jeudi, 07 mai 2009
Il règne comme un parfum de déjà vu dans le monde médical
Comme en 1997, les médecins sont mécontents.
Libéraux et hospitaliers sont vent debout.
70% des médecins de ville ont voté en faveur de Nicolas Sarkozy en 2007.
70% pensent aujourd’hui que la politique de santé et de protection sociale menée par le chef de l’Etat et le gouvernement est mauvaise, selon Le Quotidien du Médecin du mercredi 6 mai.
Pour le Dr Michel Chassang, président de la CSMF : « On est aux antipodes de l’idée libérale défendue par le candidat en 2007…Les intentions du candidat étaient intéressantes et même bonnes, mais la ministre de la Santé a fait tout le contraire : on réforme mal l’hôpital et on massacre la médecine de ville ».
Le candidat avait promis de faire appliquer le tarif de la consultation à 23 euros le plus rapidement possible Il ne se disait pas hostile à des espaces de liberté tarifaires, il allait améliorer les conditions d’exercice de la médecine libérale et bannir tout recours à une maîtrise budgétaire et comptable des dépenses de santé….
En mai 2009, on assiste à une baisse de certains tarifs, une obligation d’établir un devis pour certains actes, dont les actes chirurgicaux, et la mise en place d’un « contrat d’amélioration des pratiques individuelles », le CAPI pour les initiés, qui marque la fin de la rémunération à l’acte.
Pour être honnête, ces régulations ne sont pas toutes mal venues. Mais pour être tout aussi honnête, les circonstances qui amènent à cette orientation étaient connues en 2007. Alors, à quoi ont été dues ces promesses ?
Ou à une méconnaissance des dossiers. Ce qui est grave.
Ou au brossage d’un miroir aux alouettes, selon le principe que « les promesses n’engagent que ceux qui les reçoivent », ce qui s’appelle tromper ses électeurs. Ce qui est encore plus grave…
Quant au secteur hospitalier, rien ne va plus.
Quelle idée de vouloir donner la responsabilité des établissements hospitaliers à des directeurs qui régiront la communauté médicale.
Méconnaissance ou provocation ?
Tout le monde sait combien le monde hospitalier soignant se méfie des autorités administratives qui n’obéissent pas aux mêmes critères éthiques. Et même si la gestion d’un hôpital est essentielle, la légitimité de celui-ci est de soigner, soigner bien et soigner tout le monde, du PDG à l’indigent. C’est ce qui fait honneur à la médecine française.
Et puis ce chamboulement incessant des gouvernances hospitalières donne le tournis. L’Hôpital a besoin de calme, de répit entre deux réformes. Mais non, il faut réformer, réformer, réformer…
Jamais une réforme médicale ne s’est faite sans les médecins….
Il faut se rappeler aussi que les médecins constituent des relais d’opinion redoutables lorsqu’ils décident de se rebeller.
Ils osent aujourd’hui faire le bilan des deux premières années de ce quinquennat. Et celui-ci est catastrophique. Difficile d’imaginer sans frémir ce que donneront les trois prochaines années.





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