mardi, 17 mars 2009
De l'amnésie au prurit...
Tout se télescope aujourd’hui mardi 17 mars, alors que la Ministre de la santé essaie laborieusement de faire passer la loi qui portera son nom, même si les articles n’ont cessé de se modifier, de s’adapter (un signe d’intelligence ?)… on peut par ailleurs s’inquiéter des trous de mémoire des uns ou du prurit du Président de la République…
« Je n’ai pas été élu pour augmenter les impôts »… Monsieur le Président, comment avez-vous oublié que dès votre arrivée au poste suprême, vous avez créé les franchises médicales qui frappent les plus démunis et sont venues augmenter la masse des impôts, au détriment des patients à hauteur de 850 millions d’euros…La mémoire, c’est vrai, fait l’objet des travaux de chercheurs que vous ne semblez pas considérer à la hauteur de leur valeur …
« S’il y en a que ça démange d’augmenter les impôts, ils oublient qu’on est dans une compétition »…
Quant aux démangeaisons que vous diagnostiquez chez les uns ou les autres, comment les moquer ainsi ? comment pouvez-vous méconnaître les propositions de votre majorité, inquiète qu’à la crise économique qui fait suite à la crise financière, succède une grave crise sociale ?
Les mesures de relance conjuguées au solde négatif antérieur vont amener le déficit budgétaire à 104 milliards s’euros.
On ne peut «taxer», si je puis dire, votre majorité de légèreté, ou de manque de clairvoyance. Pierre Méhaignerie, président UMP de la commission des affaires sociales de l’Assemblée, estime qu’il faut faire sortir la CSG et la CRDS du champ du bouclier fiscal. Il défend même l’idée d’une contribution pour les plus riches, « ceux dont les revenus dépassent l’entendement », à savoir les ménages qui gagnent « plus de 300 000 euros par an ».
Cette position est soutenue par Hervé Novelli, secrétaire d’Etat au commerce et par Charles de Courson, député du Nouveau Centre. D’ailleurs, en novembre dernier, Hervé Morin avait déjà proposé de remonter le bouclier fiscal de 50à 55 %.
René Couanau, député UMP d’Ille-et Vilaine et maire de Saint-Malo demande sa suspension, relayé par François Goulard.
Même Gérard Larcher, le Président du Sénat, s’est prononcé en faveur d’un débat sur ce thème. « Le bouclier fiscal est une offense à la justice fiscale » pour Jean Arthuis, président UC de la commission des finances du Sénat.
Il s’agit, en toute responsabilité de rechercher une justice fiscale capable de répondre à un souci de justice sociale, comme l’a dit Dominique de Villepin.
Celui-ci reconnaît être l’instigateur du premier bouclier fiscal voté fin 2005 pour éviter de devoir s’acquitter de plus de 60% de ses revenus en impôts, pourcentage qui n’incluait pas les cotisations sociales (soit un seuil effectif de 71%).
C’est même Michel Rocard, en 1988, qui en avait conçu la première ébauche lorsqu’il avait voulu plafonner l’ISF à 70% des revenus…
En période de crise, il faut savoir se recentrer et se rassembler a dit l’ancien Premier Ministre.
Il faut parfois lever le pied, et il sait surement de quoi il parle.
« Un homme ne doit jamais rougir d’avouer qu’il a tort, car en faisant cet aveu, il prouve qu’il est plus sage aujourd’hui qu’hier » (Jean-Jacques Rousseau).





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