jeudi, 02 avril 2009

Dominique de Villepin et son amour pour la France.

Malgré une actualité internationale et nationale féconde , entre les préparatifs du G20 et les « jacqueries » ouvrières qui fleurissent un peu partout en France, malgré la volonté du Président de la République et de son entourage de traiter la manifestation de non-évènement, le colloque de Dominique de Villepin, hier en fin d’après-midi, sur « La France et l’OTAN », a fait salle comble à l’Assemblée Nationale.

 

Il s’est bien défendu de vouloir faire parler le général de Gaulle et pourtant, lorsqu’il compare la France à une mère qui ouvre ses bras à l’Est mais aussi à l’Ouest, aux pays du Nord comme aux pays du Sud, on retrouve les accents du Général.

 « Mon dessein consiste donc à dégager la France, non pas de l’Alliance atlantique que j’entends maintenir, mais de l’intégration réalisée par l’OTAN sous commandement américain ; à nouer avec chacun des Etats du bloc de l’Est et, d’abord avec la Russie des relations visant à la détente et à la coopération ; à en faire autant le moment venu avec la Chine »…( Mémoires d’espoir).

De même lorsqu’il souligne le « rôle de la France au sein du monde ». Pour lui, le retour de la France dans le commandement intégré de l’OTAN est une « rupture avec l’héritage gaulliste », une « décision inopportune et dangereuse », une décision « à contretemps », « à contresens », « à contre-emploi ».

Les utopistes conviennent qu’il faut tenir «  le pari » du bien-fondé du retour de la France dans ce commandement intégré. Dominique de Villepin les avertit que « les enjeux sont lourds ».

« Dans la vie, vos actes vous suivent, chacun est comptable de ses actes… Et les Français auront leur mot à dire ».

 

Pendant 45 minutes, habité par ses convictions, le sens de l’intérêt général, son amour de la France, Dominique de Villepin a tenu l’assistance en haleine, suspendue à sa démonstration.

Il y avait du Victor Hugo dans cette salle éponyme avec son héros, sa grandeur, sa volonté de porter la France vers la lumière…

 

Quoi qu’en aient dit les médias, il n’a jamais prononcé le nom de Nicolas Sarkozy. Seules quelques fines allusions  à une politique de la chaise vide pas toujours cohérente de la part du Président de la République, ou des problèmes protocolaires concernant une place sur la photo ont fait rire la salle.

 

Dominique de Villepin voulait convaincre. Son tempérament est celui du rassembleur, ce qu’il se plait à dire depuis toujours. « Notre défi, c’est de réussir la réconciliation ».

Nous sommes bien loin des propos haineux qui « renvoient à un supplice que les nazis réservaient aux ennemis du IIIè Reich », les fameux « crocs de boucher »qu’aurait prononcés le chef de l’Etat (JC Maurice. Si vous le répétez, je démentirai).

Il me plaît plus de terminer par ces mots  de Dominique de Villepin dans Le Requin et la Mouette : « La France, puissance moyenne, nation comme les autres ? Non, mais puissance au service des peuples, puissance attendue, espérée et entendue, éprise des valeurs de tolérance, de démocratie et de paix. Puissance au service d’un universel qu’elle a défendu au fil des siècles par les armes et par les lois, et qui ne peut vivre aujourd’hui que de respect et d’échange »…..

 

 

Puisse cet amour pour la France conduire Dominique de Villepin à revenir très vite sur la scène politique

 

 

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Commentaires

Sublime cette soirée devant le plus grand homme politique que la France connaisse actuellement et qui plus est un orateur exceptionnel. La France aura besoin de lui . Son retour à la vie politique nous laisse quelques espoirs.
Sublime aussi l'écrit de Cécile Renson qui retrace précisément et remarquablement cette inoubliable soirée.
Cécile Renson a un talent d'écrivaine mais aussi une passion pour son pays et nous ne pouvons que lui souhaiter une brillante réussite politique.

Ecrit par : cldb | samedi, 04 avril 2009

@merci, chère cldb, pour votre si aimable commentaire.
Je ne sais pas si j'ai quelque talent.
Ce que je sais c'est que m'ont "construite" quelques grands hommes que j'ai eu la chance de rencontrer. Ils ont su me faire partager leurs convictions et transmettre celles-ci à leurs enfants que j'ai plaisir à rencontrer.
C'est la recette du bonheur pour Platon: "se transmettre et éduquer la jeunesse".
Je ne sais s'ils sont heureux là où ils sont, mais ils doivent être partis avec la satisfaction de missions accomplies!

Ecrit par : c.renson | lundi, 06 avril 2009

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