samedi, 18 avril 2009
"De toutes les manifestations du pouvoir, celle qui impressionne le plus les hommes, c'est la retenue"(Thucydide).
La retenue voilà une qualité dont Nicolas Sarkozy ne peut se prévaloir. Et pourtant non seulement cette qualité lui confèrerait une stature qui lui donnerait une meilleure image chez nos concitoyens, mais surtout, elle éviterait à la France d’être devenue la risée de la presse étrangère.
Comment, après une présidence du Conseil européen qui s’est déroulée avec un certain panache, peut-il anéantir en un déjeuner avec 24 parlementaires tout son travail, toute la respectabilité de la France, toute notre dimension internationale.
Il y aura désormais dans l’Histoire de France l’avant et l’après Sarkozy.
Avant : le Général de Gaulle, le traité de Rome, la construction européenne, VGE, François Mitterrand immortalisé à tout jamais main dans la main avec Helmut Kohl, Jacques Chirac, son dialogue des cultures, son engagement pour les pays en voie de développement et sa politique internationale qui aura marqué un désir de paix bien difficile à affirmer au milieu d’un monde mouvant et sans repères.
Après le 6 mai 2007: Astérix et ses gaulois qui n’arrêtent pas de boire la tasse, à défaut de potion magique.
Mais pour qui se prend-il notre chef pour donner des leçons au monde entier ? Il est vrai qu’il a l’excuse d’être conseillé par ce grand ministre aux Affaires étrangères, qui annonçait à propos de l’Iran : « nous avons peur de la guerre, et nous n’en voulons pas » (ouf !).
Déjà, la France avait avalé la couleuvre de la visite du Colonel Kadhafi en remerciement de la libération des infirmières bulgares.
Puis ce fut la valse-hésitation avec le Dalaï-Lama et le mépris dans lequel nous tient le président Hu-Jintao.
Ne parlons pas de la décision personnelle de faire réintégrer la France dans le commandement de l’OTAN.
Bref, non seulement le président Sarkozy n’en fait qu’à sa tête, mais en plus, conscient de sa supériorité, il distribue les bons points, ou plutôt les mauvais à ses collègues chefs d’Etat car il n’y a que lui pour réussir pleinement.
Ne serait-il pas, cependant, un peu jaloux de Barack Obama qu’il considère comme un débutant, « lui qui n’a jamais géré un ministère de sa vie » ?
Est-il bien habile à quinze jours de sa visite en Espagne de juger José Luis Zapatero « peut-être pas très intelligent » ?
Le monde est-il assez stable pour se moquer des dirigeants des autre pays ?
Notre commerce extérieur est-il à ce point excédentaire pour vitupérer sur les autres économies ?
De plus, les Français n’ont pas eu l’habitude de voir l’homme qu’ils ont élu se comporter avec une telle « brutalité » comme l’épingle le Daily Telegraph : une personnalité « pas réputée pour son tact » et « réputée pour sa brutalité »….
« Les Français ne se reconnaissent plus eux-mêmes ni ne reconnaissent leur pays » a écrit Jean-Marie Rouart dans son dernier ouvrage antérieur à ce funeste déjeuner , ouvrage qu'il a intitulé « cette opposition qui s’appelle la vie »!





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