dimanche, 01 novembre 2009

"Qui sème la division récolte le socialisme"...

Voilà une belle sentence dont Jean-Pierre Raffarin a le secret. Il parlait de la réunion de Dominique de Villepin à la Maison de l’Amérique latine de mardi dernier.

Quatre jours se sont écoulés, et qu’apprend-on aujourd’hui ? Que le même Jean-Pierre Raffarin, accompagné de 23 autres sénateurs, ne votera pas la réforme de la taxe professionnelle.

Si je salue le courage qu’il montre ainsi en affirmant ses convictions, et qu’au demeurant cette prise de position me semble la seule légitime, je m’étonne qu'il divise lui-même et de belle façon, mais  sans craindre de...« récolter le socialisme »….

Y aurait-il donc une bonne et une mauvaise division ? des valeurs plus importantes les unes que les autres ? Et surtout, s’il paraît difficile aujourd’hui de définir le socialisme, il n’est pas plus aisé de borner l’idéologie de la droite, sinon de l’UMP…

 

Les représentants de la Haute assemblée  veulent promouvoir la « sagesse réformatrice », selon le JDD (je cite mes sources : je ne voudrais pas faire de plagiat à l’instar de ce pauvre Dominique Paillé qui vient de dire : « Toute division de l’UMP aura pour conséquence l’avènement du socialisme »…).

Jean-Pierre Raffarin a la décentralisation chevillée au corps, et à mon avis, on ne pourra jamais lui reprocher de vouloir  lui donner un ancrage plus profond.

 

Il souhaite la réforme des collectivités territoriales qui lui apparaît « stratégique et moderne ». « Les décentralisateurs sont dans le camp des réformateurs » et, dit-il : « la recherche de plus de compétitivité pour les entreprises françaises nous conduit à souhaiter une réforme de la taxe professionnelle. …. Si le volet « allègement fiscal » pour les entreprises ne nous pose aucun problème et peut donc être voté rapidement, en revanche le travail relatif au volet territorial de la réforme n’est pas achevé ……

Il nous apparaît peu rationnel de mener la réforme des finances avant celle des compétences. Le principe de réalité nous conduit à penser qu’il est nécessaire de voter d’abord la réforme des collectivités territoriales, puis la réforme de la taxe professionnelle….

Définissons les compétences de chaque échelon territorial puis, sereinement, logiquement et équitablement, répartissons les recettes fiscales en fonction des missions des différents échelons ».

 

Voilà qui semble frappé au coin du bon sens.

 

Hélas, quoi qu’on eût dit Descartes, le bon sens n’est pas la chose du monde la mieux partagée, au moins par le président de la République qui s’entête, de façon pathétique, à mettre en place la réforme de cette taxe professionnelle, sans en connaître les impacts territoriaux et leurs conséquences.

 

Il veut mettre la charrue avant les bœufs, une gageure pour qui connaît si bien le milieu agricole !

Il pourra nous répéter pour la troisième fois  « je ne suis pas venu là pour vous tenir un discours que vous avez déjà entendu » …

Le président n’y connaît rien en agriculture, et pas plus en réforme territoriale. Qu’il laisse les experts s’exprimer, et les sénateurs exercer leur rôle de sages de la Nation.

 

En revanche, que ces mêmes sénateurs puissent penser que la division qu’ils sèment dans leur « pré » carré, et qu’ils trouvent légitime, ressortit du même droit que celle qui anime Dominique de Villepin ! 

Ce n’est pas diviser que de savoir dire non.

Ce n’est pas diviser que d’appeler à une alternative destinée au contraire à rassembler tous les gens de bonne volonté qui n’ont qu’un souhait : la grandeur de la France.

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