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jeudi, 03 juillet 2008

Les femmes à l'honneur, les ministres à la traîne.

Le colloque organisé hier sur « Les femmes passerelles d’Europe » s’est révélé un vrai succès.

Tous les orateurs ont montré un attachement viscéral à l’Europe . Et d’abord les organisateurs, Florence Richard, Présidente de Femmes, Débat et Société, Jean-Dominique Giulani, Président de la Fondation Robert Schuman, et Richard Descoings, Directeur de Sciences Po, qui accueillait la manifestation.

Dès ses premiers propos, celui-ci est entré dans le vif du sujet : nous n’avons pas d’alternative. Nous ne pouvons que « vivre en européens ». Ceci ne sera possible qu’à trois conditions :

-combler le fossé entre les élites et le peuple. En cas de conflit, les élites n’ont jamais aucune chance de gagner contre le peuple. De plus, cette opposition est contradictoire avec notre idéal de démocratie.

-nous engager davantage dans la formation de l’Europe.

-responsabiliser les élites qui doivent avoir à cœur de refuser tout développement qui accroît les inégalités. Sont à considérer en urgence : le développement durable, le réchauffement climatique, et la crise alimentaire.

Les femmes sont engagées dans ce combat, d’ailleurs elles représentent 50% des étudiants de Sciences Po. C’est dommage, cependant,  que la parité ne parvienne pas à s’imposer jusqu' aux postes  des professeurs d’université, détenus à 82% par des hommes !

Trois tables rondes se sont succédé. Le matin, sur le thème « Femmes d’Europe, quelles valeurs partageons-nous ? », Vaira Vike-Freiberga, ancienne Présidente de Lettonie, a expliqué combien l’Europe attendait de la France, combien nous avions la chance de posséder des ressources considérables dans les domaines les plus divers, et pourtant combien nous manquions d’enthousiasme, nous qui connaissons la liberté depuis plus de 200 ans ! L’Europe, facteur de paix et de prospérité , de solidarité, doit être défendue avec le courage, les convictions et l’énergie dont les femmes sont capables. Les hommes nous en remercieront.

Le panel 2, dans l’après-midi, avait trait à « l’Europe, un moteur pour les filles et les femmes ». Il était présidé par Claudie Haigneré, ancienne Ministre, médecin, astronaute, la seule française, après Marie Curie, à faire rêver les jeunes filles…

Le dernier panel interrogeait « les européennes pour une vision humaniste de la mondialisation ». Il devait être présidé par Nathalie Kosciusko-Morizet. Ses fonctions de secrétaire d’Etat chargée de l’Ecologie, ne lui ont permis de n’accorder à l’auditoire que dix minutes sur les 90 prévues. C’était sûrement suffisant car elle a expliqué « qu’il fallait rénover, recoudre les liens qui avaient été décousus… qui doivent être recousus, que l’Union européenne a voulu faire partager ses projets jusqu’à l’ivresse, oui jusqu’à l’ivresse ». Nous devons « remettre un peu d’enthousiasme et de dynamisme pour défendre ce projet . C’est ce qui nous manque pour recoudre ce projet ». Mais, si elle n’aime pas parler de spécificité féminine, de peur d’être renvoyée « aux problèmes de crèche »  (sic), elle fait confiance aux femmes qui « sont des réservoirs de passion pour la chose publique ».

NKM s’exprime bien, et sa gestuelle compense les hésitations de son discours. Il n’empêche qu’elle n’avait pas préparé son intervention ce qui est dommage car elle paraît compétente dans ce domaine bien particulier du développement durable.

A la différence de Jean-Pierre Jouyet, secrétaire d’Etat aux Affaires européennes, qui lisait péniblement un discours et qui a voulu s’en échapper, la première fois en parlant de l’emploi, et en faisant référence à Xavier Bertrand ( Rien à dire), la seconde en s’enthousiasmant sur le système de soins français ( ce qui est légitime, mais on peut se demander pourquoi ce gouvernement cherche à tout prix à le modifier), mais surtout, en évoquant le nom de Bernard Kouchner. N’est-il pas au courant que sa collègue de la Santé et des Sports s’appelle Roselyne Bachelot ?

Enfin, Michel Barnier est arrivé. Notre ministre de l’Agriculture et de la Pêche n’était pas en possession du bon discours. Je ne sais pas si celui qu’il nous a exposé correspondait à celui prévu. Mais très rapidement, il a parlé de son expérience, de l’Europe, de ce projet européen qu’il trouve le plus beau parce qu’il crée la paix, et le plus ambitieux car il fait appel à la mutualisation des identités, des efforts de 27 nations, la meilleure façon de combattre le nationalisme (tiens, on dirait du Ge Gaulle !).
Les attentes des femmes sont différentes de celles des hommes : les unes espèrent la paix, la préservation de l’environnement, la mobilité pour les jeunes et la sécurité alimentaire, les autres mettent leur espoir dans la monnaie unique, les nouvelles technologies (Ariane, Galileo), la libre circulation des biens et des personnes.

Quoi qu’il en soit, si nous ne voulons pas devenir spectateurs de la vie du monde à venir, si nous voulons parler à égalité avec la Chine, l’Inde. le Brésil, la Russie et les USA, il y a urgence à construire cette Europe, et pour ce faire, il faut expliquer toute la prospérité qu’elle nous apporte, combattre les peurs, plus ou moins légitimes et combattre la démagogie par la démocratie.

Il faut  l’aimer. Il faut donner envie d’être européens.

La place des femmes a été reconnue dès le Traité de Rome en 1957. Elles doivent être les passeurs de cette belle Union Européenne.

 

Ingrid libérée!

Alors que j'écrivais les impressions que m'avait procurées une journée dense à Sciences Po, pour assiter à un colloque passionnant concernant "les femmes passerelles d'Europe", la télévision m'a appris la libaérétion d'Ingrid Betancourt.

J'ai cru à une fausse information, jusqu'au moment où je l'ai vue, en direct, heureuse, soulagée, se recueillant dans les bras de sa mère, apparemment en bonne santé.

Bravo à tous ceux qui ont favorisé cette libération. Merci , a-t-elle dit en français, au Président Sarkozy, au Président Chirac qui avait déjà oeuvré pour que cesse sa détention. Merci aussi à son grand ami Dominique de Villepin et à sa femme Marie-Laure.

Vraiment, Ingrid est une femme exceptionnelle!