mardi, 30 septembre 2008
Une crise qui tombe à pic
Où sont-ils passés ceux qui critiquaient le Président Chirac et son Premier Ministre Dominique de Villepin pour les chiffres contestés de recul du chômage ?
Il fallait bien critiquer de bonnes mesures qui donnaient de bons résultats…D’ailleurs, ceux-ci ne résultaient d’aucune science politique. Ils n’étaient que la conséquence de la démographie, et du départ en retraite des papy (et mamy)-booms!
Maintenant et depuis le début de l’année, les chiffres des demandeurs d’emploi s’aggravent, et de façon dramatique, et on n’entend pas grand monde s’exprimer.
Que n’a-t-on fait pour saboter la politique de Dominique de Villepin avec des valses hésitations de quelques-uns de ses ministres ?
Il est vrai que réussir dans le domaine de l’emploi résulte de la gageure, qu’inverser les courbes le plaçait en position de leader politique !
Haro sur le CPE.
Haro également sur le CNE.
Et bien sûr, haro sur les emplois aidés pourtant mis en œuvre par le ministre du Travail d’alors, Jean-Louis Borloo.
Comment un ministre d’un gouvernement peut-il ainsi assister au détricotage de son action sans rien dire ?
Tout le monde se tait. Tous avalent leur chapeau.
Quant à la défiscalisation des heures supplémentaires, nul besoin de sortir d’une grande école pour anticiper le fait qu’elle ne créerait pas d’emplois.
La crise financière mondiale ne saurait être rendue responsable de tout.
Pour un peu, je dirais qu’elle intervient à point nommé pour dédouaner un gouvernement qui montre, de façon criante, un de ses échecs en matière d’emploi.
dimanche, 28 septembre 2008
50 ans déjà!
Le 28 septembre 1958, les Français votaient par référendum la Constitution de la Vè République.
Celle-ci a permis à notre « cher et vieux pays » de recouvrer une stabilité gouvernementale, et, tout en assurant un fonctionnement démocratique satisfaisant, de surmonter bien des crises.
Il faut dire qu’elle a déjà subi bien des ajustements, 24 révisions en 50 ans.
Au nom de la modernité, peut-être, mais cette modernité revêt un caractère bien relatif lorsqu’on la compare à la constitution de l’état qui fait rêver beaucoup de nos politiques : la constitution américaine date de 1787 !
Tous les présidents de la République y sont allés de leur révision, avec plus ou moins d’entrain, « à la fois pour marquer leur passage et pour signifier la nouvelle orientation qu’ils entendaient donner au régime » ( Frédéric Rouvillois : Une nouvelle Vè République ?).
« Il faut s’approcher de la Constitution de 1958 avec le respect que l’on doit à un grand texte qui a jusqu’à présent rendu de grands services à notre pays. Je ne suis pas sûr que dans le passé on n’ait pas déjà pris trop de libertés avec notre Constitution sans en mesurer et en peser toutes les conséquences ». Voilà un homme qui parle d’or. Il s’agit de Nicolas Sarkozy avant son élection présidentielle….
Quelque temps plus tard, il veut de « profonds changements …. dans le fonctionnement des institutions… :.une démocratie irréprochable, une république exemplaire », un Etat efficace.
Il n’empêche qu’au moment où le Président de la République souhaite un élargissement du champ de la démocratie, on ne peut que s’étonner du choix de la procédure de ratification par le Congrès. Le peuple a fait la Constitution, c’est à lui de la défaire ou de la refaire.
Quoi qu’il en soit, et comme le souligne Michèle Alliot-Marie : « la Constitution de 1958 a évolué dans sa forme, mais ses valeurs, toujours présentes au cœur de notre fonctionnement institutionnel, n’ont rien perdu de leur actualité
Etre gaulliste aujourd’hui, c’est demeurer vigilant sur l’essentiel : l’unité des Français, le primat de l’intérêt général et la grandeur de la France ».
Nous avons de la chance de compter au gouvernement encore une gaulliste qui a pensé au 50ème anniversaire de la Constitution de la Vè République !
mardi, 09 septembre 2008
Une obsession française: le fichage
Que veulent dire ces troubles obsessionnels compulsifs de fichage ?
Hier c’étaient les enfants de trois ans un peu hyperactifs ou braillant sans motifs qu’il fallait répertorier, au prétexte qu’ils allaient menacer notre société. On se devait de les avoir à l’œil afin de prévenir leur moindre faux pas et les mettre sur le droit chemin.
Puis, on s’est dit qu’il fallait ficher les enfants qui devaient bénéficier du regroupement familial en fonction de leur ADN.
Enfin, le gouvernement a voulu, avec Edvige, revoir la copie de Michel Rocard qui s’était cassé les dents en 1991, lorsqu’il avait voulu officialiser le fichier des Renseignements généraux.
Simone Veil, Charles Pasqua, différentes associations s’étaient alors élevés contre cette atteinte aux libertés publiques.
Bref, le gouvernement actuel semble n’ avoir qu’ une obsession : ficher, ficher, ficher….
Ficher jusqu’aux orientations sexuelles, jusqu’au secret médical. Pardon, jusqu’aux secrets médicaux, le secret médical étant intangible, et surement le mieux respecté de tous les secrets professionnels, les secrets médicaux étant, eux, le résultat des rumeurs, bruits de couloirs et secrets d’alcôve …
Aujourd’hui, j’apprends que « les personnalités » seraient exemptes de ce fichage. Je crois rêver. On ne va pas nous refaire le coup du bouclier fiscal, avec un bouclier informatique qui voudrait préserver les riches. Ce qui pourrait alimenter les suspicions envers ces personnalités, les plus fécondes en secrets, à plus ou moins juste titre…
Il faut renseigner. Eh bien renseignons, spontanément et commençons par ceux qui nous gouvernent. D’ailleurs, ceux qui se sont aventurés sur ce chemin ne s’en sont pas si mal sortis : Bill Clinton a confessé une aventure. Que celui qui n’a jamais péché lui jette la première pierre !
Il est toujours vivant, sympathique et beau mec.
Et je ne parlerai pas de tous ceux qui ont, en leur temps, fait leur coming-out avec habileté, prévenant les indiscrétions sur leur vie privée dont tout le monde se moque. D’ailleurs les Français sont plus intelligents qu’on ne pense et ne regardent que leur pouvoir d’achat…
Alors, que chacun expose de lui-même, ses tableaux de chasse, sexuels, électoraux, relationnels, ses revenus, ses niches fiscales, son séro-diagnostic, ses hospitalisations, ses médications…
Voilà qui alimentera les journaux people pendant un bout de temps, mais de grâce, qu’on épargne les mineurs, au moins les enfants de moins de seize ans. Ils sont les plus vulnérables et incarnent la France de demain. Au lieu de les stigmatiser, aidons-les de notre expérience et de notre générosité. Un gamin ne doit jamais être mis en situation d'échec.
Que la France ne s’enorgueillisse pas d’être la patrie des Droits de l’Homme, surtout lorsqu’elle accueille les Nations Unies pour le 61e anniversaire de leur déclaration universelle, en même temps qu’elle méconnaît le droit à la vie privée et à son intimité, qu'elle restreint la liberté d’expression et surveille la liberté d'association. Si ce n'est de la schizophrénie, c'est un double langage!
Que la France qui a toujours mis en exergue la présomption d’innocence ne devienne pas le pays de la présomption de culpabilité.
Ce n’est pas cette rupture que notre « vieux et beau pays » mérite !
samedi, 06 septembre 2008
Une excellente nouvelle
A l’occasion de la remise de décorations par Roselyne Bachelot, Ministre de la Santé, de la Jeunesse, des Sports et de la Vie associative, à Isabelle Lesage, directrice de l’Hôpital Necker-Enfants malades, qui se voyait nommée Chevalier dans l’Ordre de la Légion d’Honneur, ainsi que deux autres de ses collaboratrices, et trois autres décorées aussi par Madame Bachelot dans l’ordre du Mérite, j’ai appris l’heureux dénouement d’une cause qui me tenait particulièrement à cœur : la décision du Conseil d’Etat qui annulait l’ordonnance du 21 décembre dernier du tribunal administratif.
Lequel avait suspendu le permis de construire du bâtiment Laënnec devant abriter le pôle mère-enfant essentiel au développement de Necker, fleuron de la pédiatrie française, à celui de l’AP-HP, indispensable à la population du 15e, francilienne , et recevant des petits patients de tous les continents.
Comme tous les membres du jury du concours d’architecture, je m’étais attachée à ce projet.
Aussi ai-je mal compris que des collègues Conseillers de Paris, des élus du 15e, la présidente du groupe UMP de l’Hôtel de Ville ne souscrivent pas à ce projet, et même me demandent de lui retirer mon soutien.
C’est dire s’ils avaient compris ce qu’est l’honneur d’un médecin…
Il est vrai que des riverains, surtout du 7ème arrondissement, obnubilés par une vieille bâtisse à laquelle les Bâtiments de France n’avaient jamais accordé le moindre intérêt, même après de multiples inspections, opposaient leurs désaccords qui avaient conduit le tribunal administratif à leur donner raison dans un premier temps.
Ouf ! Necker sera bien modernisé.
Les enfants pourront toujours y être admis dans les meilleures conditions.
Les praticiens exerceront leurs compétences dans des locaux adaptés, et les chercheurs continueront à démontrer leur talent et hisser les couleurs de la France dans leurs domaines si spécifiques.
Une seule conclusion : que de temps de perdu !
Et quel gaspillage !
jeudi, 04 septembre 2008
Quelle belle rentrée!
« Réaffirmer les droits de l’Homme pour tous », voilà une belle commémoration pour le 60e anniversaire de l’adoption de la Déclaration universelle des droits de l’homme signée au Palais de Chaillot de Paris en 1948.
Ce premier document universel énonce les principes de base des droits et des libertés fondamentales dont doivent pouvoir se prévaloir tous les peuples de la planète.
Et la planète semble bien représentée avec les 2000 représentants d’ONG et les partenaires de la société civile de plus de 90 pays au siège de l’UNESCO qui accueille, du 3 au 5 septembre, la 61e Conférence annuelle des organisations non gouvernementales en association avec le Département de l’information des Nations Unies.
C’est la première fois en 60 ans d’existence que celle-ci se déroule à l’extérieur du Siège des Nations Unies à New-York.
Tous les intervenants ont salué le rôle de la France, symbole des Droits de l’homme, soucieuse de dignité et de liberté pour tous, hommes, femmes et enfants, soucieuse de dénoncer les violences faites aux femmes, le rôle des enfants dans les conflits armés, la peine de mort, la torture, et forte lorsqu’elle veut imposer le dialogue des cultures comme le souhaitait Jacques Chirac.
Simone Veil a rappelé la pertinence du texte signé il y a 60 ans. Elle se dit confiante dans la nature humaine « il y a toujours des gens courageux pour lutter et désobéir… pour imposer le combat de la raison contre la déraison, celui de la compassion contre l’indifférence ».
Elle exhorte chacun d’entre nous à conserver sa liberté de parole et sa liberté d’action. Elle se méfie de la concentration des pouvoirs dans les mains d’une seule personne, et salue le courage des populations qui ont fait chuter le mur de Berlin. On la sent émue à l’évocation de Bronislaw Geremek, mais sa voix vibre lorsqu’elle appelle à la paix en demandant à chacun de savoir se réconcilier.
Bref, un grand moment auquel l’Association Française des Femmes Médecins a eu l’honneur d’être invitée.
A l’occasion de cette conférence, la Maison des Associations du 15e, sous la houlette de sa dynamique directrice Nadine Cottet, organise une exposition : « Torturés, rejetés, intégrés ; pour que chaque vie ait un avenir », présentée par l’association « Parcours d’exil ».
Lors du vernissage de ce soir, trois ateliers-débats ont amené à discuter des programmes de coopération internationale, de la solidarité nationale, des actions d’accompagnement des associations et des pouvoirs publics français des exilés, apatrides, immigrés …, actualité brûlante au moment où une femme sans papier ne se voit plus d’autre issue que la défénestration.
Une exposition à ne pas manquer.




