jeudi, 22 octobre 2009

Des députés UMP courageux.

Lundi, le ministère des Affaires étrangères annonçait que le gouvernement avait renoncé au retour forcé d’Afghans enfermés dans le centre de rétention administrative de Coquelles, « notamment du fait de la situation en Afghanistan et au regard des critères habituellement utilisés par le HCR ».

 

Cette décision avait été saluée de joie par les intéressés, par les défenseurs des migrants, les mouvements associatifs…..

 

La Cour européenne des droits de l’homme avait d’ailleurs réussi à empêcher une première tentative d’expulsion vers Kaboul le 6 octobre dernier.

 

Or, qu’apprend-on mercredi matin, de la bouche d’Eric Besson, le ministre de l’Immigration ?

Qu’un avion en provenance de Londres et à destination de Kaboul, a fait escale à Roissy dans la nuit de mardi, pour prendre à bord trois Afghans interpellés depuis le démantèlement de la jungle de Calais,

Qu’il est « fier » d’être parvenu à expulser ces  trois Afghans dans le cadre d’un «  vol conjoint » franco-britannique....

 

« Pour la première fois, depuis plusieurs années, la France a procédé à un retour groupé d’étrangers sn situation irrégulière vers un pays en guerre »(Le Monde).

 

A trois reprises, matin, midi et soir, la potion Eric Besson a répété que « ces personnes ne sont pas à plaindre. Au moment où je vous parle, elles se restaurent dans un hôtel du centre de Kaboul dans lequel elles pourront rester quinze jours, si elles le souhaitent. Elles bénéficient d’un service d’accueil et de réinsertion, avec un accompagnement personnalisé ». D’ailleurs, « ces personnes viennent de villes situées à proximité de Kaboul », dans une zone sécurisée…

 

Aujourd’hui, on apprend qu’au petit matin, ils avaient quitté l’hôtel, qu’ils habitaient dans des zones dangereuses et que personne n’a plus de nouvelles.

 

Quel sort leur aura-t-il été réservé ?

 

Le gouvernement sera resté sourd aux appels des associations humanitaires.

 

Plus de 10 000 personnes ont signé une pétition lancée le 15 octobre par France terre d’asile, au rang desquels on compte Etienne Pinte, député des Yvelines, ancien maire de Versailles, membre du conseil d’administration de l’Office Français de la Protection des Réfugiés et Apatrides.

 

« Tant que l’Afghanistan sera dans une situation de quasi-guerre civile, il me paraît inhumain et contraire aux droits de renvoyer ces personnes qui ont fuit leur pays. Nous le savons, certains qui ont été renvoyés, ont été tués à leur arrivée » écrit-il sur son blog.

 

De son côté, Françoise Hostalier clame « S’ils sont tués, cette expulsion aura été criminelle ». Cette députée du Nord, ancienne secrétaire d’Etat à l’enseignement scolaire sous Jacques Chirac, est membre de la Commission nationale consultative des droits de l’Homme.

 

On ne les a jamais vus en photos avec un sac de riz sur l’épaule…

Ils n’ont pas honte de rester fidèles à leurs convictions profondes, mais on ne va pas demander à Eric Besson des convictions profondes. Encore faudrait-il qu’il en eût !

 

Bref, l’UMP compte deux députés qui, en cette occasion,  font honneur à la classe politique française.

 

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Commentaires

Je connais bien Françoise HOSTALIER. C'est une femme formidable et extraordinaire. C'est une femme de conviction. Bisous Françoise.

Ecrit par : ABADIE Armand | vendredi, 23 octobre 2009

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