mardi, 26 mai 2009
Comment combler le trou de la Sécurité sociale.
On nous dit que le déficit de la Sécurité sociale se creuse tous les jours un peu plus, que les arrêts de maladie coûtent cher….mais voilà une idée qu’elle est bonne : faire travailler les salariés en congé de maladie ou de maternité.
C’est bien connu que les jeunes accouchées s’ennuient pendant qu’elles donnent le sein à leur progéniture et que le temps des six tétées pourrait être judicieusement optimisé devant un ordinateur : le bébé qui est accroché au mamelon de sa mère laisse à celle-ci l’utilisation de ses deux mains…
Rester 16 semaines à tourner en rond chez soi revient cher à la société.
Et puis, les mères ne doivent pas être asservies à leur rejeton. Si le bébé pleure, il n’y a qu’à le laisser crier bien enfermé dans sa chambre. Ainsi, le télétravail va satisfaire maman et employeur. Que faire d'autre? Tricoter n'est pas très lucratif. Elever son enfant, c'est ringard....
Non vraiment, ces congés de maternité constituent un luxe qu’il faut revoir à la baisse. La garde des Sceaux n’ a, d’ailleurs, interrompu ses activités que pendant 48 heures, et pourtant , elle, elle avait subi une césarienne…
C’est bien connu : les jeunes mères sont des paresseuses.
Quand aux malades, ils coûtent déjà assez cher, et puis sont-ils vraiment malades ? « dans un congé maladie, vous pouvez parfaitement être handicapé et maintenu à votre domicile sans pour autant avoir perdu ni vos facultés intellectuelles, ni votre énergie… sans compter le risque qu’à votre retour les choses aient été bouleversées dans l’entreprise »…ainsi s'exprime le porte-parole de l’UMP qui défend sa proposition de loi sur le télétravail des salariés en arrêt maladie.
Comment un élu du peuple peut-il manquer à ce point de respect pour notre modèle social, pour notre code du travail ?
J’ai honte pour ce député qui vient de proférer un tel mépris pour les femmes, pour les travailleurs, pour les médecins qui bien sûr signent à tour de bras des arrêts de maladie de complaisance.
Quel méchant virus a-t-il pu lui troubler les sens à ce point ?
N’est-ce pas lui qui faisait de brillants diagnostics concernant la santé mentale d’une élue de l’opposition ?
Par ailleurs, ignore-t-il que les malades mentaux ou les personnes en état de handicap participent déjà par leur travail à l’économie de la France dans des Centres d’Aide par le Travail… ?
Heureusement, la soirée s’est terminée de façon plus intelligente et plus constructive avec l’excellente émission de Patrick Poivre d’Arvor qui justement posait la question : « la santé peut-elle être rentable ? » à des personnalités de différents pays européens.
Celles-ci ont reconnu que la santé n’est pas un bien de consommation banale, que les stratégies économiques qui la soutiennent doivent être définies en permanence, que les mêmes problèmes se posent dans les différents Etats membres.
Mais pour répondre à des besoins identiques, il semble que la France avec la loi HPST aille à contre-courant des autres pays …





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