mardi, 14 avril 2009

On ne peut pas être à la fois au four et au moulin.

Tel était un précepte de ma grand’mère, solide agricultrice de l’Orne, qui fustigeait toute tentation de se prétendre  en deux endroits à la fois.

 

Cette femme pleine de bon sens a dû inspirer sa petite fille qui approuve complètement le flot de protestations contre le cumul des mandats, exception bien française, totalement impensable aux Etats-Unis, et à peine permise chez nos voisins européens.

Et pourtant, alors qu’ils étaient 30 % sous la Troisième République à cumuler les fonctions de parlementaires et de maires, les élus de la Quatrième République cumulaient ces postes à 50 %, et en 2003, seuls 62 sénateurs sur 321 n’exerçaient que leur seul mandat (19%), comme 53 députés sur 577 (9%). Gageons qu’en 2009, le pourcentage ne s’est guère amélioré !

 

Il paraît qu’il s’agit d’une « pathologie civique française ».

Pour éradiquer le mal, ce n’est pas compliqué, il suffit d’une loi. Tous les citoyens, les medias sont d’accord. Le problème est qu’on n’a jamais vu des parlementaires se tirer une balle dans le pied, et que nos députés et sénateurs  ne vont pas se faire hara-kiri, et venir assez nombreux à l’Assemblée ou au Sénat pour décider d’eux-mêmes une limitation de leurs pouvoirs.

Ils fuient les couloirs pour des votes moins personnels.

Tous, de droite ou de gauche, pensent que pour exercer correctement leur mandat national, ils se doivent d’avoir une assise locale sous la forme d’un mandat.

Lorsqu’on leur rétorque qu’ils n’ont qu’à tenir leur permanence, ils vous regardent comme si vous aviez dit une insanité.

Alors, d’accord. Qu’ils gardent leur mandat local, mais qu’ils abandonnent les indemnités afférentes.

Ce serait beau et méritoire, et somme toute logique, d’exercer à titre BENEVOLE, ce second mandat. Voilà d’ailleurs une source d‘économies !

 

 

Voilà aussi une façon d’assainir les élections municipales et les assemblées des représentants d’intercommunalité.

« Une  tête, un mandat ». A ce moment là, il y aurait plus d’élu(e)s pour d’autres postes.

Car cette interdiction du cumul est la seule façon de renouveler le paysage politique français, et de passer au travers des magouilles des partis politiques qui verrouillent les investitures.

Les responsables seront bien obligés de faire appel à d’autres candidats, d’autres candidates, qui ne seront ni des alibis ni des potiches.

Pour faire une campagne électorale, surtout pour un scrutin uninominal, il faut avoir le courage d’aller chercher les électeurs un par un…

 

Aujourd’hui, Dominique Perben, ancien ministre, s’est exprimé dans ce sens, disant sur les ondes qu’un maire ne pouvait exercer son mandat correctement s’il devait répondre par ailleurs aux sollicitations du Parlement.

Je suis sure que les députés absents de l’Hémicycle jeudi dernier, auraient eu bien du mal à se trouver des excuses s’ils n’avaient endossé que leur seul mandat national.

 

On me dit que cet absentéisme constituait un prétexte, tellement leurs jeunes électeurs les avaient dissuadés de voter la fameuse loi Hadopi.

Raison de plus. Ils devraient alors faire preuve d’imagination pour trouver un autre faux-fuyant.

 

On me dit aussi qu’il conviendrait de les rémunérer sous la forme de jetons de présence.

Chiche !

Et que l’on commence dès maintenant à rémunérer les Conseillers de Paris en fonction de leur présence physique dans les commissions et lors des séances de Conseil, et que bien sûr, on interdise à tout conseiller de Paris de prévoir d’autres activités qui le mettraient hors circuit pendant plus de deux séances.

Mais je n’ai pas de souci à me faire. Les collègues qui m’ont fait suite s’amusent trop pendant les débats pour manquer ceux-ci et ils sont bien trop honnêtes pour déroger aux règles de l’assiduité, sous peine, comme sous l’Ancien Régime, de « perdre les privilèges de leur rang par l’exercice de certaines activités ».

 

 

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Commentaires

Bonsoir Cécile,

Je trouve que le fait d'être dans l'opposition donne une vision plus proche des préoccupations de la population et souvent du bon sens. En effet, je n'ai cessé de militer pour la limitation des mandats y compris dans le temps ( deux fois maximum ).

Si tu regardes bien ma profession de foi http://amicale-15.hautetfort.com/files/pdf06.pdf , j'en parle aussi. C'est tellement juste que j'ai seulement été entendu par le Président de la république qui se l'est appliqué à lui-même.

Mais je n'ai pas le souvenir que les élus de l'époque, toi compris, m'aient apporté leur soutien. Ceci dit : mieux vaut tard que jamais.

Amicalement.

Ecrit par : Armand ABADIE | mercredi, 15 avril 2009

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