mardi, 07 avril 2009
Deux grands présidents se penchent sur les pays pauvres.
Comme on me dit obsessionnelle pour ne parler que des hommes politiques que j’admire et pour lesquels je serais prête à reprendre sur le champ mon bâton de pèlerin, je veux souligner aujourd’hui l’excellente intervention de Bill Clinton sur Europe 1.
Cet ancien président des Etats-Unis fait le tour du monde au nom de la « Clinton Foundation » afin de venir en aide aux malades du sida, de la malaria et de la pauvreté en Afrique.
Il souhaite mettre en place des systèmes de santé sur ce continent déshérité où les malades sont les plus nombreux et les médicaments trop chers pour eux.
Il aurait pu reprendre le mot: « les malades sont au Sud et les médicaments au Nord », phrase qui dénonçait le fossé entre les pays riches du Nord et les pays déshérités du Sud.
Il est aidé dans son parcours par Philippe Douste-Blazy, ancien ministre de la santé, actuellement secrétaire général adjoint des Nations Unies, en charge de UnitAid, association qui a pour but de trouver des financements innovants concernant ces trois fléaux. A ce sujet, il a mis en exergue la taxe sur les billets d’avion, voulue par Jacques Chirac pour soutenir les mêmes causes.
Est-il normal que dans ces pays, chacun dépense pour sa santé 24 dollars, alors qu’en France, la dépense moyenne par habitant est de 4 000 dollars ?
Bill Clinton veut aussi augmenter la capacité des pays pauvres à se nourrir correctement et à gagner plus d’argent.Il est d’accord avec le président Lula qui pense que plus que le terrorisme, c’est la faim qui risque de déstabiliser le monde.
C’est très exactement ce qu’a dit Jacques Chirac dans la tribune de Libération du 1er avril dernier : « Le piège se referme sur les pays pauvres. Ils sont importateurs de presque tout, exportateurs de presque rien ….Certains pays n’ont plus devant eux que quelques mois d’importation….La Banque mondiale estime que 44 millions de personnes sont menacés de malnutrition en raison de la crise et de la hausse des prix alimentaires. C’est un tragique retour en arrière….
Le risque de faillite approche pour beaucoup d’Etats. Ces faillites déstabiliseront encore plus un système mondial déjà fragile. Ne pas agir maintenant, c’est créer les conditions d’un désastre économique dans les pays les plus vulnérables. C’est laisser monter un terrible sentiment d’abandon et d’injustice, qui irrémédiablement viendra nourrir l’immigration de désespoir, les incompréhensions profondes, mais aussi la violence extrême à l’échelle planétaire ».
C’est très exactement le sens des propos de Bill Clinton.
Tous deux se félicitent de la tenue du G 20 qui « constitue un pas positif dans la bonne direction… Il faut maintenant s’assurer que les moyens qui ont été envisagés soient bien affectés à ce que l’on a prévu ».
Rien d’étonnant que le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon salue « la contribution à la paix et à la stabilité dans le monde » de notre ancien président.





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