dimanche, 10 juillet 2011
Une obligation de résultat pour tous.
A peine endossé son costume de président, Nicolas Sarkozy, qui avait tout compris au système de santé, allait révolutionner la médecine à la française.
Les malades allaient avoir tous un égal accès à des soins de qualité. Les médecins allaient enfin pouvoir vivre correctement avec une consultation qui de 22 euros passerait (trois ans plus tard) à 23 euros.
La ministre de la Santé allait donner son nom, laborieusement, à la (tristement) fameuse loi HPST (hôpital-patients-santé-territoires). Laquelle allait permettre une meilleure organisation des besoins sanitaires et sociaux au sein d’Agences Régionales de Santé. Ces ARS, intellectuellement satisfaisantes, en fait, se révèleront, lorsqu’elles auront enfin acquis leur vitesse de croisière, d’abominables « usines à gaz » où la pléthore d’agents administratifs devraient compenser la raréfaction de plus en plus dramatique des médecins généralistes !
Et pourtant, le président de la République n’en finit pas de vouloir refonder l’accès aux soins et la médecine de proximité. Ce n’est pas faute de velléités car il en est à son nième rapport concernant ce sujet préoccupant pour tout un chacun.
Au passage, il promet une commission pour éviter aux médecins les tâches de « paperasserie » et les lourdeurs administratives afin que les hommes, et de plus en plus les femmes, médecins puissent consacrer plus de temps à leurs patients. Lesquels, de moins en moins résignés à ne plus pouvoir joindre un médecin lors de problèmes dont l’urgence ou l’acuité ne leur est pas toujours appréciable, se précipitent dans les services dits d’urgences .
Et devant le nombre croissant de malades passant dans ces services d’ urgences, comment réagissent les pouvoirs publics? Eh bien , au nom de la nécessaire restriction d’emplois de la fonction publique, même hospitalière, il faut tailler dans les effectifs !
Et d’abord, de moins en moins d’infirmières. Faut-il rappeler que celles de l’Hôpital Tenon n’ont pas hésité à se mettre en grève et à faire fermer le service parce que leur nombre restreint ne leur permettait pas d’assurer les soins, ni de faire face à l’afflux de malades ?
Pour résumer : de plus en plus de patients mais de moins en moins de personnel hospitalier, de moins en moins de médecins , lesquels sont de plus en plus surchargés par leurs tâches, de plus en plus agressés parce qu’ils ne répondent pas assez vite aux soucis de ceux qui attendent sur leurs brancards ou de leurs familles angoissées ou désireuses de regagner leur petit écran. Combien ont-ils affronté ces derniers temps des actes de violence physique (4 000 en 2009 selon l’Observatoire de la délinquance) ?
Conclusion : trois morts en trois jours la semaine dernière chez les urgentistes, deux par suicide et un accidentel après une nuit de garde.
Voilà un des bilans scandaleux de notre système de santé.
Oh, bien sûr, il y aura toujours des établissements privés qui prendront en charge les malades les plus recommandé( e)s, ou ceux qui cotisent à une mutuelle complémentaire, de plus en plus chère. Encore que peu de ces établissements soient habilités à recevoir des urgences tout-venant !
Il n’empêche que les médecins qui ont entrepris ce superbe métier, répondant à une vocation de servir la personne malade, ne peuvent se satisfaire de cet état. Certains préfèrent se supprimer plutôt que de faillir à leur idéal.
Pourraient-ils transmettre leur exigence aux pouvoirs publics ?
Pourquoi les médecins se verraient-ils plus soumis à une obligation de résultat que le président de la République et son gouvernement ?
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