samedi, 30 mai 2009
L'enthousiasme qui manque à la campagne européenne
L’enthousiasme qui manque à la campagne européenne, c'est chez un homme d’Etat qui n’est pas candidat que nous le trouvons.
Pour lui, « l’Europe est l’avenir du monde »
Après une analyse de bon sens, ses propositions ne manquent pas de faire vibrer tout un chacun, quelles que soient ses positions envers l’Europe.
« Les Européens doutent de son efficacité parce qu’elle est divisée et corsetée de procédures complexes et opaques. Ils doutent de sa légitimité quand des approches techniciennes et souvent dogmatiques dominent au sein de ses institutions. Ils doutent même de son identité lorsqu’ils se tournent vers le passé pour y chercher des racines univoques ou des remparts naturels".
Après la chute du mur de Berlin, « l’adhésion des pays d’Europe de l’Est s’est nourrie de malentendus, devenus avec le temps des facteurs de division …la fin de la menace soviétique n’a pas été exploitée pour refonder la relation transatlantique, ni repenser le lien avec la Russie »…
« Les défis auxquels la construction européenne se trouve confrontée ont changé de nature. Essentiellement intérieurs du temps de la réconciliation, de la reconstruction et du marché unique, ils sont désormais surtout extérieurs. Or, il faut prendre l’initiative pour peser sur une mondialisation qui recompose les puissances… mais ne les efface pas ».
« Nous vivons la fin d’un âge. Orpheline de son état, l’Europe doit être refondée, car elle reste une idée neuve ».
L’orateur parle de « l’audace de la vision gaullienne » dans l’exigence de l’indépendance, mais aussi des « valeurs humanistes qui demeurent le ciment de l’Union et le socle de cette Europe-modèle ».
Il pense que « la construction politique européenne est faite de volontarisme », et que pour « retrouver l’effet d’entraînement d’un moteur,…. la France pourrait donner l’exemple avec l’Allemagne en mettant en œuvre, comme il l'a proposé en 2003, une Union d’Etats assurant un rapprochement fiscal et social ainsi que la convergence concrète et durable de politiques nationales dans les domaines d’avenir : l’énergie….l’environnement, l’éducation ou l’innovation ».
« En matière industrielle, Paris et Berlin devraient relancer de grands programmes industriels. Galileo doit être suivi d’autres programmes dans le domaine des infrastructures, des énergies renouvelables ou de l’aéronautique ».
Pour lui, « l’Europe, et plus particulièrement la France, incarne un modèle social, un « capitalisme à visage humain » au point d’équilibre entre la liberté d’entreprendre et la justice sociale… Renouvelons en profondeur la logique des fonds structurels pour faire de l’Europe un acteur stratégique de la redistribution entre riches et pauvres, en faveur à la fois de secteurs industriels en difficulté et de populations fragiles, via un plan européen pour l’emploi des jeunes, par exemple ».
Il souhaite « la création d’une Autorité de contrôle des établissements financiers, .. une Agence de l’innovation articulée autour de grandes filières prioritaires ».
« Une Europe de la protection doit également émerger à travers de la constitution de véritables services publics européens, une convergence des politiques sociales et la recherche de minima sociaux ».
« Il faut inventer une sécurité européenne indépendante, grâce en particulier à un état-major autonome, une Agence de défense dédiée à des grands programmes européens et une force de projection rapide ».
Il prône « l’approfondissement de l’Union pour la Méditerranée, crucial pour la gestion des flux migratoires, la maîtrise du risque terroriste et l’approvisionnement énergétique. L’histoire ne sera écrite en grand que par le partage de la paix et le dialogue des cultures ».
« Antidote à la mondialisation subie, l’Europe choisie doit trouver un second souffle pour construire un nouveau demi-siècle de progrès et de paix ».
Ainsi s’exprime Dominique de Villepin dans une chronique du Monde (édition du 31 mai 2009), lucide dans l’analyse des difficultés traversées par l’Europe, fidèle aux valeurs qui ont fait la grandeur de la France, enthousiaste pour la défense de la paix dans le monde.
Si l’Europe est l’avenir du monde, Dominique de Villepin est bien l’avenir de la France.





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