dimanche, 31 janvier 2010
Comment Nicolas Sarkozy s’est suicidé politiquement vendredi dernier
Comment aucun conseiller du président, dont on dit que quelques-uns sont férus d’histoire, n’a pas soufflé à Nicolas Sarkozy la seule attitude valable après l’annonce de la relaxe de Dominique de Villepin, ce que Louis XII en homme d’Etat avait déclaré au duc de la Trémoille : « le roi de France ne venge pas les injures faites au duc d’Orléans »?
Le souverain plaçait le service de la France au-dessus de ses rancunes personnelles.
Voilà le seul comportement valable quand on est le premier personnage de la France.
D’abord parce qu’il permet « de tourner la page » et de passer aux véritables problèmes qui préoccupent les Français.
Ensuite parce que d’une façon ou d’une autre, il sauve la face car on ne retient que l’objectif de l’homme d’Etat qui est de faire litière de ses ressentiments personnels, quelles qu’en aient été les conclusions judiciaires.
Encore faut-il être un homme d’Etat et ne pas revêtir un costume de la fonction trop grand pour la qualité réelle de l’homme.
Encore faut-il domestiquer ses pulsions, ce qu’on est en droit d’attendre de tout chef d’état, sinon le pire est toujours à craindre.
Comment peut-on alors faire confiance à quelqu’un qui se laisse dicter sa conduite par une haine irraisonnée au point de l’aveugler sur la façon de conduire les affaires de la France ?
Le président se maîtrise-t-il ? on peut se le demander.
Il vient de démontrer que dans l’adversité, il n’est pas capable de calme et de sérénité.
Que peut-il advenir à la France, lorsqu’un obstacle se dresse sur sa route ?
A l’occasion du premier procès, Sarkozy a offert une tribune à Dominique de Villepin. Il n’est d'ailleurs pas sûr que celui-ci se serait senti pousser des ailes vers un destin national si l’occasion de défendre son honneur par tous les moyens médiatiques possibles ne lui en avait pas été donnée.
De plus, aujourd’hui, Villepin, qu’on le veuille ou non, a été disculpé et les 327 pages du délibéré laissent à penser que cette relaxe est justifiée. D’ailleurs, selon le sondage du Monde aujourd’hui, « 69,6% des Français pensent que ce premier procès à permis d’aller au fonds des choses » et qu’un second procès est inutile.
Dominique de Villepin est devenu la victime de Sarkozy, l’objet de sa rogne, et obligatoirement attire la sympathie de ses concitoyens.
Il va pouvoir s’exprimer sans retenue, ce qu’il a déjà commencé à faire, et le président n’en sortira pas sans dommage.
Au moment du second procès, nul doute que l’opinion lui sera complètement favorable.
Enfin, l’image du procureur Jean-Claude Marin est singulièrement écornée.
Lui dont les détracteurs signalent qu’il s’est mis respectivement du côté des balladuriens, puis des chiraquiens pour finir chez les sarkozystes.
Pendant l’instruction des juges d’Huy et Pons, il avait été en désaccord sur leur façon de procéder. Et il a longtemps considéré qu’ « il n’y avait rien à reprocher à Dominique de Villepin ».
Il reconnaît lui-même avoir eu « deux épisodes violents avec Nicolas Sarkozy lorsque celui-ci était ministre de l’Intérieur » au sujet de l’affaire Clearstream.
Et le 29 janvier, il a l’outrecuidance de dire qu’il n’a pas changé d’avis !
Comment peut-on faire confiance à ce procureur ?
Le pauvre Herzog, qui n’avait pas pris de vacances pour mieux préparer ses quatre heures de plaidoirie anesthésiantes va goûter tout à loisir les CD de Johnny. Qu’on le veuille ou non, cet échec est le sien et celui de son client !
Et par un hasard inexpliqué, voilà qu’on nous ressort Gergorin atteint du psittacisme que le décès de Jean-Luc Lagardère a provoqué. Le seul capable de charger Dominique de Villepin à l’issue de ce procès.
Minable !
A coup sûr, Nicolas Sarkozy vient de se tirer une balle dans le pied.
vendredi, 29 janvier 2010
Côté cour, côté jardin
Côté cour : l’innocence, la grandeur, la mansuétude.
Côté jardin : la mesquinerie, la petitesse, la haine.
Côté cour : Dominique de Villepin.
Côté jardin : Nicolas Sarkozy.
Et que penser d’un président de la république, qui plus est avocat, qui fait paraître un communiqué de presse où manifestement il montre ignorer le droit ?
La belle affaire de ne pas vouloir faire appel du jugement ayant relaxé Dominique de Villepin !
Il n’en a pas la possibilité.
Mais il affiche sa (fausse)magnanimité. Quoique les images d’hier qui le montrent mauvais perdant ne trompent personne.
Pour un président dont la culture s’arrête au sport, ce n’est pas très glorieux de ne pas savoir perdre !
Ce n’est pas glorieux pour un président d’entretenir la haine.
Ce n’est pas glorieux pour un président de s’acharner de la sorte avec une rogne impulsive.
Où est le rassembleur ?
Où est le responsable à l’écoute des problèmes des Français ?
Où est l’homme politique qui donne par son exemple l’image de l’humilité au service de son pays ?
Les gaullistes qui n’acceptent pas que l’image de la France soit ternie entrent aujourd'hui en résistance.
jeudi, 28 janvier 2010
Un tribunal courageux, un honneur recouvré, un homme au service de la France…
Ce jour est un grand jour. Celui où un grand serviteur de l’Etat se voit complètement blanchi, disculpé de toutes les combines, mesquineries, falsifications et que sais-je…la liste de ses méfaits n’était pas assez longue pour ses détracteurs.
Dominique de Villepin, après cinq ans de calomnie, est aujourd’hui relaxé par le Tribunal correctionnel de Paris.
Ce qui veut dire que les accusations portées contre lui étaient infondées.
Mieux, il a été la première victime de manipulations.
Mais, comme son sens de l’intérêt général le lui commande, « une page est tournée » et, avec une maîtrise rare, il fait fi de toutes les humiliations subies par lui et par sa famille, pour se mettre au service des Français.
Non seulement il n’éprouve aucun ressentiment, ne prône aucune vengeance, mais encore, aujourd’hui, et dans la majorité présidentielle, il veut apporter son expérience qui n’est pas mince tant en ce qui concerne le chômage (taux le plus bas depuis 1983, lorsqu’il était le Premier ministre du président Chirac), qu’en ce qui concerne le rayonnement de la France sur le plan international : je ne rappellerai pas le discours contre la guerre en Irak, au siège de l’ONU, où son discours avait été suivi d’une « standing ovation ».
La France, comme dans les heures difficiles de son histoire, a la chance de voir une figure capable d’assurer son redressement, dans le souci de rassembler tous les Français, faisant litière du clivage droite-gauche complètement dépassé. Comme le souhaitait le général de Gaulle.
Voilà un "homme politique non professionnel "de la chose publique, uniquement habité par ses convictions, gaullistes, sociales et humanistes qui met au service de la France son engagement et sa détermination.
Qui pourrait se passer de cet homme d’Etat qui analyse les problèmes dont souffrent les Français, qui n’a qu’une obsession : le chômage, qu’un objectif : la justice sociale, qu’une passion : la France?
Toute autre interprétation n’est que scorie.
Et tous les beaux esprits, si tant est qu’ils en eussent, peuvent continuer à se faire plaisir avec leurs bons mots. A chacun selon son rôle, et celui de bouffon peut être aimable au roi !
Pour ma part, je ne servirai que l’homme qui répond à mes convictions politiques.
Cet homme s’appelle Dominique de Villepin.
Je le félicite d’avoir su démontrer son innocence, de se mettre au service de ses compatriotes et d’affirmer son attachement inextinguible à la France.
En route pour 2012!
mercredi, 27 janvier 2010
Ah ces journalistes!
Je comprends le président de la République quand il se met en colère contre eux.
En effet, ils écrivent n’importe quoi.
Ainsi aujourd’hui, en page deux d’un hebdomadaire qui paraît le mercredi, quelle ne fut pas ma stupéfaction de lire (je cite) : « Je ne comprends pas pourquoi Mougeotte a laissé publier ce torchon sur la visite de Villepin en banlieue ».
Je suis sure que le président, avare de ses colères car il ménage ses artères (n’a-t-il pas avoué lundi soir avoir subi une IRM pour une histoire banale?), n’a jamais tenu de tels propos.
Quoi, il aurait été furieux que Dominique de Villepin occupe les pages 42, 43, 44 et 45 du Figaro Magazine de samedi dernier?
Ce n’est pas possible : certes, les deux photos, qui ne semblent pas retouchées, montre un Dominique de Villepin souriant au milieu de la population de Bondy….mais rien que de très banal.
Et puis, il faut bien que quelqu’un retourne dans cette banlieue qui se croit déshéritée. Je suis sure qu'il a été satisfait de voir Bondy apaisé.
L'article décrit l'équipe des « sept samouraïs villepinistes », voilà une notion machiste à revoir car sur les trois anciens ministres, il y a deux femmes.
La garde rapprochée de Dominique de Villepin ne ressemble en rien à celle de Nicolas Sarkozy.
Je ne crois donc pas que ce dernier puisse prendre ombrage du bel article consacré à son ancien Premier ministre, celui qui l’avait fait rentrer en grâce.
Ils ne jouent pas dans la même cour !
Et toute irritation du président n’est, à mon avis, que calomnie.
En revanche, ce qui m’inquiète, ce sont les propos d’un proche du chef de l’Etat qui, à la lecture du même magazine, confie en parlant de Dominique de Villepin (Les indiscrets) : « De toute façon, il fera moins le malin la semaine prochaine (NDLR lors du jugement dans l’affaire Clearstream), ça le calmera ».
Si ces propos sont exacts, nous pouvons sérieusement nous interroger sur plusieurs faits qui interpellent :
-la confidentialité du délibéré . Or le président de la République n’a pas à connaître, plus que la partie adverse, le sort qui lui est réservé en tant que partie civile.
Et le président Pauthe qui se voulait irréprochable n’a pas su résister aux pressions.
-l’indépendance de la justice et la séparation sacrée des pouvoirs.
Ce qui en dirait long sur l’état de notre démocratie.
Mais non, j’affabule. C’est encore une histoire de journalistes.
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mardi, 26 janvier 2010
Un bien beau moment médiatique.
Hier Dominique de Villepin répondait aux questions des internautes qui l’interrogent par l’intermédiaire de son réseau social. Rendez-vous qu’il a fixé au nombre de deux par mois.
Il aime les rendez-vous fixes. C’est vrai pour son club. C’était vrai lorsqu’il était Premier ministre.
Rappelons-nous qu’il réunissait tous les mois une conférence de presse pour faire le tour de l’actualité, expliquer aux Français l’action du gouvernement, les associer à celle-ci.
Le Club Villepin a été créé pour soutenir Dominique de Villepin et l’accompagner « pour trouver les voies du renouveau de notre société, de la reconstruction de notre économie ».
C’est un « lieu de débat moderne, ouvert et imaginatif ».
Parce que la proximité pour l’ancien premier ministre n’est pas un vain mot, non seulement il se déplace en province, en banlieue et dans des zones rurales, mais encore, il entend répondre aux interrogations des Français que ceux-ci veulent bien lui exposer par le biais de Villepincom.
Hier, les sujets variés sur lesquels il s’est expliqué allaient de Clearstream à Haïti et une éventuelle force humanitaire de projection rapide permanente, en passant par l’identité nationale, le port du voile, la grippe A ou le système éducatif.
Dans son QG sobre et élégant, pas de mise en scène. Aucun concours de réalisateur producteur de grands divertissements ou de shows politiques.
Que des bénévoles, dont le mérite est d’autant plus grand qu’ils sont discrets et efficaces.
Pas d’animateur vedette. La présidente du Club, Brigitte Girardin, reste dans l’ombre.
Dominique de Villepin n’esquive pas les questions, répond de façon précise, sans réciter de fiches ni assommer l’auditoire de chiffres. Il établit les constats et réfléchit aux solutions à apporter aux demandes de la population.
Le souci majeur qu’il partage avec elle est d’abord celui de l’emploi, de l’embauche des jeunes, mais aussi de la compétitivité de nos entreprises, du logement et de l’accession à la propriété.
Le clivage droite-gauche, à ses yeux, ne conduit qu’ « à des affrontements stériles ».
Dépassons ce stade et « posons-nous les vraies questions ».
Dominique de Villepin est apparu en homme politique vrai, pragmatique, serein, ne se laissant aller ni à l’empathie ni à l’indignation. Respectueux de tous. Il ne m’a même pas appelée par mon prénom….
Bref, cette rencontre-débat avec les internautes a mis en valeur trois qualités chez Dominique de Villepin: besoin de vérité, courage, vision.
A celles-ci s’ajoutent le souci de justice sociale, le respect des institutions, et un attachement indéfectible à la France.
En route pour 2 012 !
dimanche, 24 janvier 2010
Dira, dira pas?
Demain, le président de la République se voit consacrer une soirée télévisée sur TF1.
Après avoir répondu à Laurence Ferrari lors du JT, il devisera avec un panel de Français qui ne saurait être que représentatif.
A mi-mandat, que dira-t-il en conclusion de sa tournée de vœux aux différentes catégories de Français ?
Il parlera de son souci de proximité et de ses déplacements fréquents en province et des bains de foule qu’il va saluer régulièrement.
Ce qu’il ne dira pas c’est que ces manifestations ont tout des plateaux de Hollywood, avec ses figurants qui montrent leur carte UMP aux forces de police déplacées en escadrille. Et lorsque le scénario ne se déroule pas comme il a été établi, ainsi lors de son déplacement à Saint-Lo en janvier 2009, le préfet et le directeur départemental de la sécurité publique sont mutés séance tenante.
Osera-t-il répéter encore et encore qu’il a changé ?
Il va plutôt redire combien la crise est responsable de tous nos maux, même s’il a reconnu celle-ci le 25 septembre devant 3 000 militants UMP à Toulon après en avoir dénier l’existence quinze jours plus tôt.
Mais, nous nous sortons mieux de cette épreuve que nos voisins européens, grâce au modèle social français, même si son désir de redresser les comptes de la nation passe par une correction historique du nombre des fonctionnaires. Erreur funeste, notamment dans la fonction publique hospitalière.
Osera-t-il démontrer que les patients seront mieux soignés sans médecins et sans personnels soignants ?
La grippe A s’est révélée moins létale qu’annoncée mais qui s’en plaindrait ? Que n’aurait-on pas dit s’il n’avait commandé la quantité de vaccins en adéquation avec les chiffres de la pandémie ?
Le traité de Copenhague ? sans la France, Barack Obama ne se serait pas déplacé, et grâce à sa ténacité, le réchauffement climatique est désormais inscrit dans les préoccupations des 192 pays réunis.
La taxe carbone ? Elle va être mise en place comme prévu, à la date prévue.
Pas d’attaque sur le Conseil Constitutionnel. Il a laissé ses seconds couteaux s’exprimer, et il ne voudra pas critiquer les Institutions.
Clearstream ?
Chat échaudé craignant l’eau froide, il devrait rester prudent, laissant la justice opérer.
Mais peut-être que, se laissant emporter par la haine qu’il voue à l’ancien Premier ministre, révèlera-t-il quelques indiscrétions en cas de condamnation de celui-ci.
Nicolas Sarkozy dira, dira pas ce que les Français attendent. Ce qui est sût, c’est qu’il doit au plus vite corriger la crise de confiance qui s’étend à des domaines de plus en plus nombreux : politique, parlementaire, judiciaire, financier, éducatif….
Si les Français délaissent « FBI : portés disparus », ou « Star Wars», il faudra que le président réponde à leur expectative…
samedi, 23 janvier 2010
Trop courageux, Eric Besson!
Le 14 janvier dernier, le ministre de l’immigration, ayant remisé dans un coin et pour un court moment l’identité nationale, a annoncé la suspension immédiate des expulsions des Haïtiens en situation irrégulière vers leur pays. On ne peut manquer d’être confondu devant une telle mansuétude et s’interroger sur sa motivation.
Devait-il renvoyer d’affreux sans-papiers dans un pays dévasté par une catastrophe qui a rendu la vie quotidienne difficile ?
Ou l’aéroport de Port-au-Prince n’allait-il pas obliger à un retour à l’envoyeur, son tarmac étant occupé par des opérations humanitaires plus importantes que la réintégration de ces malheureux ?
Cette obsession d’expulsion tourne à l’indécence dans ces circonstances.
« La France va essayer de faire preuve de la plus grande humanité, générosité, solidarité » a promis le ministre, « pour répondre à la situation humanitaire, en Haïti et faciliter l’aide aux victimes du séisme ».
Par ailleurs, « les ressortissants haïtiens en situation régulière dont les visas ou les titres de séjour arrivent à expiration postérieurement au 12 janvier 2010 bénéficieront d’autorisations provisoires de séjour » (3 mois !).
C’est bien le moins !
Enfin, « la France mettra tout en œuvre pour faciliter la vie des victimes et de leurs familles ».
Dans ce but, le ministre avait promis d’exonérer de visa préalable les Haïtiens nécessitant d’être soignés, et un « Plan blanc » prévoyant d’accueillir en Martinique une centaine de blessés par jour avait été mis en place dès le lendemain du séisme, 13 janvier.
Au CHU de Fort-de-France, les interventions chirurgicales ont été alors déprogrammées, des lits d’hospitalisation libérés, et, après avoir soigné en deux jours une soixantaine de blessés, le Plan blanc a été suspendu 18 janvier.
Tout se passe comme si la France avait peur d’accueillir une population étrangère, fût-elle dans un état sanitaire précaire, de crainte de devoir la garder sur son territoire au moins le temps de sa guérison.
L’Etat préfère envoyer les équipes soignantes sur place.
Qui a dit que la France était toujours généreuse ?
Comment ne pas se faire doubler par les Etats-Unis ou le Canada qui réfléchit aux moyens de faciliter la venue des ces pauvres Haïtiens à titre d’immigrants ou de réfugiés ?
Mais Eric Besson doit avoir lui-même trop peur de se faire expulser du gouvernement, alors il reste frileux.
Le courage est une bien belle vertu et, à l’impossible nul n’est tenu !
jeudi, 21 janvier 2010
Le ridicule peut-il devenir chronique?
Fuyant une reconversion qui s’annonçait prometteuse à la suite d’un lipdub qui avait révélé ses talents de cantatrice, Christine Lagarde avait avoué qu’elle regrettait sa prestation audio-visuelle auprès des Jeunes pop’ de l’UMP. Elle ajoutait qu’ « heureusement le ridicule n’avait jamais tué personne » reconnaissant que le domaine de la chanson n’était peut-être pas celui où elle pouvait donner la mesure de son talent.
Le domaine où elle excelle, c’est celui de l’Economie dont elle dirige le ministère.
A ce titre, le 5 novembre 2009, interrogée par les sénateurs sur le curieux cumul d’Henri Proglio, premier patron français à cumuler des fonctions dans une entreprise publique et dans un groupe privé, c’est-à-dire, nouveau PDG d’EDF mais gardant la présidence du conseil d’administration de Veolia, la ministre de l’Economie avait assuré que M. Proglio ne cumulerait pas les rémunérations.
Quelle parole plus fiable que celle d’un ministre ?
Or, mi-décembre, Henri Proglio reçoit une rémunération annuelle de 450 000 euros de la part de Veolia, et doit percevoir 1,6 million en guise de rémunération de la part d’EDF.
Première erreur : ou Madame Lagarde n’était pas au courant des tractations financières, ou elle a délibérément parlé contre sa pensée avec la ferme intention de travestir celle-ci. Ce qui s’appellerait du mensonge.
Hier, lors des questions au gouvernement, sommée de s’expliquer sur cette situation qui ne correspondait pas à ce qu’elle avait exposé, elle part dans des considérations oiseuses, opérant un subtil distinguo entre « rémunération » et « indemnités ».
Bien sûr qu’Henri Proglio ne cumule pas deux rémunérations, puisqu’il reçoit un salaire de la part d’EDF, mais de la part de Veolia, il s’agit d’indemnités….
Deuxième erreur: ces arguties dépassent l'entendement des modestes citoyens.
La troisième erreur, digne de Marcel Pagnol, concerne la répartition du temps de travail d’Henri Proglio.
En effet, selon Bercy, celui-ci consacrera « peu de son temps à Veolia, et sera à 100% de son temps chez EDF ».
Et là consternation :
-ou les responsables de nos finances ne sont pas très doués en mathématiques, et ils n’ont pas compris que M. Proglio allait travailler à plus de 100% de son temps, mais comme César dans Marius, «Bougre d’imbécile, ça dépend de la grandeur des % ». Ce qui n’est guère rassurant pour les Français, mais qui pourrait expliquer pourquoi dette et déficits s’allongent sans qu’ils y prennent (la) garde ( !).
-ou ils prennent vraiment ces mêmes Français pour des imbéciles.
Leur emboîtent le pas : Eric Woerth, Luc Chatel, Christian Estrosi, et l’inénarrable Lefebvre.
On ne peut alors que se demander s’ils sont ou non conscients de la situation qu’ils sont amenés à défendre.
On en vient à espérer qu’ils ont agi sans réflexion en service commandé. Ils seraient de bons petits soldats, l’arme au pied, rémunérés certes mais pas pour être courageux.
Sinon, jusqu’où le ridicule, au prétexte de la solidarité gouvernementale, va-t-il les conduire ?
Aux dernières nouvelles, le seul seigneur dans cette affaire est Henri Proglio qui viendrait de renoncer à toute rétribution de Veolia.
mercredi, 20 janvier 2010
Dominique de Villepin dans le 9-3.
Après Draveil, Dominique de Villepin a voulu, hier, rencontrer les habitants de Bondy, une façon à lui de prendre le pouls de la population.
« C’est une chose d’être dans un bureau, c’est autre chose que de ressentir les choses » dira-t-il.
Gilbert Roger, maire socialiste de Bondy l’a accompagné tout l’après-midi, après l’avoir reçu à la mairie.
Entre la visite d’une zone en rénovation du nord de la ville, une halte dans un café et la rencontre de l’équipe du Bondy blog, il s’est rendu dans le local d’une association de solidarité où lui ont été offerts du thé à la menthe et des pâtisseries qui lui ont rappelé le Maroc, son lieu de naissance.
Il faisait bon voir la population se presser à ses côtés, fière de l’accueillir, comme l’a souligné la présidente de l’association, le remerciant pour « ce qu’il a beaucoup apporté à la France ».
L’ambiance était conviviale entre embrassades et youyous. Quant aux gamins, ils n’en revenaient pas. Ils se demandaient bien qui venait les voir, le président ou un ministre.
« T’es fou, c’est pas le président, y’aurait des CRS » .
C’était un vrai bonheur de voir leur regard curieux, intrigués et fiers que leur quartier suscite un intérêt auquel ils ne sont pas habitués, pendant que le plus grand, après s’être faufilé jusqu’à la table des gâteaux, rapportait son butin de pâtisseries.
Dominique de Villepin, pour lequel Brigitte Girardin, présidente du Club Villepin et une dizaine de parlementaires, avaient organisé, à sa demande, « un déplacement d’écoute » a trouvé auprès de ces habitants aux origines diverses un écho favorable lorsqu’il a critiqué le débat sur l’identité nationale : « Quand je viens à Bondy, je constate qu’il y a une unité nationale forte. On n’a pas de leçon à donner ici en la matière. Ces débats qui sont faits avec le souci de marquer des camps me paraissent hors de propos ».
Ce débat, pour lui, est destiné à « détourner les Français de l’essentiel, "la crise économique et sociale " le " défi "de la dette et des déficits ».
Il « veut entendre ces Français qui souffrent », confie Georges Tron.
Il se réclame de la « tradition gaulliste, sociale et républicaine », entend « servir la France et les Français » et « offrir une alternative politique ».
Il défend son bilan de Premier ministre, ayant créé 600 000 emplois en 2 ans et réduit le chômage à son taux le plus bas depuis 1983 : 8,1% de la population active.
De quoi faire rêver les jeunes qui l’interrogent, inquiets de leur propre sort.
Il martèle la nécessité de renforcer notre compétitivité, notre protection sociale, la lutte contre les déficits. Pas de promesse, mais du pragmatisme.
Pour un peu, il serait « un homme mûri par les épreuves qu’il a eu à vivre et à surmonter au cours des derniers mois », l’auteur qui se décrit ainsi continue en se disant « prêt désormais pour assumer la plus haute fonction de l’Etat », ce que n’a pas encore dit explicitement Dominique de Villepin.
Dès lors, l’écrivain veut « parvenir à sceller entre eux (les Français) et moi cette "rencontre " qui seule peut déterminer leur confiance à mon égard.
Voilà pourquoi je me suis attaché à établir avec eux la relation la plus directe sur le terrain…..lors de petites réunions informelles qui m’en ont plus appris sur les difficultés auxquelles mes compatriotes sont confrontés que tous les rapports d’experts ou les analyses savantes des meilleurs sociologues » (Jacques Chirac. Chaque pas doit être un but- Mémoires).
Ce doit être ce à quoi pensait Jacques Le Guen, député UMP, lorsqu’il a déclaré : « On est un peu comme en 1994 lorsque Jacques Chirac était à 11% dans les sondages. On a vu la suite ».
C’était bien une visite qui fait rêver !
dimanche, 17 janvier 2010
"Comment croire que le seul désir de changement suffit à dicter les bonnes solutions ?"
Cette question est posée par Dominique de Villepin dans la conclusion de son avant-dernier ouvrage « La cité des hommes ».
Elle pourrait s’appliquer à Nicolas Sarkozy dont le diagnostic de campagne l’avait amené à promettre aux Français la « rupture » avec toutes les politiques antérieures.
Près de trois ans plus tard, force est de constater que ses désirs de changement ne sont pas suivis des effets escomptés.
Pire, la France perd tous les jours de son indépendance, de sa crédibilité dans le monde.
Les Français sont malheureux, les discours du président qui présente ses vœux à une catégorie de population tous les jours différente, ne retiennent pas leur attention. Ils en connaissent d’ailleurs la teneur à l’avance : « votre situation est insupportable. Je vous comprends. L’Etat va débloquer des fonds. Heureusement que je suis là. Que ne dirait-on pas si je faisais autrement…. ».
Le déficit budgétaire de la France a plus que doublé en un an (de 66,6 milliards en 2008, il atteignait 143,3milliards au 30 novembre 2009).
On compte près de 5 millions de chômeurs.
La police connaît un profond malaise. Un sociologue résume ainsi le bilan 2009 (JDD) : « face à une situation très difficile en 2009 mais mis sous pression par leur hiérarchie, les policiers et les gendarmes ont fait ce qu’ils ont pu pour permettre au ministre de sauver les apparences », pour permettre à Brice Hortefeux d’annoncer un recul de 1% de la délinquance en 2009 alors que cambriolages, vols à main armée, atteintes à la personne sont en augmentation.
Quant aux magistrats, « ils dénoncent de plus en plus fort, et jusque dans les hautes sphères judiciaires, des atteintes répétées du président de la République à l’indépendance de la justice »(AFP). « Le statut du parquet est au cœur de leurs critiques », suite à la disparition du juge d’instruction. Ils craignent « l’enterrement des affaires sensibles, politiques ou financières ».
Philippe Bilger, avocat général près la cour d’appel de Paris, dénonce vivement les « nominations politiques » : « nous sommes devant ces nominations comme des vaches regardant passer un train ». « Jamais on n’a autant parlé des possibles nominations à Paris, aussi bien durant le procès Clearstream qu’ensuite »(Le Monde).
Il est vrai que ce procès Clearstream où le chef de l’Etat est une des parties civiles et un ancien premier ministre le principal prévenu, mais annoncé comme coupable par le président de la République, ne donne pas une image très reluisante de ce qui peut se passer autour des prétoires.
En attendant le délibéré de cette ténébreuse affaire, Dominique de Villepin s’organise. « L’épreuve de l’injustice est une épreuve qui vous renforce dans vos convictions, dans votre détermination, dans vos choix » a-t-il affirmé sur BFM Radio jeudi dernier.
Il comprend le « contexte difficile pour les Français, contexte où beaucoup de souffrances se font jour dans notre pays ».
« J’appartiens à une famille politique gaulliste, républicaine, sociale, indépendante et je ne suis pas tout à fait satisfait de la façon dont les choses évoluent. Pas tout à fait satisfait non plus de la politique qui est menée ».
Les « amis » politiques de Dominique de Villepin se retrouvent autour de son « Club Villepin » avec « l’ambition de préparer le terrain présidentiel pour leur mentor », comme l’écrit l’un des leurs.
« L’élection présidentielle de 2007 devait ouvrir de nouveaux possibles, elle ne l’a pas fait. Tout est à refaire » a-t-il asséné sur France Culture, après avoir dénoncé « les illusions de la rupture » prônées par le président et « les divisions stériles ».
"Je défends une autre politique, une autre façon d'avancer, d'autres réponses....plus conformes à notre génie national, à notre tradition nationale, à partir d'un rassemblement, à partir de choix et de priorités clairement exprimés en rapport avec les préoccupations des Français".




