jeudi, 03 septembre 2009
Posture, imposture?
Si j’en crois l’article du Monde signé le 2 septembre dernier par Natalie Nougayrède ( la journaliste préférée de notre ministre aux Affaires étrangères), le scrutin qui s’ouvre le 17 septembre prochain en vue de l’élection du futur directeur de l’organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (lequel siège à Paris), « se prépare dans un climat malsain ».
Le candidat qui doit succéder au japonais Koïchiro Matsuura serait Farouk Hosni, ministre de la culture du président égyptien, Hosni Moubarak, lequel « semble avoir fait de la victoire de son candidat à l’Unesco une question de statut personnel ... ».
Rien jusque-là de répréhensible. Sauf que ce candidat s’est illustré à de nombreuses reprises pour ses déclarations « anti-israéliennes et parfois antisémites »et que chacun juge à Paris sa candidature « peu reluisante ».
« Mais voilà, le sentiment ambiant est que des engagements ont été pris. Du moins Hosni Moubarak a-t-il eu la conviction, à partir de 2007, que l’Elysée allait soutenir la candidature de son ministre de la culture.
C’était bien le signal que lui avait envoyé Nicolas Sarkozy dès leur rencontre à l’Elysée à l’été 2007, peu après son élection .Puis de nouveau, pendant ses vacances avec Carla Bruni en Egypte en décembre 2007, lorsque M.Moubarak lui refit la demande …Le président français a-t-il fait une promesse ? Il préparait, avec son conseiller spécial Henri Guaino, le projet d’Union pour la Méditerranée, conçu comme un pivot essentiel de l’influence de la France dans le monde arabo-musulman. A Hosni Moubarak, il offrait la coprésidence ».
Par ailleurs, Farouk Hosni aggrave son cas et « se propose de brûler lui-même les livres israéliens qui, d’aventure, se seraient clandestinement glissés sur les rayons de la Bibliothèque d’Alexandrie », et pourtant « l’Elysée a plus que jamais besoin de M Moubarak pour sauver l’édifice de l’UPM. Lorsqu’une tribune de Bernard-Henri Lévy, Claude Lanzmann et Elie Wiesel est publiée dans le Monde recensant les propos antisémites tenus depuis 2001 par Farouk Hosni et dénonçant comme « un naufrage annoncé » de l’Unesco son éventuelle élection, le sang d’Henri Guaino ne fait qu’un tour.
Le conseiller de l’Elysée suggère aussitôt aux Egyptiens de répondre par leur propre tribune, ce qui donnera un saisissant acte de contrition publique du ministre égyptien. Henri Guaino a-t-il lui-même rédigé ce texte ? Son entourage indique seulement qu’il l’a « lu avant publication », au cas où il eût fallu le modifier »…..
Tels sont les propos du Monde du 02/09.
Dans le quotidien daté du 04/09, Claude Lanzmann et Bernard-Henri Lévy remarquent avec humour que : « si le texte du ministre égyptien de la culture est sorti de la plume du conseiller français ou a été lu…. Henri Guaino passe du statut de plume française à celui de plume mondialisée ! »
Plusieurs réflexions s’imposent cependant:
-le Président Sarkozy subit-il l’influence de sa plume ? On pourrait alors commencer à s’inquiéter. Henri Guaino n’a pas été élu par le peuple, et lorsqu’il s’est présenté à des élections municipales parisiennes, celui-ci l’a franchement désavoué….
-ce qui interpelle dans ce cas précis, c’est la mise sous le boisseau par un assistant technique, fût-il brillant écrivain, de la conduite des affaires internationales avec le dessein de tromper l’opinion publique. ...
-pour le reste, je ne résiste à la tentation de rappeler « le Bon Roi Dagobert » : « le Roi faisait des vers, Mais il les faisait de travers, Le bon Saint Eloi lui dit : « Oh, mon Roi, Laissez les oisons faire des chansons… » « C’est bon lui dit le roi, c’est toi qui les fera pour moi… »





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