vendredi, 24 avril 2009

"Aucune réforme de la santé n'est possible sans les médecins"

Ainsi s’exprime Alain Juppé lorsqu’il  se penche sur son bilan politique et confesse : « le corps médical est puissant, j’en ai fait l’expérience ».

Plutôt que de corporatisme, on devrait plutôt parler des professionnels de santé qui comportent un certain nombre de métiers, soignants et non soignants, divers modes d’exercice, libéral, hospitalier, privé non lucratif, effectifs souvent disparates mais dont la  motivation profonde  est de soigner. Voilà ce qui constitue des équipes, des réseaux, tout ce qui peut être imaginé au nom de l’intérêt supérieur du patient.

 

Bien sûr, notre système de santé a un coût, et il nécessite la chasse au gaspillage, une gestion rigoureuse, une efficience au service de la qualité pour reprendre les mots à la mode.

 

Mais lui asséner une réforme tous les trois ans le prive de stabilité, d’évaluation et de réelle efficacité.

 

La réforme voulue par Jean-François Mattei, mise en place par Xavier Bertrand n’a pas eu le temps d’être appliquée que prenait corps la loi « Hôpital, patients, santé, territoires », « la plus grande loi d’organisation depuis la loi de décentralisation », comme la présente la ministre de la Santé, Roselyne Bachelot. En fait, c’est une  loi à géométrie variable, bien avant son vote à l’Assemblée nationale, qui promettait, entre autre, de lutter contre la désertification médicale de certaines régions et contre les dépassements d’honoraires qui font qu’à Paris, il est bien difficile de se faire soigner dans le secteur libéral selon les tarifs fixés par la sécurité sociale.

 

Quant à la nouvelle gouvernance hospitalière, elle prévoit que l'hôpital ne dépendra que d’un seul chef, le directeur de l’hôpital. Ainsi en a décidé le président de la République.

Et comme se sont révélées efficaces les deux structures créées par Alain Juppé, les URCAM (Unions régionales des caisses d’assurance –maladie) pour coordonner les caisses d’assurance –maladie d'une part   et les ARH (agences régionales de santé) pour harmoniser les problèmes sanitaires et hospitaliers des régions d'autre part, la loi HPST va les fondre en ARS ( Agences régionales de santé ) dirigées par un directeur, seul maître à bord, doté à l'origine de pouvoirs disciplinaires.

 

Les difficultés n’ont pas tardé à surgir, et pas du côté attendu. Les députés ont voté le texte de loi en première lecture, malgré de fortes réticences de certains UMP.

Il doit être discuté à partir du 11 mai au Sénat, et là, le débat promet d’être houleux.

D’ailleurs, Jean-Pierre Raffarin, ancien Premier ministre et vice-président du Conseil national de l’UMP trouve le texte « trop touffu et quelque peu confus ». Le sénateur de la Vienne poursuit :« le Sénat est là pour améliorer les textes et pas simplement pour se coucher devant l’Assemblée nationale ».

Mais la tempête se sera vraisemblablement calmée entre les deux Chambres.

 

Déjà, les chirurgiens, les chefs de clinique ont menacé de suspendre toute activité chirurgicale à partir du 1er juin, emmenant dans leur course internes et anesthésistes, de quoi paralyser hôpitaux et cliniques.

Eh bien, ils ont gagné. Les amendements de Jean-Luc Préel et d’Yves Bur qui prévoyaient un encadrement des dépassements d’honoraires pourtant très limité seront retirés, vient d’annoncer la ministre de la Santé.

De plus, la liberté d’installation sera respectée.

Voilà pour satisfaire les médecins libéraux.

 

Mais voilà qui déplaît du même coup à la Mutualité. Laquelle rappelle les « engagements du président de la République et de ses ministres » pour mettre fin à « une opacité tarifaire préjudiciable aux malades »…

 

Quant au secteur hospitalier, rien ne va plus. Comme certains chercheurs, nombre de médecins hospitaliers voyaient initialement d'un oeil favorable, l’effort d’organisation territoriale , ils sont maintenant vent debout contre la tarification à l’activité qu’ils accusent de conduire au tri des malades les plus rentables.

Ils souffrent des tensions sociales à l’intérieur des établissements, critiquent la réduction des effectifs des personnels soignants et non-soignants.

Ils craignent « une démédicalisation de la décision », la fin de « l’indépendance professionnelle » et un « appauvrissement » intellectuel et financier du service public dont ils s’estiment les garants.

Quant au pouvoir des directeurs d’hôpitaux, il est, on le voit,  renforcé au détriment de celui des médecins. De plus, avec la loi Bachelot, les directeurs pourront venir du privé et être totalement dépourvu de compétence médicale ou en santé.Et les chefs de service seront leurs subordonnés!

 

Tous les professionnels de santé veulent se retrouver pour battre le pavé mardi prochain 28 avril à Paris et dans d’autres villes de France, en y associant les usagers et leurs associations.

 

Nicolas  Sarkozy,  qui a reçu une délégation de praticiens hostiles à la réforme, craint que le syndrome des universités ne contamine le milieu de la santé.

Peut-être, s’il n’est pas trop tard, écoutera-t-il Alain Juppé lorsque celui-ci  impute la défaite de la droite aux élections législatives de 1997 à la colère des médecins : « on ne fera pas, et je parle d’expérience, une réforme de l’hôpital contre le milieu médical ».

dimanche, 19 avril 2009

74%...

De toutes les personnalités politiques, c’est Jacques Chirac que 3 Français sur 4 préfèrent à toutes les autres.

 

Voilà qui surprend la classe politique, inquiète le Président et rassure l’opinion publique.

 

Comment Jacques Chirac peut-il être choisi par 74% des Français, lui taxé d’immobilisme, rangé parmi les rois fainéants, lui qui n’est pas accro des médias?

Comment, à ne pas se montrer, les Français peuvent-ils encore penser à lui ?

Ce qui ne peut manquer d’inquiéter l’actuel président de la République. On croyait les chiraquiens morts et enterrés, leur chef en tête. C’est d’ailleurs ce que dit avec une goujaterie rare un député d’Eure-et-Loire, un certain Philippe Vigier, médecin de son état, et qui ne fait pas honneur à la profession lorsqu’il invente un vieil adage : « quand on est mort, tout le monde aime celui qui malheureusement vient de partir ».

Quels propos scandaleux !

Quelle erreur ! François Mitterrand n’a pas vu (et pour cause!) sa cote de popularité  remonter très haut après son « départ » !

Quant à la « nostalgie » évoquée par d’autres, elle n’a jamais joué pour VGE.

Ils ont tout faux les bonnes âmes qui se veulent cireurs des pompes présidentielles.

Même une ministre y va de son couplet : « Jacques Chirac a un peu une figure de grand’père ». Mais elle pourrait elle-même être grand’mère….

Ils enragent…..

 

Restent les Français qui aiment un homme politique qui les comprend, qui privilégie la proximité, qui prend plaisir à serrer des mains, à se faire prendre en photo avec des admirateurs anonymes, à faire des bises aux enfants….

Heureux de retrouver le terrain, comme lorsqu’il faisait campagne dans les cages d’escalier ou sur les marchés…

Mais aussi un homme d’Etat, respectueux des uns et des autres, de leurs idées, de leurs coutumes, favorable au dialogue des cultures, visionnaire lorsqu’il attire l’attention de la planète sur « notre maison » qui « brûle ».

Un homme qui a toujours voulu « agir au service de la paix ».

 

Trois remarques :

 

1/ les invectives ne grandissent jamais ceux qui les profèrent ;

 

2/Alain Juppé, « le meilleur d’entre nous », fils spirituel de l’ancien président, n’entrera pas au gouvernement, car il y deviendrait un concurrent trop sérieux en 2012 ;

 

3/ « La France n’appartient pas à celui qui la gouverne » (Edwy Plenel)

 

 

 

 

 

samedi, 18 avril 2009

"De toutes les manifestations du pouvoir, celle qui impressionne le plus les hommes, c'est la retenue"(Thucydide).

La retenue voilà une qualité dont Nicolas Sarkozy ne peut se prévaloir. Et pourtant non seulement cette qualité lui confèrerait une stature qui lui donnerait une meilleure image chez nos concitoyens, mais surtout, elle éviterait à la France d’être devenue la risée de la presse étrangère.

 

Comment, après une présidence du Conseil européen qui s’est déroulée avec un certain panache, peut-il anéantir en un déjeuner avec 24 parlementaires tout son travail, toute la respectabilité de la France, toute notre dimension internationale.

 

Il y aura désormais dans l’Histoire de France l’avant et l’après Sarkozy.

 

Avant : le Général de Gaulle, le traité de Rome, la construction européenne, VGE, François Mitterrand immortalisé à tout jamais main dans la main avec Helmut Kohl, Jacques Chirac, son dialogue des cultures, son engagement pour les pays en voie de développement et sa politique internationale qui aura marqué un désir de paix bien difficile à affirmer au milieu d’un monde mouvant et sans repères.

 

Après le 6 mai 2007: Astérix et ses gaulois qui n’arrêtent pas de boire la tasse, à défaut de potion magique.

 

Mais pour qui se prend-il notre chef pour donner des leçons au monde entier ? Il est vrai qu’il a l’excuse d’être  conseillé par ce grand ministre aux Affaires étrangères, qui annonçait à propos de l’Iran : « nous avons peur de la guerre, et nous n’en voulons pas » (ouf !).

Déjà, la France avait avalé la couleuvre de la visite du Colonel Kadhafi en remerciement de la libération des infirmières bulgares.
Puis ce fut la valse-hésitation avec le Dalaï-Lama et le mépris dans lequel nous tient le président Hu-Jintao.

Ne parlons pas de la décision personnelle de faire réintégrer la France dans le commandement de l’OTAN.

 

Bref, non seulement le président Sarkozy n’en fait qu’à sa tête, mais en plus, conscient de sa supériorité, il  distribue les bons points, ou plutôt les mauvais à ses collègues chefs d’Etat car il n’y a que lui pour réussir pleinement.

 

Ne serait-il pas, cependant, un peu jaloux de Barack Obama qu’il considère comme un débutant, « lui qui n’a jamais géré un ministère de sa vie » ?

Est-il bien habile à quinze jours de sa visite en Espagne de juger José Luis Zapatero « peut-être pas très intelligent » ?

 

Le monde est-il assez stable pour se moquer des dirigeants des autre pays ?

 

Notre commerce extérieur est-il à ce point excédentaire  pour vitupérer sur les autres économies ?

 

De plus, les Français n’ont pas eu l’habitude de voir l’homme qu’ils ont élu se comporter avec une telle « brutalité » comme l’épingle le Daily Telegraph : une personnalité « pas réputée pour son tact » et « réputée pour sa brutalité »….

« Les Français ne se reconnaissent plus eux-mêmes ni ne reconnaissent leur pays » a écrit Jean-Marie Rouart dans son dernier ouvrage antérieur à ce funeste déjeuner , ouvrage qu'il a intitulé « cette opposition qui s’appelle la vie »!

mardi, 14 avril 2009

On ne peut pas être à la fois au four et au moulin.

Tel était un précepte de ma grand’mère, solide agricultrice de l’Orne, qui fustigeait toute tentation de se prétendre  en deux endroits à la fois.

 

Cette femme pleine de bon sens a dû inspirer sa petite fille qui approuve complètement le flot de protestations contre le cumul des mandats, exception bien française, totalement impensable aux Etats-Unis, et à peine permise chez nos voisins européens.

Et pourtant, alors qu’ils étaient 30 % sous la Troisième République à cumuler les fonctions de parlementaires et de maires, les élus de la Quatrième République cumulaient ces postes à 50 %, et en 2003, seuls 62 sénateurs sur 321 n’exerçaient que leur seul mandat (19%), comme 53 députés sur 577 (9%). Gageons qu’en 2009, le pourcentage ne s’est guère amélioré !

 

Il paraît qu’il s’agit d’une « pathologie civique française ».

Pour éradiquer le mal, ce n’est pas compliqué, il suffit d’une loi. Tous les citoyens, les medias sont d’accord. Le problème est qu’on n’a jamais vu des parlementaires se tirer une balle dans le pied, et que nos députés et sénateurs  ne vont pas se faire hara-kiri, et venir assez nombreux à l’Assemblée ou au Sénat pour décider d’eux-mêmes une limitation de leurs pouvoirs.

Ils fuient les couloirs pour des votes moins personnels.

Tous, de droite ou de gauche, pensent que pour exercer correctement leur mandat national, ils se doivent d’avoir une assise locale sous la forme d’un mandat.

Lorsqu’on leur rétorque qu’ils n’ont qu’à tenir leur permanence, ils vous regardent comme si vous aviez dit une insanité.

Alors, d’accord. Qu’ils gardent leur mandat local, mais qu’ils abandonnent les indemnités afférentes.

Ce serait beau et méritoire, et somme toute logique, d’exercer à titre BENEVOLE, ce second mandat. Voilà d’ailleurs une source d‘économies !

 

 

Voilà aussi une façon d’assainir les élections municipales et les assemblées des représentants d’intercommunalité.

« Une  tête, un mandat ». A ce moment là, il y aurait plus d’élu(e)s pour d’autres postes.

Car cette interdiction du cumul est la seule façon de renouveler le paysage politique français, et de passer au travers des magouilles des partis politiques qui verrouillent les investitures.

Les responsables seront bien obligés de faire appel à d’autres candidats, d’autres candidates, qui ne seront ni des alibis ni des potiches.

Pour faire une campagne électorale, surtout pour un scrutin uninominal, il faut avoir le courage d’aller chercher les électeurs un par un…

 

Aujourd’hui, Dominique Perben, ancien ministre, s’est exprimé dans ce sens, disant sur les ondes qu’un maire ne pouvait exercer son mandat correctement s’il devait répondre par ailleurs aux sollicitations du Parlement.

Je suis sure que les députés absents de l’Hémicycle jeudi dernier, auraient eu bien du mal à se trouver des excuses s’ils n’avaient endossé que leur seul mandat national.

 

On me dit que cet absentéisme constituait un prétexte, tellement leurs jeunes électeurs les avaient dissuadés de voter la fameuse loi Hadopi.

Raison de plus. Ils devraient alors faire preuve d’imagination pour trouver un autre faux-fuyant.

 

On me dit aussi qu’il conviendrait de les rémunérer sous la forme de jetons de présence.

Chiche !

Et que l’on commence dès maintenant à rémunérer les Conseillers de Paris en fonction de leur présence physique dans les commissions et lors des séances de Conseil, et que bien sûr, on interdise à tout conseiller de Paris de prévoir d’autres activités qui le mettraient hors circuit pendant plus de deux séances.

Mais je n’ai pas de souci à me faire. Les collègues qui m’ont fait suite s’amusent trop pendant les débats pour manquer ceux-ci et ils sont bien trop honnêtes pour déroger aux règles de l’assiduité, sous peine, comme sous l’Ancien Régime, de « perdre les privilèges de leur rang par l’exercice de certaines activités ».

 

 

vendredi, 10 avril 2009

Qu'est-ce qu'on se marre dans les hémicycles....

A l’Hôtel de Ville de Paris à droite le mardi, à l’Assemblée Nationale à gauche le jeudi.

 

Il faut dire qu’ils n’étaient guère plus nombreux dans l’une ou l’autre assemblée.

 

Le mardi, Alain Destrem, élu du 15ème arrondissement, que la presse a étiqueté « déconneur dans l’âme », s’esclaffait devant une photo de Ségolène Royal revêtue d’une tenue locale africaine. On le voit faire partager son hilarité au maire du 15ème, à la garde des Sceaux, à ses collègues élues qui n’ont pas l’habitude de se « lâcher », au secrétaire départemental UMP, bref à tout le gratin (très, très réduit) de l’UMP, essentiellement représenté par le 15ème arrondissement.

Il expliquera sa gaité à un journaliste en disant avoir retrouvé « sa femme de ménage » en la personne de l’ancienne candidate socialiste habillée de son boubou bleu. Propos racistes, misogynes ? à coup sûr scandaleux …Mais, Monsieur Destrem n’a jamais « fait dans la dentelle », si tant est qu’il ait fait quelque chose ….Et au conseil d’arrondissement, je l’ai plus souvent entendu manier l’invective, même à l’encontre des élus de son bord, que faire des propositions constructives. On dit qu’il a « retiré ses propos », ce qui ne l’a pas empêché de les nuancer en poursuivant que « tout ceci m’est apparu éloigné de l’image que l’on peut avoir d’une femme politique d’envergure »….

Si ces paroles ne desservaient le 15ème arrondissement (qu’il n’habite pas), le Conseil de Paris et la classe politique dans son ensemble, on pourrait le laisser au rôle de « bouffon » qu’il s’est donné, personnage dont «  la fonction était d’amuser  la cour des nobles », pour « chasser l’ennui des heures languissantes qu’ils étaient obligés de passer dans leurs châteaux » (Walter Scott) en l’occurrence l’Hôtel de Ville… Car telle est bien l’image de cette partie de l’hémicycle qui sur la video n’apparaît pas, et de loin, motivée par les débats et le sort de ses concitoyens.

 

Le jeudi suivant. Assemblée Nationale. 13 heures 15. La loi « Création et Internet » va être adoptée après avoir été votée puis visée par la commission mixte paritaire.

D’ailleurs, le président de la République a remercié ses troupes, le matin même, lors du petit –déjeuner de la majorité, et s’est félicité d’avoir mené à bien ce « texte majeur ».

Le Point, sorti hier jeudi, félicitera, lui, la ministre de la Culture pour l’adoption du texte….

Patatras, au moment de l’adoption de ce « texte majeur », il n’y a que 15 députés UMP présents dans l’Hémicycle pour voter favorablement, tandis que 21 autres votent contre le projet de loi.

C’est la quatrième fois sous la Vème République que pareil incident se produit, le dernier datant du 9 avril 1983 (projet de loi pour la démocratisation du service public).

Où étaient donc passés les 300 députés de la majorité? Terminaient-ils leur petit-déjeuner ? Les uns seraient restés dans leur bureau, les autres vaquaient à leurs occupations personnelles. Frédéric Lefebvre qui devait intervenir au nom du groupe était « parti déjeuner »

Beaucoup étaient mal à l’aise pour voter ce projet,  et avaient préféré continuer les débats à la buvette.

Et pendant ce temps, que croyez-vous que faisaient les députés de l’opposition ?

Ils se cachaient derrière les colonnes, sous les escaliers, ils étaient tapis quasiment en embuscade. Ils ont déboulé dans l'hémicycle au moment du vote et ont pris l'ennemi par surprise! 

Il faut voir leur explosion de joie lorsque le président de séance proclame le résultat du vote !

En fait, les internautes ont exercé une telle pression que s’il y avait eu un vote solennel, beaucoup de députés de la majorité se seraient abstenus. Bah, c’est ce qu’ils feront lorsque le texte leur sera de nouveau proposé. Car telle est notre démocratie : quand un texte est rejeté, il faut le remettre sur le métier jusqu’à son adoption.

 

Le dicton du jour : « A l’UMP, qui rit mardi, jeudi pleurera »

 

mardi, 07 avril 2009

Deux grands présidents se penchent sur les pays pauvres.

Comme on me dit obsessionnelle pour ne parler que des hommes politiques que j’admire et pour lesquels je serais prête à reprendre sur le champ mon bâton de pèlerin, je veux souligner aujourd’hui l’excellente intervention de Bill Clinton sur Europe 1.

Cet ancien président des Etats-Unis fait le tour du monde au nom de la « Clinton Foundation » afin de venir en aide aux malades du sida, de la malaria et de la pauvreté en Afrique.

Il souhaite mettre en place des systèmes de santé sur ce continent déshérité où les malades sont les plus nombreux et les médicaments trop chers pour eux.

Il aurait pu reprendre le mot: « les malades sont au Sud et les médicaments au Nord », phrase qui dénonçait le fossé entre les pays riches du Nord et les pays déshérités du Sud.

Il est aidé dans son parcours par Philippe Douste-Blazy, ancien ministre de la santé, actuellement secrétaire général adjoint des Nations Unies, en charge de UnitAid, association qui a pour but de trouver des financements innovants concernant ces trois fléaux. A ce sujet, il a mis en exergue la taxe sur les billets d’avion, voulue par Jacques Chirac  pour soutenir les mêmes causes.

Est-il normal que dans ces pays, chacun dépense pour sa santé 24 dollars, alors qu’en France, la dépense moyenne par habitant est de 4 000 dollars ?

Bill Clinton veut aussi augmenter la capacité des pays pauvres à se nourrir correctement et à gagner plus d’argent.Il est d’accord avec le président Lula qui pense que plus que le terrorisme, c’est la faim qui risque de déstabiliser le monde.

C’est très exactement ce qu’a dit Jacques Chirac dans la tribune de Libération du 1er avril dernier :  « Le piège se referme sur les pays pauvres. Ils sont importateurs de presque tout, exportateurs de presque rien ….Certains pays n’ont plus devant eux que quelques mois d’importation….La Banque mondiale estime que 44 millions de personnes sont menacés de malnutrition en raison de la crise et de la hausse des prix alimentaires. C’est un tragique retour en arrière….

Le risque de faillite approche pour beaucoup d’Etats. Ces faillites déstabiliseront encore plus un système mondial déjà fragile. Ne pas agir maintenant, c’est créer les conditions d’un désastre économique dans les pays les plus vulnérables. C’est laisser monter un terrible sentiment d’abandon et d’injustice, qui irrémédiablement viendra nourrir l’immigration de désespoir, les incompréhensions profondes, mais aussi la violence extrême à l’échelle planétaire ».

C’est très exactement le sens des propos de Bill Clinton.

Tous deux se félicitent de la tenue du G 20 qui « constitue un pas positif dans la bonne direction… Il faut maintenant s’assurer que les moyens qui ont été envisagés soient bien affectés à ce que l’on a prévu ».
Rien d’étonnant que le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon salue « la contribution à la paix et à la stabilité dans le monde » de notre ancien président.

lundi, 06 avril 2009

François fait tout comme Dominique...

Comme il est écrit dans Le Monde des 5 et 6 avril, « le président du MoDem dispute au PS le rôle de premier opposant à Nicolas Sarkozy ».

Mais voilà, il se sent un peu seul…

 

Alors, il veut faire connaître son désaccord avec le président de la République, et publie un livre à la fin du mois d’avril…

 

Alors, il brocarde la réintégration de la France dans le commandement intégré de l’OTAN, la jugeant inutile et aliénant notre devoir d’indépendance.

 

Et il regrette de ne pas avoir eu de contact avec Dominique de Villepin depuis deux ans : « je parlerai volontiers avec lui ». En voilà une bonne idée !

 

Les deux hommes vont pouvoir afficher leurs points communs : le Manifeste pour une cité des hommes écrit par Dominique de Villepin sortira le 11 avril en librairie.

 

Dominique de Villepin s’est produit dans les différents médias pour dénoncer la politique atlantiste de la France, encore que pour lui, l’OTAN ne réponde plus à sa vocation première qui était d’assurer la paix dans les pays de l’Atlantique Nord . C’est devenu « une organisation un peu fourre-tout, engagée dans une fuite en avant, sans décision claire…. qui agit un peu partout » (La Matinale de Canal+ du 6 avril).

 

Pour répondre à François Bayrou, l’ancien Premier Ministre juge « important que les hommes puissent se voir », surtout lorsqu’ils ont des convictions communes. Pour lui, le message essentiel est l’exigence de justice sociale, sans cette justice sociale, il n’y aura aucune solution aux problèmes qui agitent la France. Ce ne sont pas le code éthique du MEDEF ou le décret gouvernemental « tiède » qui vont apaiser les tensions sociales dans notre pays..
Il faut choisir les réformes les plus efficaces, les principes clairs qui rassemblent…

 

Le président du MoDem, de son côté,  pense que « depuis qu’il est élu, Nicolas Sarkozy conduit une politique d’inégalités ».

« Le jour où l’on voudra construire une politique différente en France, il faudra qu’acceptent de travailler ensemble des courants républicains différents, démocrates, socialistes, gaullistes ».

 

Bref, ce serait bien que François Bayrou rejoigne vite Dominique de Villepin !

 

jeudi, 02 avril 2009

Dominique de Villepin et son amour pour la France.

Malgré une actualité internationale et nationale féconde , entre les préparatifs du G20 et les « jacqueries » ouvrières qui fleurissent un peu partout en France, malgré la volonté du Président de la République et de son entourage de traiter la manifestation de non-évènement, le colloque de Dominique de Villepin, hier en fin d’après-midi, sur « La France et l’OTAN », a fait salle comble à l’Assemblée Nationale.

 

Il s’est bien défendu de vouloir faire parler le général de Gaulle et pourtant, lorsqu’il compare la France à une mère qui ouvre ses bras à l’Est mais aussi à l’Ouest, aux pays du Nord comme aux pays du Sud, on retrouve les accents du Général.

 « Mon dessein consiste donc à dégager la France, non pas de l’Alliance atlantique que j’entends maintenir, mais de l’intégration réalisée par l’OTAN sous commandement américain ; à nouer avec chacun des Etats du bloc de l’Est et, d’abord avec la Russie des relations visant à la détente et à la coopération ; à en faire autant le moment venu avec la Chine »…( Mémoires d’espoir).

De même lorsqu’il souligne le « rôle de la France au sein du monde ». Pour lui, le retour de la France dans le commandement intégré de l’OTAN est une « rupture avec l’héritage gaulliste », une « décision inopportune et dangereuse », une décision « à contretemps », « à contresens », « à contre-emploi ».

Les utopistes conviennent qu’il faut tenir «  le pari » du bien-fondé du retour de la France dans ce commandement intégré. Dominique de Villepin les avertit que « les enjeux sont lourds ».

« Dans la vie, vos actes vous suivent, chacun est comptable de ses actes… Et les Français auront leur mot à dire ».

 

Pendant 45 minutes, habité par ses convictions, le sens de l’intérêt général, son amour de la France, Dominique de Villepin a tenu l’assistance en haleine, suspendue à sa démonstration.

Il y avait du Victor Hugo dans cette salle éponyme avec son héros, sa grandeur, sa volonté de porter la France vers la lumière…

 

Quoi qu’en aient dit les médias, il n’a jamais prononcé le nom de Nicolas Sarkozy. Seules quelques fines allusions  à une politique de la chaise vide pas toujours cohérente de la part du Président de la République, ou des problèmes protocolaires concernant une place sur la photo ont fait rire la salle.

 

Dominique de Villepin voulait convaincre. Son tempérament est celui du rassembleur, ce qu’il se plait à dire depuis toujours. « Notre défi, c’est de réussir la réconciliation ».

Nous sommes bien loin des propos haineux qui « renvoient à un supplice que les nazis réservaient aux ennemis du IIIè Reich », les fameux « crocs de boucher »qu’aurait prononcés le chef de l’Etat (JC Maurice. Si vous le répétez, je démentirai).

Il me plaît plus de terminer par ces mots  de Dominique de Villepin dans Le Requin et la Mouette : « La France, puissance moyenne, nation comme les autres ? Non, mais puissance au service des peuples, puissance attendue, espérée et entendue, éprise des valeurs de tolérance, de démocratie et de paix. Puissance au service d’un universel qu’elle a défendu au fil des siècles par les armes et par les lois, et qui ne peut vivre aujourd’hui que de respect et d’échange »…..

 

 

Puisse cet amour pour la France conduire Dominique de Villepin à revenir très vite sur la scène politique

 

 

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