lundi, 02 novembre 2009
Plan cancer II
Nicolas Sarkozy a présenté ce midi à Marseille son plan cancer qui fait suite au plan cancer de Jacques Chirac, une des priorités du quinquennat de ce dernier, au même titre que la sécurité routière qui a connu, grâce à lui, une embellie passagère et la lutte contre le handicap, chantier bien loin d’être terminé.
Le Président de la République, en orateur talentueux, a gardé le plus important pour la fin de son discours, puisqu’il a cité son prédécesseur, le président Chirac, en reconnaissant que ce 1er plan cancer avait été utile.
Le président actuel vient de signer un chèque de 750 millions d’euros pour des dépenses supplémentaires concernant la lutte contre le cancer.
Il veut « construire, dès aujourd’hui l’excellence des soins de demain » et pour garantir la qualité des soins, demande de recruter 20% de spécialistes en plus, « oncologues, radiothérapeutes, hématologues qui sont aujourd’hui en nombre insuffisants ».
Et il a raison.
Les premiers problèmes naissent de la réalité des faits : comment financer ces dépenses sans prélèvement obligatoire supplémentaire ?
Comment assurer une qualité de soins en diminuant de façon drastique les effectifs de personnel soignant ?
Comment faire naître 20% de spécialistes supplémentaires quand le pays est confronté au déficit démographique médical et que 680 postes d’internes en médecine générale n’ont pas été pourvus cette année. Par ailleurs, ces spécialistes ne seront opérants que dans une dizaine d’années. Il est plus rapide pour certains de devenir président d’EPAD (je n’ai pas dit EHPAD= établissement hospitalier pour personnes âgées dépendantes) que cancérologue chevronné. Toutes ces belles intentions ne se concrétisent pas d’un claquement de doigt.
Il s’intéresse à « l’annonce du diagnostic » et à « l’après cancer », mettant le médecin généraliste au cœur du problème.
Il a encore une fois raison, à ceci près que les généralistes qui se sont exprimés sur « Pratis TV »sont furieux que l’on découvre aujourd’hui leur métier et ont des mots très durs pour ces « politico-administratifs qui ont toujours … du retard » alors que ce sont eux qui le plus souvent détectent, ou constatent la maladie, suivent leurs patients dans leurs traitements divers et sont présents lors de la phase terminale. Ils revendiquent le manque de moyens qui leur sont attribués alors qu’ils ont à cœur « l’honneur de leur profession ».
Enfin, est-il bien cohérent de vouloir réduire les inégalités quand on a vu défiler la hausse du forfait journalier, le déremboursement des médicaments à « service médical rendu » insuffisant comme le paracétamol (seul médicament efficace en cas de grippe, fût-elle A), les franchises médicales, ou plus récemment l’article 29 du projet de loi de financement de la sécurité sociale qui doit être voté demain à l’Assemblée nationale.
Cet article prévoit pour les Affections de Longues Durée prises en charge à 100% (ALD), affections longues et coûteuses au premier rang desquelles le cancer, une sortie du système au bout de cinq ans de suivi des patients qui n’ont pas de traitement lourd.
Dans beaucoup de cas, les patients sont en rémission complète au bout de ces cinq ans, sans être véritablement guéris, et vont rechuter quelque temps après….
A vrai dire, ce discours m’a profondément attristée. Encore une fois, le diagnostic est bon, mais il ne peut y avoir d’évolution favorable. En dehors des incantations qui dans ce domaine peuvent avoir un effet psychologique favorable, il ne sortira rien de ce plan cancer II.
Merci Jacques Chirac de l’avoir initié en 2003, même si sur les 70 mesures annoncées, un tiers restait à mettre en œuvre.





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