lundi, 07 février 2011

Une situation inédite.

Les Français, comme la Constitution leur permet de l’espérer, apprécient la séparation des pouvoirs, exécutif, législatif et judiciaire.

Certes, les magistrats avaient vu d’un œil clément l’arrivée du candidat Sarkozy, avocat de son métier. Ils lui pardonnaient que, ministre de l’Intérieur , il se fût  comporté en garde des Sceaux, lorsqu’il « tapait sur le laxisme des juges » (Mediapart. 4/02/2011).

Mais très vite, son discours populiste commença à fissurer sa crédibilité : lois de plus en plus répressives (Perben 1 et 2), inapplicables (interdiction des rassemblements dans les halls d’immeubles), inutiles (interdiction du racolage passif).

Toujours selon Mediapart, alors que sa fonction lui dictait de prendre de la hauteur, il s' est impliqué personnellement dans des procédures, rompant avec l’usage établi par ses prédécesseurs (Clearstream, compte bancaire piraté…)

Il ne peut s’empêcher de parler, de promettre de voir ce qu’on allait voir, de faire une loi sur chaque fait divers, mélangeant le plus horrible au plus anodin, mais important pour lui s’il frappe l’opinion publique.

Michel Deléan n’hésite pas à dire que « la plupart (des magistrats) ont découvert un Président qui n’aime la justice que quand elle lui obéit. Une justice forte avec les faibles, et pleine de mansuétude pour les puissants et les amis du Prince ».

Telle était la situation de la justice. Lorsque le président de la République a mis le feu aux poudres en appelant à des sanctions contre les juges ou les policiers qui, selon lui, n’auraient pas fait leur travail dans le suivi du présumé meurtrier de la jeune Laetitia.

Toujours est-il qu’aujourd’hui a marqué « un point d’orgue à toutes les attaques dont le corps judiciaire a fait l’objet » (Eric de Montgolfier, Procureur de Nice).

Ce qui ne s’était jamais vu dans la Vè République, les juges ont décidé de renvoyer toutes les affaires non urgentes jusqu’à jeudi, jour de leur mobilisation nationale.

Et, encore plus inédite la charge du juge antiterroriste, Marc Trevidic qui estime que le président « est un multirécidiviste, parce que les attaques contre la justice sont monnaie courante depuis des années, quand il était ministre de l’Intérieur et maintenant, plus grave, quand il est président de la République, garant de notre indépendance ». « Je pense, ajoute-t-il, qu’il est largement temps de lui appliquer la peine plancher, puisqu’il faut être très dur envers les multirécidivistes …Ce sont les responsables qui demandent des sanctions, c’est la monde à l’envers ». « Il n’y a aucune politique à long terme, il n’y a que de l’affichage, que du pipeau, pour parler clairement ».

Une conclusion s’impose : les institutions ne se respectent plus. L’image de la classe politique n’inspire qu’ironie et dégoût. Et les magistrats dénient toute légitimité à ceux qui voudraient leur imposer une règle de conduite qu’ils sont incapables de s’imposer à eux-mêmes, à leur entourage, et à leurs ministres. Les uns partent en vacances aux frais d’une princesse tunisienne, mais après tout, est-ce plus répréhensible qu’une retraite monacale sur un yacht luxueux ?

Les autres ont maille à partir deux, voire trois fois, avec l’autorité judiciaire, ce qui ne fait pas très sérieux pour un ministre de l’Intérieur. D’autres se débattent avec un laboratoire pharmaceutique qui, bien que protégé, s’est permis un comportement scabreux, etc, etc…

Dans ce paysage peu reluisant, un homme est monté au créneau pour défendre Nicolas Sarkozy,  l’homme à qui il doit tout, le merveilleux Philippe Juvin qui lui est redevable de son élection de maire à La Garenne-Colombes, de celle de vice-président du Conseil général du 92 qu’il abandonna pour assumer son mandat de député européen. Il lui est reconnaissant  aussi de son poste de Professeur d’université-Praticien hospitalier à l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris, et de son poste de chef du services des urgences à Beaujon.

A propos, ses postes hospitalier et universitaire ne sont-ils pas déjà  des postes à temps plein ?

Quand s’occupe-t-il des patients ? de ses étudiants ?le service des urgences est-il pléthorique en personnel médical? Est-il inconvenant pour un "patron" de continuer à examiner les malades de Clichy?

Au lieu de facturer des chambres individuelles aux malades, la directrice générale de l’AP-HP ferait bien d’interdire tout cumul de fonction. Voilà des économies faciles pour l’ AP-HP !

Tout est à revoir au royaume ( ?) de France.

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Commentaires

Bravo pour votre courage,

J'ai habité à La Garenne Colombes et je suis de droite.
Mais j'ai vu comment Monsieur Juvin tient sa majorité muselée et cumule mandats, délégations et emplois, c'est scandaleux quelque soit sa proximité supposée (par lui) avec Nocolas Sarkosy.
Un blog dénonce les abus de ce monsieur :
http://lagarenne-colombesretourdebuzz.rsfblog.org/

Il faut redonner à notre république et à la fonction d'élu honneur et dignité.

Merci

Écrit par : René LE GOFF | jeudi, 10 février 2011

Un article qui dit tout haut ce que toute la garenne pense tout bas!

l est partout et nul part, vive le cumul !

Voir le pot rouge un blog entier à l'honneur de Philippe Juvin
et puis aussi celui-ci : http://lagarenne-colombesretourdebuzz.rsfblog.org/

bravo pour votre article !

Écrit par : Moi | jeudi, 10 février 2011

Bonjour madame,
Vous avez raison de vous offusquer du comportement irresponsable du président devant le désarroi de la justice. Quant au bien connu sieur Juvin qui est odieusement venu faire encore parler de lui sur un sujet qu'évidement il ne connait pas, Marianne avait déjà dénoncé pour ce chef des urgences de Beaujon jamais là, un emploi presque fictif. J'avais adoré le terme retrouvé ici : http://lagarenne-colombesretourdebuzz.rsfblog.org/archive/2010/04/09/pr-philippe-juvin-a-l-ap-hp-presque-un-emploi-fictif.html

Bien à vous
Paule

Écrit par : Paule emploi | jeudi, 10 février 2011

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