’aucun institut de sondage n’avait imaginé. Certes pour 76% des Français, il reste leur personnalité politique préférée, mais lors de ses déplacements pour les signatures de son livre « Chaque pas doit avoir un but », il rencontre une foule d’admirateurs pressante, inattendue pour les organisateurs, insatisfaite pour les derniers arrivés des longues files d’attente.

 

Aujourd’hui, il s’est rendu à Bordeaux pour dédicacer le premier tome de ses Mémoires. « Les plus courageux étaient arrivés plus de deux heures avant la séance au cours de laquelle il a signé, en deux heures, environ 300 ouvrages sur les 1 300 que la librairie Mollat avait commandés pour l’occasion ».

 

Toujours selon le figaro.fr, « dans la file d’attente qui s’étirait sur plus de cinquante mètres, du jamais vu depuis la venue de l’auteur populaire américain Mary  Higgings Clark, se trouvaient une majorité de femmes et de nombreux jeunes »….

 

"C’est un Jacques Chirac visiblement ravi qui a fait vendredi le voyage de Bordeaux, la ville d’Alain Juppé. L’ancien président de la République et son ancien premier ministre se sont retrouvés pour un déjeuner dans un temple de la gastronomie".

 

« J’ai toujours beaucoup appris en écoutant Alain Juppé » révèle  Jacques Chirac

Pour sa part, Alain Juppé se dit ne pas être étonné par le succès en librairie des mémoires de Jacques Chirac. « Les Français portent sur lui un regard apaisé. C’est un peu le père de la nation !»

Il est vrai que Jacques Chirac a toujours endossé avec dignité et responsabilité les habits de président de la République, qu’il s’est toujours abstenu de jugement sur son successeur, et que cette attitude élégante n’est pas pour déplaire à la population.

 

A l’heure du débat sur l'identité nationale lancé par le gouvernement, et alors que l’ancien président de la République  a toujours tenté  de définir celle-ci par une manière de vivre  ensemble, il est révélateur de voir les Français lui reconnaître un rôle essentiel de rassembleur.

« Je sais que la grande majorité d’entre vous souhaite ce Rassemblement. Ensemble nous le ferons. Mais il faut m’aider, me suivre, m’encourager par votre soutien sans faille.

Je vous promets, quant à moi, que je mettrai toutes mes forces, tous mes moyens, tout mon cœur, au service de la France dans le respect de la République et des Institutions » (discours d’Egletons, le 3 octobre 1976).

 C’est toujours ce discours que se remémorent  les Français et dont ils éprouvent un peu de nostalgie …

jeudi, 19 novembre 2009

Est-ce que le président de l'Europe doit être un personnage charismatique s'est interrogé Nicolas Sarkozy ?

 

Eh bien qu’il soit rassuré !

Les 27 chefs d’Etat ou de gouvernement ont choisi le Plus Petit Dénominateur Commun.

Voilà qui traduit bien leur conception enthousiaste de l’Europe : trouver « le visage » qui ne fera de l’ombre à aucun.

Mais, après les Ch’tis reconnus en la personne de Dany Boon décoré récemment par le président de la République française, on peut concevoir que la mode des frites gagne du terrain et que l’heure soit venue d’honorer nos voisin belges.

Et d’ailleurs, le Benelux fait figure d’ancêtres dans cette Europe que tout le monde veut « sincèrement » voir prospérer.

A la condition que les images des uns et des autres ne viennent pas empiéter sur leur propre ego.

 

Il paraît que Nicolas Sarkozy a fait campagne pour cet illustre inconnu qui vient de remporter le César de la meilleure non-candidature, le célèbre Herman Van Rompuy, premier ministre belge depuis moins d’un an.

Gagné.

Un homme politique aussi rompu aux affaires européennes ne manquera pas de donner son numéro de téléphone à Barack Obama pour résoudre les nombreux problèmes qui se poseront de part et d’autre de l’Atlantique Nord.

Sa fraîcheur dans ce domaine lui obtiendra la mansuétude de ses pairs. Encore que les plus inexpérimentés pour des coups d’essai réalisent parfois des coups de maître…Les 500 millions d’européens ne peuvent donc qu’être agréablement surpris.

 

Il paraît aussi que ce Monsieur Von Rompuy est un homme effacé qui « brille par sa discrétion ». Ce critère a été vraisemblablement retenu car nos chefs d’Etat et de gouvernement souffrent des gens qui se haussent du col pour entrer dans le champ de la caméra et figurer au deuxième plan des photos.

De ce côté, le résultat est assuré.

 

Il paraît enfin que « les 27 » se sont livrés à de savants marchés. C’est pourquoi la jeune Catherine Ashton a été élue Haut représentant à la politique extérieure, alors qu’elle ne fréquente l’exécutif communautaire que depuis moins d’un an, mais « il était important de montrer aux britanniques qu’on a besoin d’eux en Europe » a expliqué Nicolas Sarkozy.

 

Et puis, il fallait bien nommer une femme, et nos chefs ont eu peur de la brillante Lettone Vaira Vike-Freiberga : présidente de la République de Lettonie de 1999 à 2007 car réélue en 2003, européenne convaincue, engagée en faveur de l’intégration européenne de son pays, élue 48è femme la plus puissante du monde en 2005 par Forbes, écrivant en français des livres de poésie, voilà qui ne pouvait plaire à ses 27 électeurs aussi misogynes que mesquins.

Bref, elle était trop charismatique.

Les nombreuses pétitions en sa faveur n’ont pas abouti.

 

 L’Europe, au travers de cette élection, ne sort pas grandie de ces marchandages.

Quand aurons-nous des hommes et des femmes d’Etat soucieux de l’intérêt général de leur pays ? soucieux de l’Europe ? Ils ont aujourd’hui pratiqué le nivellement de leurs ambitions par la médiocrité.

mardi, 17 novembre 2009

La santé a un prix, mais elle nous sauvera…

Selon le Panorama du Médecin du 16 novembre, La santé, facteur de relance , « La santé est un secteur clé de l’économie de la connaissance » selon le président de la République, le 18 septembre dernier, au centre hépatobiliaire de Paul-Brousse.

Il témoignait ainsi de sa conviction que la santé est un secteur clé de la croissance économique.

Puis, devant des grands groupes industriels français et étrangers dans le cadre du Conseil stratégique des industries de santé, il confirmait « combien la santé et la recherche biomédicale sont stratégiques pour l’avenir de la France….Les sciences du vivant et de la santé seront un des moteurs de notre économie dans l’avenir ».

 

  Quelque temps plus tard, trois économistes ont exprimé leurs points de vue lors d’un débat organisé par l’Association des cadres de l’industrie pharmaceutique (Acip) dont le président est le docteur Michel Hannoun, ancien député, responsable de la Fédération des professionnels de santé de l’UMP.

  Gérard de Pouvourville, titulaire de la chaire santé à l’Essec, rappelle que l’espérance de vie apporte de la croissance, qu’une augmentation de 10% de l’espérance de vie c’est plus 0,5 à 0,62 de croissance supplémentaire pour le PIB.

  Les industries de santé sont essentielles à la croissance économique, mais aussi très contributives à la richesse de notre pays : avec 100 000 emplois directs (soit 0,4% de la population active) les entreprises du médicament contribuent pour plus de 2% du PIB ! Et pourtant les positions françaises s’effritent, selon Etienne Barral.

 

  Le paradoxe est clair : d’un côté, la santé est reconnue comme secteur clé de la croissance économique, de l’autre côté, la maîtrise des dépenses de santé tend à fragiliser le tissu industriel censé porter l’essentiel de cette croissance.

  Entre les deux, un gouffre, le trou de la sécurité sociale. Pour Marc Guillaume, il n’y a pas de trou… « Ce trou …c’est juste une question de répartition arbitraire et historique des dépenses…la crise réduit l’intérêt que l’on porte à la santé, car on raisonne en termes comptables. C’est une grave erreur ! »

  Et d’appeler à un renforcement des investissements dans ce secteur exemplaire en matière d’économie durable, et très demandeur au vu des progrès à accomplir, dans le cancer, les maladies neuro-dégénératives, la dépendance liée à l’âge, les maladies infectieuses et parasitaires … 

 

 
La balance commerciale du secteur pharmaceutique était excédentaire de 7 milliards d’euros en 2008, la France étant le premier pays européen en termes d’exportation de produits pharmaceutiques.

Voilà pour l’aspect financier du système qui a fait notre particularité initiée par le Général de Gaulle.

La santé est, on le voit,  porteuse d’avenir et de croissance.

 

Il est un autre aspect encore plus important, parce qu’il donne une dimension éthique à nos préoccupations.

Tout tourne autour des médicaments censés nous guérir. Encore faut-il que ce soit de VRAIS médicaments.

 

 

Jacques Chirac vient de souligner par « l’appel de Cotonou » que « de toutes les injustices, la plus cruelle est celle qui touche à la santé ». « Il  nous faut changer d’échelle et de méthodes. Il est temps que les nations s’unissent sans arrière-pensée contre cette menace commune » celle des faux médicaments ….Il faut " donner aux pays fragiles les moyens d’accéder à des produits de qualité. L’ancien président évoque, pour ce faire, UNITAID, avec les financements innovants du développement et la taxe sur les billets d’avion . Une autre de ces initiatives, lancée conjointement avec  le Brésilien Lula, en 2006"(Le Quotidien du Médecin-14 octobre 2009).

La santé est, on le voit, porteuse de solidarité.

 

Et si la santé remettait l’Homme au cœur de nos préoccupations!

 

 

lundi, 16 novembre 2009

Quand le président se dégonfle…

« Je n’imagine pas qu’un président puisse s’exonérer d’écouter ce qu’ont à dire des maires de toutes tendances politiques et de toutes les régions ».

C’était l’an dernier au congrès de l’Association des maires de France….

Comme l’année précédente, il avait voulu honorer les élus locaux, les dernières figures politiques reconnues par l’opinion publique.

 

Par une malchance rare, le président ne pourra pas saluer demain les quelque 6500 maires réunis pour leur 92è congrès, car son agenda est très rempli. Justement il part pour 48 heures en Arabie saoudite.

Il laisse le Premier ministre prononcer l’allocution pour la séance solennelle d’ouverture du matin. Ce malheureux François Fillon s’était déjà fait siffler l’année dernière, mais un Premier ministre, c’est fait pour recevoir les coups et supporter les broncas…

Quelques mauvais esprits sont allés jusqu’à dire que le voyage présidentiel revêtait une circonstance (doublement) diplomatique : « Le président Sarkozy avait dit qu’il viendrait chaque année devant les maires. Manifestement il avait oublié de dire que c’était uniquement les années où il pourrait se faire applaudir »selon André Laignel, maire socialiste d’Issoudun et secrétaire général de l’AMF.

A mon avis, il n’est pas près de s’exprimer aux congrès de l’AMF.

Peut-être même qu’il ne s’y rendra plus jamais…

 

Il est vrai que le « président-qui-ose-tout-de-son-fauteuil » élyséen a fait très fort en télescopant la suppression de la taxe professionnelle, dont les élus ne savent pas par quoi elle sera remplacée (ce qui est pratique pour établir un budget !) et la réforme des collectivités territoriales dont les compétences sont loin d’être définies.

 

« Balladur, Juppé, Raffarin, Larcher critiquent cette méthode »qui consiste en la réforme des finances locales avant celle des structures.

Les élus craignent « une recentralisation punitive ». Notre ministre de l’Economie, toujours « fière »-à-bras en a rajouté une couche « en affirmant que le gouvernement irait jusqu’au bout et n’avait pas à organiser la féodalité », propos jugés « irrévérencieux, injustes et offensants » pour Marcel Larmanou, qui fait remarquer que les collectivités locales étaient « le dernier bastion des services publics  et que les élus réalisaient 73% des investissements publics ».

 

Bref, la grogne enfle et s’il y a bien une chose que le « président-qui-ose-tout-de–son-fauteuil » craint plus que tout c’est la controverse publique.

Il a peur des sifflets et des railleries. Il ne supporte pas les blessures d’amour-propre.

 

Il faut voir les déplacements de policiers , les rues barrées, les barrières dressées à chacune de ses sorties.

 

Oui le président s’est dégonflé en ne se rendant pas à la Porte de Versailles demain 17 novembre.

 

Peut-être ne garde-t-il pas que des bons souvenirs de ce Parc des Expositions où le 23 février 2008, ses nerfs avaient lâché devant un paysan à qui il conseillait de « se casser, pauvre c.. ».

 

Il ne reste plus grand-chose de son sacre par l’UMP, au même endroit alors qu’« ensemble tout devient possible » le 14 janvier 2007 et que  le candidat égrène un chapelet de promesses. Deux ans et demi plus tard, se sont cassés : le pouvoir d’achat, le cinquième risque destiné à financer la dépendance, « les nouveaux espaces de liberté tarifaire »pour les médecins libéraux, l’alignement du C (consultation de médecin généraliste) sur le CS (consultation de médecin spécialiste), parce que « la médecine générale est une spécialité à part entière »…..

 

 

Comme chantait Dalida « paroles, paroles, paroles »….

 

Oui, le « président-qui-ose-tout-de-son-fauteuil » n’ose plus rien quand il a quitté son cocon. La preuve, c’est à l’Elysée qu’il recevra une délégation des maires de France vendredi prochain.

Gageons que là il osera de nouveau promettre tout et son contraire…

dimanche, 15 novembre 2009

Démographie médicale et taxe professionnelle

L’Union Nationale des Professions Libérales s’insurge contre la réforme programmée de la taxe professionnelle.

En effet, les professionnels libéraux BNC (bénéfices non commerciaux) employant moins de cinq salariés, les plus nombreux dans notre pays, subiraient un taux d’imposition au moins quatre fois supérieur à celui d’une entreprise en BIC (bénéfices industriels et commerciaux) de taille et de chiffre d’affaires équivalents.

 

Dans ces conditions, ces nouvelles dispositions vont avoir un effet restructurant immédiat.

 

« Les professionnels libéraux (de l’infirmière libérale aux médecins, en passant par les services à la personne) auront tendance –et intérêt- à se regrouper afin d’accéder au statut d’entreprise à « BNC de plus de cinq salariés » et d’être moins lourdement imposés. Les regroupements se feront principalement dans les zones urbaines au détriment des zones rurales ».

Selon Le Quotidien du Médecin du 13 novembre : « au total et tous secteurs d’activité confondus, un million d’emplois du secteur des services au public dans les zones rurales, serait ainsi menacé, ce qui priverait d’accès à un tel service quelque 5 millions de personnes ».

 

Pour l’UNAPL qui « prend l’exemple des médecins : « L’Ordre (des Médecins) constate déjà que les jeunes praticiens continuent à privilégier les grandes villes et la proximité des CHU en dépit de l’octroi d’aides à l’installation. Dans ce contexte, la réforme de la taxe professionnelle va accentuer le mouvement, allant à l’encontre des besoins de la population ».

Pêle-mêle, les médecins, les infirmières, les avocats, les notaires « de proximité » sont menacés.

L’UNAPL réclame que « toutes les entreprises libérales soient soumises au même régime fiscal, c’est-à-dire, qu’elles puissent rejoindre le régime général pour acquitter la taxe professionnelle ».

 

Cette réforme de la taxe professionnelle a-t-elle été bien étudiée ?

A-t-on eu le temps et les moyens d’en analyser les conséquences ?

Quelles répercussions sur le service public peut-elle induire ?

 

Au premier rang du pacte républicain figure l’égalité.

L’égalité des citoyens dans leurs droits et leurs devoirs.
L’égalité  dans leurs devoirs devant l’impôt, l’égalité dans leurs droits de l’accès aux soins pour tous, quelle que soit leur situation pécuniaire et géographique.

 

La réforme de la taxe professionnelle, en l’état, ne répond pas à ce pacte.

 

 

samedi, 14 novembre 2009

Bon anniversaire, Dominique!

 

Vous avez répondu à l’invitation de Georges Tron, député-maire de Draveil, vous en avez rencontré « les habitants et les commerçants », puis vous avez assisté à une table ronde à la maison d’un  quartier classé en ZEP.

 

Bravo d’aller ainsi au devant des Français, et de vous enquérir de leurs préoccupations quotidiennes.

 

Bravo de vous déplacer pour tâter le pouls de la population et, en responsable politique appelé à des fonctions suprêmes, d’ aller rencontrer la vraie France, celle qui s’interroge sur le problème des emplois, sur celui de ses enfants, sur la nécessaire tolérance qui honore notre Nation, celle du bien vivre ensemble.

 

Vous avez bien compris combien les gens étaient sensibles au fait que les personnalités qu’ils voyaient à la télé se déplacent pour les rencontrer et surtout les écouter. Sensibles au fait que ces derniers  prennent le temps de les entendre leur exposer leurs difficultés.

N’importe quel médecin à l’écoute de son patient reconnaît qu’une attention sincère à ses problèmes résout une partie de ceux-ci, fussent-ils les plus organiques.

 

Notre classe politique vit en dehors des considérations quotidiennes de nos concitoyens.

 

Monsieur le Premier ministre, vous avez commencé votre écoute de terrain dans le 91.

L’opinion publique vous espère dans tous les départements de France…

On vous apostrophera.

On vous tutoiera.

On vous appellera par votre prénom, en faisant litière de tout cérémonial.

On vous offrira même un gâteau pour votre anniversaire.

 

Permettez que je me joigne aux enfants de Draveil et que je vous dise simplement :

 

Bon anniversaire, Dominique.

vendredi, 13 novembre 2009

Imposons les pauvres, ce sont les plus nombreux…

Je ne sais plus qui s’est exprimé dans ces termes au XIXème siècle, et pour un peu, je craindrais de faire de la démagogie en les reprenant, il n’empêche qu’aujourd’hui 57 députés contre 25 ont voté la fiscalisation des indemnités journalières versées par la Sécurité sociale pour les accidentés du travail.

Au passage, bravo l’assiduité de nos élus nationaux : 15 % étaient présents pour voter un amendement essentiel et emblématique.

Il faudra s’interroger sur cette faible participation. Etait-ce parce que cet amendement engendrait un débat houleux qu’il avait été mis au vote un vendredi après-midi afin d’éviter un tohu-bohu dans la majorité ou ce qu’il en reste ?

Ou bien, si les députés étaient aussi peu nombreux au prétexte qu’ils étaient dans leur circonscription, n’était-ce pas par manque de courage, par peur de devoir prendre publiquement une décision dont ils auraient à rendre compte ?

Plutôt que d’afficher  une position défavorable au gouvernement, ils préfèrent fuir…

 

Bref, je ne sais qui a inspiré Jean-François Copé lorsqu’il a proposé cet amendement inique, après en avoir combattu le principe il y a quelques mois, je ne sais quelles sont ses motivations, et à vrai dire, il faut peut-être mieux ne pas les connaître, toujours est-il que le résultat de ce vote est lamentable, et qu’on pourra toujours se targuer de justice fiscale, la preuve est faite que celle-ci n’est pas l’objectif de la majorité parlementaire.

La preuve est faite  aussi que la majorité  préfère récolter 150 millions d’euros sur le dos des accidentés du travail plutôt que de revenir sur le boucler fiscal.

Il est vrai qu’on ne compte pas beaucoup d’accidentés du travail parmi les bénéficiaires de ce dispositif.

 

Je ne sais plus quel député a finement analysé que se couper le doigt dans une tondeuse à gazon le dimanche dans son jardin devait relever de la même « justice » fiscale que la semaine sur son lieu de travail.

Où ces propos relèvent de la plus parfaite mauvaise foi, où ils confondent  loisir et travail.

 

 Certes, dans ce cas de figure le résultat final est le même : l’amputation d’un doigt.

 

 Mais les circonstances sont bien opposées : l’accident résulte d’une activité de bricolage pendant un moment de détente, et cette activité n’est en rien imposée dans le premier cas, alors que dans le second cet accident se produit dans le cadre d’une occupation rémunérée, dans un système hiérarchisé où les tâches sont réparties et réalisées dans un ensemble défini qui peut aller jusqu’à la contrainte..

 

 Les députés socialistes voient dans cette mesure une triple peine : le traumatisme lié à l’accident, la diminution des revenus à 60% du salaire journalier les 28 premiers jours, et maintenant leur imposition.

 

 Ils sont suivis par le Nouveau centre qui n’a pas voté le projet, arguant que « cette allocation est le plus souvent versée à des salariés parmi les moins favorisés de la population française ».

 

 Même le président de l’Assemblée nationale avait  émis quelques réserves et s’était réfugié derrière l’avis du Conseil économique, social et  environnemental qui avait recommandé « l’abandon » du projet.

 Comme le dit Le Point, « le malaise est également palpable dans les rangs de l’UMP ».
C’est bien pour cette raison que nos courageux députés ont préféré se réfugier dans leur circonscription…

Courage, fuyons…

Courage, Fillon !

 

mercredi, 11 novembre 2009

Un baromètre politique encourageant

Dans Paris-Match à paraître demain, le baromètre Ifop place toujours Jacques Chirac en tête du classement, récoltant 75 % des opinions positives.

Son ancien Premier ministre, Dominique de Villepin,  passe en un mois de la 31è à la 18è place, gagnant 12 points avec une cote  à 55%.

Rama Yade reste 2è avec une popularité à 73%, Bernard Kouchner passe à la 5è place et se fait devancer par Dominique Strauss-Kahn. François Fillon est 10è et Nicolas Sarkozy 30è.

 

Comment expliquer la spectaculaire avancée de Dominique de Villepin ?

 

Parce qu’il défend les principes fondateurs de la République. Ce que dit sur son blog « Bâtir une nouvelle société » Daniel Garrigue, député villepiniste de la Dordogne : « depuis deux ans, nous nous écartons de plus en plus des principes » sur lequel le général de Gaulle avait fondé la Vème République:

assurer l’indépendance de la France, rétablir l’équilibre de nos finances, affirmer la solidarité entre les Français et doter la France d’institutions fortes.

 

Parce que, comme il s’y était engagé, Dominique de Villepin, s’exprime dans une video accessible sur son site clubvillepin.fr :

 

Après avoir assuré l’ancien Président de la République, Jacques Chirac, de son amitié et de son estime, en le remerciant pour le travail effectué à ses côtés « au service de la France », il a expliqué de nouveau combien une « alternance républicaine » était nécessaire an nom de l’intérêt général des Français.

Il a fustigé le nombre des réformes engagées : 1222 selon un « institut indépendant » et souligné le danger « d’une réforme qui divise ». « Attention à une réforme qui n’est pas comprise ».

Il rappelle l’obligation pour toute réforme d’être menée à son terme et d’être élaborée dans « le plus grand consensus possible ». Il s’inquiète de la réforme de la taxe professionnelle et partage l’inquiétude des élus locaux, de l’arrivée de la taxe carbone, de la suppression du juge d’instruction et de l’indépendance de la justice.

« Nous devons rester fidèles aux principes qui sont les nôtres ».

 

Enfin, pour lui la chute du mur de Berlin, s’il y voit le souffle de la liberté, ne marque pas la fin de l’Histoire. Il exhorte les Européens à faire partager leur ambition de paix au-delà de nos frontières. « L’Europe est grande quand elle est capable de regarder en dehors d’elle-même ».

Il réclame la stabilité des régions en guerre. On le sent sur la même ligne que Jacques Chirac qui s’intéresse à la prévention des conflits.

Comme lui, il appelle à plus d’échanges avec les pays en développement tels que les pays africains.

 

Bref, il se montre rassembleur, généreux et réfléchi. Ce qu’aiment les Français.

mardi, 10 novembre 2009

Une histoire d'agenda inutile, dérisoire, déplorable...

Nicolas Sarkozy veut faire branché, surtout depuis que Dominique de Villepin a créé son réseau communautaire.

 

Il se saurait être en retard sur quiconque, encore moins sur son rival.

 

Va donc pour Facebook.

 

Or il n’a ni le temps ni les compétences d’entretenir ce réseau.

Il le confie donc à des proches. Lesquels, comme la mère Denis, veulent laver plus blanc que blanc, et pour montrer combien leur héros est réactif, intuitif, imaginatif, n’hésitent pas à lancer sa photo où on le voit contribuer à la démolition du Mur de Berlin le 9 novembre 1989.

Ils ont vraisemblablement vérifié rapidement que la date était authentique, et hardi petit !

 

Manque de chance, ils se sont trompés sur la chronologie, et pour venir au secours du chef, tous ceux qui étaient par hasard sur les lieux ou qui n’allaient pas manquer de s’y rendre, ont été obligés de travestir la vérité et de perdre encore une fois un peu plus de leur crédibilité.

Je me suis précipitée sur « La tentation de Venise », bloc-note d’Alain Juppé qui reste muet du 2 au 16 novembre 1989, jour où il dit s'être rendu à Berlin. De plus, autant sur la page 45 que sur la page 46, il ne parle que d’Alain Madelin comme accompagnateur…

Sa mémoire serait défaillante, explique-t-il aujourd’hui… ce serait bien la première fois qu’il serait pris en défaut dans ce domaine.

 

François Fillon lui aussi connaît des absences, et va jusqu’à intervertir les journalistes rencontrés, confondant Ulysse Gosset et Patrick Bourrat. Hélas, celui-ci décédé ne pourra pas le contredire.

 

Je vais arrêter ici les contradictions flagrantes de tous ceux que le président oblige à se déconsidérer. Et je dois confesser rougir de honte pour eux.

 

Nicolas Sarkozy avait  déjà entraîné dans des carabistouilles tous les ministres venus au secours de son fils Jean qui, selon eux, avait toutes les compétences pour devenir président de l’EPAD .

Il voit que cette histoire tourne au vinaigre et renie avoir voulu mettre son fils à ce poste convoité.

Quelle claque pour les ministres !

 

Aujourd’hui, pour une histoire qui n’en vaut pas la chandelle, juste parce que ses zélateurs veulent lui faire endosser un costume trop grand pour lui, et que la vérité ne suit pas, il se discrédite et devient contre-productif.

Comme il n’hésite pas à mettre ses pas dans les empreintes des grands, il va même jusqu’à paraphraser John Kennedy le 26 juin 1963 : « Ich bin ein Berliner » qui devient « wir sind Brüder, wir sind Berliner ». Il assène deux fois une phrase qui avait fait le succès du président des Etats-Unis.

Pour ma part je préfère répéter  les propos d' Alain Juppé quand il laisse transparaître sa pensée: « c’est tout de même se foutre du monde »….

(il parlait de la taxe professionnelle ; Il se serait excusé !!!)

 

Les gens n’aiment pas être pris pour des imbéciles et d’ailleurs, tout le monde se f…que Nicolas Sarkozy  fut le 9 ou le 10 ou le 11 ou… à Berlin.

Ce que les gens veulent, c’est qu’il soit efficace à traiter leurs problèmes et qu’il range ses soucis d’ego et d’image le temps qu’il lui reste à gouverner la France.