dimanche, 08 mars 2009
Le 8 mars 2009, la journée internationale de la femme.
Une journée folklorique où sont ressassés les bons principes.
Grâce au général de Gaulle et son ordonnance du 21 avril 1944, les Françaises ont le droit de vote et d’éligibilité (bien après d’autres femmes dont les Turques en 1934 !).
Nous n’allons pas refaire l’historique du droit des femmes. Rappelons seulement que c’est le Président Jacques Chirac qui a fait modifier la Constitution de la Vème République pour y faire entrer la parité.
Bravo et merci.
Il n’en demeure pas moins que la loi du 6 mai 2000, sans la volonté politique, n’est rien.
L’UMP préfère payer 4 millions d’euros de pénalités pour être le groupe le moins bien représenté par des femmes à l’Assemblée nationale (10%), et la France ne peut s’enorgueillir de sa place dans le monde : la 58 ème pour sa représentation de femmes au Parlement, loin derrière la Suède (45%) ou l’Allemagne (31%).
Les causes de ce déficit sont bien connues :
-les partis préfèrent payer des amendes qui ne sont pas dissuasives, au regard du financement national qu’un siège de parlementaire procure au parti annuellement.
-les partis envoient les femmes dans les circonscriptions les plus difficiles. Tant qu’ils ne seront pas confrontés à une obligation de résultat, ce système perdurera.
-le cumul des mandats constitue une exception française tout à fait dommageable au renouvellement de la classe politique et à la démocratie. Le reportage de ce midi dans Dimanche + montre que les hommes sont encore plus accrochés au pouvoir qu’à leurs indemnités, qu’ils siègent d’un côté ou de l’autre de l’Hémicycle.
Il faut vraiment être un sur-homme pour pouvoir siéger à l’Assemblée nationale, exercer ses fonctions locales de maire et de président d’agglomération, ou de conseiller municipal et président du conseil général (c’est-à-dire trois instances) sans oublier sa profession.
Cet appétit, que dis-je cette voracité, est une spécificité masculine.
Les femmes prennent à cœur de bien remplir leur mission, d’assister aux commissions, de siéger là où elles ont accepté des responsabilités. Elles préfèrent bien accomplir leur mandat que courir après des représentations flatteuses, tant en politique que dans leur vie professionnelle où d’ailleurs elles sont confrontées au fameux plafond de verre.
Marie-Jo Zimmermann, députée de Moselle, présidente à l’ Assemblée nationale de la Délégation aux droits des femmes, continue à défendre les femmes avec acharnement.
Elle s’attaque à faire appliquer la loi du 9 mai 2001 sur l’égalité professionnelle entre les hommes et les femmes et celle du 23 mars 2006 sur l’égalité salariale. Elle vient de déposer une proposition de loi pour imposer au moins 40% de femmes dans les conseils d’administration des entreprises.
Réponse de Brice Hortefeux, ministre du Travail et des Affaires sociales lors de son discours de clôture au Conseil économique et social de mercredi dernier, à l’issue du débat organisé à l’occasion de la Journée de la Femme : « Marie-Jo n’a que des bonnes idées mais elle est une pionnière, elle est trop en avance ».
Après avoir assuré l’auditoire de l’importance des débats, il a affirmé qu’il ne saurait être question de faire voter de nouveaux textes légaux, L'auditoire est resté sur sa faim, mais il a promis….devinez quoi… la création d’une mission d'évaluation.
Ouf, nous avons échappé à un médiateur !





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Commentaires
Bonsoir Cécile,
Une des solutions serait tout simplement une application de la loi.
Or, le problème en France, c'est que l'on vote des lois mais qu'elles ne sont pas appliquées. Et se payer le droit de ne pas les respecter, c'est pire que tout.
Ce système d'amende devrait être supprimé.
Faisons nous aussi une mission d'évaluation des résultats si on supprimer ce droit "financier" à ne pas respecter la loi
Bonne soirée
Dominique BAUD
Ecrit par : Dominique BAUD | mardi, 10 mars 2009
Tu as tout à fait raison, Dominique, quand tu dis qu'en France on vote des lois mais qu'elles ne sont pas appliquées.
ça correspond à des effets d'annonce qui agitent les médias, la classe politique dans son ensemble et l'opinion publique qui croit sincèrement qu'on se préoccupe de ses problèmes ou qu'on applique son programme électoral.
Hélas, les lois, pour être respectées , doivent être transcrites dans des décrets d'application qui ne sont rédigés que bien tardivement, lorsqu'ils le sont...
Comment donc les appliquer et à fortiori les respecter?
Tu penses qu'il faudrait supprimer les pénalités financières, je n'en sais rien.
Mis ce que je sais, c'est que tu as raison lorsque tu proposes une mission d'évaluation. Chiche!
Ecrit par : c.renson | mercredi, 11 mars 2009
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