mardi, 03 novembre 2009

Un gouvernement schizophrène.

D’un côté, Eric Besson, dans sa lettre aux préfets, observe que « le débat sur l’identité nationale répond aussi aux préoccupations soulevées par la résurgence de certains communautarismes dont l’affaire de la burqa est l’une des illustrations ».

Nicolas Sarkozy a bien dit à Versailles que « la burqa n’était pas la bienvenue en France ». Elle témoigne de la montée de l’intégrisme islamique. Considéré comme portant atteinte à la laïcité, son port doit être interdit dans les endroits publics et tout doit être fait pour éduquer les jeunes filles des quartiers pour les soustraire à l’autorité masculine paternelle ou maritale qui leur impose cette pratique.

 

Pour se reconnaître français, il faut donc éradiquer les pratiques communautaristes, ce qui vise essentiellement l'islamisme et respecter le principe républicain de la laïcité.

 

De l’autre côté, la ministre de l’Economie, Christine Lagarde, a annoncé aujourd’hui, lors d’une conférence sur la finance islamique  organisée à Bercy, sa détermination à attirer les investissements venus du Golfe persique et permettre l’émission de « sukuks », obligations conformes à la loi islamique.

« Fondée sur la charia, loi islamique, la finance islamique interdit le recours aux intérêts, la spéculation et les investissements considérés comme impurs (jeu, alcool, armement, tabac…) ».

Le parlement avait donc, dans le cadre de la loi sur les PME, adopté un amendement proposé par le sénateur UMP Philippe Marini, afin de faciliter ces investissements venus des émirats et changer la loi modifiant le régime de la « fiducie » pour que l’on puisse émettre ces obligations « islamiquement correctes » : les fameux  sukuks.

 

Le Conseil constitutionnel avait censuré cet article  « au motif qu’il n’avait pas de lien avec l’objet du texte ».

 

Eh bien, la ministre a annoncé que cette disposition serait réintroduite « dans un nouveau véhicule législatif plus approprié, qui évitera la censure du Conseil constitutionnel ».

 

C’est ce qui s’appelle ne manquer ni d’audace, ni de mépris pour les institutions françaises.

 

C’est aussi bafouer la laïcité, principe intangible de la République.

 

 

L’Etat a donc deux discours contradictoires: l’un pour la finance, l’autre pour les jeunes filles de quartier…

C’est la crainte d’Eric Raoult, député de Seine-Saint-Denis et rapporteur de la mission burqa.

Doit-on durcir les lois pour les rendre intransigeantes vis-à-vis de l’islam ?

Doit-on modifier le droit français pour le rendre « charia compatible » ?

 

Le gouvernement devient de plus en plus schizophrène.

Il faut ratisser large et après l’ouverture à gauche, revenir sur les terres du Front national. Eric Besson excelle dans cette fonction qu’il incarne à la perfection, sous l’œil un peu pervers de son nouveau maître.

 

Par ailleurs, la France bling-bling est exsangue et a besoin d’argent. On nous invite à fermer les yeux sur les sources de financement, pourvu que les caisses se remplissent.

C’est ce qui s’appelle un grave manquement à la morale.

 

Conclusion : intolérance, perte des valeurs et atteinte au principe républicain de la laïcité.

 

Pauvre France !