dimanche, 29 mars 2009
De la parité à la diversité
Tel était le sujet de l’excellente table ronde du colloque européen intitulé : « 1999-2009, l’enjeu de la parité »organisé par Ellesaussi au Sénat . Cette table ronde était animée par Réjane Sénac-Slawinski enseignante –chercheure au CNRS, avec Muguette Dini, sénatrice du Rhône, Armelle Le Bras- Chopard, professeure agrégée de science politique et Geneviève Fraisse, philosophe et historienne du féminisme.
Pour Muguette Dini, la parité n’est pas la diversité, puisque la parité n’est que la juste reconnaissance du fait que la société est composée de deux sexes qui la composent à égalité.
La parité ne peut être diluée dans la diversité.
La diversité se construit sur la reconnaissance de catégories, en établissant des outils qui ne peuvent être ni vraiment objectifs, ni vraiment pérennes.
On peut ainsi reconnaître des diversités selon l’âge : jeunes, jeunes adultes, plus de 65 ans, quatrième âge, catégories qui, par définition, ne cessent de se modifier.
Des catégories selon l’emploi : demandeurs d’emplois, premiers emplois, chômeurs, actifs, retraités…
Des catégories socio-professionnelles : ouvriers, fonctionnaires (fonction publique d’état, territoriale, hospitalière…) professions libérales (avocats, médecins), professionnels de santé (médicaux, soignants).
Selon les maladies : sida, maladies rares, maladies chroniques.
Bref la diversité, pour être mesurée nécessite toute une batterie d’outils, définie par dans leurs champs d’action, car elle est multidimensionnelle. « Elle replace les origines dans l’ensemble des facteurs qui modifient les chances d’accès aux biens de toute sorte : éducation, logement, emploi, santé » (François Héran. Le Monde).
Elle n’a donc rien à voir avec la parité.
Pour Armelle Le Bras-Chopard, aussi, parité et diversité ne peuvent être assimilées. D’ailleurs, il est bien difficile de dessiner les contours de la diversité, ou de compter toutes les diversités…
La mesure de la diversité devrait conduire à la lutte contre l’exclusion, mais, l’exclusion par rapport à qui, à quoi ?
Et en ce qui concerne la parité, il est vrai que la lutte des femmes s’est apparentée à la lutte des noirs aux Etats-Unis, et que l’on parlait, il y a peu de temps encore, de l’exclusion des femmes du monde du travail. Mais on voit bien, là, qu’au travers des quotas et de la politique des petits pas, la lutte des femmes pour participer à la vie politique et s’inscrire dans l’avenir, n’a rien à voir avec la constitution de différents groupes qui se reconnaissent ou éprouvent un même « ressenti » avec un risque de repli communautaire.
Pour Geneviève Fraisse, il n’y a pas d’égalité sans contrainte, seul le chiffre de l’inégalité fait preuve, et si la parité est un instrument, c’est vrai en pratique, mais faux en théorie.
La parité, c’est le partage de la prise de décision, le partage du pouvoir.
C’est aussi l’égalité, celle qui met en commun le semblable et la différence des hommes et des femmes pour aboutir à une « reconquête démocratique de la représentation politique » (La controverse des sexes).
L’égalité est une valeur souveraine.
La diversité : non.
La diversité finit par poser le problème de l’identité : « qui êtes-vous, vous ? »
Dans notre modèle républicain, on peut s’interroger sur le bien-fondé de la notion d’identité qui, comme le définit le Larousse est un « sentiment ressenti par un individu d’appartenir à tel groupe social, et qui le porte à adopter certains comportements spécifiques ».
La diversité se différencie, également, des statistiques ethniques qui, elles, sont polarisées sur un seul critère : l’origine de la personne en l’isolant du contexte. Ces statistiques ethniques vont à l’encontre du modèle républicain français et ouvrent la voie à des stigmatisations selon les pays d’origines, la couleur de la peau, la religion, les antécédents …. On voudrait faire s’affronter la population qu’on se s’y prendrait pas mieux…
Parité, diversité, la Constitution française a le dernier mot, qui affirme que les citoyens (hommes et femmes) de la République « une et indivisible » sont égaux « sans distinction d’origine, de race ou de distinction ».





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