dimanche, 04 janvier 2009

bonne année, bonne santé

Voilà le vœu le plus banal mais le plus urgent à formuler pour nos concitoyens. Car la France, la 1ère pour la qualité de ses soins sanitaires jusqu’à ces dernières années a reculé jusqu’à la 5ème place, et ce ne sont pas les problèmes qui viennent de nourrir l’actualité qui vont nous faire regagner des places.

 

Certes toute polémique est mal venue, toute récupération politicienne  de mauvais goût.

Et pourtant, il nous faut rester lucide.

 

Notre système de soins est le plus généreux, le plus égalitaire, le plus solidaire, puisque depuis le général de Gaulle, chacun abonde la Sécurité sociale en fonction de ses moyens et reçoit les soins en fonction de ses besoins, quels que soient ses revenus.

Certes, ce principe qui date de 63 ans, s’adressait aux revenus du travail, alors que le chômage était inconnu en France et la population n’atteignait pas l’espérance de vie d’aujourd’hui.

 

Mais voilà, grâce à notre système de soins, la population vieillit, les technologies se sont affinées, beaucoup de maladies ont été éradiquées, d’autres mortelles sont passées à l’état de chronicité.

Qui s’en plaindrait ?

 

Le malheur est que ce système a un coût, que la santé devient un objet de commerce, que les caisses de l’Etat sont vides, qu’on nous raconte des sornettes lorsqu’on confond les dépenses accordées à l’hôpital public en terme d’investissement (10 milliards d’euros sur quatre ans, selon la ministre), alors que ce dont souffre d'abord l’hôpital, ce sont les restrictions en terme de fonctionnement.

 

Il est vrai que 80% des dépenses concernent des dépenses de personnel, qu’il faut sûrement effectuer des restrictions dans ce domaine, mais pourquoi diminuer le nombre de personnels soignants au profit de personnels administratifs? Ainsi la création des fameuses Agences régionales de santé dont on peut comprendre la philosophie, ne sont pas près d’apporter la même efficacité que des bonnes infirmières, bien reposées, en nombre suffisants auprès de patients nécessitant une surveillance de plus en plus pointue. Ainsi, une pompe à perfusion ne sera-t-elle pas mal réglée, des flacons de soluté ne seront pas mélangés. Et j’en passe.

 

Autre fait : on manque d’infirmières. Tout le monde le reconnaît.

Est-ce en mettant en examen une infirmière compétente, la première abattue par le geste malheureux qui brise sa carrière jusqu’alors exemplaire, qu’on va susciter des vocations ?

 

Il y a des frontières à ne pas dépasser, même pour satisfaire à une démagogie aussi primaire qu’irresponsable.

 

On ne peut pas vouloir tout et son contraire. On ne peut pas dire tout et son contraire.

 

 La France ne peut pas prétendre garder sa place de leader mondial dans le monde de la santé sans préserver les soins de proximité qui coûtent cher, certes. Mais il faut choisir .Et comme disait Gide « Choisir, c’est renoncer ».

 

Ou la France, si prompte à trouver des financements pour sauver les banques, sauve notre système de soins en desserrant « l’étranglement financier délibéré », comme l’écrit à la ministre, le Professeur Denis Devictor, Président  des comités consultatifs médicaux de l’AP-HP, qui dénonce « les restrictions budgétaires sans objectifs médicaux ».

 

Ou la France qui déjà n’est plus capable d’assurer la permanence des soins et reconnaît l’importance des médecins étrangers, les seuls à vouloir assurer celle-ci dans les zones de désertification médicale, laisse filer vers une médecine à deux vitesses, renonçant à son service public de santé.

 

A ce sujet, n’est-il pas scandaleux qu’une ministre en exercice choisisse, pour y accoucher, une clinique privée ?

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