lundi, 30 juin 2008
Un homme exceptionnel, une famille remarquable, une émission de qualité rare
Un moment rare, celui que nous a donné cette belle chaîne publique, France 2, pour relater « Un jour, un destin : Chirac intime ».
D’abord, je trouvais audacieux de vouloir résumer en 120 minutes les ressorts profonds d’un homme qui m’a semblé toujours en retrait de toute exposition publique et médiatique. Ce qui ne constitue que le corolaire d’une éthique et d’une éducation qui faisaient prévaloir la dignité et l’absolue obligation de ne pas afficher ses problèmes personnels. (Vais-je m’affranchir de cette obligation en disant que cette ligne de conduite est modestement celle que j’ai adoptée tout au long de ma vie?)
Je trouve que la famille Chirac, éprouvée, a montré une solidarité qui ne peut que forcer l’admiration des Français.
Toute cellule familiale subit des bonheurs et des malheurs, et ma conviction très profonde est que tout doit se résumer au carnet du jour du Figaro et/ ou du Monde. Point barre.
Un homme politique qui parvient à la fonction suprême s’extrait de toutes ses contingences privées, sinon la France peut se faire du souci !
L’attitude de Jacques Chirac, lors des tournants de sa carrière, qui sont ceux que les Français lui ont imposés, bons ou moins bons, est celle qui devrait faire l’admiration des écoliers des années à venir : s’obliger au calme, à l’impavidité, au respect de tous. Et peut-être montrer, comme lors de la passation des pouvoirs, le 16 mai 2007, que son objectif premier n’était pas celui des photographes, comme le lui indiquait d’un index qui deviendra célèbre, celui de son successeur, mais celui de se montrer digne.
Jacques Chirac a tourné la page, comme le dit un intervenant. Bien sûr, mais qui ne la tourne pas ? et parfois plus vite que Jacques Chirac !
De mauvais esprits glosent qu’il lui a fallu trois élections pour se faire élire. Il est vrai qu’en face de lui se présentaient de vrais ténors d’opposition. Plus tard, ce fut plus facile ..« à vaincre sans péril, on triomphe sans gloire »…
Certes, en 1995, il affrontait son ami de trente ans…ami qui d’ailleurs m’a donné des leçons d’union et de solidarité et m’a reproché de « n’avoir jamais fait le bon choix » ! (sic. Marché de Grenelle), sauf qu’en 2001, soutenant René Galy-Dejean, j’avais déjà montré ma détermination à ne pas souffrir la pensée unique…
Je ne veux pas m’égarer (j’aurai l’occasion de relater mes observations dans un avenir proche).
Pourquoi, comme la majorité actuelle des Français, j’aime Jacques Chirac ?
Parce qu’il me représente, parce qu’il incarne la bonne éducation que mes parents m’ont donnée, celle que je veux transmettre à ma descendance : faire front, rester impassible devant les évènements, ne pas étaler sur la place publique mes soucis et mes satisfactions (notamment lorsque je pressens celles-ci transitoires)… Ainsi, je préfère ne pas voir célébrer lors d’un 14 juillet la beauté d’une première dame de France qui ne sera qu’éphémère ( je parle de la beauté!).
Enfin, ce que j’appréciais chez Jacques Chirac en représentation à l’étranger, c’était sa tenue dans les salons officiels. Je ne l’ai jamais vu croiser les jambes en mettant le pied sur le genou opposé. Ces réflexions paraitront vénielles à certains thuriféraires. Il n’empêche que rares sont les présidents à exposer leurs chaussettes de cette façon!
La dimension d’un homme politique se mesure à l’image qu’il donne, à la transmission de ses valeurs, à l’empreinte qu’il laissera à la postérité. Et là, je n’en vois pas beaucoup à pouvoir rivaliser avec Jacques Chirac. Outre la politique étrangère qu'il a donnée à la France, et où il a fait un sans faute (sur 12 ans, ce n'est pas si mal), il laissera une trace indélébile dans l’histoire de la France et dans celle du monde par sa considération de de tout un chacun, par sa réelle empathie, par le respect du dialogue des cultures et par son souci de favoriser touts les civilisations à vivre ensemble en paix.
Merci Monsieur le Président.
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samedi, 28 juin 2008
Mêmes fonctions, conceptions différentes.
Un homme qui respecte ses engagements avec ses électeurs, voilà qui n’est pas courant.
Un homme qui refuse toute proposition électorale prestigieuse, voilà qui est encore moins courant. D’autant que les propositions qui lui auraient été faites semblaient plutôt avantageuses. Mais cet homme a compris depuis bien longtemps les leurres de l’exposition politicienne illusoire.
Cet homme est d’abord un homme d’honneur. Il ne déviera en rien de la ligne qu’il s’est fixée : servir la ville qui l’a élu maire, ne servir que ses électeurs… municipaux.
Et à en croire les medias, trois mandats s’offrent à lui, pour … compléter ( ?) ses engagements municipaux, au choix: les élections sénatoriales qui ne pourraient le conduire qu’à un affrontement avec ses soutiens locaux, les élections européennes qui lui feraient porter le fer contre un député aquitain qui n’a démérité en rien, Alain Lamassoure, les élections régionales pour lesquelles il ne se sent guère d’affinités.
Cet homme incarne le respect de la France, le respect dû à la France, un homme de sang froid, capable du recul indispensable envers tout événement, privilégiant la réflexion à la réaction impulsive stérilisante. Bref, un homme d’Etat dont la France ne pourra se passer. Et tant mieux.
Comment ne pas souligner l’attitude de ce grand Maire, serviteur de l’Etat : Alain Juppé.
Je n’ose établir un parallélisme de situation avec une de ses successeurs au Ministère de l’Economie, Christine Lagarde, Conseiller de Paris, et à ce titre, membre de la commission de surveillance de l’Hôpital Rostchild du 12ème arrondissement.
Certes, les dramatiques problèmes budgétaires de la France la mobilisent plus que la situation financière de ce petit hôpital de l’AP-HP. Il n’empêche qu’elle n’a pas été désignée dans cette commission contre son gré, qu’elle occupe un siège où elle ne siégera jamais, qu’elle fait partie de ces gens qui affirment que le cumul des mandats leur permet d’être plus au courant des problèmes de terrain pour pouvoir disposer de cette expérience afin de faire aller les affaires de la France dans le bon sens.
Eh bien, c’est raté.
Madame la Ministre s’est illustrée par son absence, alors qu’elle aurait pu profiter de sa rencontre avec la maire du 12ème Michèle Blumenthäl pour discuter des problèmes locaux de l'arrondissement assortis des problèmes spécifiques à la santé et à ceux dus à l'allongement de l'espérance de vie.
N’est pas un homme (ou un femmme) d’Etat qui veut.
mardi, 24 juin 2008
Ne copier des Américains que leurs défauts!
On aime ou non les Américains, mais il faut bien se rendre à l’évidence, les Etats-Unis constituent aujourd’hui la première puissance économique mondiale.
Ils font rêver le monde par leur potentiel de richesse, de recherche, d’innovations, de créativité, d’arrogance culturelle et linguistique.
Bref, si nous étions aussi courageux, entreprenants, etc…. que les Américains, nous serions les maîtres du monde.
Voilà une image bien factice. Car nous ne devons pas accréditer une allégation aussi sommaire que fausse.
Les Etats-Unis peuvent abuser par leur image de nouveaux riches, il n’empêche que 40 millions d’entre eux n’ont aucune protection sociale.
Les riches peuvent se faire soigner, les moins riches peuvent crever. Et je n’exagère pas.
Les soins médicaux sont aussi exorbitants que le système de protection sociale est inexistant.
Par ailleurs, seuls les plus fortunés peuvent avoir accès aux diverses mutuelles.
Les plus démunis encourent une double peine : ils n’ont pas de fric, et s’ils « tombent » malades, ils tombent vraiment.
Eh bien, nous Français, qui nous targuions du modèle social le plus perfectionné, celui qui faisait appel à notre esprit généreux, celui qui répondait au principe le plus viscéralement ancré en nous : « chacun paie en fonction de ses moyens et bénéficie des soins en fonction de ses besoins », nous avons abandonné notre idéal de sécurité sociale, celle que nos aînés avaient concoctée et dont nous étions si fiers. Et les fossoyeurs en sont ceux qui se disent les héritiers du Gaullisme. Honte à eux.
Déjà nous avons vu se mettre en place, le 1er janvier dernier, le système des franchises médicales afin de procurer 700 millions de recettes supplémentaires, sanctuarisées pour 750 millions dans le plan Alzheimer, 650 (millions) pour le plan cancer, et le reste pour les soins palliatifs (non, il n’y a pas de faute de frappe, ça dépend de la grandeur des millions. Ce qui veut dire que ces annonces sont complètement factices surtout quand on sait qu’à lui seul, le moindre plan Alzheimer sérieusement budgété nécessite 1 milliard 500 euros …).
On prend les Français pour des gogos. Ces franchises médicales n’ont pour vocation que de combler très faiblement le fameux « trou » de la sécu.
La santé coûte cher. Il faut la financer. Certainement pas, cerise sur le gâteau, en empêchant les plus malades d’entre nous de se soigner correctement, en cessant de les faire bénéficier du remboursement de leurs médicaments à 100%.
L’idée géniale de ce gouvernement est de supprimer aux patients déclarés en Affection de Longue Durée (ALD) le remboursement des médicaments délivrés avec une vignette bleue, médicaments dont la prescription n’est pas essentielle pour leur traitement. Quand on sait qu’il s’agit pour la plupart de malades du diabète, du sida ou de cancer, on croit halluciner.
Eh bien non, nous n’hallucinons pas. Non seulement vous n’avez pas de chance en étant gravement malades, mais comme ce n’est pas votre jour (de chance), si vous n’avez pas l’argent pour vous payer ces médicaments dits « de confort », et si la maladie (par perte de chance complète) fait que vous ne pouvez plus exercer votre profession, vous n’aurez plus que vos yeux pour pleurer devant la vitrine du pharmacien…..
Et pendant ce temps, on ne taxe pas les stock-options !
dimanche, 22 juin 2008
Beaucoup d'hypocrisie...
Beaucoup d’hypocrisie, ce me semble, concernant l’avenir de l’audiovisuel public.
J’ai écouté, comme tous les dimanches, sur Europe 1, l’excellente émission de Michel Field et Olivier Duhamel, Mediapolis. Et je me suis demandé si on ne prenait pas les Français pour des gogos.
Comme le dit Fabienne Pascaud dans Télérama : « le 8 janvier dernier, quand Nicolas Sarkozy annonçait à la hussarde la suppression de la publicité sur les chaînes publiques, on pouvait espérer que pareille mesure renforcerait leur identité, garantirait leur indépendance face à des logiques purement commerciales. C’était sans compter avec les cadeaux présidentiels offerts aux chaînes privées, telle la deuxième coupure publicitaire dans les films et les fictions, ou le refus déclaré haut et fort d’augmenter la redevance avant même que la commission Copé, mise en place le 19 février, ne rende son rapport sur la réforme de l’audiovisuel public ».
Il apparaît que si l'on veut supprimer la publicité, il faut remplacer son financement par un autre produit.
Et le moyen le plus simple est d’augmenter la redevance audiovisuelle (l’une des plus faibles en Europe) et de la rétablir pour les résidences secondaires, alors que l’assujettissement de celles-ci avait été aboli en 2004 par le ministre de l’Economie de l’époque (un certain Nicolas Sarkozy). Au passage, on peut se demander si les propriétaires de résidences secondaires sont ceux qui doivent en premier lieu bénéficier de la mesure de clémence de ces 116 euros par an !
Si la redevance n’est pas augmentée, il faudra imposer des taxes à des opérateurs industriels (télécoms, fournisseurs d’accès internet…). Qui paiera au bout du compte ? Les Français.
Ou bien il n’y aura plus de télévision publique.
Et c’est peut-être le but (inavoué) du président de la République qui a France 3 dans le collimateur.
Il n’est qu’à voir comment il favorise ses amis propriétaires des chaînes privées ou des maisons de production travaillant pour celles-ci, comment il place ses affidés aux meilleurs postes, et pour être bien sûr de son efficacité, comment il réserve des postes de conseillers auprès des instances décisionnaires.
Elles ont été bien inspirées les personnalités de la droite, du centre et de la gauche d’appeler à la « vigilance républicaine ».
Celle-ci rappelle les principes fondamentaux du pacte républicain, à commencer par le pluralisme et l’indépendance des médias (François Darras).
Il est temps que les Français fassent respecter ce principe d'indépendance de la presse.Il y va du respect de la démocratie.
jeudi, 19 juin 2008
Une heure de bonheur avec "le meilleur d'entre nous"
La fondation pour l’Innovation politique va clore son cycle de quinze conférences ayant trait à « L’héritage de Mai 68 », et Alain Juppé, ancien Premier ministre et maire de Bordeaux était hier l’orateur unique invité à s’exprimer sur « Mai 68 et l’Etat ».
Du grand Alain Juppé, du Alain Juppé « droit dans ses bottes », tel qu’en lui-même. Et ses premiers propos ont eu de quoi surprendre : il serait presque passé à côté de Mai 68, s’il n’avait accompagné son frère, un soir, dans une manifestation. Il se décrit plutôt comme un touriste de Mai que comme un soixante-huitard, fût-il d’occasion.
Il brosse une brève analyse de la situation d’alors, en en soulignant la singularité : la conjonction d’une grève ouvrière générale et d' une « rébellion étudiante éphémère et locale » que cristallisait une profonde détestation de l’Etat. Ouf ! Après avoir planté le décor, le mot était lâché : l’Etat.
Alain Juppé est un Homme d’Etat, un serviteur de l’Etat, qui aime l’Etat, et qui va ravir son auditoire en parlant de l’Etat avec passion.
Pour lui, Mai 68 s’est inscrit dans une évolution de la société qui a conduit à un nouveau rapport avec l’autorité, à l’actuelle démocratie participative (la même que celle qu’il avait appelée « démocratie du quotidien » en 2002), à la révolution due aux nouvelles technologies, celles qui abolissent les limites du temps et de l’espace.
Et dans toute l’élégance d’un discours qui nous a amenés à ce dont il voulait parler, le voilà dans les rapports de la mondialisation et de l’Etat.
La mondialisation est réelle, elle impose un ordre mondial nouveau. Elle abolit les frontières pendant que des murs de toute sorte se construisent, ou se reconstruisent, à la demande des citoyens qui ont besoin de sécurité.
Cette sécurité est assurée par l’Etat qui fixe les règles d’un jeu nouveau qui échappe pour beaucoup au contrôle de ses participants.
Bref, pour Alain Juppé, il faut humaniser la mondialisation pour que la population n’en perçoive que les bénéfices.
Au passage, il a donné du gaullisme une définition qui me va droit au cœur : la rencontre entre le patriotisme, qui est l’amour de la France, et l’humanisme, qui est celui de l’Homme.
Le colloque se suffisait à lui-même, tellement il s’était montré dense et porteur d’espoir, quand l’ancien Ministre des Affaires étrangères, au détour d’une question, a donné son point de vue sur la réintégration de la France dans l’OTAN.
« En 1995, Jacques Chirac avait dit qu’il était prêt à entrer dans l’OTAN si les Américains partageaient le pouvoir et si l’Europe construisait une défense. Aujourd’hui, je crains que le « si » ait disparu. Si on entre dans l’OTAN sans condition, ce sera un marché de dupes ».
Si je ne sais qui s'est demandé la différence entre un homme politique et un homme d’Etat, je sais qu’Alain Juppé est un homme d’Etat, celui qui ne pense pas à son élection future, mais celui qui a pour ambition celle de la grandeur de son pays.
Le type même d’homme d’Etat qui, pour parler sans fioriture ni sans langue de bois, sans affèterie ni sans vulgarité, est un homme dont la France a besoin .
mardi, 17 juin 2008
Premières rencontres parlementaires pour l'égalité Hommes-Femmes et le respect de la diversité.
Ces rencontres coprésidées par Marie-Jo Zimmermann, députée de la Moselle et Présidente de la délégation aux droits des femmes et Louis Schweitzer, président de la Haute Autorité de Lutte contre les Discriminations et pour l’Egalité ont été particulièrement réussies.
Le matin, ont été abordés les problèmes d’égalité salariale, de l’embauche et de l’égal accès aux responsabilités.
« Les inégalités hommes-femmes sont connues et mesurées. Les mécanismes de cette inégalité professionnelle sont bien connus. Elle démarre avant l’emploi, presque à la naissance »….pour Louis Schweitzer. Ce qui aboutit au « paradoxe suivant : les filles réussissent mieux dans leurs études, mais leurs diplômes sont moins valorisés. Or nous sommes dans un pays où l’on se définit toute sa vie par le diplôme que l’on a obtenu »….
« Un principe clair est inscrit dans la loi : à travail égal, salaire égal. Nous savons qu’aujourd’hui cet objectif n’est pas atteint. A travail égal, l’écart de salaire entre hommes et femmes est plus proche de 7 ou 8%.Un autre objectif me paraît tout aussi important : à capacités égales, travail égal. Cette seconde correction est plus difficile à apporter ».
De plus, la situation des femmes est très disparate : elles sont sous-représentées dans les postes d’encadrement, et, dans les familles monoparentales, où la femme assure seule l’éducation des enfants, le taux d’emploi est en chute libre.
Néanmoins, comme l’a dit Aude de Thuin, le principal défaut des femmes est le manque de confiance en elles-mêmes. Ce à quoi Clara Gaymard ajoute que pour une entreprise, c’est une chance de faire travailler les mères de famille : elles savent s’organiser, anticiper les problèmes, en relativiser l’acuité, faire preuve d’écoute et d’humilité. Elles apprennent à déléguer et accompagnent la croissance de leurs enfants comme celles de leurs collaborateurs.
Bref, une matinée optimiste.
Et que dire de l’après-midi où Pierre Mougin, Alain Botton, Pascal Bernard ont évoqué la lutte contre les discriminations et pour la diversité au travail, après les propos de Claude Bébéar qui constate que « la nature humaine est ainsi faite que l’on a toujours une bonne raison de se méfier des uns et d’écarter les autres »?
Louis Schweitzer a donné les conclusions de la HALDE : beaucoup de personnes se croient l’objet de discrimination et ne le sont pas, d’autres le sont et ne le savent pas. Seul le sentiment de discrimination compte.
Il est assez réticent pour mesurer la diversité. Pour ce faire, il faut « une différence objective et réelle » ;il faut aussi que la personne ait envie d’être reconnue comme telle.
Il s’oppose à la discrimination positive, qu’il juge contre-productive, qui revient toujours frapper son auteur et qui crée en elle-même le ressentiment de la différence.
Pour lui, « il faut assurer à chacun une égalité effective tout au long de la vie » et justifier ainsi toutes les mesures au nom de l’égalité des chances (bourses, formation continue, processus sincère de sélection des candidats…).
Il est résolument optimiste, dans la mesure où chacun a la possibilité d’exprimer son ressenti.
« Le silence est toujours complice de l’injustice »
lundi, 16 juin 2008
Médecine, vitesse et précipitation
Le discours récent du président de la République m’a beaucoup surprise lorsque je l’ai entendu découvrir les problèmes de la douleur médicale. J’imaginais que l’ancien secrétaire d’Etat à la Santé qu’était alors Bernard Kouchner lui aurait appris qu’en 1998, celui-ci avait lancé un plan anti-douleur et la création de centres anti-douleur.
Quant à la fin de vie, elle est soigneusement encadrée par la loi du 22 avril 2005, dite « loi Leonetti ».Laquelle, il est vrai, demeure mal connue, en particulier des équipes soignantes.
Toutes ces dispositions connaissent des difficultés dans leur exécution, ce qui se conçoit. Car, après le bruit médiatique qu’elles suscitent lors de leurs débats, il faut les mettre en application, et la population s’impatiente. Elle croit que tout est possible, et tout de suite. Attente tout à fait légitime lorsque les personnes sont confrontées personnellement à ces problèmes lourds qui peuvent au final relever de la compassion ou du crime !
Nicolas Sarkozy veut aller plus vite et souhaite mettre en place un plan à lui en multipliant par deux les lits pour soins palliatifs. Dont acte.
J’engage donc l’Hôpital Vaugirard-Gabriel Pallez, hôpital gérontologique du 15ème de grand renom qui n’a pas obtenu l’agrément de l’ouverture d’une unité de six lits pour soins palliatifs, de refaire rapidement une demande. Je ne vois pas au nom de quoi cette demande ne saurait être satisfaite.
De même les personnes en situation de handicap trouvent le temps bien long, après la promulgation de la loi du 11 février 2005.
Le seul homme politique à l’instigation de mesures législatives en leur faveur a été Jacques Chirac, depuis la loi d’orientation en faveur des personnes handicapées du 30-06-1975, alors qu’il était premier Ministre. De même, c’est lui qui a instauré l’obligation pour tout employeur du secteur privé ou public de recourir à l’embauche d’au moins 6% de travailleurs handicapés ( loi du 10 juillet 1987).
Il est certes bien dommage qu’ en octobre 2005, tous les parents des enfants handicapés n’aient pu avoir accès à l’établissement scolaire de leur choix. Encore faut-il que ceux-ci soient rendus accessibles aux personnes à mobilité réduite, alors que beaucoup d’écoles et de collèges ne sont pas équipés d’ascenseurs.
De plus, ces enfants doivent être accompagnés d’auxiliaires de vie scolaire. Et le gouvernement de l’époque avait créé en un temps record 6 000 emplois pour assister ces enfants.
Il faut laisser du temps au temps …
C’est aux médecins et au personnel soignant d’explorer les peurs, de rassurer les patients et leurs familles.
A défaut d’en être l’auteur, le président de la République veut accélérer ces processus pour le bien de la population. Nous ne pouvons cependant que nous en féliciter.
dimanche, 15 juin 2008
Une émission TV qui m'a réjouie.
Ce que j’ai vu cet après-midi sur France 2 m’a réjouie.
J’ai allumé la télévision au moment où Bertrand Delanoë, l'invité de Michel Drucker, accueillait à la suite les Professeurs Saillant et Sahel. Tous deux expliquaient l’extraordinaire bénéfice du Partenariat Public-Privé pour la création de leur institut;
Pour ma part, administrateur du Centre Hospitalier national des Quinze-Vingts, j’ai assisté à la mise sur pied de l’Institut de la Vision, premier bail emphytéotique hospitalier, le premier montage de ce type imaginé et mené à bon port par l’extraordinaire président du Conseil d’Administration de l’époque, Pierre Bordry.
Grâce à sa ténacité, il a permis à l’équipe du Professeur Sahel de continuer en France ses travaux cliniques et de recherche sur les maladies de la dégénérescence rétinienne, et, comme l’a montré le reportage, c’est aux Quinze-Vingts que la première greffe rétinienne, à titre expérimental, s’est déroulée.
La Mairie de Paris, ainsi que la Région Ile-de-France, ont d’ailleurs financé cet établissement, et Bertrand Delanoë a redit son attachement à des instituts de ce type, générateurs d’espoir pour la population vieillissante, pour la prise en charge de tous les patients, pour le rayonnement intellectuel de Paris ainsi que pour l’extraordinaire dynamisme économique que de tels projets génèrent.
De même, le professeur Saillant a annoncé pour le premier semestre 2010 l’ouverture de l’Institut du Cerveau et de la Moelle épinière sur le site de La Pitié –Salpétrière, moins de cinq ans après la décision administrative et les différents jurys de concours (dont j’étais).
Outre l’efficacité de ce partenariat public-privé, il faut souligner la rapidité dans la réalisation des travaux.
Voilà un calendrier qu’on aimerait voir appliqué pour le bâtiment Laënnec de l’Hôpital Necker.
vendredi, 13 juin 2008
Un vendredi 13 bien noir.
Non seulement la France se fait battre au match de foot de l’Euro 2008, par un score sévère (4/1), et les Français n’existaient pas devant ces Néerlandais vifs et astucieux, très motivés et soutenus par tout le stade de Berne à leurs couleurs, mais encore et surtout, l’Irlande vient de rejeter le traité de Lisbonne par un score, là aussi sans appel : plus de 53% de votants refusent d’aller plus avant dans la construction européenne.
Certes, on peut penser que les Irlandais ne sont guère reconnaissants vis-à-vis de l’Union européenne qui les a sortis du marasme économique où ils se trouvaient il y a quelques années ; certes, on peut s’étonner que 1% de la population puisse dicter sa loi aux 99% autres (4,5 millions d’Irlandais parmi 450 millions d’Européens), le fait est là, et nous allons perdre du temps à essayer de trouver une solution pour continuer la construction européenne.
Tentons cependant de réfléchir et interrogeons-nous. Ne sommes-nous pas particulièrement bien placés pour comprendre une population qui s’exprime à un référendum sur l’Europe par un vote négatif ?
Pourquoi ?
D’abord parce que ce traité n’avait de simplifié que le nom. Il reprenait presque intégralement la Constitution européenne soumise à l’approbation des Français le 29 mai 2005. Ceux-ci l’avaient rejetée au prétexte qu’elle ne présentait pas de dispositions sociales suffisantes, les Irlandais aujourd’hui préféraient un traité plus libéral…
Ce qui est sûr, c’est que Constitution ou traité, tous les deux constituent des pavés de 300 à 350 pages indigestes, illisibles. Et les Européens, quels qu’ils soient, veulent comprendre pour quoi et pour qui ils votent. Ils en ont assez de donner des blancs seings à des politiques débordés, plus enclins à rechercher les mandats les plus lucratifs et à les cumuler ( et ce, quel que soit leur appartenance) plutôt qu’à faire œuvre de pédagogie, d’écoute et de simplicité.
Les citoyens n’aiment pas être traités avec arrogance par ceux qui savent.
Ils veulent comprendre pourquoi les pays membres exercent tous ensemble leurs responsabilités à Bruxelles, mais en cas de désaccord avec la population, pourquoi leurs élus se défaussent sur « l’Europe ».
Si à chaque fois qu’un problème surgit, on accuse l’Union européenne, comment peut-on croire une seconde que les populations concertées feront confiance à une Europe qui n’aura suscité que défiance et incompréhension ?
mercredi, 11 juin 2008
Manifestation pour Necker: une grande absente la mairie du 15ème
Lors de la séance du conseil de Paris des 12 et 13 février 2007, j’avais déposé un vœu relatif à l’hôpital Necker-Enfants Malades dont voici la transcription :
Conseil de Paris des 12 et 13 février 2007
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Vœu de Madame Cécile Renson et du groupe UMP concernant la délivrance du permis de construire du pôle mère-enfant (bâtiment Laënnec) de l’Hôpital Necker-Enfants Malades.
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L’Hôpital Necker-Enfants Malades, établissement hospitalo- universitaire de renommée mondiale, occupe 9 hectares au carrefour du Boulevard Montparnasse et de la rue de Sèvres. Ses premiers pavillons, la Maison des orphelins, ont été transformés en 1802 en hôpital de 250 lits réservés aux enfants de moins de 15 ans, le premier hôpital pédiatrique du monde. Certains bâtiments, répertoriés historiques sont toujours fonctionnels.
Depuis 20 ans, cet hôpital n’a connu aucune transformation, et lorsque la maternité de Boucicaut a été fermée en 1998, on a trouvé une place où installer le service de maternité du Pr Dumez au-dessus de l’animalerie.
Cet hôpital doit être modernisé car une douzaine de bâtiments sur 28 ne sont plus adaptés et sont impossibles à remettre aux normes. Il accueille par an : 45000 urgences pédiatriques, 55000 hospitalisations et 1000 consultations par jour ouvré, soit 300000 consultations par an.
Son l’activité médicale intense ne doit en aucun cas être interrompue du fait du service unique qu’il rend à la population parisienne et francilienne, dont la « grande garde » de neurochirurgie.
La restructuration du site a fait l’objet d’études approfondies par les médecins, les personnels soignants, la direction, les usagers, les architectes, toutes personnes au fait des activités spécifiques de cet hôpital unique, et au terme de plusieurs consultations d’un marché de définition, a été retenu le seul projet compatible avec la poursuite de l’activité des soins.
C’est pourquoi, Cécile Renson et le groupe UMP,
Considérant que le Maire de Paris, Président du Conseil d’administration de l’Assistance Publique –Hôpitaux de Paris est parfaitement conscient de l’urgence à réaliser cette restructuration qui n’a que trop tardée, d’autant qu’il y va de la survie de ses administrés,
Emet le vœu que cessent tous les atermoiements concernant le projet de rénovation de l’Hôpital Necker-enfants malades, et que le Maire de Paris donne au plus vite une suite favorable au permis de construire du pavillon Laënnec (pôle Mère-enfant)
Il se trouve que ce vœu a été rejeté puisque, à ma grande surprise, et sans observation préalable, la présidente du groupe UMP a donné consigne à ses troupes de ne plus me soutenir, troupes au premier rang desquels figuraient les élus de la majorité actuelle du 15ème.
Est-ce pour rester cohérents ? est-ce parce qu’ils ne connaissaient pas la tenue de la manifestation de cet après-midi ?
Bref, pour défendre ce projet mère-enfant, toute la communauté médicale de cet établissement de renommée internationale à juste titre, est descendue dans la rue aujourd'hui.
Une manifestation a eu lieu cet après-midi, à l’instigation du Professeur Pierre Carli, chef de service d’anesthésie –réanimation et directeur médical du Samu de Paris, le Professeur Yves Aigrain, chef du service de chirurgie viscérale pédiatrique adjoint, le Professeur de Prost et bien d’autres.
Le Président suppléant du CA de l’AP-HP, Jean-Marie Le Guen, son prédécesseur qui a beaucoup soutenu ce projet, Alain Lhostis, Fatima Lalem, la seule élue du 15ème (PS), ont répondu présents pour soutenir ce projet essentiel pour la population du 15ème, pour beaucoup de petits parisiens , voire pour beaucoup de petits enfants français et étrangers.
CE NOUVEAU NECKER EST INDISPENSABLE.
Pas plus qu’ils ne m’avaient soutenue en février dernier, les élus de la majorité du 15ème ne se sont manifestés pour faire avancer la réalisation de l’établissement moderne prévu, même l'adjoint à la santé, et pourtant chirurgien, n'a pas cru bon de venir défendre ce pour quoi les médecins prêtent serment:favoriser l'accès aux soins pour tous, et dans les meilleures conditions.
La population, à défaut de leur conscience, leur en demandera compte un jour ou l'autre.




