mardi, 21 octobre 2008

L'union nationale est possible...

A la condition que les enjeux soient indéniables.

Ainsi en a-t-il été pour le vote des députés sur le Grenelle de l’environnement.

Bravo à Jean-Louis Borloo et à NKM pour avoir amené l’Assemblée nationale à voter comme un seul « homme » (et oui, la langue française a la vie dure) les bases d’une loi cadre qui va nous sauver du « péril écologique et social majeur qui guette l’humanité à échéance rapide », comme le dit Nicolas Hulot dans la préface de son ouvrage Pour un pacte écologique, ou encore comme l’avait annoncé le président Chirac à Johannesburg : « notre maison brûle et nous regardons ailleurs »…

Peu importe que les deux ministres se soient affrontés au début de leurs travaux. Leur débat a sûrement été fructueux, puisqu’ils ont obtenu ce vote historique, unique dans l’actuelle mandature où UMP et PS se sont accordés.

 

Et pourtant l’appel à « union nationale » prônée par le Premier ministre à Enghien n’avait été suivi d’aucun effet lorsqu’il s’était agi de montrer une solidarité nationale et internationale pour sauver le monde de la finance et des banques.

 

Et pourtant tout est lié.

« La bulle financière mondiale explose, le prix des matières premières s’envole, la pauvreté et la faim gagnent du terrain dans le monde….Tout cela au moment même où le monde prend conscience que la planète est dégradée, que les ressources sont limitées et que la survie des espèces vivantes n’est plus assurée. Y compris la nôtre (Gérard Mermet. Le Monde du 14 octobre 2008).

 

Le même sociologue fait une analyse optimiste de la situation mondiale puisqu’il intitule son article : Vive la crise. « Profitons de la crise pour refonder notre société ». Il fustige notre société de consommation et prône « que la régulation collective des marchés aujourd’hui souhaitée s’accompagne d’une régulation individuelle des désirs ».

Le Président de la République a bien compris qu’il fallait mettre un terme à la dérive du « capitalisme financier », qu’il fallait que de « nouvelles règles soient imposées aux banques pour mettre fin à l’opacité des transactions et aux modes de rémunération qui poussent à des prises de risque déraisonnables ».

Il avait bien compris, lors de son discours de clôture du Grenelle de l’environnement, le 25 octobre de l’an dernier que « nous avions dépassé les limites de ce que notre planète peut supporter ».

« La tendance éco s’annonce durable, comme le développement auquel elle veut s’associer » (GMermet).

Finies les fraises chiliennes sur les tables du Réveillon. Même au Salon international de l’alimentation qui se tient à Villepinte ces jours-ci, les industriels « continuent d’innover, mais il ne s’agit pas forcément de chercher la rupture, plutôt la simplicité ».

 

Nicolas Sarkozy a toutes les cartes en main. Selon LCI.fr, il bénéficie dans les sondages de sa réactivité. « Tu sais bien que cette crise est une chance pour toi, c’est là que tu es le meilleur » lui aurait glissé un visiteur à l’Elysée la semaine dernière.

 

Il est condamné à réussir, et il peut comme aujourd’hui obtenir l’union nationale . Alors, bon vent !

 

 

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