dimanche, 08 novembre 2009
On ne peut servir deux maîtres à la fois
Bruno Le Maire a montré ce matin les limites de son exercice.
Il garde toute son admiration à Dominique de Villepin et lui réaffirme son « amitié personnelle ».
Il serait bien ingrat d’oublier qui l’a fait roi, ou du moins qui l’a mis sur orbite.
Et ensuite, il s’est perdu dans des méandres assez oiseux pour expliquer combien Dominique de Villepin avait toute légitimité à s’exprimer. Ouf !
Qu’il était bien sûr compétent dans son analyse de la situation financière de la France....
C’est heureux d’entendre ces propos du directeur de cabinet de l’ancien Premier ministre. Il doit se rappeler la situation de la France bien plus brillante il y a quelques mois concernant les déficits publics qui diminuaient, le plein emploi, etc…
Néanmoins, il ne comprend pas que Dominique de Villepin se veuille une alternative à Nicolas Sarkozy.
L’exercice de la solidarité gouvernementale est certes difficile en vertu du principe qu’ « un ministre, ça ferme sa g… ou ça démissionne », et tout le monde n’a pas l’audace de Rama Yade.
Mais c’est bien parce que le président de la République voulait enlever à Dominique de Villepin un de ses… « fidèles », qu’il l’a promu d’abord secrétaire d’Etat, puis maintenant ministre de l’ Alimentation, de l’Agriculture et de la pêche.
Il était sûrement plus à l’aise dans les assemblées européennes que dans les salons de l’agriculture.
D’ailleurs, il n’a pas vraiment su s’imposer dernièrement au sommet de l’élevage de Clermont-Ferrand où il a dû rebrousser chemin devant « les paysans en colère ».
Et pourtant, il va devoir les trouver les 650 millions d’euros d’aides à débloquer de toute urgence pour les agriculteurs, sans oublier les 60 millions promis aux éleveurs et producteurs de lait.
Les agriculteurs n’entendront pas le même discours une troisième fois. Ils n’ont plus grand-chose à perdre.
Les pêcheurs et les ostréiculteurs ne sont guère mieux lotis, même ceux du Guilvinec’h…
Le secteur de l’alimentation lui sera peut-être plus favorable, hormis les producteurs de fruits et légumes qui devront rembourser 350 millions d’euros pour des subventions indues, enfin ceux qui ne sont pas morts, ceux qui sont encore en activité, etc…
Le ministre est en charge de bien des problèmes et des déceptions. Mais il connaissait la situation auparavant, et ce ne sont pas les quelques moments passés dans sa circonscription normande qui peuvent l’avoir familiarisé avec la population rurale.
Quant à la majorité présidentielle, fût-elle unie, elle serait déjà bien assez affaiblie avec un président qui dévisse dans les sondages, avec toutes ces promesses non tenues, tous les discours et les incantations.
Heureusement pour la France, il se dessine une alternative avec des hommes et des femmes politiques de courage « cette vertu qui est le sentiment de ses propres forces » (Montesquieu).




