vendredi, 18 juillet 2008

Esaü à l'Assemblée nationale

Eh bien voilà, nous y sommes. Les plus valeureux à mes yeux n’ont pas résisté au plat de lentilles.

Et pourtant, ils en ont fait des gesticulations, votant non en première lecture à l’Assemblée nationale (ce qui avait attiré vers eux les médias, pourquoi pas quand on est en mal de notoriété), puis annonçant partout qu’ils s’abstiendraient….

Là, je me suis dit que la pente était raide, et qu’elle était inéluctable…

Bien vu, parce qu’ils viennent d’annoncer qu’ils allaient voter cette misérable révision constitutionnelle.

Tous ces députés pour lesquels j’avais une certaine estime, parce que je les croyais hommes de convictions, ont écouté les sirènes qui les ont achetés.

Il faut croire que les chants de celles-ci ont été bien mélodieux, riches de promesses autant que de menaces.

Je suis fière de ne plus appartenir à leur clan.

Je suis fière d’avoir d’autres valeurs que celles que l’UMP, mais au fait, quelles sont ces valeurs ?

J’ai cru en Hervé Mariton qui semblait ferme dans ses convictions. J’ai bien senti que son club Réforme et Modernité devenait un cénacle dévoué à sa personne et je m’attendais à quelque botte en touche. Mes craintes ont été dépassées.

Je voyais en Georges Tron un député fiable, gaulliste, malgré quelques faux pas en 1995 et une histoire d’hélicoptère peu crédible. Mais je me disais que c’était un péché de jeunesse.

Quant à Bernard Debré, je n’arrive pas à croire qu’il ait ainsi renié l’héritage spirituel de son père, le fondateur de la 5ème République. Il est vrai que l’opinion devrait être habituée à ses coups de menton jamais suivis du plus petit effet, aussi bien lorsqu’il envisageait (déjà) une rupture dans la gouvernance de l’Assistance publique, que lorsqu’il se voyait en adversaire déclaré de Françoise de Panafieu . On allait voir ce qu’on allait voir, mais, si j’en juge par les résultats électoraux des personnalités qu’il finit par soutenir, le Président de la République devrait se méfier.

Bref, comme disait La Fontaine « ventre affamé n’a pas de maître » !

 

lundi, 14 juillet 2008

L'UPM, l'héritage Chirac.

Tout le monde se réjouit aujourd’hui de la réussite de l’Union pour la Méditerranée qui a permis à 43 pays, dont certains sont en conflit, de se réunir, et sinon de dialoguer, sinon de vouloir poser ensemble sur la photo de famille, du moins de se rencontrer et d’amorcer un processus de paix.

Bravo au Président Nicolas Sarkozy d’avoir poursuivi ce qui avait été créé les 27 et 28 novembre 1995, sous la Présidence de Jacques Chirac : la conférence de Barcelone.

Celle-ci avait établi les premières règles d’un partenariat méditerranéen, regroupant les 25 Etats membres de l’Union européenne et 10 Etats du Sud et de l’Est de la Méditerranée : Maroc, Algérie, Tunisie, Egypte, Israël, Autorité palestinienne, Jordanie, Liban, Syrie et Turquie.

Ce programme, dénommé processus de Barcelone, «  est le seul cadre de coopération global où les partenaires de l’Union européenne et de la rive sud de la méditerranée abordent ensemble des problèmes de la région.

C’est un outil particulièrement utile dans le contexte actuel de crise au Proche-Orient et en Irak » comme l’indique le Ministère des Affaires étrangères. A la suite de la conférence de Naples des 2 et 3 décembre 2003 qui le prolongeait, sous l’influence du Ministre de l’époque, Dominique de Villepin, ce processus souhaitait lancer trois projets essentiels : la création d’une Assemblée parlementaire euro-méditerranéenne, d’une Fondation euro-méditerranéenne pour le dialogue des cultures et d’une facilité financière renforcée de la Banque Européenne d’Investissement pour la Méditerranée.

«Le Ministre a proposé, en particulier, un renforcement du dialogue et de la coopération politique, notamment en matière de sécurité et de défense, un dialogue économique à haut niveau axé sur la mise en œuvre des réformes, le lancement de projets destinés à favoriser l’intégration du Maghreb, et la promotion de la démocratie et des droits de l’homme ».

Tout est dit.

Conclusions :

1/ Il est bon de « cent fois sur le métier, remettre son ouvrage », surtout lorsqu’il s’agit de sujets aussi sensibles que la paix au Proche et Moyen -Orient (merci Bush !).

2/ Les Français ont la mémoire courte, puisque ce qu’ils célèbrent aujourd’hui, ils auraient pu le célébrer il y a  5, voire 13 ans.

Puisque, une fois de plus,  les actions du président Chirac se révèlent précurseurs, sinon visionnaires, adhérez à l’association: « AVEC LE PRESIDENT CHIRAC, Ses amis rassemblés autour de ses valeurs » comme me le conseille un blogueur, qui de plus, m’en donne l’adresse électronique que j' ignorais (à ma grande honte): contact@jacqueschirac-assoc.fr.

 

 

jeudi, 10 juillet 2008

Des larmes à la mairie du 15ème!

Mes anciens collègues sont-ils déjà victimes du stress au travail évoqué par Xavier Bertrand quelques jours avant ce conseil d’arrondissement qui a vu partir Hélène Macé de Lépinay en larmes.

Avant elle, déjà,  Christine Boutin avait laissé transparaître cette sorte de fragilité et ce, bien avant que les difficultés psycho-sociales au travail eussent été reconnues. Il est vrai que c’était à l’Assemblée nationale, et que le président lui avait ensuite fait adresser un bouquet de fleurs.

Je ne sais si le maire du 15ème, sur ses fonds propres, aura montré la même délicatesse !

Pourtant Madame de Lépinay n’est pas un poulet de l’année : elle est Conseiller de Paris depuis 1989, 19 ans déjà…(eh oui, c’est ce qu’on appelle le renouvellement de la classe politique !)

Elle siège dans la majorité de cette belle mairie du 15ème et  doit savoir d’expérience que s’il est un domaine sensible dans notre 15ème, c’est bien la commission d’attribution des logements.

C’est cette commission qu’avait défendue, par un vœu assassin, le 1er adjoint de René Galy-Dejean  maire du 15ème à l’époque, Philippe Goujon soutenu par Alain Destrem (un de ses amis, si j’en crois le Parisien du lundi 7 juillet puisque le député-maire actuel rétrocède au second 716 euros par mois).

A ma grande stupéfaction, à l’époque, en janvier 2006, et  par un calcul politique vain, car avec un peu de flair, il n’avait pas besoin de se livrer à cette basse besogne, le 1er adjoint avait mis en minorité le maire de sa couleur politique.

Mes (anciens) collègues de la gauche en sont encore bouche bée: Philippe Goujon avait fait mordre la poussière à René Galy-Dejean.

Et on voudrait me donner des leçons sur la solidarité entre gens de la même famille !

Un conseil : que cette commission soit la plus transparente possible et que le souci d’impartialité qui a présidé à l’élection des conseils de quartier devienne la préoccupation de l’équipe municipale du 15ème. Il y aura moins de larmes à sécher…

 

dimanche, 06 juillet 2008

Un bien bel anniversaire.

Très bel anniversaire que celui de la Maison des associations du 15ème, qui soufflait hier, samedi 5 juin, sa première bougie et permettait un  bilan de l’exercice de sa première année avec un montée en charge très prometteuse.

Il faut reconnaître à Nadine Cottet, sa directrice, un engagement associatif sans faille, une présence et une écoute efficace des représentants de ses 150 à 200 associations (chiffre différent en fonction de l’enregistrement effectif ou prévu de celles-ci). Elle ne craint pas de donner les conseils spécifiques, de communiquer les informations pour faire vivre cet endroit idéal qui cimente la vie d’un arrondissement.

Elle pouvait se montrer fière de son action, comme elle l’a manifesté dans son discours, où, d’ailleurs, elle a salué l’action de René Galy-Dejean, maire du 15ème lors de l’inauguration l’an dernier.

L’actuel maire a lui aussi dressé un bilan exhaustif du rôle des associations dans la vie du 15ème.. Arrivée en retard, je n’ai pu en saisir toute l’expression. Je n’ai pas assisté à l’éloge qu’il faisait de son collègue,  le député de la circonscription où a été érigée la Maison des associations du 15ème. Satisfait,  Jean-François Lamour,  ancien ministre des sports et de la vie associative ne s’est pas exprimé.

Il a laissé au membre de son ancien cabinet, devenu adjoint en charge des associations du 15ème le soin de dire tout ce que la mairie mettait à la disposition des habitants de l’arrondissement.

Anne Hidalgo, au cours de son intervention a remercié Nadine Cottet, son équipe et les associations présentes, propos suivis de ceux de Hamou Bouakkaz, adjoint au Maire de Paris en charge de la démocratie locale et de la vie associative. La Ville de Paris compte sur le tissu associatif dans toutes ses composantes.Il semble que les associations puissent compter sur elle, la Maison des associations du 15ème en constitue un témoignage dont j'accepte l'augure.

Par ailleurs, je me réjouis d’être devenue tellement mince qu’aucun de mes anciens collègues ne m’a vue, et encore moins saluée, et pourtant, ils étaient nombreux. Il est vrai qu’ils affichent tous un sourire crispé, la marque de fabrique de cette mandature. Ils ne semblent pas rayonner de joie.

Certain(e)s même ont toujours l’air franchement méchant.

Cette attitude ne me surprend pas. Irai-je jusqu’à dire qu’elle m’amuse ?

Ce fut le cas mercredi dernier à l'occasion d'un colloque. Après avoir été ignorée par une collègue du 15ème dont la famille pourtant se targue de bons sentiments quelque peu pharisaïques, Roxane Decorte, elle, est venue me saluer avec gentillesse et élégance.

On me dit qu’elle fait partie d’un nouveau courant au sein du groupe UMP de l’Hôtel de Ville. Y aurait-il déjà des dissensions ?

A suivre… avec gourmandise !

 

 

samedi, 05 juillet 2008

Ah, si les bons sentiments étaient transmissibles!

J’apprends ce soir, par Europe.fr, que « le président du Modem a regretté l’absence de Jacques Chirac et Dominique de Villepin à la cérémonie d’accueil de l’ex-otage franco-colombienne Ingrid Betancourt la veille par Nicolas Sarkozy ».

Ce regret, François Bayrou n’est pas le seul à le ressentir, d’autant qu’Ingrid Betancourt n’avait pas manqué de les remercier, dès le pied mis en France, lors de sa première allocution où elle ne méconnaissait pas pour autant  le rôle de Nicolas Sarkozy. « Je dois au Président Chirac d’avoir protégé ma famille. Mon ami Dominique de Villepin, je lui dois énormément. J’ai hâte de les revoir ». C’eût été un geste délicat d’accéder au simple désir de cette femme en lui permettant de les rencontrer.

C’était trop demander au locataire actuel de l’Elysée.

Je souhaite de tout mon cœur que cette femme qui, pendant 6 ans et demi, a souffert les pires atrocités, puisse lui donner un tout petit peu de l’amour, de la générosité, de la magnanimité qui l’animent. Il lui en restera encore suffisamment pour, elle,  mener à bien son destin. Le locataire, lui, ne s’en portera que mieux, et tous les Français avec lui.

Je suis heureuse d’apprendre par ces « e- informations » que Jacques Chirac a manifesté vendredi soir « sa joie » à Ingrid Betancourt de la savoir libérée.

Merci à ces sites qui relatent exactement les faits, à la différence du Figaro.fr qui, sur son espace internet, a coupé l’intervention d’Ingrid à Villacoublay, lorsque, justement, elle remerciait les deux « bêtes noires » (du moment) du Président.

Un blog ( Post), s’insurge de ce " procédé digne de la police politique stalinienne " .

Je ne partage pas encore cette analyse, mais les dirigeants de ce grand journal devraient être en mesure de montrer plus d’indépendance. Il y va de leur crédibilité.

jeudi, 03 juillet 2008

Les femmes à l'honneur, les ministres à la traîne.

Le colloque organisé hier sur « Les femmes passerelles d’Europe » s’est révélé un vrai succès.

Tous les orateurs ont montré un attachement viscéral à l’Europe . Et d’abord les organisateurs, Florence Richard, Présidente de Femmes, Débat et Société, Jean-Dominique Giulani, Président de la Fondation Robert Schuman, et Richard Descoings, Directeur de Sciences Po, qui accueillait la manifestation.

Dès ses premiers propos, celui-ci est entré dans le vif du sujet : nous n’avons pas d’alternative. Nous ne pouvons que « vivre en européens ». Ceci ne sera possible qu’à trois conditions :

-combler le fossé entre les élites et le peuple. En cas de conflit, les élites n’ont jamais aucune chance de gagner contre le peuple. De plus, cette opposition est contradictoire avec notre idéal de démocratie.

-nous engager davantage dans la formation de l’Europe.

-responsabiliser les élites qui doivent avoir à cœur de refuser tout développement qui accroît les inégalités. Sont à considérer en urgence : le développement durable, le réchauffement climatique, et la crise alimentaire.

Les femmes sont engagées dans ce combat, d’ailleurs elles représentent 50% des étudiants de Sciences Po. C’est dommage, cependant,  que la parité ne parvienne pas à s’imposer jusqu' aux postes  des professeurs d’université, détenus à 82% par des hommes !

Trois tables rondes se sont succédé. Le matin, sur le thème « Femmes d’Europe, quelles valeurs partageons-nous ? », Vaira Vike-Freiberga, ancienne Présidente de Lettonie, a expliqué combien l’Europe attendait de la France, combien nous avions la chance de posséder des ressources considérables dans les domaines les plus divers, et pourtant combien nous manquions d’enthousiasme, nous qui connaissons la liberté depuis plus de 200 ans ! L’Europe, facteur de paix et de prospérité , de solidarité, doit être défendue avec le courage, les convictions et l’énergie dont les femmes sont capables. Les hommes nous en remercieront.

Le panel 2, dans l’après-midi, avait trait à « l’Europe, un moteur pour les filles et les femmes ». Il était présidé par Claudie Haigneré, ancienne Ministre, médecin, astronaute, la seule française, après Marie Curie, à faire rêver les jeunes filles…

Le dernier panel interrogeait « les européennes pour une vision humaniste de la mondialisation ». Il devait être présidé par Nathalie Kosciusko-Morizet. Ses fonctions de secrétaire d’Etat chargée de l’Ecologie, ne lui ont permis de n’accorder à l’auditoire que dix minutes sur les 90 prévues. C’était sûrement suffisant car elle a expliqué « qu’il fallait rénover, recoudre les liens qui avaient été décousus… qui doivent être recousus, que l’Union européenne a voulu faire partager ses projets jusqu’à l’ivresse, oui jusqu’à l’ivresse ». Nous devons « remettre un peu d’enthousiasme et de dynamisme pour défendre ce projet . C’est ce qui nous manque pour recoudre ce projet ». Mais, si elle n’aime pas parler de spécificité féminine, de peur d’être renvoyée « aux problèmes de crèche »  (sic), elle fait confiance aux femmes qui « sont des réservoirs de passion pour la chose publique ».

NKM s’exprime bien, et sa gestuelle compense les hésitations de son discours. Il n’empêche qu’elle n’avait pas préparé son intervention ce qui est dommage car elle paraît compétente dans ce domaine bien particulier du développement durable.

A la différence de Jean-Pierre Jouyet, secrétaire d’Etat aux Affaires européennes, qui lisait péniblement un discours et qui a voulu s’en échapper, la première fois en parlant de l’emploi, et en faisant référence à Xavier Bertrand ( Rien à dire), la seconde en s’enthousiasmant sur le système de soins français ( ce qui est légitime, mais on peut se demander pourquoi ce gouvernement cherche à tout prix à le modifier), mais surtout, en évoquant le nom de Bernard Kouchner. N’est-il pas au courant que sa collègue de la Santé et des Sports s’appelle Roselyne Bachelot ?

Enfin, Michel Barnier est arrivé. Notre ministre de l’Agriculture et de la Pêche n’était pas en possession du bon discours. Je ne sais pas si celui qu’il nous a exposé correspondait à celui prévu. Mais très rapidement, il a parlé de son expérience, de l’Europe, de ce projet européen qu’il trouve le plus beau parce qu’il crée la paix, et le plus ambitieux car il fait appel à la mutualisation des identités, des efforts de 27 nations, la meilleure façon de combattre le nationalisme (tiens, on dirait du Ge Gaulle !).
Les attentes des femmes sont différentes de celles des hommes : les unes espèrent la paix, la préservation de l’environnement, la mobilité pour les jeunes et la sécurité alimentaire, les autres mettent leur espoir dans la monnaie unique, les nouvelles technologies (Ariane, Galileo), la libre circulation des biens et des personnes.

Quoi qu’il en soit, si nous ne voulons pas devenir spectateurs de la vie du monde à venir, si nous voulons parler à égalité avec la Chine, l’Inde. le Brésil, la Russie et les USA, il y a urgence à construire cette Europe, et pour ce faire, il faut expliquer toute la prospérité qu’elle nous apporte, combattre les peurs, plus ou moins légitimes et combattre la démagogie par la démocratie.

Il faut  l’aimer. Il faut donner envie d’être européens.

La place des femmes a été reconnue dès le Traité de Rome en 1957. Elles doivent être les passeurs de cette belle Union Européenne.

 

Ingrid libérée!

Alors que j'écrivais les impressions que m'avait procurées une journée dense à Sciences Po, pour assiter à un colloque passionnant concernant "les femmes passerelles d'Europe", la télévision m'a appris la libaérétion d'Ingrid Betancourt.

J'ai cru à une fausse information, jusqu'au moment où je l'ai vue, en direct, heureuse, soulagée, se recueillant dans les bras de sa mère, apparemment en bonne santé.

Bravo à tous ceux qui ont favorisé cette libération. Merci , a-t-elle dit en français, au Président Sarkozy, au Président Chirac qui avait déjà oeuvré pour que cesse sa détention. Merci aussi à son grand ami Dominique de Villepin et à sa femme Marie-Laure.

Vraiment, Ingrid est une femme exceptionnelle!

lundi, 30 juin 2008

Un homme exceptionnel, une famille remarquable, une émission de qualité rare

Un moment rare, celui que nous a donné cette belle chaîne publique, France 2, pour relater « Un jour, un destin : Chirac intime ».

D’abord, je trouvais audacieux de vouloir résumer en 120 minutes les ressorts profonds d’un homme qui m’a semblé toujours en retrait de toute exposition publique et médiatique. Ce qui ne constitue que le corolaire d’une éthique et d’une éducation qui faisaient prévaloir la dignité et l’absolue obligation de ne pas afficher ses problèmes personnels. (Vais-je m’affranchir de cette obligation en disant que cette ligne de conduite est modestement  celle que j’ai adoptée tout au long de ma vie?)

Je trouve que la famille Chirac, éprouvée, a montré une solidarité qui ne peut que forcer l’admiration des Français.

Toute cellule familiale subit des bonheurs et des malheurs, et ma conviction très profonde est que tout doit se résumer au carnet du jour du Figaro et/ ou du Monde. Point barre.

Un homme politique qui parvient à la fonction suprême s’extrait de toutes ses contingences privées, sinon la France peut se faire du souci !

L’attitude de Jacques Chirac, lors des tournants de sa carrière, qui sont ceux que les Français lui ont imposés, bons ou moins bons, est celle qui devrait faire l’admiration des écoliers des années à venir : s’obliger au calme, à l’impavidité, au respect de tous. Et peut-être montrer, comme lors de la passation des pouvoirs, le 16 mai 2007, que son objectif premier n’était pas celui des photographes, comme le lui indiquait d’un index qui deviendra célèbre, celui de son successeur, mais celui de se montrer digne.

Jacques Chirac a tourné la page, comme le dit un intervenant. Bien sûr, mais qui ne la tourne pas ? et parfois plus vite que Jacques Chirac !

De mauvais esprits glosent qu’il lui a fallu trois élections pour se faire élire. Il est vrai qu’en face de lui se présentaient de vrais ténors d’opposition. Plus tard, ce fut plus facile ..« à vaincre sans péril, on triomphe sans gloire »…

Certes, en 1995, il affrontait son ami de trente ans…ami qui d’ailleurs m’a donné des leçons  d’union et de solidarité et m’a reproché de « n’avoir jamais fait le bon choix » ! (sic. Marché de Grenelle), sauf qu’en 2001, soutenant René Galy-Dejean, j’avais déjà montré ma détermination à ne pas souffrir la pensée unique…

Je ne veux pas m’égarer (j’aurai l’occasion de relater mes observations dans un avenir proche).

Pourquoi, comme la majorité actuelle des Français, j’aime Jacques Chirac ?

Parce qu’il me représente, parce qu’il incarne la bonne éducation que mes parents m’ont donnée, celle que je veux transmettre à ma descendance : faire front, rester impassible devant les évènements, ne pas étaler sur la place publique mes soucis et mes satisfactions (notamment lorsque je pressens celles-ci transitoires)… Ainsi,  je préfère ne pas voir célébrer lors d’un 14 juillet la beauté d’une première dame de France qui ne sera qu’éphémère ( je parle de la beauté!).

Enfin, ce que j’appréciais chez Jacques Chirac en représentation  à l’étranger, c’était sa tenue dans les salons officiels. Je ne l’ai jamais vu croiser les jambes en mettant le pied sur le genou opposé. Ces réflexions paraitront vénielles à certains thuriféraires. Il n’empêche que rares sont les présidents à exposer leurs chaussettes de cette façon!

La dimension d’un homme politique se mesure à l’image qu’il donne, à la transmission de ses valeurs, à l’empreinte qu’il laissera à la postérité. Et là, je n’en vois pas beaucoup à pouvoir rivaliser avec Jacques Chirac. Outre la politique étrangère qu'il a donnée à la France, et où il a fait un sans faute (sur 12 ans, ce n'est pas si mal), il laissera une trace indélébile dans l’histoire de la France et dans celle du monde par sa considération de de  tout un chacun, par sa réelle empathie, par le respect du dialogue des cultures et par son souci de favoriser touts les civilisations à vivre ensemble en paix.

Merci Monsieur le Président.

 

samedi, 28 juin 2008

Mêmes fonctions, conceptions différentes.

Un homme qui respecte ses engagements avec ses électeurs, voilà qui n’est pas courant.

Un homme qui refuse toute proposition électorale prestigieuse, voilà qui est encore moins courant. D’autant que les propositions qui lui auraient été faites semblaient plutôt avantageuses. Mais cet homme a compris depuis bien longtemps les leurres de l’exposition politicienne illusoire.

Cet homme est d’abord un homme d’honneur. Il ne déviera en rien de la ligne qu’il s’est fixée : servir la ville qui l’a élu maire, ne servir que ses électeurs… municipaux.

Et à en croire les medias, trois mandats s’offrent  à lui, pour … compléter ( ?) ses engagements municipaux, au choix: les élections sénatoriales qui ne pourraient le conduire qu’à un affrontement avec ses soutiens locaux, les élections européennes qui lui feraient porter le fer contre un député aquitain qui n’a démérité en rien, Alain Lamassoure, les élections régionales pour lesquelles il ne se sent guère d’affinités.

Cet homme incarne le respect de la France, le respect dû à la France, un homme de sang froid, capable du recul indispensable envers tout événement, privilégiant la réflexion à la réaction impulsive stérilisante. Bref, un homme d’Etat dont la France ne pourra se passer. Et tant mieux.

Comment ne pas souligner l’attitude de ce grand Maire, serviteur de l’Etat : Alain Juppé.

Je n’ose établir un parallélisme de situation avec une de ses successeurs au Ministère de l’Economie, Christine Lagarde, Conseiller de Paris, et à ce titre, membre de la commission de surveillance de l’Hôpital Rostchild du 12ème arrondissement.

Certes, les dramatiques problèmes budgétaires de la France la mobilisent plus que la situation financière de ce petit hôpital de l’AP-HP. Il n’empêche qu’elle n’a pas été désignée dans cette commission contre son gré, qu’elle occupe un siège où elle ne siégera jamais, qu’elle fait partie de ces gens qui affirment que le cumul des mandats leur permet d’être plus au courant des problèmes de terrain pour pouvoir disposer de cette expérience afin de faire aller les affaires de la France dans le bon sens.

Eh bien, c’est raté.

Madame la Ministre s’est illustrée par son absence, alors qu’elle aurait pu profiter de sa rencontre avec la maire du 12ème Michèle Blumenthäl pour discuter des problèmes locaux de l'arrondissement assortis des problèmes spécifiques à la santé  et à ceux dus à l'allongement de l'espérance de vie.

N’est pas un homme (ou un femmme) d’Etat qui veut.

 

 

mardi, 24 juin 2008

Ne copier des Américains que leurs défauts!

On aime ou non les Américains, mais il faut bien se rendre à l’évidence, les Etats-Unis constituent aujourd’hui la première puissance économique mondiale.

Ils font rêver le monde par leur potentiel de richesse, de recherche, d’innovations, de créativité, d’arrogance culturelle et linguistique.

Bref, si nous étions aussi courageux, entreprenants, etc…. que les Américains, nous serions les maîtres du monde.

Voilà une image bien factice. Car nous ne devons pas accréditer une allégation aussi sommaire que fausse.

Les Etats-Unis peuvent abuser par leur image de nouveaux riches, il n’empêche que 40 millions d’entre eux n’ont aucune protection sociale.

Les riches peuvent se faire soigner, les moins riches peuvent crever. Et je n’exagère pas.

Les soins médicaux sont aussi exorbitants que le système de protection sociale est inexistant.

Par ailleurs, seuls les plus fortunés peuvent avoir accès aux diverses mutuelles.

Les plus démunis encourent une double peine : ils n’ont pas de fric, et s’ils « tombent » malades, ils tombent vraiment.

Eh bien, nous Français, qui nous targuions du modèle social le plus perfectionné, celui qui faisait appel à notre esprit généreux, celui qui répondait au principe le plus viscéralement ancré en nous : « chacun paie en fonction de ses moyens et bénéficie des soins en fonction de ses besoins », nous avons abandonné notre idéal de sécurité sociale, celle que nos aînés avaient concoctée et dont nous étions si fiers. Et les fossoyeurs en sont ceux qui se disent les héritiers du Gaullisme. Honte à eux.

Déjà nous avons vu se mettre en place, le 1er janvier dernier, le système des franchises médicales afin de procurer 700 millions de recettes supplémentaires, sanctuarisées pour 750 millions dans le plan Alzheimer, 650 (millions) pour le plan cancer, et le reste pour les soins palliatifs (non, il n’y a pas de faute de frappe, ça dépend de la grandeur des millions. Ce qui veut dire que ces annonces sont complètement factices surtout quand on sait qu’à lui seul,  le moindre plan Alzheimer sérieusement budgété nécessite 1 milliard 500 euros …).

On prend les Français pour des gogos. Ces franchises médicales n’ont pour vocation que de combler très faiblement le fameux « trou » de la sécu.

La santé coûte cher. Il faut la financer. Certainement pas, cerise sur le gâteau, en empêchant les plus malades d’entre nous de se soigner correctement, en cessant de les faire bénéficier du remboursement de leurs médicaments à 100%.

L’idée géniale de ce gouvernement est de supprimer aux patients déclarés en Affection de Longue Durée (ALD) le remboursement des médicaments délivrés avec une vignette bleue, médicaments dont la prescription n’est pas essentielle pour leur traitement. Quand on sait qu’il s’agit pour la plupart  de malades du diabète, du sida ou de cancer, on croit halluciner.

Eh bien non, nous n’hallucinons pas. Non seulement vous n’avez pas de chance en étant gravement malades, mais comme ce n’est pas votre jour (de chance), si vous n’avez pas l’argent pour vous payer ces médicaments dits « de confort », et si la maladie (par perte de chance complète) fait que vous ne pouvez plus exercer votre profession, vous n’aurez plus que vos yeux pour pleurer devant la vitrine du pharmacien…..

Et pendant ce temps, on ne taxe pas les stock-options !