jeudi, 09 octobre 2008

Belle justice (suite)

J’ai échappé (pour l’instant) à la prison.

 

Combien de fois, en effet, un médecin urgentiste,  un interne en réanimation, est-il amené dans sa carrière à immobiliser la mâchoire inférieure d’un patient qui vient de mourir ?

 

Il faut croire que le procureur de Valence s’est « emballé », après une analyse aussi superficielle qu’erronée du dossier concernant un médecin du SAMU 26 appelé au chevet d’une dame de 87 ans victime d’une crise cardiaque. Lequel après avoir tenté une réanimation a « pratiqué des gestes tout à fait bizarres au regard de la pratique médicale normale », comme « celui d’avoir posé sa main à plusieurs reprises», dans un geste « qui pourrait  ressembler à une tentative d’étouffement » alors qu’il voulait maîtriser les mouvements de gasp réflexes, post-agoniques.

Résultats : le lendemain, le parquet ouvre une information judiciaire pour « homicide volontaire » et place le médecin sous « un strict contrôle judiciaire, lui interdisant de pratiquer sa profession ». Certes,  le soir même, le confrère est remis en liberté.

 

Il n’empêche que l’opprobre sera long à effacer chez cet urgentiste, qui, à mon avis n’est pas près de retourner réanimer une patiente suffocante.

Si on voulait jeter le discrédit sur une profession déjà sinistrée, on ne ferait pas mieux.

 

Je propose qu’on interdise d’exercer aux procureurs qui jouent de leur autorité sans réel examen des circonstances qu’ils sont censés arbitrer. Sans compter que je m’interroge sur la qualification du délit : comment peut-on accuser quelqu’un d’ « homicide volontaire » sur une personne déjà morte ?

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