lundi, 18 mai 2009

Une vraie réforme urgente : le financement de la protection sociale.

Les estimations du déficit de la Sécurité sociale étaient annoncées à 15 milliards, puis elles ont été revues à 18 milliards. C’était au début de l’année 2009, alors qu’on enregistrait pour l’année 2008 une faible croissance de 0,8%.

En fait, selon Le Quotidien du Médecin de ce jour, «  les statistiques de l’INSEE montrent que la situation du pays est  beaucoup plus dégradée que beaucoup l’escomptaient, puisque la France serait entrée en récession dès le deuxième trimestre 2008, c’est-à-dire il y a, au moins, un an. On se souvient que les précédentes estimations laissaient penser qu’elle n’avait commencé qu’à la fin de l’année dernière.

Ces nouvelles données sont extrêmement préoccupantes : ainsi, au premier trimestre de cette année, l’économie française aurait détruit autant d’emplois salariés que sur toute l’année 2008 : soit 130 000 ».

« L’annonce d’un PIB à moins 3% pourrait se traduire par une perte de 900 000 à 1 million d’emplois et à un manque de recettes considérable pour les comptes sociaux. Chaque point de croissance en moins correspond à une perte d’environ 2 milliards d’euros pour le régime général…. dont 900 millions pour la seule assurance-maladie ». Ces recettes proviennent des cotisations patronales, la CSG, des taxes diverses….

Pour le directeur de la caisse nationale d’assurance-maladie, le déficit de l’assurance-maladie pourrait atteindre 7,7 milliards d’euros en 2009 et progresser encore de 2 milliards en 2010…..Soit près de 10 milliards pour la seule branche maladie…

Pour l’ensemble du régime général, un spécialiste de la Sécurité sociale aurait même annoncé le chiffre de 40 milliards de déficit en 2010.

Voilà qui donne le tournis, sans compter le coût de l’indemnisation du chômage et les drames humains que génère la perte d’emploi.

Qui va payer ?

Régulièrement, il est procédé à des déremboursements : augmentation du Ticket modérateur, forfait hospitalier, déremboursement des médicaments dits de confort, participation forfaitaire des patients à certains actes de biologie ou de radiologie, franchises médicales…..

Comment tenter de stopper le cours des évènements sans prélever des impôts nouveaux ?

Il paraît que la situation pourrait être pire si la consommation des ménages n’était pas aussi soutenue !

 

Pour Dominique de Villepin, l’avenir de notre modèle de protection sociale est en danger.

« Nous n’échapperons pas à une grande réflexion sur le financement de notre protection sociale. Je propose que trois messages forts soient envoyés aux Français. D’abord en matière de justice sociale et pour une meilleure répartition des efforts, la contribution des plus aisés doit être accrue par un relèvement temporaire du bouclier fiscal. Une autre piste consisterait à augmenter de manière transitoire le taux de la plus haute tranche de l’impôt sur le revenu à 45%.

Ensuite en matière de retraites, nous disposons d’un outil, le Fonds de réserve des retraites. Renforçons-le en y apportant des participations non stratégiques de l’Etat et les revenus financiers qu’il perçoit au titre de sauvetage des banques. Ainsi, nous dirons à nos concitoyens que ce que nous avons fait pour les banques, nous pouvons le faire pour nos retraites……

Mais la France ne surmontera pas la crise seule dans la compétition multipolaire. C’est l’occasion de donner un second souffle à l’Europe »…. Et pourquoi ne pas chercher « ensemble des convergences en matière de fiscalité et de protection sociale ?

Choisissons l’initiative : un gouvernement concentré sur les enjeux économiques et sociaux de long terme, conscient de sa place en Europe et dans le monde, soucieux de la singularité forte de son modèle, qui est un atout dans une crise majeure. Ce sont là les clés pour sortir renforcés de ces épreuves ».

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