dimanche, 21 juin 2009
La France et l'Afrique
« L’Afrique sans la France, c’est une voiture sans chauffeur, la France sans l’Afrique, c’est une voiture sans carburant »…
avait dit Omar Bongo en 1996, lorsque les relations entre la France et l'Afrique étaient au zénith.
Il est très malsain, aujourd'hui, de vouloir juger ce qui fut la Françafrique à l’aune de nos connaissances actuelles, de l’évolution de l’histoire et de l’état du monde en 2009.
Entre la France et l’Afrique, de solides liens se sont noués, pas tous dictés par l’intérêt, même si ces liens parfois se sont montrés plus serrés avec les pays riches en matières premières….La France aime l’Afrique, et les Africains aiment la France, au point d’avoir donné leur vie pour la défendre lors de la seconde guerre mondiale.
Une certitude cependant s’impose: les temps ont changé, les mentalités ont évolué et les pratiques se sont normalisées, moralisées si on veut employer un langage plus convenu.
Par ailleurs, ce serait faire preuve d’arrogance de vouloir imposer aux Africains notre mode de vie et de pensée, pas toujours plus recommandable.
Nous devons au contraire comme le dit le président Chirac, d’ailleurs fort applaudi à son arrivée à Libreville lors des obsèques d’Omar Bongo : « L’homme africain est entré dans l’Histoire. Il y est même entré le premier. On ne peut avoir à son égard que du respect, le respect que l’on a pour un ancêtre commun ».
Plus que jamais, nous devons appeler au dialogue des cultures et optimiser nos relations avec nos amis africains. Il y va de notre politique économique et commerciale, de nos problèmes d’immigration et de sécurité.
Au-delà de notre aide classique de remise de la dette des pays africains, nous ne pouvons, entre autre, que soutenir l’action positive de la taxe « Chirac » sur les billets d’avion qui fait recette.
Selon Le Figaro, « le prélèvement de quelques euros par billet a rapporté 300 millions de dollars en 2008 destinés à l’achat de médicaments contre le sida, le paludisme ou la tuberculose ». Et pourtant, ne fut-il pas ô combien moqué, ce prélèvement reversé à Unitaid, organisation internationale spécialisée dans l’achat de médicaments permettant de lutter contre ces trois fléaux identifiés par Jacques Chirac dans les pays en développement…
Il faut éviter que l'Afrique, objet de bien des convoitises, ne se laisse séduire dans un nouveau monde partagé entre deux pôles : celui hyper-endetté des Etats-Unis, et celui de la Chine, le premier artisan mondial, celui qui engrange les actifs.
Les Gabonais, hélas, ne semblent pas devoir hésiter lorsqu’ils disent, à l’heure d’un recueillement pourtant légitime : « On veut les Chinois » !
La France a toujours bénéficié de relations privilégiées avec les pays africains. Elle doit aujourd'hui tout faire pour les consolider, notamment grâce à sa position au sein de l’Europe.





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