dimanche, 22 juin 2008

Beaucoup d'hypocrisie...

Beaucoup d’hypocrisie, ce me semble,  concernant l’avenir de l’audiovisuel public.

J’ai écouté, comme tous les dimanches, sur Europe 1, l’excellente émission de Michel Field et Olivier Duhamel, Mediapolis. Et je me suis demandé si on ne prenait pas les Français pour des gogos.

Comme le dit Fabienne Pascaud dans Télérama : « le 8 janvier dernier, quand Nicolas Sarkozy annonçait à la hussarde la suppression de la publicité sur les chaînes publiques, on pouvait espérer que pareille mesure renforcerait leur identité, garantirait leur indépendance face à des logiques purement commerciales. C’était sans compter avec les cadeaux présidentiels offerts aux chaînes privées, telle la deuxième coupure publicitaire dans les films et les fictions, ou le refus déclaré haut et fort d’augmenter la redevance avant même que la commission Copé, mise en place le 19 février, ne rende son rapport sur la réforme de l’audiovisuel public ».

Il apparaît que si l'on veut supprimer la publicité, il faut remplacer son financement par un autre produit.

Et le moyen le plus simple est d’augmenter la redevance audiovisuelle (l’une des plus faibles en Europe) et de la rétablir pour les résidences secondaires, alors que l’assujettissement de celles-ci avait été aboli en 2004 par le ministre de l’Economie de l’époque (un certain Nicolas Sarkozy). Au passage, on peut se demander si les propriétaires de résidences secondaires sont ceux qui doivent en premier lieu bénéficier de la mesure de clémence de ces 116 euros par an !

Si la redevance n’est pas augmentée, il faudra imposer des taxes à des opérateurs industriels (télécoms, fournisseurs d’accès internet…). Qui paiera au bout du compte ? Les Français.

Ou bien il n’y aura plus de télévision publique.

Et c’est peut-être le but (inavoué) du président de la République qui a France 3 dans le collimateur.

Il n’est qu’à voir comment il favorise ses amis propriétaires des chaînes privées ou des maisons de production travaillant pour celles-ci, comment il place ses affidés aux meilleurs postes, et pour être bien sûr de son efficacité, comment il réserve des postes de conseillers auprès des instances décisionnaires.

Elles ont été bien inspirées les personnalités de la droite, du centre et de la gauche d’appeler à la « vigilance républicaine ».

Celle-ci rappelle les principes fondamentaux du pacte républicain, à commencer par le pluralisme et l’indépendance des médias (François Darras).

Il est temps que les Français fassent respecter ce principe d'indépendance de la presse.Il y va du respect de la démocratie.

Trackbacks

Voici l'URL pour faire un trackback sur cette note : http://cecilerenson15eme.hautetfort.com/trackback/1675276

Écrire un commentaire

NB : Les commentaires de ce blog sont modérés.