dimanche, 25 octobre 2009
Un ministère de la Santé et des Sports, pour quoi faire?
On a pu longtemps se demander quel était le périmètre de compétence de ce portefeuille. Car l’association de ces deux entités ne semblait pas à priori aller de pair, même si ce ministère avait été amputé, depuis janvier dernier, des champs d’action de la jeunesse et de la vie associative.
Des esprits chagrins ont pensé qu’il y avait peut-être, dans cet attelage, l’arrière-pensée que la pratique des sports à haut niveau pouvait conduire à l’utilisation de substances qui allait compromettre la santé de nos athlètes.
A vrai dire, même les prélèvements d’urine les plus inopinés n’ont pas apporté de charge positive dans ce domaine. Encore que la Faculté puisse avoir quelques roues de retard sur l’imagination de nos sportifs et de leurs sponsors.
Aujourd’hui, et pour la première fois santé et sports se sont malheureusement conjugués.
Et notre ministre, d’habitude si prolixe, est aux abonnés absents.
Elle ne craint pas de mettre en garde la population contre la pandémie A/H1N1, et le gouvernement a donné comme consigne que trois cas avérés dans une crèche ou une classe entraînaient ipso facto leur fermeture.
Voilà pour la ministre de la santé.
Aujourd’hui, devait avoir lieu le match de foot le plus attendu de l’année, OM-PSG, celui le plus redouté par la confrontation des deux équipes dont les supporters sont reconnus pour leur acharnement respectif. Comme le dit le JDD, « ce sont les deux clubs français les plus compliqués à gérer » avec deux présidents novices à leur tête, Jean-Claude Dassier et Robin Leproux.
Voilà qui devrait motiver la ministre des sports qui, d’ordinaire, ne semble pas dédaigner les tribunes.
Hier, deux joueurs parisiens sont touchés par la grippe, qui s’avère être du type A. Un troisième n’est pas très en forme, mais son état de santé ne doit pas compromettre la tenue de l’évènement.
Le match est maintenu.
Aujourd’hui, 2000 supporters parisiens font le déplacement pour Marseille. Par définition, le voyage ne concerne que les plus ardents à défendre leurs couleurs.
On les laisse partir et arriver en gare Saint-Charles.
Là, on leur apprend que le match est suspendu, et se passe ce qui devait arriver : des échauffourées à Marseille qui se soldent par dix blessés.
Quelle inconséquence !
Que dirait-on d’une entreprise qui n’anticipe pas les répercussions de deux salariés touchés et d’un 3ème qui présente les symptômes annonciateurs de cette grippe A ?
On la vouerait aux gémonies en l’accusant de privilégier les motifs économiques aux dépens de la santé de son personnel.
En l’espèce, aujourd’hui, le problème est plus grave : l’organisation qui gère la compétition a manifestement privilégié l’aspect financier à la sécurité et à l’ordre public.
La Ligue a fait passer la retransmission télévisée, les gains prévus des annonceurs avant la santé des joueurs et celle des jeunes spectateurs.
Elle a fini par prendre une décision à contre-temps, à contre-sens.
La ministre était-elle au courant de la maladie des joueurs ?
Si elle a laissé jouer le match, est-ce parce que, contrairement à ce qu’on entend en permanence, cette grippe n’est pas aussi dangereuse qu’annoncée, encore qu’il faille évacuer les 94 millions de doses de vaccin qui ne coûtent guère plus d’un milliard d’euros ?
Qui est responsable du débordement des supporters qui se sont déplacés pour rien ?
Pour une fois que santé et sports pouvaient avoir un destin commun, la démonstration est faite de l’ineptie de cette association.





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