lundi, 26 octobre 2009

"La question de la castration physique peut se poser"...

 

Qui peut avoir proféré une telle énormité ?

 

Il est une règle dans la vie, c’est la morale. Et les fondements de la morale constituent l’éthique.

L’éthique au seul sens qui vaille : celui de l’inconditionnel respect de l’humanité en tous les humains et en chacun.

Il paraît important de rappeler ces règles d’éthique :

-primauté de la personne sur la science,

-respect de la dignité de l’être humain,

-inviolabilité du corps humain,

-intégrité de la personne humaine avec interdiction de pratique eugénique et de sélection des personnes,

-indisponibilité du corps humain. Il est hors commerce et ne saurait faire l’objet d’un droit patrimonial.

 

Les médecins le savent bien, qui au moment d'être admis à exercer la médecine, promettent et jurent  d'être fidèles aux lois de l'honneur et de la probité et de protéger  les personnes menacées dans leur intégrité ou leur dignité.

 

Donc toute idée de castration est nulle et non avenue. Elle est contraire à l’éthique, aux droits de l’être humain, s’apparente à la barbarie, et je m’en voudrais de soutenir une seconde quiconque ne partagerait pas ce principe essentiel.

 

Oh, j’imagine bien un Eric Besson qui, se référant à tel ou tel pays, se demanderait bien pourquoi cette pratique ne pourrait être appliquée en France. Argument classique lorsqu’il est à cours d’imagination.

La réalisation des tests ADN préalable au regroupement familial était bien pratiquée dans d’autres états membres, la reconduite d’étrangers dans leurs pays d’origine en état de guerre est bien le fait d’autres  pays européens, pourquoi le France serait-elle toujours à la traîne ?

 Eh bien, ce n’est pas parce que certains régimes se comportent comme des voyous qu’il faut s’aligner sur eux.

 

Mon idéal est plutôt de chercher à imiter ceux qui sont exemplaires, même si la vertu est un art difficile, inaccessible à d'aucuns.

 

Pas de castration physique en France. Telle est ma position de citoyenne et de médecin.

 

Parlons plutôt de castration chimique, hormonale, réversible, et qui ne doit être pratiquée que sur un sujet consentant.

 

Mais le vrai problème est le manque dramatique de soins dans les prisons, le manque d’accompagnement social et psychologique pendant l’incarcération et à sa sortie.

On ne peut prétendre être un grand pays et laisser se détériorer les êtres humains dans les conditions relevées et condamnées par le contrôleur général des lieux de privation de liberté  et par la Cour européenne des droits de l’Homme.

 

Le Président en est convenu lui-même à Versailles le 22 juin dernier : « les prisons françaises sont une honte pour la République ».

Si on humanise celles-ci, ce n’est pas pour donner par ailleurs un petit coup de bistouri qui coûterait moins cher, mais qui nous ferait revivre des pratiques barbares d’un autre temps en d’autres contrées.

 

 

 

dimanche, 25 octobre 2009

Un ministère de la Santé et des Sports, pour quoi faire?

On a pu longtemps se demander quel était le périmètre de compétence de ce portefeuille. Car l’association de ces deux entités ne semblait pas  à priori aller de pair, même si ce ministère avait été amputé, depuis janvier dernier, des champs d’action de la jeunesse et de la vie associative.

Des esprits chagrins ont pensé qu’il y avait peut-être, dans cet attelage, l’arrière-pensée que la pratique des sports à haut niveau pouvait conduire à l’utilisation de substances qui allait compromettre la santé de nos athlètes.

A vrai dire, même les prélèvements d’urine les plus  inopinés n’ont pas apporté de charge positive dans ce domaine. Encore que la Faculté puisse avoir quelques roues de retard sur l’imagination de nos sportifs et de leurs sponsors.

 

Aujourd’hui, et pour la première fois santé et sports se sont malheureusement conjugués.

Et notre ministre, d’habitude si prolixe, est aux abonnés absents.

Elle ne craint pas de mettre en garde la population contre la pandémie A/H1N1, et le gouvernement a donné comme consigne que trois cas avérés dans une crèche ou une classe entraînaient ipso facto leur fermeture.

Voilà pour la ministre de la santé.

 

Aujourd’hui, devait avoir lieu le match de foot le plus attendu de l’année, OM-PSG, celui le plus redouté par la confrontation des deux équipes dont les supporters sont reconnus pour leur acharnement respectif. Comme le dit le JDD, « ce sont les deux clubs français les plus compliqués à gérer » avec deux présidents novices à leur tête, Jean-Claude Dassier et Robin Leproux.

Voilà qui devrait motiver la ministre des sports qui, d’ordinaire, ne semble pas dédaigner les tribunes.

 

Hier, deux joueurs parisiens sont touchés par la grippe, qui s’avère être du type A. Un troisième n’est pas très en forme, mais son état de santé ne doit pas compromettre la tenue de l’évènement.

Le match est maintenu.

Aujourd’hui, 2000 supporters parisiens font le déplacement pour Marseille. Par définition, le voyage ne concerne que les plus ardents à défendre leurs couleurs.

On les laisse partir et arriver en gare Saint-Charles.

Là, on leur apprend que le match est suspendu, et se passe ce qui devait arriver : des échauffourées à Marseille qui se soldent par dix blessés.

 

Quelle inconséquence !

Que dirait-on d’une entreprise qui n’anticipe pas les répercussions de deux salariés touchés et d’un 3ème qui présente les symptômes annonciateurs de cette grippe A ?

On la vouerait aux gémonies en l’accusant de privilégier les motifs économiques aux dépens de la santé de son personnel.

 

En l’espèce, aujourd’hui, le problème est plus grave : l’organisation qui gère la compétition a manifestement privilégié l’aspect financier à la sécurité et à l’ordre public.

La Ligue a fait passer la retransmission télévisée, les gains prévus des annonceurs avant la santé des joueurs et celle des jeunes spectateurs.

Elle a fini par prendre une décision à contre-temps, à contre-sens.

 

La ministre était-elle au courant de la maladie des joueurs ?

Si elle a laissé jouer le match, est-ce parce que, contrairement à ce qu’on entend en permanence, cette grippe n’est pas aussi dangereuse qu’annoncée, encore qu’il faille évacuer les 94 millions de doses de vaccin qui ne coûtent guère plus d’un milliard d’euros ?

Qui est responsable du débordement des supporters qui se sont déplacés pour rien ?

 

Pour une fois que santé et sports pouvaient avoir un destin commun, la démonstration est faite de l’ineptie de cette association.

 

 

samedi, 24 octobre 2009

Clearstream: fin de la pièce.

Le rideau est tombé et Dominique de Villepin est toujours debout.

La dernière séance s’est déroulée avec presqu’autant d’émotion et de bousculades que la première, avec l’affluence des grands jours dans la salle des Pas perdus du Palais de Justice. Des hommes et des femmes voulaient témoigner leur soutien à l’ancien Premier ministre, quelques-uns lui apportant des fleurs, et tous prêts à l’applaudir à chaque sortie du prétoire.

Il y avait de l’émotion chez ces gens et ils partageaient le même sentiment qu’il se passait quelque chose d’important derrière ces portes gardées par des gendarmes.

Des jeunes, dynamisés par la personnalité du prévenu, le guettaient, mais aussi des personnes plus âgées les un(e)s par intérêt intellectuel afin de mieux situer ce procès hors-norme, les autres soucieux de l’avenir de la France qui voient en Dominique de Villepin un recours, les dernier(e)s par affection pour lui-même et sa famille, tous émus par le traitement insupportable qu’ « on » lui a fait subir depuis des mois et des mois, puisqu’il « devait être crucifié et écartelé avant d’être jeté aux chiens ».

 

Eh bien, cinq semaines plus tard, non seulement Dominique de Villepin n’a pas succombé mais il sort grandi de cette épreuve.

 

Il ne devait pas résister une semaine selon les conseillers de LA partie civile, plus spécialisés en bons mots qu’en assiduité à leurs multiples postes.

Leur répertoire pourtant vaste en propos grossiers n’était pas assez riche pour railler l’ancien Premier ministre. Bref, malgré  l’artillerie lourde qu’ils ont tous déclenchée, LA partie civile et ses acolytes ont raté leur objectif pour trois raisons :

 

1/ Ils n’ont pas atteint leur cible : Dominique de Villepin est resté digne, a démontré l‘ineptie de cette histoire qualifiée par d’autres de « cornecul ».

Il a assumé avec courage, impavide, les moments difficiles de l’accusation, la réquisition du procureur. Il a montré tout son caractère d’homme qui « n’a jamais eu, à aucun moment, le sentiment d’être humilié ».

 

2/ L’opinion publique, qui ne comprend rien à « cette ténébreuse affaire », comme le dit Jean-Claude Marin ( elle serait bien la seule à y comprendre quoi que ce soit), ne voit qu’un homme « harcelé », victime de mauvaises manières. Il n’apparaît plus en personnage hautain, poète inaccessible que ses adversaires avaient toujours dépeint, mais « chaleureux, humain, qui écoute ce qu’on lui dit » (Maître Metzner).

 

3/ En plus, ce procès lui a donné une image inespérée : celle du premier opposant à Nicolas Sarkozy, comme l’indiquent les sondages, dont Opinion Way-Le Figaro.

Il faut bien savoir que ce procès lui a permis de retrouver une tribune, qu’il en profite pour analyser la situation de la France, tant sur le plan économique, social que sur la scène internationale, où on ne lui a pas encore trouvé de détracteur.

Georges Tron, député de l’Essonne, est assuré de la bonne image qu’il s’est construite au travers de ce Clearstream : « Dominique de Villepin est passé du statut d’accusé à celui de victime ».

François Goulard ancien ministre, pense qu’il sera présent aux prochaines élections présidentielles.

 

Au moment où le président de la République, pour la première fois de son mandat recule sur une décision qui semblait définitive, d’autant qu’elle touchait son fils, et semble perdre la main, le pays a besoin d’un homme d’Etat qui « regarde vers l’avenir , n’a pas de rancœur et veut servir la France à la place qui est la sienne », un homme réfléchi, serein et apaisé. Bref, l’homme que le procès de Clearstream a révélé.

 

 

 

 

 

 

jeudi, 22 octobre 2009

Des députés UMP courageux.

Lundi, le ministère des Affaires étrangères annonçait que le gouvernement avait renoncé au retour forcé d’Afghans enfermés dans le centre de rétention administrative de Coquelles, « notamment du fait de la situation en Afghanistan et au regard des critères habituellement utilisés par le HCR ».

 

Cette décision avait été saluée de joie par les intéressés, par les défenseurs des migrants, les mouvements associatifs…..

 

La Cour européenne des droits de l’homme avait d’ailleurs réussi à empêcher une première tentative d’expulsion vers Kaboul le 6 octobre dernier.

 

Or, qu’apprend-on mercredi matin, de la bouche d’Eric Besson, le ministre de l’Immigration ?

Qu’un avion en provenance de Londres et à destination de Kaboul, a fait escale à Roissy dans la nuit de mardi, pour prendre à bord trois Afghans interpellés depuis le démantèlement de la jungle de Calais,

Qu’il est « fier » d’être parvenu à expulser ces  trois Afghans dans le cadre d’un «  vol conjoint » franco-britannique....

 

« Pour la première fois, depuis plusieurs années, la France a procédé à un retour groupé d’étrangers sn situation irrégulière vers un pays en guerre »(Le Monde).

 

A trois reprises, matin, midi et soir, la potion Eric Besson a répété que « ces personnes ne sont pas à plaindre. Au moment où je vous parle, elles se restaurent dans un hôtel du centre de Kaboul dans lequel elles pourront rester quinze jours, si elles le souhaitent. Elles bénéficient d’un service d’accueil et de réinsertion, avec un accompagnement personnalisé ». D’ailleurs, « ces personnes viennent de villes situées à proximité de Kaboul », dans une zone sécurisée…

 

Aujourd’hui, on apprend qu’au petit matin, ils avaient quitté l’hôtel, qu’ils habitaient dans des zones dangereuses et que personne n’a plus de nouvelles.

 

Quel sort leur aura-t-il été réservé ?

 

Le gouvernement sera resté sourd aux appels des associations humanitaires.

 

Plus de 10 000 personnes ont signé une pétition lancée le 15 octobre par France terre d’asile, au rang desquels on compte Etienne Pinte, député des Yvelines, ancien maire de Versailles, membre du conseil d’administration de l’Office Français de la Protection des Réfugiés et Apatrides.

 

« Tant que l’Afghanistan sera dans une situation de quasi-guerre civile, il me paraît inhumain et contraire aux droits de renvoyer ces personnes qui ont fuit leur pays. Nous le savons, certains qui ont été renvoyés, ont été tués à leur arrivée » écrit-il sur son blog.

 

De son côté, Françoise Hostalier clame « S’ils sont tués, cette expulsion aura été criminelle ». Cette députée du Nord, ancienne secrétaire d’Etat à l’enseignement scolaire sous Jacques Chirac, est membre de la Commission nationale consultative des droits de l’Homme.

 

On ne les a jamais vus en photos avec un sac de riz sur l’épaule…

Ils n’ont pas honte de rester fidèles à leurs convictions profondes, mais on ne va pas demander à Eric Besson des convictions profondes. Encore faudrait-il qu’il en eût !

 

Bref, l’UMP compte deux députés qui, en cette occasion,  font honneur à la classe politique française.

 

mercredi, 21 octobre 2009

Une femme d'exception.

Quand les femmes décident de s’investir, elles s’engagent à fond dans la cause qui leur tient à cœur.

 

Quand ce domaine est celui de la politique, elles se font plus rares à aller au bout de leurs convictions, car pèsent alors sur elles les menaces, les exclusions, les suspensions de leur parti.

 

Quand leur parti est l’UMP, et qu’après toutes les intimidations qui ne grandissent pas ceux qui les profèrent, elles défendent bec et ongle leurs certitudes, alors il s’agit de très grandes femmes.

 

Au premier rang des élus de la majorité actuelle, et au milieu d’un cercle vertueux qui n’a pas encore fait sienne la constitutionnelle parité, la femme qui mérite l’admiration de tous est incontestablement Marie-Anne Montchamp.

 

Alors que la discussion  concernant le PLFSS (Projet de loi de  finances de la sécurité sociale) pour 2010 est prévue pour le mardi 3 novembre, celui-ci s’inscrit dans le Projet de loi de finances actuellement étudié en commission des Finances.

 

Or, aujourd’hui, selon Reuters, « c’est un nouveau coup de semonce pour la majorité, d’où s’élèvent de plus en plus de voix contre la politique fiscale du gouvernement. Plusieurs élus de l’UMP siégeant à la commission des Finances étaient absents mercredi et les élus du Nouveau Centre et un non-inscrit ont joint leurs voix à celles de l’opposition pour voter contre le PLFSS.

 

Marie-Anne Montchamp, député UMP du Val-de-Marne, a décidé de s’abstenir après le rejet, mardi, de son amendement au projet de loi de finances visant à exclure la contribution au remboursement de la dette sociale (CRDS) de l’assiette du bouclier fiscal qui limite la taxation à 50% des revenus ».

 

Son courage et sa détermination ont fait en sorte que « la commission des Finances de l’Assemblée n’a pas pu se prononcer aujourd’hui sur le projet de budget de la Sécurité sociale, en raison de son abstention qui a débouché sur une égalité gauche-droite ».

 

Cette femme est remarquable car elle a le courage de s’opposer à la mesure la plus emblématique du quinquennat de Nicolas Sarkozy, le bouclier fiscal, en réaffirmant ses convictions gaullistes.

Elle se justifie : « c’est une invitation à ce que l’exécutif se saisisse de manière plus volontariste du problème des ressources de la Sécurité sociale ». « Nous ne cherchons pas à faire un coup (avec Jean-Luc Warsmann). Mais la question de la dette sociale ne peut plus attendre ».

 

Gageons que l’attitude de cette députée va lui valoir des représailles. Il en faudra beaucoup pour impressionner  cette ancienne secrétaire d’Etat aux personnes handicapées du gouvernement de Jean-Pierre Raffarin . C’est à elle que nous devons la loi du 11 février 2005 sur « l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées ».

 

Il n’est pas inutile de souligner que les trois lois sur le handicap (1975,2002,2005) ont toutes les trois été à l’initiative de Jacques Chirac.

 

Quand on dit que les équipes sont à l’image du chef…

mardi, 20 octobre 2009

Vous étiez bien naîfs...

vous qui croyiez en l’objectivité d’un procureur.

 

N’avait-il pas, bien avant le procès, étalé ses convictions concernant la culpabilité de Dominique de Villepin ?

Qui a jamais pu croire que le procureur changerait d’avis et irait à l’encontre du faux lapsus du président de la République ? Qu’on se le dise Nicolas Sarkozy, en grand manipulateur, a pesé de tout son poids sur ce fameux procès où il n’existe aucun préjudice, aucun dommage non réparable à autrui. Il n’existe qu’un rival qui ne peut que faire de l’ombre au monarque « électif »!

 

A vrai dire, on aurait pu gagner du temps. Puisque le réquisitoire était connu à l’avance, il fallait  épargner au monde entier  le spectacle de quatre semaines de comédie .

Je propose donc qu'à l'avenir on supprime les auditions des témoins et qu' on en vienne tout de suite aux réquisitions publiées, annoncées, décidées ….

 

Et puis, sait-on combien de temps Jean-Claude Marin, Maître Herzog et leur conseiller, le conseiller justice de l'Elysée, le futé Patrick Ouart , ont passé sous les lambris du Château pour échafauder ce beau montage, et se répartir les rôles ?

Il ne serait d’ailleurs pas inconvenant de penser que Chouchou ait passé la tête de temps en temps pour connaître l’avancement des travaux… Mais non, ils ont travaillé en toute indépendance, répètent-ils….

Tant de temps pour une représentation aussi médiocre. Le verbe n’est plus ce qu’il était !

 

Le pauvre avocat, en mal d’accusation, a rabâché ce qu’il avait entendu. Cent fois sur le métier, il est passé et repassé, laissant l’auditoire sombrer dans une profonde torpeur. Le juge a même dû interrompre le ronronnement diffus et siffler un entracte.

Où était-il donc passé le talentueux orateur d’antan ? Il n’était peut-être pas si fier d’être là où il était, car il s’était défendu, pendant une demi-heure, d’être le porte-parole, l’ami de La Partie civile.

Pas éblouissant Maître Herzog…

 

Et notre procureur,  devenu favorable à Nicolas en même temps qu' il voyait se dessiner sa promotion, il  lui fallait avant tout gagner ses galons. Mais il se trompe, quelle que soit l’issue du procès, il ne sera jamais procureur général de Paris …Sauf à faire du forcing comme pour le Prince Jean, ce qui ferait mauvais effet et soulignerait un peu plus, s’il en était besoin, la subordination  de la justice au pouvoir présidentiel.

 

Sept heures un jour, plus cinq le lendemain, soit douze heures tout entières consacrées à la transcription de la parole divine, douze heures pour en arriver à la fabrication d’un nouveau délit. Ce n’est pas très brillant.

Certes, il fallait de l’imagination. Eh bien c’est fait :

Mesdames et Messieurs vous avez assisté à la « création du délit de ne rien faire ».

« Dominique de Villepin savait » : ce qui n’a jamais été prouvé, mais au point où on en est on va faire comme si…Et puis qui a dit qu'on devait apporter des preuves en correctionnelle… « et il a laissé faire cette action frauduleuse par son inaction ».

 

C’est de l’infraction sur mesure, du grand art, pardon du grand  ouart !

 

 

dimanche, 18 octobre 2009

Clearstream: 4ème semaine.

 

car il n’y a pas d’acte IV....

Pourtant, le scenario attendu  imposait que le caractère dramatique  de la situation confonde très vite Dominique de Villepin.

Peine perdue.

Non seulement, le prévenu ne s’est pas effondré, mais il se grandit tous les jours dans l’opinion publique et il n’hésite pas à dire que « Clearstream est le plus beau cadeau politique » qu’on lui ait jamais offert.

 

Au tribunal, les avocats des parties civiles se sont succédé, après le passage d’Yves Bertrand qui a qualifié l’affaire « de bric et de broc. On se croirait dans un épisode de Louis la Brocante »…et qui a terminé par une sage mise en garde : « méfiez-vous des affabulateurs et des mythomanes, ils peuvent vous envoyer dans des prétoires »…

 

Alors que la vérité devait éclater au grand jour, et même selon un proche du Président, toujours bien inspiré « Vous verrez au bout d’une semaine de procès, plus personne ne voudra serrer la main de Villepin »…, non seulement Dominique de Villepin n’apparaît en rien responsable de ces fameux faux listings, mais encore le  général Rondot le dédouane d’une quelconque complicité. Et Jean-Louis Gergorin souligne sa bonne foi.

Je laisse l’avocat Villepin plaider brillamment sa cause : «  il y a dans ce dossier un petit miracle : on croit toujours le général Rondot, sauf quand il m’innocente, et on ne croit jamais Jean-Louis Gergorin, sauf quand il m’accuse »…

Ces quatre semaines n’ont pas confondu Dominique de Villepin.

 

La semaine prochaine s’annonce donc rude, la dernière semaine où selon une expression chère au président de la République il va falloir « y mettre le paquet ».

Faisons confiance à Maître Herzog avocat de Nicolas Sarkozy, « aidé  (surveillé ? selon La tribune) par le conseiller à la justice de l’Elysée le très fin magistrat Patrick Ouart ».

Jean-Claude Marin, le procureur, joue sa promotion puisqu’il est en attente du poste de procureur général de Paris.

Dominique de Villepin conclut déjà que, quel que soit le jugement, « Sarkozy a perdu. Une condamnation serait la preuve des pressions exercées sur la justice, une relaxe un terrible désaveu », déclare « l’homme qui n’a peur de rien », selon Jacques Séguéla.

 

Dominique de Villepin ne pense pas « qu’à ça en se rasant le matin », puisqu’il se permet de sillonner la France pour aller à la rencontre des Français, comme il l’a fait auprès des étudiants de l’EDHEC de Lille.

« Une vie démocratique ne peut pas être trouée en permanence par des polémiques et des affaires…

Les Français attendent que leur classe politique, exemplaire, s’occupe de leurs vrais problèmes au premier rang desquels l’emploi, la dette colossale, la protection sociale, la modernisation de l’Etat… »

Il pense que les réformes sont les meilleures des choses quand elles rassemblent, et les pires quand elles divisent, qu’elles doivent être identifiées et expliquées quant à leur intérêt collectif.

Il faut en suivre les applications car si la population voit que la vie continue comme avant, une réforme sans résultat ne crée que des frustrations…

 « La politique doit être faite avec du cœur, et des mains qui en assurent l’application »

 

Il se montre soucieux des problèmes économiques de notre pays, s’interroge sur la dette et l’opportunité du « Grand emprunt » « qui n’aura de sens que s’il est populaire », auquel cas,  il aggravera les déficits publics, et il pense inéluctable une augmentation des impôts.

 

Européen convaincu, il salue l’action du président de la République quand celui-ci a assumé la présidence du Conseil de l’Union européenne, et aspire à une meilleure coordination entre la France et l’Allemagne.

Enfin, il souhaite que la diplomatie française soit toujours à l’écoute des pays en développement, que la France soit toujours présente dans les situations de crise, et qu’elle continue la politique du général de Gaulle, par sa politique de la main tendue.

« Que la France soit la voix des sans voix ! »

 

Cet homme est vraiment bien éloigné  des mesquineries de bas étage.

Qu’on le veuille ou non, il a revêtu les habits de candidat.

 

jeudi, 15 octobre 2009

Ne pas confondre impôts et taxes.

« Je n’ai pas été élu pour augmenter les impôts et je ne les augmenterai donc pas » a répété encore aujourd’hui le président de la République pour repousser la proposition  de Jean-Luc Warsmann, député UMP, qui suggérait de retirer la CRDS (contribution au remboursement de la dette sociale) du bouclier fiscal.

 

C’est sa volonté. Dont acte.

 

Mais il est intéressant de noter que depuis son accession à l’Elysée 20 nouvelles taxes ont été imaginées et appliquées pour la plupart d’entre elles :

  1. taxe carbone (4,3 milliards d’euros),
  2. taxe pour le RSA (entre 1 et 2 milliards),
  3. franchises médicales (850 millions),
  4. taxe sur les mutuelles et les assurances (1 milliard),
  5. taxe sur les ordinateurs (50 millions),
  6. taxe pour copie privée des disques durs externes et clés USB (167 millions),
  7. taxe sur l’intéressement et la participation (400 millions),
  8. hausse des cotisations retraites (150 millions),
  9. taxe sur la publicité des chaînes TV privées,
  10. taxe sur les compagnies pétrolières (150 millions),
  11. taxe sur les stock-options (250 millions),
  12. taxe pour financer la prime à la cuve (100 millions),
  13. taxe sur le poisson (80 millions),
  14. taxe sur les huiles moteurs (44 euros par tonne de lubrifiant),
  15. taxe sur les imprimés publicitaires,
  16. hausse de la redevance télévision (20 millions),
  17. taxe sur la téléphonie et Internet (80 millions),
  18. taxe sur les grosses cylindrées (malus auto annualisé : 160 euros/automobile/an),
  19. chèque transport,
  20. contribution exceptionnelle (exceptionnellement reconduite chaque année depuis 1991) sur les ventes en gros de produits pharmaceutiques (50 millions).

 

Soit 10 milliards d’euros pour l’essentiel prélevés sur les familles…

 (source : GUILL. Blog.lefigaro.fr)

mercredi, 14 octobre 2009

Rien ne va plus...

Les jeux sont faits….Roulette ou jeu de l’oie… on pourrait dire que la France a perdu la boule.

La machine s’emballe et on ne voit pas bien ce qui va l’arrêter.

Tout va vite, très vite, se mélange et les Français ne comprennent plus rien.

Trop de réformes, mal ficelées, mal engagées, témoin la grande réforme du lycée qui avait jeté les manifestants dans la rue l’année dernière et la réforme de Nicolas Sarkozy et de Xavier Darcos est passée à la trappe en décembre 2008 pour réapparaître hier, au cours d’une grand’messe dont le président a le secret, sous la forme d’un chapelet d’incantations dont il manque le nerf : les effectifs.

 

 

C’est à croire que le président souffre d’autisme.

Nicolas Sarkozy s’est entiché des idées de Marin Hirsch. Il va jusqu’à promettre une cagnotte aux élèves pour qu’ils cessent l’école buissonnière. Croit-il que l’argent est maître du monde,

parce que pour lui l ’argent est maître de son monde ?

 

Il ne dérogera pas sur un certain nombre de principes : la réduction du nombre de fonctionnaires pour diminuer le déficit de l’Etat…ce qui peut être compréhensible pour les douaniers ne l’est pas pour les métiers de proximité comme l’éducation nationale ou le personnel soignant .

 

Nicolas Sarkozy n’en a cure.

 

Pas d’infirmières en supplément d’effectifs dans les services, mais des Agences régionales de santé qui vont hypertrophier l’administration hospitalière et permettre de reclasser quelques amis ou de débaucher quelques figures de gauche.

Est-ce cela une vision pour la France ?

Il veut sa réforme des collectivités locales et la suppression d’une partie de  la taxe professionnelle concernant l’investissement, au risque de créer des difficultés aux communes. Alain Juppé ne s’y est pas trompé. Et il fallait qu’il soit en colère pour apostropher Nicolas Sarkozy ainsi : « c’est quand même se foutre du monde. Le président Sarkozy avait promis une compensation euro par euro. Mais il avait omis de dire que c’était pour un an »…

 

Nicolas Sarkozy n’en a cure.

 

Au passage, une modification du scrutin électoral à un tour, la majorité aura bien besoin de ce coup de main.

 

Il avait engagé une politique libérale destinée à augmenter le pouvoir d’achat des Français et pour ce faire, avait mis en place son fameux bouclier fiscal.La crise financière et économique aurait changé la donne. Bref, la dette n’a jamais atteint un trou aussi exorbitant.

 

Nicolas Sarkozy n’en a cure.

 

Le bouclier fiscal restera en l’état.

 

Tout se passe comme si le Président faisait de bonnes analyses, mais n’arrivait pas à en formuler la synthèse, ni à en assurer le suivi. Pour Le Quotidien du Médecin qui lui est pourtant favorable, « il ne donne pas du lien à ses mesures sociales et économiques parce qu’elles sont prises indépendamment les unes des autres. Or une politique sociale qui réussit, c’est un train de mesures dont le financement est prévu à l’euro près ».

 

Nicolas Sarkozy s’enferme, refuse d’écouter les autres, ce qui constitue non seulement une maladresse, mais encore et surtout un danger.

 

Il n’en faudrait pourtant pas beaucoup pour que les Français lui accordent de nouveau leur confiance : plus d’humilité, plus de simplicité, plus d’empathie.

Les conditions de vie à l’Elysée pour les gardes républicains relatées hier dans la presse constituent le stéréotype scandaleux du mode d’existence présidentiel.

Plusieurs millions d’euros viennent d’être consacrés au changement de la moquette de la Salle des Fêtes et à la rénovation de ses appartements privés qu’il n’occupe même pas, alors que les personnes qui veillent avec un dévouement hors pair à sa sécurité vivent dans des locaux tellement insalubres qu’une épidémie de gale s’y est développée.
Belle publicité.

 

La caractéristique de l’autiste n’est pas le manque d’interagir et de communiquer, c’est le manque de possibilité de le faire.

 

Cerise sur le gâteau : l’entêtement à placer son fils à la tête de l’EPAD.

Les Français ne supporteront pas cette inégalité de traitement par celui qui se devrait exemplaire. Ils ne supporteront pas plus d’être la risée de la planète.

Enfin, personne ne se retrouve dans « cette République tourbillonnante, échevelée, imprévue, tournée vers le rapport de force comme le tournesol vers le matin. » (François Léotard) ;

 

La France a le tournis. Les Français s’interrogent et feraient plus confiance à Dominique de Villepin qu’au président actuel…. Affaire à suivre. 

 

 

mardi, 13 octobre 2009

La gale à l'Elysée

Trois cas de gale à l’Elysée, selon le Post. « Trois suspicions de cas de gale ont été signalées sur trois sous-officiers en service au palais de l’Elysée ».

Cette information a été confirmée par l’Association de défense des droits des militaires.

L’association précise que ces cas sont dus à la vétusté des locaux.

 

« Des murs de plâtre tombent en lambeaux et certains gendarmes dorment sans des lits- armoires qui ne s’aèrent jamais ».

Des militaires précisent que la literie ne serait « quasiment jamais changée » et que les gardes achèteraient sur leurs propres deniers des draps jetables »….

 

Un seul responsable : le sarcopte, acarien invisible à l’œil nu, responsable de lésions cutanées et de démangeaisons qui s’aggravent au cours de la nuit…

 

La transmission du sarcopte nécessite des contacts intimes. La maladie qu’il provoque, la gale, est considérée comme une maladie sexuellement transmissible….

 

Selon les manuels médicaux, il faut traiter la literie, désinfecter les vêtements, chasser le sarcopte jusque dans les matelas, les fauteuils…

Traiter l’entourage, l’environnement, éviter le contact avec toute personne susceptible de provoquer des démangeaisons….. 

Tout un programme