samedi, 07 novembre 2009
Un président qui fait pschitt !
Que se passe-t-il pour Nicolas Sarkozy, deux ans et demi après son élection de à la tête de l’Etat ?
D’abord, il lui aura fallu un demi-mandat pour saluer d’une façon aussi appuyée l’action de son illustre prédécesseur comme hier à la Sorbonne.
Alors que Jacques Chirac l’a remercié en l’appelant « Monsieur le président de la République, ….Votre présence nous honore », le successeur n’a pas tari d’éloge sur son hôte, affichant son « amitié », son « estime »,son « plaisir », passant au prénom et tutoyant son aîné dans un élan de proximité qui a coupé le souffle à bon nombre se spectateurs.
Le voilà qui rend hommage à Jacques Chirac, parce que, le premier, il avait alerté l’opinion mondiale sur l’état de la planète, ou parce qu'il a eu un rôle déterminant lors du refus de l’invasion de l’Irak. Pour un peu, il aurait salué le discours du ministre des Affaires étrangères de l’époque.
Allez, encore un effort, Nicolas….
Il oublie dans le même temps que son ministre des Affaires étrangères, à lui, était favorable à cette guerre, de même que, pour faire bonne mesure, son récent secrétaire d’Etat aux Affaires européennes.
Bah, vérité en Sorbonne, erreur au-delà, ou inversement, on n’est plus à une contradiction près…
Et puis, les ministres n’ont guère d’importance. Ils sont là pour la photo, n’ont aucune responsabilité puisque c’est le chef qui fait tout (il le confesse : « si je ne fais pas tout moi-même… »), parfois relayé par ses conseillers intercalaires qui n’ont aucune légitimité sinon d’être l’oreille et la bouche du patron.
D’ailleurs, les ministres ne sont pas d’accord entre eux. Pour éviter d’étaler le ridicule, il faut mieux qu’ils restent muets.
Comme notre Pierre Lellouche déjà mentionné qui vient de se faire tacler par la ministre de l’Economie. Laquelle désapprouve ses propos sur les conservateurs britanniques lorsqu'il souligne, en fin diplomate, leur " euroscepticisme pathétique "…
Les parlementaires sont-ils plus obéissants ?
Que nenni ! Les sénateurs ne veulent pas de la réforme des collectivités territoriales telle qu’elle leur est présentée, les députés ne savent plus s’ils sont favorables à un Grand emprunt, modeste de 25 milliards d’euros, ou bien, inspirés par H.Guaino, s’ils le verraient bien à 100 milliards. Le président tranche, ce sera entre 25 et 50… précision d’importance… rien que du simple au double…
Quant à l’opinion publique, elle voit défiler le train de 253 dossiers concernant des réformes. Ah le joli mot que celui de réforme….qui promet le changement dans le poids du cartable des écoliers, la lecture de le lettre d’adieu à Guy Mocquet, mais qui n’apporte aucune solution à leurs problèmes quotidiens.
Les évadés courent toujours, les fonds sont transférés bien loin de leur lieu de destination, les trains n’arrivent plus jamais à l’heure, l’insécurité progresse, d’autant qu’on a supprimé 8000 policiers, les soins médicaux sont assurés par un personnel soignant proche du burn-out, tellement chacun doit avoir cinq cerveaux et dix bras …
Le chômage progresse, le pouvoir d’achat diminue. La population regrette le gouvernement de Dominique de Villepin.
Il faut dire que les promesses du candidat Sarkozy sont bien loin de leur réalisation.
Mais tout n’est pas perdu, en effet, comme l’ont souligné deux journalistes ce matin sur Europe 1, depuis le 6 mai 2007, Nicolas Sarkozy a fait quatorze fois la même confidence : « il a changé ». Comme il avait déjà changé une fois, avait-il annoncé pendant sa campagne électorale, on compte désormais quinze changements…
Ce n’est plus de la rupture , c’est du tournis…
vendredi, 06 novembre 2009
Le Prix de la fondation Chirac pour la prévention des conflits.
Ce matin, dans le cadre de la fondation Chirac qui poursuit l’œuvre de Jacques Chirac au service de la paix, l’ancien président de la République a remis ses premiers prix pour la prévention des conflits dans le Grand amphithéâtre de la Sorbonne, en présence d’hommes et de femmes qui œuvrent pour la paix, dont Kofi Annan, Prix Nobel de la paix, ancien Secrétaire général de l’organisation des Nations Unies, des membres du jury, Simone Veil, Michel Camdessus…
Il s’agit de récompenser les efforts des hommes, des femmes et de nombreuses institutions qui agissent sur le terrain pour prévenir des conflits.
Quand il était Secrétaire général des Nations unies, Boutros Boutros-Ghali avait déjà voulu faire de la prévention des conflits une catégorie à part entière de l’action internationale dans son Agenda pour la Paix (1992).
La fondation Chirac s’appuie sur un Comité d’experts qui identifie les zones de conflits potentiels. Lequel propose ensuite au Jury une liste de personnalités ayant contribué à créer un dialogue entre belligérants.
Deux lauréats sont alors retenus :
-l’un pour le Prix de la fondation Chirac remis à une ou plusieurs personnes de la société civile, doté de 100 000 euros,
-l’autre, le Prix Spécial du Jury remis à une personnalité politique.
Simone Veil a remis le Prix de la fondation pour la prévention des conflits à l’Imam Muhammad Ashafa et le Pasteur James Wuye. « Tous deux, anciens adversaires dans un antagonisme militant, ont su remettre en cause le recours à la violence pour se consacrer à la réconciliation des cœurs et des esprits, dans un Nigeria traversé par les fractures religieuses et ethniques » dira le Président Chirac.
Le Prix du Jury a récompensé « l’action du Docteur Park Jae Kyu, ancien ministre coréen de la réunification, inlassable artisan du dialogue avec la Corée du Nord, et qui a ouvert la voie au rapprochement des populations ».
C’est peu de dire que Jacques Chirac a été ovationné à plusieurs reprises dans cette prestigieuse enceinte.
D’abord par son discours empreint de simplicité, d’empathie et de lucidité : « Oui, selon le mot célèbre, notre monde est grand et terrible.
Grand dans toutes ses promesses, terrible dans tous ses fléaux, et d’abord, le premier d’entre eux : la guerre, la guerre, mère de toutes les pauvretés…..Je crois en la primauté du droit sur la force. Je crois en la vertu du dialogue. Je crois en l’Homme ».
Il croit en « la force de la parole, de la main tendue, la force du vouloir vivre ensemble ».
« La paix n’est pas seulement affaire de conférences internationales. La paix est parfois humble, comme un repas partagé. Elle se construit laborieusement, dans le cœur des femmes et des hommes ».
Il veut des « militants de la paix, issus de la société civile » car l’action politique a « besoin de relais, besoin de passeurs, …de vigies de la paix ».
Jacques Chirac s’est exprimé avec l’élégance qui le caractérise.
Des journalistes l’ont surnommé « le nouveau Monsieur paix ».
Vraiment toujours un grand président.
mercredi, 04 novembre 2009
Je suis le ténébreux, le seul, l’inconsolé…mais je fais 8%
Ce « Desdichado » de Gérard de Nerval, qui porte « le soleil noir », non pas de la Mélancolie, mais de la puissance, si on se réfère à son ouvrage concernant Napoléon, n’est pas aussi déshérité que toute la classe politique le dit.
En effet, selon un sondage Ifop réalisé les 29 et 30 octobre à paraître dans Valeurs actuelles de demain, Dominique de Villepin serait crédité de 8% d’intentions de votes au premier tour de la présidentielle de 2012.
Pour quelqu’un qui n’a jamais été élu, qui n’est soutenu par aucun parti, qui devait être discrédité par l’opprobre d’un procès où le président de la République le reconnaît comme coupable avant l’heure afin de bien marteler à l’opinion publique combien la cause est entendue, tout seul, il suscite l’adhésion de 8% d’électeurs.
Dominique Paillé, le toujours bien inspiré porte-parole adjoint de l’UMP, avait analysé la situation avec son objectivité habituelle: « Dominique de Villepin », lors de la réunion de ses sympathisants à la Maison de l’Amérique latine, « ne propose que sa personne. Les Français ne sont pas dupes….Je n’ai entendu aucune idée nouvelle, aucune proposition concrète »….
A mon avis, les applaudissements nourris qui ont ponctué tout le discours de Dominique de Villepin l’ont empêché de bien en saisir « la substantifique moelle ». Il est resté trop en retrait, encore que les partisans de l’ancien Premier ministre qui n’avaient pu accéder à la salle de réunion, sont restés dans le jardin et le héros de la fête est allé à leur rencontre par la suite....
De plus, c’est faux. Dominique de Villepin a lancé des pistes de réflexion qui animent son club et qui y prospèrent.
Ensuite, c’est oublier l’analyse gaulliste qu’il a faite quant au retour de la France dans l’OTAN. Mais là, on peut pardonner à D. Paillé de n’avoir pas tout compris.
« La puissance de la France ne se mesure pas à l’aune de sa seule puissance mais à sa capacité d’influence, à la spécificité qui l’anime. On ne peut pas renoncer à son modèle social, à son modèle républicain ». Et ça, ce ne n’est pas déjà un programme quand on voit détricoter toutes nos valeurs et s’évanouir la grandeur de notre pays?
« Les Français ne sont pas dupes » ils sont même nostalgiques du gouvernement précèdent, alors que le chômage était au plus bas, que les déficits publics diminuaient, que la France rayonnait dans le monde, que le président de la République présidait et que le Premier ministre, chef du gouvernement, déterminait et conduisait la politique de la Nation, sans conseillers intercalaires.
Pour quelqu’un qui n’est pas candidat, qui n’est pas en campagne, ces 8% font l’effet d’un coup de tonnerre dans le paysage politique français.
Ils sont pour Dominique de Villepin l’encouragement à se présenter aux prochaines élections présidentielles et pour ses partisans l’impérieuse obligation de se mettre en ordre de bataille au plus vite.
Les amis de Dominique de Villepin ne peuvent que le féliciter et continuer à le soutenir dans toutes ses entreprises, y compris celle de romancier.
Que « Le dernier témoin » rencontre tout le succès mérité, et que son auteur continue , lors des apparitions médiatiques que nécessitera sa promotion, à transmettre ses valeurs humanistes, son amour de la France et sa vision du monde.
mardi, 03 novembre 2009
Un gouvernement schizophrène.
D’un côté, Eric Besson, dans sa lettre aux préfets, observe que « le débat sur l’identité nationale répond aussi aux préoccupations soulevées par la résurgence de certains communautarismes dont l’affaire de la burqa est l’une des illustrations ».
Nicolas Sarkozy a bien dit à Versailles que « la burqa n’était pas la bienvenue en France ». Elle témoigne de la montée de l’intégrisme islamique. Considéré comme portant atteinte à la laïcité, son port doit être interdit dans les endroits publics et tout doit être fait pour éduquer les jeunes filles des quartiers pour les soustraire à l’autorité masculine paternelle ou maritale qui leur impose cette pratique.
Pour se reconnaître français, il faut donc éradiquer les pratiques communautaristes, ce qui vise essentiellement l'islamisme et respecter le principe républicain de la laïcité.
De l’autre côté, la ministre de l’Economie, Christine Lagarde, a annoncé aujourd’hui, lors d’une conférence sur la finance islamique organisée à Bercy, sa détermination à attirer les investissements venus du Golfe persique et permettre l’émission de « sukuks », obligations conformes à la loi islamique.
« Fondée sur la charia, loi islamique, la finance islamique interdit le recours aux intérêts, la spéculation et les investissements considérés comme impurs (jeu, alcool, armement, tabac…) ».
Le parlement avait donc, dans le cadre de la loi sur les PME, adopté un amendement proposé par le sénateur UMP Philippe Marini, afin de faciliter ces investissements venus des émirats et changer la loi modifiant le régime de la « fiducie » pour que l’on puisse émettre ces obligations « islamiquement correctes » : les fameux sukuks.
Le Conseil constitutionnel avait censuré cet article « au motif qu’il n’avait pas de lien avec l’objet du texte ».
Eh bien, la ministre a annoncé que cette disposition serait réintroduite « dans un nouveau véhicule législatif plus approprié, qui évitera la censure du Conseil constitutionnel ».
C’est ce qui s’appelle ne manquer ni d’audace, ni de mépris pour les institutions françaises.
C’est aussi bafouer la laïcité, principe intangible de la République.
L’Etat a donc deux discours contradictoires: l’un pour la finance, l’autre pour les jeunes filles de quartier…
C’est la crainte d’Eric Raoult, député de Seine-Saint-Denis et rapporteur de la mission burqa.
Doit-on durcir les lois pour les rendre intransigeantes vis-à-vis de l’islam ?
Doit-on modifier le droit français pour le rendre « charia compatible » ?
Le gouvernement devient de plus en plus schizophrène.
Il faut ratisser large et après l’ouverture à gauche, revenir sur les terres du Front national. Eric Besson excelle dans cette fonction qu’il incarne à la perfection, sous l’œil un peu pervers de son nouveau maître.
Par ailleurs, la France bling-bling est exsangue et a besoin d’argent. On nous invite à fermer les yeux sur les sources de financement, pourvu que les caisses se remplissent.
C’est ce qui s’appelle un grave manquement à la morale.
Conclusion : intolérance, perte des valeurs et atteinte au principe républicain de la laïcité.
Pauvre France !
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lundi, 02 novembre 2009
Plan cancer II
Nicolas Sarkozy a présenté ce midi à Marseille son plan cancer qui fait suite au plan cancer de Jacques Chirac, une des priorités du quinquennat de ce dernier, au même titre que la sécurité routière qui a connu, grâce à lui, une embellie passagère et la lutte contre le handicap, chantier bien loin d’être terminé.
Le Président de la République, en orateur talentueux, a gardé le plus important pour la fin de son discours, puisqu’il a cité son prédécesseur, le président Chirac, en reconnaissant que ce 1er plan cancer avait été utile.
Le président actuel vient de signer un chèque de 750 millions d’euros pour des dépenses supplémentaires concernant la lutte contre le cancer.
Il veut « construire, dès aujourd’hui l’excellence des soins de demain » et pour garantir la qualité des soins, demande de recruter 20% de spécialistes en plus, « oncologues, radiothérapeutes, hématologues qui sont aujourd’hui en nombre insuffisants ».
Et il a raison.
Les premiers problèmes naissent de la réalité des faits : comment financer ces dépenses sans prélèvement obligatoire supplémentaire ?
Comment assurer une qualité de soins en diminuant de façon drastique les effectifs de personnel soignant ?
Comment faire naître 20% de spécialistes supplémentaires quand le pays est confronté au déficit démographique médical et que 680 postes d’internes en médecine générale n’ont pas été pourvus cette année. Par ailleurs, ces spécialistes ne seront opérants que dans une dizaine d’années. Il est plus rapide pour certains de devenir président d’EPAD (je n’ai pas dit EHPAD= établissement hospitalier pour personnes âgées dépendantes) que cancérologue chevronné. Toutes ces belles intentions ne se concrétisent pas d’un claquement de doigt.
Il s’intéresse à « l’annonce du diagnostic » et à « l’après cancer », mettant le médecin généraliste au cœur du problème.
Il a encore une fois raison, à ceci près que les généralistes qui se sont exprimés sur « Pratis TV »sont furieux que l’on découvre aujourd’hui leur métier et ont des mots très durs pour ces « politico-administratifs qui ont toujours … du retard » alors que ce sont eux qui le plus souvent détectent, ou constatent la maladie, suivent leurs patients dans leurs traitements divers et sont présents lors de la phase terminale. Ils revendiquent le manque de moyens qui leur sont attribués alors qu’ils ont à cœur « l’honneur de leur profession ».
Enfin, est-il bien cohérent de vouloir réduire les inégalités quand on a vu défiler la hausse du forfait journalier, le déremboursement des médicaments à « service médical rendu » insuffisant comme le paracétamol (seul médicament efficace en cas de grippe, fût-elle A), les franchises médicales, ou plus récemment l’article 29 du projet de loi de financement de la sécurité sociale qui doit être voté demain à l’Assemblée nationale.
Cet article prévoit pour les Affections de Longues Durée prises en charge à 100% (ALD), affections longues et coûteuses au premier rang desquelles le cancer, une sortie du système au bout de cinq ans de suivi des patients qui n’ont pas de traitement lourd.
Dans beaucoup de cas, les patients sont en rémission complète au bout de ces cinq ans, sans être véritablement guéris, et vont rechuter quelque temps après….
A vrai dire, ce discours m’a profondément attristée. Encore une fois, le diagnostic est bon, mais il ne peut y avoir d’évolution favorable. En dehors des incantations qui dans ce domaine peuvent avoir un effet psychologique favorable, il ne sortira rien de ce plan cancer II.
Merci Jacques Chirac de l’avoir initié en 2003, même si sur les 70 mesures annoncées, un tiers restait à mettre en œuvre.
dimanche, 01 novembre 2009
"Qui sème la division récolte le socialisme"...
Voilà une belle sentence dont Jean-Pierre Raffarin a le secret. Il parlait de la réunion de Dominique de Villepin à la Maison de l’Amérique latine de mardi dernier.
Quatre jours se sont écoulés, et qu’apprend-on aujourd’hui ? Que le même Jean-Pierre Raffarin, accompagné de 23 autres sénateurs, ne votera pas la réforme de la taxe professionnelle.
Si je salue le courage qu’il montre ainsi en affirmant ses convictions, et qu’au demeurant cette prise de position me semble la seule légitime, je m’étonne qu'il divise lui-même et de belle façon, mais sans craindre de...« récolter le socialisme »….
Y aurait-il donc une bonne et une mauvaise division ? des valeurs plus importantes les unes que les autres ? Et surtout, s’il paraît difficile aujourd’hui de définir le socialisme, il n’est pas plus aisé de borner l’idéologie de la droite, sinon de l’UMP…
Les représentants de la Haute assemblée veulent promouvoir la « sagesse réformatrice », selon le JDD (je cite mes sources : je ne voudrais pas faire de plagiat à l’instar de ce pauvre Dominique Paillé qui vient de dire : « Toute division de l’UMP aura pour conséquence l’avènement du socialisme »…).
Jean-Pierre Raffarin a la décentralisation chevillée au corps, et à mon avis, on ne pourra jamais lui reprocher de vouloir lui donner un ancrage plus profond.
Il souhaite la réforme des collectivités territoriales qui lui apparaît « stratégique et moderne ». « Les décentralisateurs sont dans le camp des réformateurs » et, dit-il : « la recherche de plus de compétitivité pour les entreprises françaises nous conduit à souhaiter une réforme de la taxe professionnelle. …. Si le volet « allègement fiscal » pour les entreprises ne nous pose aucun problème et peut donc être voté rapidement, en revanche le travail relatif au volet territorial de la réforme n’est pas achevé ……
Il nous apparaît peu rationnel de mener la réforme des finances avant celle des compétences. Le principe de réalité nous conduit à penser qu’il est nécessaire de voter d’abord la réforme des collectivités territoriales, puis la réforme de la taxe professionnelle….
Définissons les compétences de chaque échelon territorial puis, sereinement, logiquement et équitablement, répartissons les recettes fiscales en fonction des missions des différents échelons ».
Voilà qui semble frappé au coin du bon sens.
Hélas, quoi qu’on eût dit Descartes, le bon sens n’est pas la chose du monde la mieux partagée, au moins par le président de la République qui s’entête, de façon pathétique, à mettre en place la réforme de cette taxe professionnelle, sans en connaître les impacts territoriaux et leurs conséquences.
Il veut mettre la charrue avant les bœufs, une gageure pour qui connaît si bien le milieu agricole !
Il pourra nous répéter pour la troisième fois « je ne suis pas venu là pour vous tenir un discours que vous avez déjà entendu » …
Le président n’y connaît rien en agriculture, et pas plus en réforme territoriale. Qu’il laisse les experts s’exprimer, et les sénateurs exercer leur rôle de sages de la Nation.
En revanche, que ces mêmes sénateurs puissent penser que la division qu’ils sèment dans leur « pré » carré, et qu’ils trouvent légitime, ressortit du même droit que celle qui anime Dominique de Villepin !
Ce n’est pas diviser que de savoir dire non.
Ce n’est pas diviser que d’appeler à une alternative destinée au contraire à rassembler tous les gens de bonne volonté qui n’ont qu’un souhait : la grandeur de la France.
vendredi, 30 octobre 2009
Jacques Chirac renvoyé devant le tribunal
Voilà la nouvelle qui est tombée aujourd’hui et qui m’interpelle.
D’abord, la juge a voulu « se faire » un nom, à la veille de son départ pour d’autres fonctions, en « se faisant », pour la première fois sous la Vè République, un ancien chef d’Etat.
De plus, les juges d’instruction vont disparaître et elle a voulu montrer combien leur rôle était important.
Les successeurs de Jacques Chirac n’ont donc aucun souci à se faire : plus de juges. Demeure le parquet, ce qui diminue considérablement les risques.
On ne peut s’empêcher d’être triste de voir ainsi tenter de détruire l’image de Jacques Chirac « le père bienveillant de la Nation » qui s’est toujours érigé contre ses divisions.
Il est pour 76 % des Français la personnalité politique des Français, plus de 30 points devant son successeur.
Quel crime de lèse-majesté!
Mais « Jacques Chirac ne se dérobera pas » annonce un communiqué.
Je salue son courage et sa détermination à vouloir se défendre, et répéter que « jamais, à aucun moment », il n’a eu, « ni la volonté, ni même le sentiment de commettre une quelconque infraction ou irrégularité, ni même de transgresser la morale ou l’éthique ou encore de léser les intérêts des Parisiens qui, pendant dix-huit ans », lui « ont accordé leur confiance ».
Selon Henri Cuq, Président de l’association « Avec le Président Chirac » cette décision démontre que : « contrairement à ce qu’on a laissé entendre, il n’y a pas eu de système d’emplois fictifs à la Mairie de Paris : sur près de 500 emplois examinés par la justice après plusieurs années d’instruction, seuls 21 demeurent aujourd’hui en question.
Comment dans ces conditions ne pas s’interroger sur la raison de ce renvoi ?
Comment ne pas penser, ainsi que l’a exprimé Me Jean Veil, avocat de Jacques Chirac, que l’instruction a été conduite uniquement à charge ?
Mais Jacques Chirac ne se dérobera pas et il démontrera que ces 21 emplois étaient légitimes.
Pour autant, cet épisode ne saurait remettre en cause son bilan au service de la France et des Français, ni les liens de confiance et de respect mutuel qu’il a tissés avec eux tout au long de sa vie politique ».
Jacques Chirac a été un grand Président de la République. Il continue à faire rayonner la France et ses valeurs, bien au-delà de nos frontières.
Et il n'est pas né celui qui pourrait lui faire de l’ombre.
jeudi, 29 octobre 2009
Quand les ministres soutiennent des votes contraires...
Le Projet de loi de financement de la Sécurité sociale va dans le bon sens, mais fait voler l’union de la majorité.
Alors que l’examen du PLFSS pour 2010 devrait s’achever demain soir, aujourd’hui, Roselyne Bachelot, ministre de la Santé et des Sports et Eric Woerth, ministre du Budget ont soutenu l’amendement de Marc Le Fur, député UMP, supprimant le Droit à l’Image Collectif (DIC). Cet avantage fiscal, accordé aux sportifs professionnels, permettait aux clubs français de payer les joueurs en droits d’image à hauteur de 30%, bénéficiant ainsi d’une exonération de charges sociales, jusque là compensées par l’Etat à hauteur de 32 millions d’euros.
L’amendement a été voté par 91 voix contre 22.
La secrétaire d’Etat aux Sports, Rama Yade voulait le rejet de l'amendement.David Douillet et Jean-François Lamour, tous deux députés UMP, ont voté contre. On se demande bien pourquoi.
Si ce dernier a encore manqué une touche, l’amendement sera peut-être de nouveau présenté au vote lundi prochain.
Il en est ainsi désormais de la démocratie, on fait voter jusqu’à l’obtention du résultat désiré…
Trêve de plaisanterie, cet amendement va dans le bon sens, mais il apporte la preuve flagrante que l’unité de la majorité prend l’eau. A-t-on jamais vu des ministres du même gouvernement s’opposer lors d’un vote ? Qui plus est une secrétaire d’Etat contre son ministre de tutelle ?
Le Président ne tient plus sa majorité.
Autre sujet de désaccord : la fiscalisation des indemnités journalières des accidentés du travail, idée avancée par Jean-François Coppé, président du groupe UMP au Palais Bourbon, soutenue par le même Eric Woerth et Nicolas Sarkozy, mais critiquée par le président de l’Assemblée, le docteur Bernard Accoyer qui a saisi le Conseil économique , social et environnemental (Cese). Lequel s’oppose à cette fiscalisation au motif qu’elle reviendrait à infliger une double peine aux victimes du travail. Celles-ci sont pénalisées par une indemnité équivalente à 60% de leurs revenus pendant les 28 premiers jours, puis 80% ensuite, et elles paieraient un impôt sur les sommes perçues pour réparer un traumatisme lié à un accident au travail.
Cette mesure rapporterait 150 millions d’euros. Autant dire qu' elle apparaît d’autant plus injuste à la population que le rapport de la Cour des Comptes, aujourd'hui, pointe du doigt l’organisation du Sommet de l’Union pour la Méditerranée du 13 juillet 2008. Cette rencontre, jusque là pour le moins peu efficace, a coûté 16 millions dont un dîner qui est revenu à 5 362 euros par convive.
Les députés vont encore passer un week-end difficile dans leurs circonscriptions, car ils vont devoir se justifier devant leurs électeurs.
Stendhal trouvait ridicule l’époque où « l’on n’avait pas encore trouvé de faire voter l’impôt par les députés de ceux qui doivent le payer »...
C’est bien parce qu’ils ont des comptes à rendre à la population et que celle-ci risque de les rejeter à la prochaine occasion que règne une telle cacophonie à l’Assemblée nationale.
Qu’en sera-t-il au Sénat, là où l’UMP n’est plus majoritaire ?
mercredi, 28 octobre 2009
Coïncidence de bon augure.
5 décembre 1976 : grève du Parisien Libéré et de la presse écrite. Les lecteurs sont privés des comptes rendus de la naissance du RPR à la Porte de Versailles.
27 octobre 2009 : grève de l’imprimerie dans la presse écrite. Les lecteurs sont privés des comptes rendus de la rencontre des Clubs Villepin à la Maison de l’ Amérique latine.
Heureusement, la presse écrite est désormais relayée sinon devancée par les journaux télévisés et suppléée par le net.
Et ceux-ci ont bien traduit la ferveur communicative autour de Dominique de Villepin.
Six cents personnes étaient annoncées, plus de mille sont venues.
Toutes n’avaient pu pénétrer jusqu’à la salle réservée, les autres ont attendu dans les jardins où l’ancien premier ministre est ensuite allé les saluer et leur a répété son discours « pour conjurer le mal français ».
33 ans plus tôt Jacques Chirac créait le Rassemblement Pour la République car il voulait défendre « le respect intransigeant de la souveraineté du peuple et de l’indépendance nationale, de la liberté, de la responsabilité et de la dignité de l’Homme » (statuts du RPR), tout en revendiquant son appartenance à la majorité présidentielle.
Hier, Dominique de Villepin s’est présenté comme « l’alternative républicaine » à la politique actuelle.
Il prône « le rassemblement d’hommes et de femmes d’origines, de sensibilités, d’expériences différentes », au-delà des clivages, des clans, des partis. « La France gagne quand elle est rassemblée ».
Il est imprégné d’un « esprit de mission » et appelle à « un indispensable sursaut ».
Son projet fondateur appelle à « un retour aux sources… de l’esprit de la Nation », réclamant « une France républicaine, une France solidaire, une France indépendante ». Nombreux sont ceux qui ont cru entendre le général de Gaulle dans son discours de la Libération de Paris : « Paris outragé, … mais Paris libéré ».
Dominique de Villepin se dit d’ailleurs profondément gaulliste, et ses propos le confirment. Il souhaite que l’Etat, qui a précédé la Nation, garde tout son rôle « pour vertébrer la Nation » et que les services publics continuent à remplir leur office pour le bien de la population.
Il fustige « la trop grande concentration du pouvoir, une trop grande personnalisation qui nuit à l’efficacité des politiques qui sont menées ». Il dénoncera « le laisser-faire, la fuite en avant, les grands débats qui sont lancés et qui, trop souvent, servent d’écrans de fumée ».
Il est lui aussi « l’homme qui dit non » lorsqu’il le faut et se battra pour « une France en initiative ».
Au passage, il reconnaît la nécessaire humilité de l’homme politique : « la politique, ce n’est pas se battre contre quiconque, c’est parfois se battre contre soi-même, se battre contre des tentations…..Encore faut-il accepter de reconnaître ses erreurs. Encore faut-il accepter de changer, de se changer ».
Il conclut en remerciant l’assistance de sa présence. « Il n’est pas besoin au départ, d’être bien nombreux. Il suffit d’avoir des idées justes, il suffit d’avoir des idées fortes et d’être capable de les porter avec courage et détermination. Les idées comme la vérité cheminent. Il suffit d’un peu de patience… merci pour aujourd’hui et merci pour demain ».
Ce « demain » sonne comme une proposition chargée de bien des promesses.
Quel dommage que la presse nationale n’ait pu relater cet évènement !
Mais la grève de 1976 n’a pas empêché le RPR de prospérer et Jacques Chirac de devenir président de la République.
Celle d’aujourd’hui a été corrigée par les nouveaux moyens de communication offerts par Internet. Et qui peut ignorer la manifestation d’hier et sa superbe réussite grâce justement aux internautes qui ont créé le Club Villepin, et le premier réseau communautaire Villepincom.net que je vous engage d’ailleurs à rejoindre au plus vite.
lundi, 26 octobre 2009
"La question de la castration physique peut se poser"...
Qui peut avoir proféré une telle énormité ?
Il est une règle dans la vie, c’est la morale. Et les fondements de la morale constituent l’éthique.
L’éthique au seul sens qui vaille : celui de l’inconditionnel respect de l’humanité en tous les humains et en chacun.
Il paraît important de rappeler ces règles d’éthique :
-primauté de la personne sur la science,
-respect de la dignité de l’être humain,
-inviolabilité du corps humain,
-intégrité de la personne humaine avec interdiction de pratique eugénique et de sélection des personnes,
-indisponibilité du corps humain. Il est hors commerce et ne saurait faire l’objet d’un droit patrimonial.
Les médecins le savent bien, qui au moment d'être admis à exercer la médecine, promettent et jurent d'être fidèles aux lois de l'honneur et de la probité et de protéger les personnes menacées dans leur intégrité ou leur dignité.
Donc toute idée de castration est nulle et non avenue. Elle est contraire à l’éthique, aux droits de l’être humain, s’apparente à la barbarie, et je m’en voudrais de soutenir une seconde quiconque ne partagerait pas ce principe essentiel.
Oh, j’imagine bien un Eric Besson qui, se référant à tel ou tel pays, se demanderait bien pourquoi cette pratique ne pourrait être appliquée en France. Argument classique lorsqu’il est à cours d’imagination.
La réalisation des tests ADN préalable au regroupement familial était bien pratiquée dans d’autres états membres, la reconduite d’étrangers dans leurs pays d’origine en état de guerre est bien le fait d’autres pays européens, pourquoi le France serait-elle toujours à la traîne ?
Eh bien, ce n’est pas parce que certains régimes se comportent comme des voyous qu’il faut s’aligner sur eux.
Mon idéal est plutôt de chercher à imiter ceux qui sont exemplaires, même si la vertu est un art difficile, inaccessible à d'aucuns.
Pas de castration physique en France. Telle est ma position de citoyenne et de médecin.
Parlons plutôt de castration chimique, hormonale, réversible, et qui ne doit être pratiquée que sur un sujet consentant.
Mais le vrai problème est le manque dramatique de soins dans les prisons, le manque d’accompagnement social et psychologique pendant l’incarcération et à sa sortie.
On ne peut prétendre être un grand pays et laisser se détériorer les êtres humains dans les conditions relevées et condamnées par le contrôleur général des lieux de privation de liberté et par la Cour européenne des droits de l’Homme.
Le Président en est convenu lui-même à Versailles le 22 juin dernier : « les prisons françaises sont une honte pour la République ».
Si on humanise celles-ci, ce n’est pas pour donner par ailleurs un petit coup de bistouri qui coûterait moins cher, mais qui nous ferait revivre des pratiques barbares d’un autre temps en d’autres contrées.




