dimanche, 07 février 2010
Même la médecine a le tournis.
La médecine hospitalière est vent debout, notamment l'AP-HP qui doit être restructurée et voir l'effectif de son personnel amputé de 4000 postes, ce dont on ne parle plus depuis quelques jours, les régionales dictant un peu plus de prudence.
Un facteur d'optimisme, cependant, est à signaler avec la nomination de Jean Leonetti à la présidence de la Fédération Hospitalière de France, succédant à Claude Evin. Lequel prend la direction de l'Agence régionale de Santé d'Ile de France (même dans le monde hospitalier, le jeu des chaises musicales est pratiqué !).
Le docteur Leonetti, cardiologue, et député UMP, continue d'exercer une matinée par semaine au Centre hospitalier d'Antibes.
Au moins, il sait de quoi il parle.
Il se permet même de réagir aux suppressions d'emplois de l'Assistance Publique, les qualifiant de « réponse purement comptable et brutale. Peut-être aurait-il fallu prendre le problème d'une autre façon et redéployer les moyens ».
Se penchant sur le problème épineux de l'organisation des urgences hospitalières et de la permanence des soins de ville, il veut contacter les médecins libéraux, annonçant " je suis pour le contrat plutôt que pour la contrainte et hostile à l'installation forcée des médecins libéraux". Lorsqu'on lui parle d'incitations financières, il les pense « utiles mais insuffisantes ».
Bref, si une hirondelle ne fait pas le printemps, il y a bien longtemps que les médecins n'ont pas entendu de paroles aussi apaisantes.
Pendant ce temps, la « mission pour la refondation de la médecine libérale », voulue par le président de la République, depuis ses vœux aux professionnels de santé à Perpignan, se met en place.
Elle doit avoir rendu sa copie à la fin du mois de mars.
Dirigée par le Président du Conseil national de l'Ordre des médecins, le docteur Michel Legmann, par ailleurs proche de Nicolas Sarkozy, elle se réunira une fois par semaine.
Selon les informations du Quotidien du médecin du jeudi 4 février, le « casting » aurait été arrêté par l'Elysée et comprendrait des personnalités peu favorables à la médecine de ville.
A ma connaissance, les femmes n'y sont pas nombreuses. Erreur grossière .
Pour envisager une thérapeutique efficace, il est nécessaire d'établir un diagnostic juste et, pour ce faire, analyser les symptômes réels.
La grandeur de la médecine réside dans le contact avec le patient.
Elle ne peut être pratiquée que par les professionnels, et non pas par tous les crânes d'œuf qui se targuent d'arguments, de savoirs, de statistiques, etc...
On a bien vu combien leurs estimations avaient coûté cher à la France avec le malheureux plan de vaccination contre la grippe H1N1.
Si on veut refonder la médecine libérale, le premier élément à prendre en compte est la féminisation de la médecine.
Les femmes représentent aujourd'hui 37% des médecins actifs. Elles sont majoritaires chez les moins de 40 ans et le seront tout court dans dix ans.
Les jeunes femmes veulent exercer selon le mode libéral, mais dans le cadre de maisons de santé pluridisciplinaires « offrant aux patients des soins de qualité et aux soignants un soutien pour les gardes et la permanence de soins, donc du temps pour la vie de famille ».
Elles veulent concilier vie familiale et professionnelle, regrette l'insuffisance de couverture maladie-maternité et se font du souci pour leur retraite.
Point n'est besoin de commission, de mission pour dresser ce constat.
Elles veulent moduler leur exercice en fonction de leurs activités familiales.
Il faut donc laisser à la médecine libérale son caractère libéral, la débarrassant de toutes les tracasseries administratives qui ne manquent pas de s'additionner de jour en jour.
Comme les réformes seraient efficaces si elles étaient proposées par les professionnels concernés !
Mais ne rêvons pas et soyons attentifs aux conclusions de la mission Legmann qui devra les livrer avant bien sûr, la parution du premier décret d'application de la loi HPST (Hôpital, patients, santé, territoire) dont on aurait d'ailleurs pu faire l'économie (santé et économie restent décidément bien antinomiques !)
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Commentaires
Vu sur Santé en région.
je partage beaucoup de vos analyses sur le fond mais pas OK avec l'idée que dees réformes positives et EFFECTIVES résultent du face à face professionnels de santé et Assurance maladie /Etat.
Un représentant des usagers en région ( organisation sanitaire)
Écrit par : Jacques POUZET | lundi, 08 février 2010
Je n'ai jamais dit que les réformes devaient être le fruit d'un face à face professionnels de santé et Assurance maladie /Etat.
Je pense même que tous les acteurs doivent se mettre autour de la table, en particulier les usagers.
Ce que je critique très fortement c'est que les décisions soient prises dans les cabinets, par des gens surement très intelligents, de vrais intellectuels bardés de diplômes qui n'ont pour expérience que la seule vision administrative et financière de la santé.
On ne connaît pas le monde de la santé en faisant une visite organisée dans un hôpital soigneusement repeint pour l'occasion, tous les 36 du mois . Il faut être confronté aux malades pour comprendre un peu ce que les patients attendent de ce système de santé qui passait pour être le meilleur du monde.
Écrit par : c.renson | lundi, 08 février 2010
Merci de votre réponse. Autant pour moi si j'ai mal compris ; peut-être parce que vous n'avez cité que des personnalités de professionnels de santé ainsi que les attentes parfaitement légitimes des "nouveaux" médecins.
Même si la santé a des spécificités que la technocratie a du mal à prendre en compte, votre critique sévère -que je partage totalement- s'applique à toutes les réformes dans les quelles la quasi totalité de la population est DIRECTEMENT concernée.
A contrario, par exemple, la réforme des services déconcentrés de l'Etat ne mobilise pas les foules . Qui s'intéresse, en particulier à la mise en place des A R S ?
Écrit par : Jacques POUZET | lundi, 08 février 2010
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