samedi, 29 août 2009

41 pendant 3 heures!

Non, il ne s’agit pas d’un pic thermique dû au premier assaut de la grippe A .

 

Il s’agit du nombre de membres du gouvernement plus fort que l’Académie française ou qu’Ali Baba.

 

Il n’est plus besoin de Secrétaire général à l’Elysée pour annoncer la bonne nouvelle des nominations, un clic sur internet suffit.

 

Ainsi pendant trois heures, la France s’est vu octroyer trois nouveaux secrétaires d’Etat.

 

Ouf, on avait casé le soldat Lefebvre, gagné les régionales de Corse en débauchant un radical de gauche Paul Giacobbi, et pour faire bonne mesure, ou pour le remercier d’avoir défendu avec autant d’ardeur la loi Mallié et le travail dominical, trouvé un chaperon en la personne d’Axel Poniatowski.

 

Le Président tenait ainsi sa parole, créant  « la surprise » annoncée et continuant  «  l’ouverture vers la gauche » après l’avoir faite vers les sarkozystes comme l’avait réclamé en en son temps l’actuel ministre du plan de la Relance.

 

On dit que les champs de compétence posaient cependant quelques problèmes de définition.

 

On dit aussi que le Président qui avait promis la stricte parité homme-femme venait de s’apercevoir qu’il n’y avait toujours que QUATRE femmes ministres sur les 18, et qu’il se demandait quels hommes il devrait remplacer pour respecter son engagement  de candidat….

 

Bref, tout devenait trop compliqué.  A la trappe, le remaniement.

 

Hélas, l’Hôtel de Matignon, toujours le dernier informé, avait pris pour argent comptant (sans intérêts) les décisions du chef, et son service de communication soucieux d’une efficacité qui ne manquerait pas d’être reconnue par le sus-dit,  a publié la composition du nouveau gouvernement.

 

Trois heures plus tard, les nominés étaient renvoyés à leurs triste condition antérieure. Et le lampiste de Matignon accusé d’une faute impardonnable.

 

C’est peut-être ça la rupture : un mouvement accéléré de l’histoire !

vendredi, 28 août 2009

Gouverner, c'est prévoir.

Emile de Girardin afficherait-il la même certitude 150 ans plus tard ?

Et s’il a raison, ce sont 18 983 183 Français qui sont bernés, eux  qui ont fait confiance au Président qu’ils venaient d’élire parce qu’il leur promettait une vie meilleure. S’il soutenait qu’ensemble tout devenait possible, dont la rupture avec toute la politique précédente, il devait avoir préparé, analysé mieux que ses prédécesseurs la façon de  travailler plus pour gagner plus, le pouvoir d’achat qu’il faudrait aller chercher avec les dents, une justice indépendante, une allocation familiale versée dès le premier enfant, une école à l’abri des conflits, la réhabilitation de l’autorité de l’état et de celle des patrons qui devaient « accepter de remettre en cause certaines pratiques choquantes et déraisonnables » (Perpignan. 23-02-2007), sans compter sur un gouvernement restreint exemplaire dans sa composition paritaire homme–femme. « Je constituerai un gouvernement de 15 ministres et pas un de plus » (TF1.25-04-2007).

 

Aujourd’hui, et alors qu’on attend la nomination d’un secrétaire d’Etat qui exprimait son désarroi sur les ondes il y a 48 heures, en se lamentant de la perte de son mandat de député déjà attribué par complaisance…aujourd’hui, 18 ministres se pressent autour de la table du Conseil, et les quatre secrétaires d’Etat se sont multipliés, puisqu’on en compte 19, sans parler du haut commissaire à la jeunesse, soit 38 membres d’un gouvernement « restreint. ». Que serait-ce s’il ne l’était pas ?

Comment alors qualifier le gouvernement de Dominique de Villepin ?

Etait-il famélique  avec sa composition de 30 membres dont  16 ministres et 14 ministres délégués ?

Et pourtant, il s’est montré efficace. Faut-il rappeler les chiffres du chômage, les plus bas en 25 ans : 2 053 710 demandeurs d’emploi en France métropolitaine en décembre 2007, 2 535 200 fin juillet 2009, et quelque chose me dit que la courbe n’est pas près de s’infléchir….

 

Il en va de la promesse du travail comme de celle de l’effectif réduit du gouvernement  pour « mettre fin à l’impuissance publique »…

Parlons donc de la puissance publique et de la réhabilitation de l’autorité de l’Etat…

Quelles conclusions tirer lorsqu’on assiste au cas inédit d’un préfet, certes suspendu, qui s’estime victime d’une cabale montée par l’actuel ministre de l’Intérieur, alors ministre de l’Intégration , « pour se refaire à bon compte une virginité de parfait antiraciste ».

Quel est ce système dans lequel le représentant de l’Etat dans un département s’en prend de manière aussi virulente à son ministre de tutelle ?

 

Il y aurait bien d’autres engagements pris par le candidat qui ne sont pas tenus par le Président Mais ces manquements seraient le fait de malencontreux aléas indépendants de sa volonté.

 

Comme sur l’Egypte de l’Ancien Testament, les plaies se succèdent sur notre « cher et vieux pays » : la crise, le déficit, la dette publique, la conjoncture internationale, le déficit de la Sécurité sociale…

Mais rien de tout cela n’était-il pas prévisible ? Il me semble même avoir entendu le candidat président conseiller d’imiter les pratiques américaines et vanter les emprunts hypothécaires à taux variable, les fameux subprimes… dont les risques étaient dénoncés d’ailleurs dès la fin 2006….

 

J’allais oublier la grippe A qui révèle un cafouillage étonnant et pour tout dire peu rassurant : chaque ministre concerné pour l’heure y va de ses mesures spécifiques, chacun prévoyant et anticipant ses maléfices, l’un fermant les  classes dès que trois élèves seront atteints (en même temps ? et pourquoi trois ?), l’autre gardant ses fonctionnaires au chaud si leur présence n’est pas indispensable (ne l'est-elle pas pour tous ?), la dernière vaccinant à tout va (qui vaccinera ?), on peut dire que dans ce domaine « trop gouverner est le plus grand danger des gouvernements » (Mirabeau).

 

Qu’adviendra-t-il lorsque leurs 35 collègues s’exprimeront sur le sujet ?… à suivre

 

lundi, 10 août 2009

Pauvre Clotilde Reiss

Malgré les injonctions réitérées du ministère des Affaires étrangères qui « exige sa libération immédiate », cette malheureuse jeune femme a bien du souci à se faire, car on peut penser qu’elle paie les propos excessifs du maître du Quai d’Orsay lorsqu’il annonçait à l’égard de l’Iran en septembre 2007, que le monde « doit se préparer au pire » et « le pire, c’est la guerre ».

 

Bernard Kouchner est un va-t-en guerre. Curieux pour un ministre en charge de la Diplomatie.

N’était-il pas favorable à la guerre contre l’Irak, même si, plus tard, interrogé par Laurent Ruquier, il n’a pas hésité à revenir sur ses propos, mal interprétés, paraît-il?

Il n’hésitait pas plus d’ailleurs à se dire aussi éloigné de Nicolas Sarkozy que du PS, puisque que « depuis 40 ans, il milite dans ce parti de gauche ».

Admirons au passage cette « tectonique des sentiments », puisqu’il se trouvre désormais toutes les semaines, lors du Conseil des ministres au milieu de personnalités dont il a combattu les idées(pour la plupart d’entre elles) et que le PS l’a exclu.

Admirons aussi ce grand donneur de leçon qui n’a jamais souhaité se présenter devant les électeurs….

Il n’y a donc pas que chez les gaullistes qu’on peut envisager l’exercice de hautes fonctions sans être élu !

Ce doit être le seul point de ressemblance avec son grand , remarquable et remarqué prédécesseur au Quai d’Orsay.

Dominique de Villepin devrait l’inspirer. Et il lui serait profitable de l’imiter. Car Rue89, dans un article d’août 2008, décrit Bernard Kouchner « colérique et imprévisible » notamment envers une journaliste expérimentée du Monde, qui ne craint  pas de recadrer les propos du ministre, ou de l’interroger sur « le risque de conflit d’intérêts »  qui pourraient découler de la nomination de sa compagne Christine Ockrent à la tête de la nouvelle holding « chapeautant l’audiovisuel extérieur ». Cette malheureuse Nadine Nougayrède s’est ainsi vue expulsée manu militari de la Conférence des ambassadeurs entre deux policiers en civil.

Si tout cela relève de la diplomatie, il s’agit d’une réelle rupture dans notre diplomatie.

 

Ce monsieur Kouchner est-il donc bien capable de discussions toutes en finesse avec les Iraniens ?

A mon avis, ceux-ci n’ont pas beaucoup de considération pour les Mr Prudhomme qui agitent leur sabre de bois.

 

On pourrait peut-être conseiller au bon docteur de retourner à sa vocation première de gastro-entérologue : entre les couleuvres qu’il a dû avaler et tous les surplus de riz transportés sinon ingurgités, il a certainement expérimenté des médicaments qu’il pourrait prescrire à ses collègues…

 

Heureusement il n’est que l’exécutant du Président de la république qui décide de tout. Il reste cependant les « bourdes »… et les bourdes , c’est Clotilde Reiss qui les paie.

 

mercredi, 05 août 2009

Convictions et pragmatisme

Je ne parlerai pas de Gérard d’Aboville, si peu prophète en son pays d’adoption , le 15ème arrondissement, qu’il faut feuilleter Sud-Ouest pour entendre parler de lui dans la rubrique des « empreintes dans les pieds de marins ».

L’article mentionne sa traversée à la rame de Tokyo à Portland en 1991, à la suite de laquelle il annonce qu’une « chose est sure, je ne repartirai pas sur cette galère ». Le journaliste le traite de « parjure » car, onze ans plus tard, il s’attaque au Pacifique Nord….

 

En 2008, si l’on se réfère à l’excellent article de Bénédicte Charles dans Marianne2.fr , « dans le 15ème, c’est le retour de Koh Lanta » (d’actualité d’ailleurs, mais sur les ondes, à partir du 28 août2009 !), le meilleur ennemi  de Gérard d’Aboville est Philippe Goujon , « apparatchik d’entre les apparatchiks ». Mais, fier de ses 10,11% gagnés grâce à l’équipe municipale précédente qui constitue sa liste et la légitimise, et après avoir juré ses grands dieux que « sa »liste se maintenait au second tour, en catimini il allait faire allégeance à son adversaire et sauvait sa peau. Ouf ! Son mandat au Conseil économique et social devait prendre fin en octobre 2009…. Ouf  encore, celui-ci est prorogé jusqu’en 2010, moment où il partira faire le tour du monde pendant six mois avec son bateau prototype suisse. Notre parfait honnête homme (au sens du XVè …siècle pas arrondissement) ne sait d’ailleurs comment se mettre en disponibilité de son mandat de conseiller de Paris. Il paraît qu’il ne trouve pas correct d’en  percevoir les indemnités alors qu’il ne pourra siéger ni à l’Hôtel de Ville, ni à la Mairie du 15è. Il compte sur la validité de ses votes par vidéoconférence…

Il a senti d’où venait le vent…

C’est aussi efficace en mer qu’en politique…

 

Je voudrais plutôt  parler de l’unique député européen de son parti qui se sent bien seul, et financièrement éloigné de la manne publique du fait de la faiblesse de ses scores : Philippe de Villiers. Nonobstant ses invectives antérieures il se rapproche de Nicolas Sarkozy et va intégrer le comité de liaison de la majorité présidentielle.

Oubliés le « lapin tambour Duracell », l’alliance de « la com et la came » de l’université d’été UMP de 2006, « la société de l’eugénisme »…oublié le Président qui « a encore moins de pouvoir que René Coty ». Il est vrai qu’avec Philippe de Villiers qui se rend, toute honte bue,  à Canossa, Nicolas Sarkozy va sentir son pouvoir décuplé…

Là encore, cet initiateur du Vendée Globe cherche le vent….

 

Il n’y en a qu’un qui reste « nec varietur » et ne change pas d’avis face à celui qu'il considère comme son seul adversaire.

Il a bien cherché à l’éliminer, mais celui en qui il voit un rival est fort, intelligent, cultivé, subtil. Nicolas Sarkozy, car il s’agit bien de lui, ne pourra pas longtemps se prévaloir de sa supériorité de magistrat suprême contre ce citoyen... non encore élu.

De plus, il a avoué sa faiblesse lors du dernier Conseil des ministres en affabulant.

« Monsieur de Villepin me vomit dessus toute la journée »….obsédé qu’il est par ce brillant ancien Premier ministre, car il s’agit bien de  Dominique de Villepin dont l’image continue à le hanter de façon incoercible.

Et pourtant, lorsque Dominique de Villepin trouve  l’action du Président de la République efficace, il le dit. Lorsqu’il ne l’approuve pas, il le dit.

De plus, la riche expérience de celui-ci lui permet, plus qu’à quiconque de s’exprimer sur les sujets les plus délicats.

La liberté d’expression a-t-elle été enterrée la nuit du 4 août ?

Mais une chose est sûre, en ce qui concerne Dominique de Villepin, Nicolas Sarkozy fait passer son obsession avant le pragmatisme que devrait lui dicter le seul intérêt de la France.

lundi, 03 août 2009

Dans la série: "qu'est-il allé faire dans cette galère?" (suite)

Il s’agit aujourd’hui de Bruno Le Maire, actuellement ministre de l’Alimentation de l’Agriculture et de la Pêche et auparavant secrétaire d’Etat aux Affaires européennes.

 

De l’avis de tous, et en particulier de celui d’Alain Lamassoure, député européen, cet homme possède « l’expérience de la conduite des affaires publiques et la richesse d’une formation pluridisciplinaire ». Il faut dire qu’il fut à bonne école dans le gouvernement de Dominique de Villepin, Premier ministre.

 

Il paraît que le président Sarkozy était tout emoustillé d’avoir ferré une « bonne prise » dans le vivier des villepinistes.

 

Cette prise était-elle si difficile ? Ils sont rares ceux qui savent résister à un maroquin , d’autant que dans son dernier livre « Des Hommes d’Etat », notre ministre ne se montre pas très amène avec son mentor.

 

Mais aujourd’hui, le voilà pris dans un beau guêpier. Et pourtant, il connaissait le problème soulevé par la commission de Bruxelles le 28 janvier dernier demandant aux agriculteurs français de rembourser 338 millions d’aides indues agrémentés de 150 millions d’intérêts.

Cette affaire est particulièrement périlleuse, à l’heure où l’agriculture française souffre de la concurrence espagnole et portugaise, alors que les pêcheurs sont en colère depuis la flambée des prix du pétrole et que Nicolas Sarkozy leur a promis la mise en place d’un mécanisme de compensation qui indispose la Commission, sans oublier les producteurs de Cognac qui voient, eux aussi,  leurs aides contestées.

D’ailleurs, bon nombre de producteurs ont cessé leur activité d’une façon ou d’une autre. Les uns sont décédés, les autres ont mis la clé sous leur paillasson…. Situation somme toute kafkaïenne. Par bonheur, notre ministre qui avoue une passion pour ce grand écrivain tchèque saura vraisemblablement résoudre ce problème.

 

Il n’empêche que le Président ne lui a pas vraiment fait un cadeau en lui confiant ce poste.

 

D’autre part, à la lecture d’un quotidien, on apprend que Georges Tron, député réputé villepiniste, serait pressenti pour entrer au Gouvernement, mais qu’Edouard Balladur aurait conseillé à Nicolas Sarkozy de ne pas donner suite à ce projet.

Il rend ainsi service à son ancien lieutenant, n’en doutons pas.

 

Mais les souhaits d’Edouard Balladur prospèrent-ils toujours ? En 1999, il s’était opposé à la présence d’une candidate du 15ème arrondissement sur une liste électorale en vue d’élections européennes, et il n’avait réussi qu’à la déclasser de quelques rangs…

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