vendredi, 16 mai 2008

OGM, Chêne et Europe...

Mardi dernier, malgré les turbulences autour de l’Assemblée nationale, dues au débat puis au rejet de la loi concernant les OGM, la réunion du Chêne s’est tenue dans des horaires à peu près respectés.

Le thème était « l’Europe et le Présidence française de l’Union ».

Qu’on le sache bien, je ne suis tenue par aucune espèce d’allégeance au Chêne. Et personne ne m’a mandatée pour faire le compte rendu des débats qui s’y déroulent.

D’ailleurs, mes compétences de citoyenne « lambda » ne me permettraient pas d’en exprimer la quintessence…

Il n’en demeure pas moins qu’au terme de cette conférence, j’ai pris conscience que les débats concernant l’Europe étaient toujours aussi vifs et passionnés.

Et ce, malgré la présence d’une modératrice hors pair, Pascale Joannin, directrice de la Fondation Robert Schuman, en charge des relations de l’Union européenne avec des Etats tiers et de la sensibilisation des européens à la « citoyenneté européenne ».

Elle a tu les élans qui lui ont valu une grande notoriété dans le 22ème fascicule des notes de la fondation Robert Schuman : « l’Europe, une chance pour la femme », pour défendre le Traité de Lisbonne. Lequel permet, après le rejet du Traité constitutionnel européen de sortir l’Union européenne de l’impasse et de donner un nouveau souffle à la constitution européenne, alors que la France s’apprête à en exercer la présidence du Conseil pendant le second semestre 2008.

Quatre domaines prioritaires ont été définis par le Président de la République et « son » Premier Ministre : l’environnement, l’énergie, l’immigration et la politique européenne de la défense.

Les deux premiers thèmes ont été laissés pour compte par l’assistance. Celui de l’immigration a mis en exergue des points de vue divergents dont quelques-uns très radicaux.

Quant à la politique européenne de la défense, celle-ci a suscité de vifs échanges. Et on a vu renaître le débat d’une Europe confédérale ou fédéraliste, les craintes de la perte de l’identité nationale. Les discussions ont surtout porté sur la position de la France dans l’OTAN, alors que le Général de Gaulle en avait quitté le commandement intégré.

Le Général montrait alors sa volonté de s’affranchir de sa tutelle sans en rejeter l’organisation. Il montrait ainsi son attachement à la souveraineté nationale.

Ce sentiment est-il toujours d’actualité ?

Le Président Sarkozy semble tellement fasciné par le président Bush que tout flirt  très poussé avec les Etats-Unis fait peur aux Gaullistes.

Les Etats-Unis n’ont que la force militaire à la bouche( !), comme si celle-ci était en mesure de tout régler. On voit bien, au contraire, les dégâts et le gâchis irréparables que cette politique de va-t-en guerre est tout aussi naïve qu’inopérante. Au contraire. En Irak, n’en déplaise au Ministre des Affaires étrangères (d'ailleurs le premier prêt à vouloir faire la guerre à l'Iran!), on est passé d’une situation de crise ouverte à une situation d’intensification du terrorisme, et toute crise tente à créer une série d’effets déstabilisants induits…

Pour Dominique de Villepin, qui s’interroge sur l’Union européenne et la question d’une véritable défense régionale, cette question se pose « non pas dans le cadre d’un pilier européen de l’OTAN. Car, l’idée de se mobiliser au sein d’une seule famille occidentale peut donner le sentiment d’une crise de passion identitaire, le sentiment que l’Occident se réduit à une alliance militaire défensive qui caricature en quelque sorte l’ambition qui est la nôtre. C’est pour cela que je privilégierai une véritable Europe de la défense, capable d’agir de façon tout à fait indépendante. Cela doit se faire en concertation avec les Américains quand c’est nécessaire, mais de sa propre capacité sur d’autres territoires quand c’est indispensable, comme nous avons pu le faire en Afrique ou ailleurs »

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