mardi, 29 septembre 2009

On ne demande pas à un ministre d'être efficace.

Encore moins de se montrer respectueux des deniers publics….

 Il y a juste une semaine, à l’aube et en deux heures, 500 policiers ont évacué la « jungle » de Calais, comme ont pu le retracer les nombreux reportages « sur le vif ».

Il faut dire que le ministre de l’Immigration avait prévenu quelques jours à l’avance qu’il allait lâcher les forces de l’ordre contre les exilés téméraires qui attendaient l’occasion de migrer sur le territoire britannique.

Eric Besson cacherait-il un cœur généreux ?

D’abord, il aura donné le temps aux clandestins de s’éparpiller alentour, si bien qu’au moment de la rafle, ne restaient que les plus jeunes, sinon les plus déterminés, et les membres des associations caritatives émus par les conditions précaires de ces êtres humains…

Ensuite, en déclarant ne pouvoir appliquer la loi concernant les tests ADN, il avait satisfait les orientations de Madame Carla Sarkozy qui les avait combattus. Il convenait donc, pour lui, de corriger son image d’homme revenu à gauche en imitant l'action de son mari qui avait supprimé le centre de la Croix-Rouge de Sangatte en 2002, geste auquel Nicolas Sarkozy se sera vraisemblablemnt montré sensible.

Il ne cherche qu’à faire plaisir…

Eric Besson aurait-il soigneusement préparé cette opération ?

Si tel était le cas, son entreprise  ne brillerait pas par son efficacité.

En effet, n’ont été arrêtés le mardi 22 septembre que « 276 ressortissants en situation irrégulière ».

A la date d’aujourd’hui, « au moins 125 clandestins placés dans des centres de rétention ont été à ce jour libérés par des juges des libertés et de la détention » ayant « considéré que les personnes n’avaient pas pu exercer leurs droits, et qu’une partie d’entre elles étaient mineures et ne pouvaient être placées en rétention ».

Sur les 151 restants, 89 ont déjà été libérés, 129 ont été répartis dans quatre centres de rétention. Ne resteraient que 34 afghans reconductibles … Mais reconductibles où ? Dans leur pays d’origine, ce qui les exposerait à une fin tragique ?

Pour les autres clandestins, ceux qui ont été lâchés dans la nature, on leur aura fait pratiquer du tourisme, puisque la plupart ont séjourné à Toulouse pour rejoindre Calais dès aujourd’hui…

J’oubliais les quatre plus chanceux, porteurs de gale, qui ont été hospitalisés pour traiter leur parasitose cutanée. Ce qui en dit long sur les conditions d’existence et de survie de ces gens…

Mais qu’ils se rassurent. Ce ne sont pas eux qui sont dans le collimateur de Monsieur Besson, ce sont les passeurs « véritables proxénètes de l’exode » qui « exploitent la misère humaine ».

Il a même renoncé à appliquer le droit qui prévoit un « délit de solidarité ».

Un grand cœur, vous dis-je…A défaut d’être efficace et de veiller au bon emploi des deniers publics. D’ailleurs, la France n’a dû prendre en charge que des billets « aller simple » pour Toulouse….

lundi, 28 septembre 2009

Clearstream: Les Français sont sceptiques sur la neutralité du procès.

Une majorité de Français déclare ne" pas  faire confiance" à la justice pour mener en toute impartialité le procès Clearstream, selon une enquête exclusive réalisée par l'institut LH2 pour Nouvelobs.com et publiée aujourd’hui 28 septembre.

52% des personnes interrogées ne font "pas confiance" à la justice pour juger les prévenus de manière neutre, dont 28% "pas du tout confiance". A l'inverse, 45% des personnes interrogées déclarent faire confiance à la justice pour mener ce procès de façon neutre, dont 12% seulement "tout à fait confiance".

Le sondage a été réalisé les vendredi 25 et samedi 26 septembre, à l'issue de la première semaine d'un procès dans lequel le président de la République, Nicolas Sarkozy, s'est porté partie civile, tandis que l'ancien Premier ministre Dominique de Villepin figure parmi les prévenus.

L'institut LH2 note un important clivage politique. "65% des sympathisants de la droite - dont 72% des sympathisants de l’UMP -déclarent faire confiance à la justice pour rester neutre, ce n’est le cas que de 36% des sympathisants de la gauche", commente Adélaïde Zulfikarpasic, la directrice du département Opinion. Ce sont les personnes les moins diplômées qui doutent le plus de l'indépendance de la justice. Ainsi, 63% des ouvriers déclarent ne pas lui faire confiance.

Quoi qu'il en soit, le procès n'intéresse pas que les médias, mais aussi une majorité de Français. 53% des sondés déclarent que le procès les intéresse, dont 21% "beaucoup" et 32% "un peu". En revanche, 47% des sondés affirment que le procès ne les intéresse pas, dont 27% "pas du tout".

L'intérêt pour le procès Clearstream augmente avec l’âge. Le procès intéresse seulement 48% des 18-24 ans, mais 63% des personnes de 65 ans et plus. L'intérêt augmente également avec le niveau d’enseignement et la catégorie socioprofessionnelle (66% chez les cadres, 35% chez les ouvriers).

Sondage LH2 réalisé pour Nouvelobs.com les 25 et 26 septembre 2009, par téléphone, auprès d'un échantillon de 1.004 personnes. Méthode des quotas.

dimanche, 27 septembre 2009

Clearstream: bilan à J+7

Il y a juste une semaine, le procès Clearstream allait s’ouvrir et il n’est pas inintéressant  de tenter, en vision extérieure, d’en analyser les premiers ressentis.

 

Le décor avait été planté, d’abord par le président de la République sans lequel cette histoire n’en serait pas là où elle en est.

Il se considère comme victime, se constitue partie civile…. Bref, il lui donne un tour médiatique vraisemblablement excessif, immérité. Mais laissons les juges « indépendants » exercer leur métier. Il joue le parfait marionnettiste pour que l’affaire se situe comme il l’entend, en exploitant les plateaux TV. Et ça,  il connaît.

 

Dominique de Villepin, accusé, réfléchit et, en bon stratège, examine sur quel terrain il peut rivaliser avec son adversaire, alors que les armes ne sont pas égales.

Qui pourrait lui donner tort ?

Il décide donc, dans un premier temps d’affronter son adversaire, puisqu’adversaire il y a, sur le terrain de celui-ci : les médias.

Preuve est de constater qu’il a parfaitement réussi à se montrer dans les émissions de grande écoute radio et dans celles plus ou moins populaires des chaînes TV.

De plus, au prétexte de Clearstream, il a déjà pu commencer à préparer l’opinion publique à un programme électoral, en analysant les problèmes, incommensurables, de la France et en invitant à la réflexion pour les corriger.

Qui pourrait le critiquer ?

Question décors : avantage Villepin.

 

Premier jour de l’audience. Dominique de Villepin arrive au Palais de Justice  accompagné de sa femme et de ses enfants. Quoi de moins répréhensible pour cet homme entouré de sa famille ?

Marie-Laure a toujours l’élégance qu’on lui connaît, sobre et digne. Marie a abandonné ses obligations de mannequin, sa sœur cadette semble affectée par l’épreuve de son père et Arthur assure la transmission génétique du beau mec de la famille.

Quel esprit chagrin pourrait s’offenser de cette belle image ? A tout prendre, je préfère celle-ci, de jeunes adultes responsables, à celle d’un petit garçon exploité pour les besoins de la cause, qui souhaite « Bonne chance, mon papa » !

Premier acte : avantage Villepin.

 

Le deuxième acte va s’écrire dès demain, et là, je me dois de féliciter les journalistes du JDD qui ont osé révéler un rapport de quatre pages remis en 2008 aux juges d’instruction.

Dans ce rapport, « les policiers de la DNIF (direction nationale des investigations financières) ont recensé les frais de réception et de restauration remboursés à M Lahoud par son ancien employeur EADS, en 2004 et 2005, pour un montant total de 16 000 euros….

Imad Lahoud a ainsi déjeuné quinze fois avec François Pérol, qui était à l’époque directeur –adjoint du cabinet de Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’Economie » ( !!!)

 

 

Qui pourrait croire un instant que François Pérol n’était pas au courant des manipulations d’Imad Lahoud, manipulations qu’il n’aurait, bien sûr,  pas gardées par devers lui ?

Quand on sait que rien n’échappait à sa vigilance quand il a rejoint l’Elysée pour jouer l’éminence grise du président sur les questions économiques, on finit par se demander si Nicolas Sarkozy ne se serait pas servi de l’affaire contre l’ancien Premier ministre.

 

Ce renseignement pourrait s’avérer lourd de conséquences, car il met en cause de nombreuses personnalités, dont Eric Woerth , Nathalie Kosciusko-Morizet et son mari Philippe Bernard…

 

Et si  la pièce  se terminait par un scénario différent de celui écrit par la victime ?

Si la victime n’était pas celle qui s’affiche ?

Quel coup de théâtre !

samedi, 26 septembre 2009

Un président peu au fait de ses dossiers.

Le président connaît-il ses dossiers avant de s’exprimer à la télévision ? 

Prend-il le temps d’écouter ses conseillers ? Ou bien un mot lui sert-il de moteur de recherche et il démarre…

Ainsi mercredi dernier sur la taxe carbone : « le monde va à sa perte si on continue à émettre du carbone qui crée un trou dans la couche d’ozone et qui brise les équilibres de la planète ». Il a confondu couche d’ozone et effet de serre, sûrement parce que, pour lui, si la disparition de la couche d’ozone est due à l’utilisation de chloro-fluoro-carbones, il n’y a pas de raison que ces CFC ne génère pas d’une façon ou d’une autre du dioxyde de carbone.

Ses conseillers auraient dû lui expliquer que ce carbone constitue la base de la biologie, qu’il est essentiel à la vie…

On peut déjà se faire du souci pour la conférence de Copenhague, mais c’est bien loin…

 

Quant à l’affaire Clearstream dont il suit paraît-il les moindres détails, il semble ne plus se souvenir de l’action dans laquelle il s’est engagée…

 

Ainsi, si je reprends l’excellent article de Mediapart du 24 septembre dernier  « en deux phrases, trente secondes, il va commettre quatre erreurs", article que je ne peux que retranscrire in extenso tellement il est, argumenté :

 

      1/ «J'ai déposé plainte contreX.»

FAUX. Nicolas Sarkozy, et c'est tout sauf un détail, n'a pas déposé plainte, ni contre X ni contre personne. Il s'est contenté de se constituer partie civile, le 31 janvier 2006, dans la procédure déjà ouverte. Ses conseillers lui avaient précisément déconseillé à l'époque de déposer plainte, craignant qu'une telle initiative n'apparaisse trop offensive. Et donc comme une tentative de pression sur la justice.

 

 2/ «J'ai déposé plainte contre X quand j'ai découvert avec stupéfaction que j'étais titulaire de deux comptes...»

 

FAUX. Là encore, la formulation est trompeuse. Elle laisse entendre à l'évidence que Nicolas Sarkozy a saisi la justice dès qu'il a eu connaissance que son nom figurait sur les faux listings. Et il répète à qui veut l'entendre qu'il n'a été informé que très tardivement.

 

Or, la chronologie démontre le contraire. La présence du nom de Nicolas Sarkozy sur les listings a été évoquée dans la presse, avec celles de trois autres anciens ministres (Alain Madelin, Jean-Pierre Chevènement, Dominique Strauss-Kahn), au mois de septembre 2004. Or, M. Sarkozy, contrairement aux trois autres, ne n'est constitué partie civile qu'en janvier 2006, soit près d'un an et demi après. Sans compter que de nombreux éléments laissent à penser qu'il avait été informé de la présence de son nom dès le printemps 2004.

3/ «Au bout de deux ans d'enquête, deux juges indépendants...»

FAUX. Pour le coup, il s'agit sans doute du lapsus le plus révélateur de l'intervention du chef de l'Etat. En effet, l'instruction de cette affaire n'a pas duré deux mais... quatre ans, puisque l'information judiciaire pour « dénonciation calomnieuse » confiée au juge Jean-Marie d'Huy – ensuite secondé par Henri Pons – a été ouverte par le parquet de Paris le 3 septembre 2004 et s'est achevée en 2008.

 

L'enquête s'est terminée en deux temps, les juges ayant clos une première fois leurs investigations le 22 février 2008, puis le parquet a exigé un complément d'information. Ils ont finalement clôturé le dossier le 3 juillet 2008. Nicolas Sarkozy n'a pas évoqué cette période de «deux ans» par hasard: il ne fait visiblement pas de doute dans son esprit que le « vrai » début de l'affaire correspond à son entrée dans le dossier, en 2006! De fait, l'enquête des juges avait connu une spectaculaire accélération juste après la constitution de partie civile de M. Sarkozy.

 

   4/ «Deux juges indépendants ont estimé que les coupables devaient être traduits devant le tribunal correctionnel.»

FAUX. Est-il besoin de rappeler que, dans le droit français (comme dans la plupart des pays européens), toute personne est présumée innocente jusqu'à ce que sa culpabilité ait été définitivement établie par un tribunal. Dans l'exemple Clearstream, il faut donc parler de «prévenus» puisqu'il s'agit d'un procès correctionnel – aux assises, on parlerait d'«accusés».

 

 Enfin, pour ma part,  je ne comprends pas qu’il parle de « deux juges indépendants ». Pourraient-ils ne pas l’être ?

J’avais  même cru, en d’autre temps, qu’il n’accordait aucune confiance aux juges et qu’il voulait leur disparition...Comprenne qui pourra…

A ce stade, il ne saurait s’agir de lapsus.

Le président est sûr de sa puissance, sûr qu’il peut faire pencher le fléau de la justice dans le sens qui lui est favorable.

Il est maître de la France, de l’Europe, du G20 dont il dira avoir influencé les décisions et fait partager ses convictions aux 19 autres membres.

Il n’a que faire des détails de dossiers.... On l’attend ailleurs…

Je crains que son hyperactivité ne lui permette pas d’étudier les problèmes de la France avec toute l’attention nécessaire.  Et quand on entreprend trop de chantiers, il est rare d’en mener un à son terme.

C’est bien ce que disait Rabelais : « qui trop embrasse, mal étreint »…

 

 

 

jeudi, 24 septembre 2009

Le sens des mots.

Les mots ont un sens et sont les vecteurs de notre pensée.

L’éducation nous permet de leur  apporter précision, sinon subtilité.

Enfin, l’enseignement, surtout lorsqu’il est devient supérieur, apporte à chaque profession le vocabulaire adéquat qui permet à l’homme (ou la femme !) de métier de s’exprimer avec la justesse requise.

Et il ne viendrait à personne de s’adresser à un professionnel qui ne répondrait pas à ce critère essentiel.

 

A partir de ces considérations, je m’interroge sur l’attitude qui, devant m’assurer son concours, me ferait choisir un avocat qui confond « coupable «  et « prévenu ».

A coup sûr, je fuirais cet homme de droit, fût-il le plus célèbre parce qu’exerçant la magistrature suprême de notre pays…Impair ? Pas impair ?

Quand on sait que le même, ministre de l’Intérieur, le jour de la capture d’Yvan Colonna, avait plastronné en se félicitant  que « la police avait arrêté l’assassin du préfet Erignac », on commence à être glacé de terreur devant la méconnaissance de la présomption d’innocence, essentielle à notre justice, celle rendue au nom du peuple français.

 

Le comble, hier, devant des millions de téléspectateurs, a été atteint (mais dans ce domaine, le comble  doit donner le sens de l’infini : quand on croit l’avoir atteint, on s’aperçoit que tout reste à venir !) :

 Le président de la République a annoncé, concernant l’affaire Clearstream : « Au bout de deux ans d’enquête, deux juges indépendants ont estimé que les coupables devaient être traduits devant un tribunal correctionnel ».

 

A ce stade, trois réflexions s’imposent :

 

 –ou il s’agit d’un lapsus, et comme l’a dit Dominique Bussereau, secrétaire d’Etat aux Transports : « comme n’importe qui, il a commis un lapsus » (tiens, il va bientôt devenir ministre de plein exercice, celui-là !). Le problème est que Nicolas Sarkozy n’est pas n’importe qui. Il a d’ailleurs beaucoup mouillé ses  chemises pour en arriver là.

Il est le président de la République, le magistrat suprême.

Alors, comme le propose Marie-Anne Montchamp, qu’il revienne sur ce propos malheureux, même si cette attitude n’est pas dans sa logique.

 

-ou il est la proie d’une obsession névrotique, et on ne peut manquer de s’interroger sur la sérénité qui devrait entourer sa fonction. Il y va quand même de notre existence de Français…

 

-ou il veut peser sur les conclusions des juges, ce qui serait étonnant pour celui qui se dit ne pas être "un homme qui ment … un homme qui plaisante avec les principes d’honneur et de probité ».

J’ai même la faiblesse de le croire sincère en cette mise en scène de lui-même, normale dans le contexte.

 

La catastrophe pour lui est que le président doit faire respecter le Droit, et dans cet entretien, il viole un principe constitutionnel essentiel inscrit dans le code civil.

Article 9-1 : « chacun a droit au respect de la présomption d’innocence ».

 

Pour avoir confondu en son temps coupable et prévenu, le ministre d’Etat, Michel Poniatowsky, avait failli être traduit devant la Haute Cour de Justice… pardon pour ce lapsus… je veux parler de la Cour de Justice de la République…si la Justice peut encore être exercée en toute sérénité au pays des droits de l’Homme.

mardi, 22 septembre 2009

La qualité finit toujours par l'emporter.

Ce soir, l’actualité m’imposait différents sujets qui me tiennent à cœur. Et je ne savais lequel m’inspirait le plus car j’ai mal à « la France » et je souffre, comme beaucoup de mes concitoyens, de l’image véhiculée par tel ou tel media, ou tel ou tel roquet…quand j’ai appris l’élection au cinquième tour de scrutin de la bulgare Irina Bokova à la direction générale de l’Unesco…

 

D’abord, je la félicite pour l’accession à ce poste prestigieux, ensuite je tiens à lui manifester la reconnaissance des femmes, lesquelles  ont toujours été éloignées  de ces instances.

Pour moi, Irina Bokova est un exemple, non seulement parce qu’elle a su concilier sa vie de femme publique avec celle de mère de deux enfants, mais aussi parce qu’elle est une militante convaincue de la cause européenne.

Son CV est impressionnant, mais en même temps il révèle une profonde cohérence puisque Irina Bokova est ambassadrice  de Bulgarie en France, à Monaco et auprès de l’Unesco depuis 2005, qu’elle est vice-présidente du groupe francophone des ambassadeurs auprès de l’Unesco et fondatrice du Forum de politique européenne, une ONG bulgare visant à promouvoir les valeurs européennes au sein de la vie publique…

 

Bref, c’est une femme, européenne sincère, élue par 31 voix contre 27 à Farouk Hosni.

 

En ce qui concerne Farouk Hosni, je me demande si son désaveu n’est pas consécutif à l’intervention d’Henri Guaino, pour le moins malencontreuse.

Le premier a chanté : « les livres en feu, Israël au milieu » et demandé au second :Henri, « prête-moi ta plume, pour écrire un mot »...à la suite de la tribune de BHL, Claude Lanzmann et Elie Wiesel concernant les propos antisémites qu’il avait tenus depuis 2001.

 

Par ailleurs, cette élection va plomber le ciel radieux de l’UPM puisque  « des engagements avaient été pris …Du moins, Hosni Moubarak a-t-il eu la conviction, à partir de 2007, que l’Elysée allait soutenir la candidature de son ministre de la culture ».

 

La défaite de Farouk Hosni est donc celle de Hosni Moubarak.

La question qui se pose est : l’Elysée est-il  encore en capacité de faire imposer ses choix ? on peut en douter.

Ce qui s’annonce du plus mauvais aloi à la veille des négociations du G20.

 

Foin de cette politique : une bonne campagne a fait gagner Irina Bokova à la tête de l’Unesco. Celle-ci a placé son programme sous le signe d’ « un nouvel humanisme pour le XXIè siècle ».

Elle dit vouloir travailler au dialogue des civilisations au service de la paix.

 

« L’Unesco est à même de passer un message de tolérance et de compréhension entre les différentes idées qui existent dans le monde »ajoute cette femme « passeur de dialogue et de compréhension »( Le Requin et la Mouette. D de Villepin).

Irina Bokova est une femme de qualité. Elle a su convaincre. Elle saura œuvrer pour la paix.

lundi, 21 septembre 2009

Verbatim

"Nous sommes aujourd'hui le 21 septembre.

C'est le jour anniversaire de la République française.

C'est aussi le jour dédié par les Nations unies pour la paix dans le monde.

 

J'espère que l'exigence de justice sera au rendez-vous.

Je suis ici par la volonté d'un homme, je suis ici par l'acharnement d'un homme, Nicolas Sarkozy, qui est aussi président de la République française.

J'en sortirai libre et blanchi au nom du peuple français.

 

Certains voudraient croire qu'il n'y a pas dans notre pays de procès politique, je veux le croire aussi et pourtant nous sommes ici en 2009 et nous sommes en France.

 

Je veux redire que mon combat n'est pas un combat personnel, c'est le combat de toutes celles et tous ceux qui se battent contre l'injustice, c'est le combat de toutes celles et tous ceux qui sont victimes de l'abus de pouvoir.

 

La justice est un bien précieux mais c'est aussi un bien fragile qui demande l'engagement de tous.

Je sais que la vérité triomphera.

Je vous remercie"

                                                                                                                                                                                             Dominique de Villepin

samedi, 19 septembre 2009

L'image d'un grand homme.

Le Monde du 18 septembre consacre, sous la plume de Raphaëlle Bacqué, toute une page à Jacques Chirac, sous le titre « Chirac et l’homme qui voulut le tuer ».

« Le 14 juillet 2002, Maxime Brunerie tirait sur le président de la République……

Depuis sept ans Maxime Brunerie est son souci secret Son énigme aussi….L’ancien chef de l’Etat s’est  longtemps interrogé sur les motivations de ce grand garçon mince et dégingandé qui, à 25 ans, avait voulu mourir en entrant dans l’Histoire».

A l’occasion de la libération de son agresseur, le 3 août dernier, on apprend ainsi que Jacques Chirac a suivi l’évolution de ce jeune homme en détention, sa reconstruction, l’accompagnement psychothérapeutique qui l’a conduit à reprendre ses études et à passer avec succès un nouveau BTS.

On apprend aussi qu’il avait accepté de recevoir la maman, et comme le dit un autre journaliste, « alors qu’il aurait pu charger son agresseur, profiter de ce sinistre fait divers pour asseoir sa popularité ou faire un coup politique, Jacques Chirac a préféré jouer la carte de la compassion discrète et de la compréhension. La preuve d’ une belle âme » …

 

Il y a du Jean-Paul II dans cette attitude. Ce Pape qui avait rendu visite à son assassin  emprisonné pour un attentat perpétré deux ans plus tôt sur sa personne.

 

Pas étonnant que Jacques Chirac améliore encore sa cote de 3 points dans « le classement des personnalités politiques » que fait paraître le numéro de Paris Match de cette semaine !

Il y recueille 76 % de bonnes opinions. Le journal ne s’attarde pourtant à aucun commentaire….

 

Il semblerait qu’il garde une certaine distance devant tous ces évènements, tentative d’attentat, forte popularité…qu'il reste imperturbable en toute circonstance...

 

Il est vrai que, pour ma part, je l’ai vu inaugurer l’Hôpital Européen Georges Pompidou le 21 décembre 2000, au milieu de vociférations de « camarades » syndiqués, comme le raconte Louis Omnes, le directeur de l’époque, qui « montaient en épingle le mécontentement de quelques brancardiers jugés en nombre insuffisants ». L’inauguration avait été confirmée malgré la semaine de grève des personnels qui se plaignaient de dysfonctionnements, conséquence des sept années de construction jalonnées de couacs, malfaçons puis d’une ouverture prématurée …

Le président de la République avait maintenu sa visite, s’était fait présenter l’hôpital, avait supporté sans broncher le chahut, prononcé l’allocution prévue tandis que les cris se taisaient et que Claude Pompidou  restait digne et impavide…

 

Voilà l’image rassurante d’un grand homme.

 

jeudi, 17 septembre 2009

La mesure est-elle un art si difficile?

Demain, Nicolas Sarkozy se rend à l’hôpital Paul Brousse pour y célébrer la 2 500è greffe de foie.

Il est tout à fait légitime que le président de la République manifeste ainsi la gratitude de ses compatriotes pour ce centre hépato-biliaire, le premier centre de transplantation hépatique de France.

A l’heure où la demande se fait de plus en plus pressante du fait du nombre croissant d’insuffisance hépatique induite par des cirrhoses, des hépatites ou des cancers, alors que la pénurie de don d’organes allonge le temps d’attente des demandeurs, la visite du Président témoigne de son intérêt pour ce traitement hautement spécialisé que seuls peuvent permettre le dévouement et la compétence d’une équipe parfaitement rôdée comme l’est celle de l’hôpital Paul Brousse.

Le président Mitterrand s’était lui-même déplacé à l’occasion de la 500è et de la 1 500è greffe hépatique. Il est parfaitement normal que la qualité de la médecine française soit reconnue, notamment l’Assistance  Publique-Hôpitaux de Paris, le fleuron de notre système de soins.

Paul Brousse est un établissement pluridisciplinaire de 716 lits traitant des patients qui relèvent de soins aigus médicaux ou chirurgicaux, de maladies psychiatriques ou d’hospitalisation de moyen et long séjour pour les personnes âgées.

70 000 consultations y sont effectuées par an.

Bref, un bel hôpital dont on peut être fier.

 

Mais voilà que la visite du président vient tout perturber.

Demain, il n’y aura pas de consultations, c’est-à-dire que plus de 100 patients vont devoir attendre la semaine prochaine pour se faire examiner et traiter…

Depuis lundi dernier, l’hôpital est « en état de siège » pour sécuriser de larges périmètres autour des lieux de visite. Les salariés, mais aussi les riverains, se font contrôler et re-contrôler. Les familles ne peuvent plus rendre de visite aux patients hospitalisés, même aux plus âgés d’entre eux…

Les personnels sont invités demain à prendre des congés, et selon un représentant syndical, « ceux qui viendront travailler devront présenter une pièce d’identité, leur carte professionnelle et une fiche de paie »…

Un chapiteau a été dressé dans la cour de l’hôpital pour le coût de 70 000 euros.

Il doit abriter une réception de 2 000 convives dont le seul buffet atteindra la somme de 60 000 euros.
Ces festivités paraissent pour le moins déplacées quand on sait que leur coût total proche de 200 000 euros –somme qui représenterait le salaire de huit infirmières pendant un an- sera imputé au budget de l’hôpital, déjà déficitaire.

On ne peut s’empêcher de souligner la maladresse de cette réception somptuaire, alors que le forfait hospitalier va augmenter, que des médicaments ne vont plus être remboursés, que le déficit de l’Assurance maladie se creuse de jour en jour et que la loi Hôpital, patients, santé et territoires fait naître les plus vives inquiétudes sur le démantèlement de notre protection sociale.

Si son attitude n’est pas le fait de provocation, à tout le moins le sens de la mesure ne constitue pas la première vertu du président de la République.

mercredi, 16 septembre 2009

Une pluie de claques

 « Tout le monde sait que les tests ADN ne servent à rien. Et en plus, on s’est entouré de critères qui empêchent que ce soit efficace ». Ainsi parla Nicolas Sarkozy le mardi 15 septembre 2009…

 

Quelle nouvelle claque pour Brice Hortefeux qui s’était illustré en 2007 comme ministre de l’Immigration et de l’Identité nationale en imposant les tests ADN dans le cas du regroupement familial  des familles d’immigrés !

Et quelle claque pour Thierry Mariani qui avait voulu ancrer la politique de la France aux confins de l’extrême droite par cet amendement, créant à l'occasion une vive émotion dans l’opinion publique !

 

Quelle claque pour la majorité présidentielle qui aujourd’hui se voit désapprouvée par le chef de l’Etat alors qu’elle était montée au créneau comme un seul homme pour trouver les argumentaires les plus affutés afin de défendre ce dispositif qui faisait soi-disant ses preuves en Europe et dans le monde entier!

Bien sûr, les réfractaires à cette géniale idée, fussent-ils « de droite », étaient taxés d’incompétence voire  de ringardise!

 

Quelle claque pour le Conseil constitutionnel qui s’est réuni longuement pour statuer et imposer des garde-fous à cette loi  pour laquelle on ne le sentait pas particulièrement enthousiaste !

 

Quelle claque pour la démocratie quand on voit au temps « T » un Président défendre un texte formidable et au temps « T+1 », les parlementaires, ceux qui sont montés au front plus par obéissance que par conviction,  désavoués par un ministre ex-socialiste qui semble avoir l’oreille du même président !

 

Quelle claque pour l’image de la France, et quelle crédibilité peut-on accorder au capitaine du navire qui  vire de bord à180° !

Les tests ADN ont rejoint les promesses du pouvoir d’achat. Qu’en sera-t-il demain de la taxe carbone, du plan de relance ou du grand emprunt ?

A quelques jours du  G20, les autres chefs d’Etat vont se méfier des engagements de la France  et accueillir avec circonspection les propositions du président français !

 

Et si toutes ces claques n’étaient que le fruit d’un calcul politique très élaboré ?

Au moment où le ministre de l’Intérieur, Brice Hortefeux,  est éclaboussé par une polémique mal gérée, amplifiée par des explications « alambiquées », son successeur à l’Immigration, Eric Besson, après s’être montré si zélé qu’on avait presque oublié qu’il fut socialiste, envoie un message de correction pour rassurer l’opinion publique à quelques mois des élections régionales.

Il faut dire que ce besogneux de la politique n’a peur de rien. Il ose même alpaguer les pauvres parlementaires UMP, déjà reniés, en leur indiquant à l’occasion de la réunion du groupe : « J’ai l’impression que c’est comme au PS. Les compliments sont privés, les critiques publiques ».

 

Cette histoire témoigne du grand danger qu’encourt la France aujourd’hui :

-         un parlement à la botte, qui, après avoir tenu un semblant de débat, se fait désavouer ;

-         un ministre qui s’arroge de nouvelles prérogatives institutionnelles ;

-         un président qui n’a de cesse de se contredire, préférant les « coups » politico-médiatiques, parfois « tordus », à une vraie conduite des affaires de l’Etat cohérente et réfléchie ;

-         et que dire des médias, dont on sait qu’ils ne sont pas libres, pour preuve la récente attitude des rédactions de La Chaîne Parlementaire et de Public Sénat qui n’ont pas osé diffuser les images de Seignosse confondantes pour Brice Hortefeux !

 

Cependant, qu’on ne s’y méprenne pas ! Tous ceux qui, comme moi, les ont combattus (blog du 26 novembre 2007) parce qu’ils les trouvaient contraires à notre histoire autant qu’à notre pacte républicain, sont heureux de voir ces tests ADN disparaître.

 

Mais, à ce rythme, avec une pratique aussi inconsidérée et aussi dangereuse du pouvoir, il est à craindre que François Léotard ait raison lorsqu’il annonce que « Ca va mal finir ».

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