mercredi, 05 août 2009

Convictions et pragmatisme

Je ne parlerai pas de Gérard d’Aboville, si peu prophète en son pays d’adoption , le 15ème arrondissement, qu’il faut feuilleter Sud-Ouest pour entendre parler de lui dans la rubrique des « empreintes dans les pieds de marins ».

L’article mentionne sa traversée à la rame de Tokyo à Portland en 1991, à la suite de laquelle il annonce qu’une « chose est sure, je ne repartirai pas sur cette galère ». Le journaliste le traite de « parjure » car, onze ans plus tard, il s’attaque au Pacifique Nord….

 

En 2008, si l’on se réfère à l’excellent article de Bénédicte Charles dans Marianne2.fr , « dans le 15ème, c’est le retour de Koh Lanta » (d’actualité d’ailleurs, mais sur les ondes, à partir du 28 août2009 !), le meilleur ennemi  de Gérard d’Aboville est Philippe Goujon , « apparatchik d’entre les apparatchiks ». Mais, fier de ses 10,11% gagnés grâce à l’équipe municipale précédente qui constitue sa liste et la légitimise, et après avoir juré ses grands dieux que « sa »liste se maintenait au second tour, en catimini il allait faire allégeance à son adversaire et sauvait sa peau. Ouf ! Son mandat au Conseil économique et social devait prendre fin en octobre 2009…. Ouf  encore, celui-ci est prorogé jusqu’en 2010, moment où il partira faire le tour du monde pendant six mois avec son bateau prototype suisse. Notre parfait honnête homme (au sens du XVè …siècle pas arrondissement) ne sait d’ailleurs comment se mettre en disponibilité de son mandat de conseiller de Paris. Il paraît qu’il ne trouve pas correct d’en  percevoir les indemnités alors qu’il ne pourra siéger ni à l’Hôtel de Ville, ni à la Mairie du 15è. Il compte sur la validité de ses votes par vidéoconférence…

Il a senti d’où venait le vent…

C’est aussi efficace en mer qu’en politique…

 

Je voudrais plutôt  parler de l’unique député européen de son parti qui se sent bien seul, et financièrement éloigné de la manne publique du fait de la faiblesse de ses scores : Philippe de Villiers. Nonobstant ses invectives antérieures il se rapproche de Nicolas Sarkozy et va intégrer le comité de liaison de la majorité présidentielle.

Oubliés le « lapin tambour Duracell », l’alliance de « la com et la came » de l’université d’été UMP de 2006, « la société de l’eugénisme »…oublié le Président qui « a encore moins de pouvoir que René Coty ». Il est vrai qu’avec Philippe de Villiers qui se rend, toute honte bue,  à Canossa, Nicolas Sarkozy va sentir son pouvoir décuplé…

Là encore, cet initiateur du Vendée Globe cherche le vent….

 

Il n’y en a qu’un qui reste « nec varietur » et ne change pas d’avis face à celui qu'il considère comme son seul adversaire.

Il a bien cherché à l’éliminer, mais celui en qui il voit un rival est fort, intelligent, cultivé, subtil. Nicolas Sarkozy, car il s’agit bien de lui, ne pourra pas longtemps se prévaloir de sa supériorité de magistrat suprême contre ce citoyen... non encore élu.

De plus, il a avoué sa faiblesse lors du dernier Conseil des ministres en affabulant.

« Monsieur de Villepin me vomit dessus toute la journée »….obsédé qu’il est par ce brillant ancien Premier ministre, car il s’agit bien de  Dominique de Villepin dont l’image continue à le hanter de façon incoercible.

Et pourtant, lorsque Dominique de Villepin trouve  l’action du Président de la République efficace, il le dit. Lorsqu’il ne l’approuve pas, il le dit.

De plus, la riche expérience de celui-ci lui permet, plus qu’à quiconque de s’exprimer sur les sujets les plus délicats.

La liberté d’expression a-t-elle été enterrée la nuit du 4 août ?

Mais une chose est sûre, en ce qui concerne Dominique de Villepin, Nicolas Sarkozy fait passer son obsession avant le pragmatisme que devrait lui dicter le seul intérêt de la France.

Trackbacks

Voici l'URL pour faire un trackback sur cette note : http://cecilerenson15eme.hautetfort.com/trackback/2316014

Ecrire un commentaire

NB : Les commentaires de ce blog sont modérés.