mercredi, 08 juillet 2009
Les femmes ne sont pas à la noce.
D’après le rapport sur l’égalité professionnelle remis aujourd’hui au nouveau ministre du travail, Xavier Darcos, par Brigitte Grésy, « les inégalités hommes-femmes persistent dans le monde du travail » (Le Monde du 9 juillet 2009).
Depuis les années 1960, les femmes ont massivement investi le monde du travail : aujourd’hui, plus de 80% des femmes âgées de 25 à 49 ans ont une activité professionnelle.
« La norme n’est plus celle de la femme au foyer ». Mais bien que les femmes soient aujourd’hui mieux formées que les hommes, les inégalités professionnelles sont toujours au rendez-vous. ….Elles sont plus touchées par le chômage (8,3% contre 7,3% pour les hommes) et sont surreprésentées parmi les emplois non qualifiés.
Elles forment surtout les gros bataillons du travail partiel, et donc des bas salaires : 83% de ces salariés employés à taux réduit sont des femmes.
Par ailleurs, ce rapport dénonce « l’invisibilité » des femmes dans les instances dirigeantes.
Pour Brigitte Grésy, « il faut casser une logique de recrutement quasi exclusivement masculine qui ne varie pas au cours du temps ». A tel point que « l’idée d’un quota de femmes à la tête des entreprises progresse ». La députée Marie-Jo Zimmermann avait d’ailleurs fait adopter un amendement à la révision constitutionnelle de 2008 favorisant « l’égal accès des femmes et des hommes aux responsabilités professionnelles et sociales ».
Toutes ces propositions s’inspirent de la parité politique inscrite dans la Constitution en 1999.
Certes, la représentation féminine s’est trouvée améliorée par cette obligation « d’égal accès des femmes et des hommes aux mandats et fonctions ».
Mais les mentalités ont la vie dure.
Si le premier gouvernement de François Fillon respectait une parité parfaite, dans le gouvernement remanié de la semaine dernière, celle-ci n’obéit plus aux mêmes critères qualitatifs : aux hommes les ministères, aux femmes les secrétariats d’Etat.
De même pour les élections européennes. Si l’UMP avait été exemplaire en 2004 en présentant autant de femmes que d’hommes têtes de liste dans les huit grandes circonscriptions, les femmes n’étaient plus que deux lors du dernier scrutin.
Et même dans le monde hospitalo-universitaire, les « mandarines » se font rares, non pas par manque de compétence, mais par manque de reconnaissance officielle, puisque ces mêmes fonctions leur sont confiées de fait. De sournois réflexes d’exclusion persistent…
Les femmes travaillent, mais leur accès aux postes de responsabilité leur est sévèrement mesuré.
Par ailleurs, notre société évolue, les familles éclatent. Près de 2 millions de familles sont composées d’un seul adulte qui vit sans conjoint avec un ou plusieurs enfants de moins de 25 ans dans un même logement. Auparavant, ces familles monoparentales étaient la conséquence du décès d’un parent. Aujourd’hui, elles sont le fruit d’une séparation du couple.
Dans 85% des cas, il s’agit d’une mère et de ses enfants.
Les femmes travaillent, et elles élèvent seules leurs enfants.
On pourrait penser que la société reconnaissante envers ces mères de famille méritantes va favoriser leurs liens familiaux en respectant le temps qu’elles consacrent à leurs enfants. Eh bien non, on va les faire travailler le dimanche.
Il est bien connu que le travail le dimanche est un puissant moteur de désorganisations des équilibres de vie.
Qui va garder les enfants ? Va-t-on dédier des crèches à ces enfants ?
Quels moments de temps libre mère et enfants vont-ils avoir en commun pour les loisirs, les rencontres familiales, pour tout ce qui fait la vie de famille ?
On ne peut pas à la fois critiquer la démission des parents vis-à-vis de leurs enfants et désorganiser ainsi la famille, la plus petite cellule de la société, mais aussi la plus sûre.
Ce sont toujours les plus faibles qui pâtissent des injustices sociales. Quand ce ne sont pas les femmes, ce sont les enfants…





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