mardi, 07 juillet 2009
Mais que va-t-il faire dans cette galère?
Je sais bien qu’Alain Juppé se dit toujours « habité » par l’action et « qu’il y a mille façons d’agir, bien des charges à exercer, tant de services à rendre », comme il l’écrit dans son dernier ouvrage.
En acceptant de présider la commission de réflexion sur le futur grand emprunt national avec Michel Rocard, Alain Juppé fait figure de caution à un projet présidentiel dont les Français ne comprennent pas l’opportunité.
On ne connaît rien de la forme et des objectifs de cet emprunt, rien de son montant ( 80 à 100 milliards), de sa durée et de sa rémunération. Ce que les Français comprennent c’est que « les caisses sont vides », c’est d’ailleurs le président qui l’a annoncé, et au tout début de ce qu’il est convenu d’appeler la crise.
Comme le dit Philippe Séguin : La crise « explique une part seulement de la dégradation » des finances publiques « débutée avant la crise ».
« Il faut distinguer la crise de la maladie chronique dont souffrent nos finances publiques » et qui est constituée du poids élevé de la dépense publique.
La France ne respecte plus ses engagements européens. Foin de Maastricht …
Il lui faut trouver de l’argent…
Et pourtant, l’Etat emprunte tous les jours sur les marchés financiers pour financer son déficit. Mais à la différence de ces emprunts journaliers, l’emprunt, comme le dit Laurence Boone des Echos, s'inscrirait dans le cadre du « bon déficit » pour financer l’avenir et l’investissement sous toutes ces formes.
Hélas, continue-t-elle, " tous les grands emprunts se sont essentiellement inscrits dans la lignée des dépenses ordinaires et ont gonflé la dette de façon spectaculaire: la dette est passée de moins de 40% du PIB en 1992 à plus de 59% en 1996, autour de l’emprunt Balladur de 1993", alors qu’un certain Nicolas Sarkozy était ministre du Budget.
Les journalistes n’hésitent pas à voir en Alain Juppé le grand perdant de cette mission : « il y a deux mois, on le présentait comme le nouveau poids lourd du gouvernement. Aujourd’hui, le voilà réduit à un rôle d’expert style Jacques Attali ».
A ce propos, où en sont les 200 ( ?) propositions de ce rapport qui devaient être toutes adoptées dans leur ensemble ?
Michel Rocard a trahi le fond de sa pensée quand il a parlé du « malheureux Alain »...





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