jeudi, 10 décembre 2009

Ensemble, tout est possible, même le ridicule

Grâce au ciel, aux minarets, ou à la bonne fortune, le ridicule n’a pas tué !

Ouf, il a permis au gouvernement de ne pas être décapité, et à la France de ne pas perdre son président.

 

Aujourd’hui, on a tous envie d’inviter « tous ceux qui veulent changer le monde, venez marcher, venez chanter… » à rejoindre l’équipe des Bronzés qui délirent devant un karaoké en se lâchant…Ouais,  rejoignez la grande avocate reconnue aux Etats-Unis comme un spécialiste sérieux de l’économie mondiale. Devant vous, elle s'abandonne...« la vie est une éternité, dans un chant de fraternité, pour une nouvelle société » (c’est dans l’ordre ou le désordre, mais ce sont les termes de la chanson). Oui Christine Lagarde, puisqu’il s’agit de cette femme responsable, n’hésite pas à se déhancher devant les caméras (pense-t-elle à une reconversion ?).

Valérie Pécresse l’accompagne dans son délire. Elle va surement y gagner quelque voix au sens musical du mot, sans préjuger de l’expression des suffrages…

Nadine Morano est égale à elle-même, et pour tout dire la plus sympathique car ne s’habillant pas d’un rôle de composition.

Eric Besson, très à l’aise, n’a pas évacué le plâtre qu’il a dans la bouche depuis quelques mois, mais il paraît que ça plaît !

Xavier Bertrand reste dans son rôle d’impresario qui met la main à la pâte. Xavier Darcos défend la chansonnette avec autant de conviction que lorsqu’il défend le stress au travail, et Eric Woerth incarne le premier ministre du Budget hédoniste qui ne pense pas aux lendemains qui eux ne chantent pas.

Bref, je me félicite que l’UMP m’ait "suspendue" de ses rangs car, vraiment, je ne me reconnais pas dans cette génération.

Je suis surement trop vieille, mais il y a des polichinelles plus âgés que moi  qui se trémoussent sur  cette vidéo censée plaire aux électeurs et les convaincre que l’UMP a les bons arguments pour sortir la France de la Crise.

J’ai honte pour eux, j’ai honte pour la classe politique, j’ai honte pour la France.

 

Et ce n’est pas la prestation du président, qui a déjà prononcé 519 discours depuis son accession au pouvoir selon Yann Barthès, mais qui a revêtu l’habit d’humoriste à l’occasion d’une rencontre privée, à Lingolshei, avec 800 militants UMP, qui va me réconforter.

Nicolas Sarkozy, président de la République, continue à fréquenter les membres du parti qui l’a élu. Grande première, car on m’avait toujours répété que le président de la République était le président de tous les Français, donc au-dessus des partis, et nécessairement en dehors de toute impulsion (pression ?) politique.

Depuis 2007, cette neutralité n’existe plus.

Qu’on se le dise, Nicolas Sarkozy est le président de l’UMP. Et tous les autres, partis, militants, etc.… sont des « naves ». Il faut le voir à l’œuvre dans la vidéo qui le désigne DRH du parti socialiste, et les journalistes d’I-tele ce soir n’ont pas manqué  de l’identifier à Louis de Funès dans « La folie des grandeurs » renouvelant sa gestuelle, orientée vers « Kouchner chez nous, Jacques Lang vers moi »…Quant à  ce malheureux Eric Besson, malgré tous ses efforts, il  n’a pas eu le droit de cité (pardon, erreur de frappe : droit à être cité) dans cette anthologie.

 

Conclusion : en France tout va bien quand ça se termine par une chanson.

Et puis la République nous permet de découvrir un nouveau chansonnier…

mercredi, 09 décembre 2009

Des ministres peu crédibles.

Je dois dire aujourd’hui combien je suis déçue par deux ministres dont je me sentais jusqu’alors particulièrement proche.

 

Le premier, Eric Woerth, ministre du Budget avait fait mon admiration par ses compétences, sa simplicité et son honnêteté lorsque je l’avais rencontré, lui trésorier de la très récente UMP dirigée par Alain Juppé, moi présidente de Femme Avenir, association créée par le général de Gaulle et membre associé de la dite UMP.

Sa situation est certes difficile. Est-ce une raison pour non seulement se contredire, mais encore profiter de la panique générale pour gagner quelques centimes d’euro sur le dos de la population angoissée par la grippe A ?

En 2007, il avait promis que les administrations seraient désormais joignables par téléphone au tarif local. Ce qui semblait frappé au coin du bon sens.

En décembre 2009, il n’y a pas de petits profits, et la plate-forme Info-Grippe, mise en place par le ministère de la Santé afin de répondre aux interrogations du public sur l’épidémie de grippe H1N1 est accessible par un numéro surtaxé (le 0 825 302 302) facturé 0,15 euro la minute, voire plus lorsque l’appel est passé d’un téléphone portable.

Il est inadmissible de vouloir apporter à la population tous les renseignements qu’elle est en droit de demander, surtout lorsqu’une maladie aussi grave et inexorable, dit-on,  la guette à chaque respiration, et en même temps lui faire payer ces renseignements destinés à dédramatiser la situation. C’est contrevenir à la mission de service public de l’Etat .

Il est vrai que cette grippe A, dans sa prévention, va coûter plus d’un milliard, sans que le citoyen sache encore qui paiera : Etat, Sécurité sociale…

Que ce brave quidam soit rassuré. Celui qui financera cette période sanitaire difficile à plus ou moins juste titre, ce sera lui. Il ne lui suffira pas d’être malade, inquiet, de vouloir s'informer, il devra payer deux fois : d’une part parce qu’il est un Français comme les autres et, comme la plupart, assujetti aux contributions sociales, d’autre part, parce qu’il aura voulu en savoir plus sur la virulence de cette grippe, sur le danger qu’elle fait courir à ses enfants, à la société….

 

Savoir s’il faut se faire vacciner, si l’on est prioritaire de premier rang ou non, où se situe le centre de vaccination, connaître les heures d’ouverture de celui-ci, fluctuantes en fonction du personnel mobilisé jusqu’à ce que le président de la République décide, depuis Manaus, que ces centres seraient ouverts 7 jours sur 7 et de 8 à 22 heures.

Et voilà Roselyne Bachelot, ministre de la Santé, au garde à vous, qui se met à surenchérir et à donner des consignes par conférence de presse, consignes  différentes de celles délivrées aux médecins des centres qui ne sont pas avertis de son changement de pied….

Et comme il faut un bouc émissaire, c’est le malheureux Directeur Départemental des Affaires Sanitaires et Sociales, Philippe Coste, qui se voit « débarqué » à d’autres fonctions car accusé de la mauvaise organisation parisienne des centres de vaccination.

Pour avoir rencontré Philippe Coste lors de mon mandat de Conseiller de Paris siégeant dans la commission des affaires sanitaires et sociales, je trouve cette mesure particulièrement injuste, car tant lors de l’épisode de la canicule de 2003, que celui de la grippe aviaire de 2005, j’ai toujours apprécié chez ce haut fonctionnaire une grande rigueur et un sens de l’intérêt général tout à fait remarquable.

A mon avis, voilà la première tête qui tombe. Il se pourrait que ce ne soit que le début d’une hécatombe due au virus de la grippe A, non par son contact, mais par l’impéritie gouvernementale qu’il a révélée.

mardi, 08 décembre 2009

Dominique de Villepin et Philippe Bilger, même combat

Quel virus a subitement frappé le ministre de l’Education ?

Quelle réelle motivation le pousse à  rendre optionnelles l’histoire et la géographie pour les classes de terminale S ?

 

« L’idée même de rendre optionnel ce qui, pour la plupart des esprits de culture et de bonne foi, relève du fondamental –quelle que soit la voie choisie- semble surgie de manière erratique, d’élucubrations plus désireuses de provoquer que de pacifier » (Philippe Bilger-blog)

 

 

Les explications alambiquées démontrent que les élèves qui opteront pour les sciences auront bénéficié d’un enseignement plus intense en 1ère (4 heures au lieu de 5, 2 heures 30 en 1ère et 2 heures 30 en terminale), et donc ne perdront qu’une heure par semaine d’histoire et géographie.

Une heure d’enseignement en moins, c’est beaucoup de postes de professeurs en moins.

 

Je ne peux pas croire qu’on sacrifie ainsi l’éducation de nos enfants sur le temple des économies ou de la fameuse RGPP…

 

 

Dominique de Villepin, ce matin sur France-Info s’est dit "déterminé à mener un combat pour l’histoire et la géographie".

 

« Comment comprendre les enjeux de Copenhague, le dossier iranien ou le conflit israelo-palestinien, si on n’a pas la mémoire des peuples ?

Comment façonner un citoyen, s’il n’a pas la distance que procure la réflexion sur l’histoire, s’il n’a pas la maîtrise du temps et de l’espace ?

L’histoire, c’est la compréhension du monde. C’est aussi une sorte de plongée inverse dans la réalité des siècles, les vies et tumultes de notre pays, ses gloires et ses hontes, la perception sensible et chaleureuse que nous sommes portés par un destin collectif et que celui-ci continuera après nous. L’histoire et la géographie, c’est donner de l’éternité à notre précarité, de la profondeur à notre légèreté, du passé à notre avenir, de l’espérance à notre pessimisme ».

 

 

Quelle nouvelle forme de schizophrénie fait débattre en même temps de l’identité nationale et de la suppression de l’histoire et de la géographie en terminale S ?

 

Pour Philppe Bilger « le débat sur l’immigration et l’identité nationale  n’a rigoureusement aucun sens si on le relie à cette histoire et géographie optionnelles en terminale S.  Il ajoute que  le salmigondis historico-culturel dont Henri Guaino a parfumé certains discours du président de la République, la journée consacrée à la lettre de Guy Môquet sont totalement déconnectés par rapport à ce désinvestissement éducatif. On est en droit d’exiger d’un Etat que le chemin qu’il trace …soit limpide et lisible »

 

Or la politique menée par le président de la République et ses conseillers est tout sauf lisible.

 

Pour Dominique de Villepin, le débat sur l’identité nationale est « piégé », absurde » et « autoritaire ». Il s’interroge sur l’opportunité de celui-ci « à un moment où les peurs sont aiguisées »par la crise. Alors que les Français attendent « des réponses à la crise », il dénonce « une tentation récurrente du pouvoir actuel que de donner la primauté à l’émotion, au spectacle, sur la réalité de la politique ».

Et il pose la question préalable à tout débat sur l’identité nationale : qu’est-ce que l’intérêt général ? »

lundi, 07 décembre 2009

La Mairie de Paris ne passera pas par Copenhague

L’ex-Garde des Sceaux, qui a mené son ministère avec tout l’autoritarisme que confère l’inexpérience, s’est fait élire maire du VIIè arrondissement, et il a fallu un mariage princier pour qu’on la voie enfin à l’œuvre dans sa mairie de la rue de Grenelle. N’avait-elle pas fait faux bond pour le mariage de sa nièce, la fille de sa sœur Cécilia ?

Les habitants de l’arrondissement n’étaient pas habitués à pareille désinvolture du temps de Martine Aurillac, puis de Michel Dumont, mais autres temps, autres mœurs…

 

Entrée en pseudo-disgrâce, la voilà députée européenne, où elle se montrerait assidue ?

Ce qui ne l’empêche pas d’apparaître aux côtés du président de la République et au milieu de cinq ou six autres parlementaires, lors du voyage de ce dernier au Kazakhstan.

 

Elle entend bien ne pas demeurer dans l’anonymat de Strasbourg et continuer à tisser sa toile puisqu’elle ne cache plus ses velléités de briguer la Mairie de Paris. Elle en a averti son concurrent François Fillon partant du principe que le premier qui l’annonce est déjà couronné.

 

Sa concentration au Conseil de Paris, telle que remarquée par le Petit Journal, ne lui aura pas, pour autant, fait échapper que sur les bancs de cet hémicycle siègent des écologistes convaincus qui ne sont pas nés du dernier mandat.

Ils ont, sur l’environnement, la sauvegarde de la planète, le respect d’un Paris écologique et de l’Agenda 21 des connaissances très affutées.

 

On peut penser que lorsqu’elle se rend aux Ateliers de la Terre à Deauville, elle maîtrise ce sujet. Ne s’émeut-elle pas des problèmes d’environnement de son arrondissement ?

Alors, légèreté, irréflexion, insouciance, qu’est-elle allée raconter aux journalistes?

Au moment où192 Etats réfléchissent au problème essentiel pour notre planète qu’est le réchauffement climatique, et qu’ils  cherchent à limiter à 2° l’augmentation de la température moyenne sur la planète d’ci 2050, pourquoi Rachida Dati cherche-t-elle, elle, « à réduire de 2° la température du monde » ?

 

Une telle méconnaissance est confondante, et il serait bon pour son image que Nicolas Sarkozy ne la mette pas dans ses bagages lorsqu’il se rendra à Copenhague, lui qui affirme que le CO2 dans l’atmosphère augmente le trou de la couche d’ozone !  

On est bien parti avec ces spécialistes fraîchement repeints en vert…

 

Il paraît que cette inculture insigne n’empêchera pas Rachida Dati de figurer sur le liste des régionales menée à Paris par Chantal Jouanno…

A la place de cette dernière, je me méfierais et donnerais pour conseil à Rachida de ne pas dépasser les limites de son fief parisien. Elle y apprendrait d’ailleurs la vie de ses concitoyens.

A ce sujet, je l’invite à se rendre au gymnase Camou, récemment transformé en centre de vaccination. Elle pourra y constater les effets d’une politique intempestive…

 

 

dimanche, 06 décembre 2009

Copenhague

Comment ne pas parler de la Conférence de Copenhague qui s’ouvre demain et devrait aboutir le 18 décembre à l’accord des 192 Etats sur les moyens capables de limiter la hausse de la température de la planète.

Comment lutter contre le réchauffement climatique ?

Est incriminée l’émission de gaz carbonique. Il conviendrait d’y ajouter celle du méthane dont la capacité à la rétention thermique est 25 fois supérieure à celle du CO2, mais alors que ce dernier met 100 ans à disparaître, le méthane ne met que 25 ans à libérer l’atmosphère.

En fait, les émissions mondiales de CO2, qui ont augmenté de 35% depuis 1990, sous-tendent des problèmes économiques et financiers autant que climatiques.

 

Pierre Radanne, expert européen des énergies et du climat,  se demande s’il n’est pas déjà trop tard pour intervenir.

« Pour la première fois dans l’histoire, l’ONU, donc le monde, doit voter le climat qu’il fera sur la Terre !

C’est proprement hallucinant, cette solidarité obligatoire est devenue la première question politique totale de l’histoire de l’humanité, puisque tout le monde est concerné, contrairement à la pauvreté ou à la violence, les deux autres grands périls ».

Il continue : « C’est connu et mesuré,  la moitié des réponses au changement climatique est liée aux comportements individuels »

Nos civilisations occidentales ont bénéficié de la révolution industrielle  gourmande d’énergie.

«Les progrès technologiques et techniques n’auront profité qu’au cinquième de la population mondiale représentant 95 % de la richesse mondiale ».

Aujourd’hui, le monde prend conscience que les ressources sont limitées, que la planète est dégradée et que la survie des espèces vivantes n’est plus assurée.

 

« Les démocraties sont menacées. Le changement climatique accentue les asymétries déjà existantes sur la planète entre les différents types de société. Il renforce les inégalités en termes de ressources alimentaires, d’eau ou d’énergie. La pression s’exerce donc sur l’ensemble du système. L’un des effets sur nos sociétés démocratiques se voit très nettement lorsqu’on observe les politiques de contrôle des frontières et de refoulement des migrants. » selon Harald Welzer celui qui écrit : « le climat sera à l’origine des guerres du XXIè siècle ».

C’est à partir de la situation au Darfour qu’il a fait cette analyse : « une désertification très rapide vers le Sud, une société dans laquelle 70% des gens vivent directement de la terre, et deux groupes en concurrence, des bergers et des agriculteurs, en l’absence des moyens modernes de résolution des conflits »…

Pour lui, vont s’accentuer tous les problèmes de pénurie alimentaire, d’eau, les inégalités….

 

Les conséquences du réchauffement climatique risquent d’exacerber  les rapports Nord/Sud même si elles créent une solidarité de destin. « Les pays industrialisés nous ont conduits au bord du précipice. Les pays en développement nous poussent dedans ».

 « Comment épurer cette dette écologique ?

Quelles politiques de développement pour les pays pauvres en situation de rationnement énergétique ?

Réduire massivement les émissions de gaz à effet de serrre d’ici à 2050, horizon des pays industrialisés, est-ce une rupture dans les modes de vie occidentaux ou une tranquille transition ? » 

 

Il nous faut prendre conscience qu’on peut éviter une catastrophe écologique planétaire, à la condition de revoir notre mode de vie.

Notre société de consommation serait alors basée sur la quête de l’harmonie, mélangeant l’économie et l’écologie de sorte que l’avenir est à l’ « éconologie » ( Gérard Mermet). « Elle ne servirait plus seulement à satisfaire les sens, mais aussi à donner un sens à la vie et de la longévité à la planète. Il faut souligner que le seul horizon possible de cette remise en cause n’est pas la « déconsommation », facteur d’une décroissance qui aurait des conséquences douloureuses, voire désastreuses, pour de nombreux individus.

Dans un contexte de difficultés avérées, de catastrophes annoncées, une réflexion collective sur les valeurs et les modes de vie est nécessaire. D’autant qu’elle est moins un luxe de nantis qu’un  réflexe de survie ».

 

Si le sommet de Copenhague amène tous les chefs d’Etat à partager ces soucis et à prendre les décisions courageuses qui s’imposent à tous, la planète et ses occupants auront gagné.

 

 

samedi, 05 décembre 2009

Afghanistan : renfort ou retrait ?

On pourrait croire que le président de la République adopte l’attitude de Barack Obama quand il ne veut pas prendre de décision intempestive et se donner le temps de la réflexion.

 

Et il a raison, car sa politique étrangère est tout sauf lisible.

 

Dès son élection, il s’est appliqué à suivre George Bush pour lequel il semblait éprouver une profonde admiration, au point d’envoyer en Afghanistan 700 militaires français,  et de lever les restrictions à l’emploi de la force décidées par son prédécesseur Jacques Chirac. « Lequel avait refusé que les Français combattent dans les zones rurales pachtounes : il anticipait que le déploiement de l’OTAN dans le Sud mènerait à un syndrome d’ « occupation » de terres musulmanes par des Occidentaux » (Natalie Nougayrède. Le Monde).

 

Puis en mars 2009  il a engagé la France dans la réintégration du commandement intégré de l’OTAN.

 

En mai, lors d’un conseil restreint de défense, dans l’avion présidentiel qui le menait à Abou Dhabi, où il allait inaugurer une base militaire, le président avait tranché : « ni retrait, ni renfort » en Afghanistan.

En août, dix soldats français ont été tués dans la vallée de l’Ouzbine….

En octobre, dans un entretien au Figaro, Nicolas Sarkozy annonce que «  la France n’enverrait pas un soldat de plus en Afghanistan ».

 

Et le 1er décembre, Barack Obama, depuis West Point, décide de l’envoi de 30 000 soldats supplémentaires, et aurait réclamé à la France l’envoi de 1 500 autres soldats, qui iraient grossir le bataillon français de 3 400 soldats et 150 gendarmes qui œuvrent dans le cadre de la force européenne de police, sous la bannière de l’Union européenne.

 

« Le président français a salué le discours courageux de Barack Obama sur l’envoi de renforts en Afghanistan » (France2.fr).

Il paraît cependant beaucoup moins atlantiste depuis le retour de la France dans les structures intégrées de l’OTAN, à moins qu’il ne se sente moins d'affinité pour l’actuel président américain que pour son prédécesseur.

 

Que va-t-il faire maintenant?

Déjà, il a reporté son voyage au Pakistan…

 

Il devrait écouter Dominique de Villepin : « Saurons-nous faire prévaloir notre propre vision ?…La présence de troupes étrangères coalise contre elles une grande partie des forces de ce pays. J’estime qu’il n’y a pas de solution militaire et qu’il faut entrer dans un processus de désengagement couplé avec une nouvelle stratégie régionale et un fort soutien économique et social » (Françoise Fressoz et Patrick Roger.Le Monde 17.03.09)

vendredi, 04 décembre 2009

Les dérobades, une nouvelle forme de gouvernance?

La semaine dernière, le président de la République, appelé d’urgence en Arabie Saoudite pour une visite semi-privée, n’a pu honorer de sa présence l’Association des Maires de France rassemblés au Parc des expositions de la Porte de Versailles.

Qu’on n’aille surtout pas croire qu’il avait peur de les rencontrer du fait de la suppression de la taxe professionnelle et de la réforme des collectivités locales !

Il s’est fait remplacer par le Premier ministre. Lequel a bien été conspué, mais il est payé pour tenir ce rôle.

La preuve de la bonne volonté de Nicolas Sarkozy, il a convoqué 700 maires à l’Elysée, quarante huit heures plus tard, certes, un peu triés sur le volet, mais il n’y a que l’intention qui compte.

 

Ce matin, le président devait intervenir pour la clôture d’un colloque organisé par l’Institut Montaigne sur le thème « Qu’est-ce qu’être français ? ».

Un malheureux concours de circonstance l’en a empêché. Il devait aller expliquer à son ami Gordon Brown que ses propos à la Seyne-sur-Mer ne méritaient pas l’interprétation fallacieuse qu’en avait retenue le Daily Telegraph : « La crise est venue de la dérive d’un modèle anglo-saxon : je veux pour le monde la victoire du modèle européen, qui n’a rien à voir avec les excès du capitalisme financier ».

Il allait lui répéter le discours qu’il avait tenu à Lyon, en 2007, devant une assemblée d’entrepreneurs, alors qu’il s’extasiait sur le système financier du Royaume-Uni : « il y a 20 ans, ils étaient 20% moins riches que nous, aujourd’hui, ils sont 10% plus riches ».

Il envisageait peut-être de rappeler qu’en 2006, il défendait, comme les anglo-saxons, avec une prémonition rare, l’efficacité des « crédits hypothécaires, garantis par l’existence d’un bien, alors qu’en France les crédits sont garantis sur la personne ».

 

Il laisserait donc François Fillon se débrouiller avec cette idée géniale qui devait lui ramener les électeurs de la droite de la droite lors des élections régionales et reprendre la recette qui fonctionne à chaque fois : débattre de l’Identité nationale.

Mais voilà : les internautes s’étaient emparés du débat, des contributions « racistes et xénophobes » couraient sur le web, le ministre ne contrôlait pas grand-chose, l’opinion publique, ingrate, trouvait cette concertation confuse et inappropriée et faisait perdre trois points à Monsieur Sarkozy dans les sondages (34% d’opinions favorables).

Même l’état-major UMP était divisé sur l’opportunité de cette réflexion. Jean-Pierre Raffarin, François Baroin, Jean-François Copé y allaient de leur désapprobation publique.

Si « Eric Besson les a entraînés dans un truc qu’on ne maîtrise plus », autant le laisser avec le Premier ministre immortaliser cette clôture mémorable.

 

Il irait à Londres.

 

Et puis, « il avait déjà beaucoup traité du sujet à l’occasion de son déplacement dans la Drôme,  le 12 novembre »…

Sur les terres d’Hervé Mariton, député villepiniste. Un hasard !

 

Patatras !

La « réunion envisagée à Londres entre le Premier ministre Gordon Brown et le président français Nicolas Sarkozy a été abandonnée pour raisons d’emplois du temps a indiqué Downing Street ».

 

Le Président resterait à Paris.

Le Président a perdu la main. Il lui reste Copenhague. Ce qui n’augure rien de bon pour la planète…

Peut-être qu’il enverra François Fillon.

 

Pendant ce temps, Dominique de Villepin signe ses livres, va au devant des Français, et entame une campagne de proximité et de rassemblement.

Il a signé l’appel lancé par Mediapart « Nous ne débattrons pas », suivi de 15812 personnes à l’heure d’aujourd’hui.

Je m’honore d’ailleurs d’être la 1823 ème à avoir signé cet appel pour refuser le débat organisé par le pouvoir, « parce qu’il n’est ni libre, ni pluraliste, ni utile ».

« En politique, ce qui est inutile est souvent nuisible » (Jacques Bainville).

 

mercredi, 02 décembre 2009

Les conseillers généraux unanimes

Ce matin, s’est tenue l’Assemblée générale de l’Union des Conseillers généraux de France précédée d’une réunion du Comité directeur, dans l’enceinte du Sénat.

 

Bien sûr les discussions se sont focalisées sur la réforme des collectivités territoriales.
Je reprends les propos du président de l’UCGF, Jacques JP Martin, Maire UMP de Nogent-sur-Marne :

« Nous devons reconnaître qu’il existe des empilements de pouvoir et de compétences qui ont conduit à des enchevêtrements, des chevauchements institutionnels et souvent à des financements complexes, et des concurrences qui rendent floues nos actions aux yeux de nos concitoyens et qui peuvent être coûteuses pour le contribuable ….

Les élus locaux de base, qu’ils soient de droite comme de gauche disent que ça ne doit pas durer et qu’il faut clarifier, coordonner et simplifier. Proposer une réponse globale pour redonner vie à la décentralisation..

Les conseillers généraux urbains et ruraux sont prêts à accompagner un réforme si elle est réaliste et adaptée, et à accepter qu’elle soit conduite dans un esprit de simplification, de précision des responsabilités et dans le souci d’une plus grande efficacité.

La véritable préoccupation de mes collègues se situe au niveau des ressources fiscales. Nous sommes inquiets par l’après taxe professionnelle et surtout par une dépendance trop forte vis-à-vis des nouvelles dotations…..

La question de l’autonomie et de la libre administration des collectivités est au cœur de notre réflexion ainsi que celle qui vise à ne pas confondre autonomie financière et autonomie fiscale.

Nous sommes favorables à la révision de la carte des cantons…. Par contre, nous sommes attachés à l’élection uninominale à deux tours des élus de proximité que sont aujourd’hui les conseillers généraux actuels ou, demain, les conseillers territoriaux ….

L’élection des conseillers territoriaux à la proportionnelle ne nous paraît pas être un bonne idée. La règle des 80/20qui nous est proposée tente de répondre maladroitement à nos attentes. Un scrutin de liste conduirait à plus politiser des élections locales et ainsi à nous éloigner de cette proximité qui solidifie et rend plus efficace l’organisation administrative du pays.

La réforme doit impérativement revisiter la mission de l’élu territorial. De plus, veiller à confier des compétences au suppléant et imposer la parité dans le tandem proposé aux électeurs sera un gage de la représentation de la France réelle des territoires…..

Les départements méritent certains égards car, fidèles serviteurs de la République, ils ont été, avec les communes, des facteurs de cohésion nationale et de cohésion sociale reconnus….Ils doivent s’adapter, se moderniser, se développer au diapason de leurs régions tout en conservant leur rôle de service public de proximité».

 

Le président de la République avait fait sa campagne sur la complexité de toutes ces entités administratives qu’il avait comparées à un « millefeuille ». C’est à partir de ce constat qu’il a envisagé cette fameuse réforme des collectivités territoriales et la suppression de la taxe professionnelle.

Aujourd’hui, il est revenu (ça lui arrive) sur la suppression du département.

Encore un effort, Monsieur le Président, revoyez votre copie sur les mesures fiscales qui accompagnent votre réforme, et surtout, ne vous faites pas parjure à vos engagements de plus de démocratie et plus de femmes dans les assemblées.

 Ne donnez pas suite à cette misérable réforme de scrutin de liste que certains mauvais esprits pourraient croire taillée pour conserver votre majorité !

 

mardi, 01 décembre 2009

La santé, un 1er décembre...

 

D’abord, à l’occasion de la Journée internationale de lutte contre le sida, on ne peut que saluer l’action de Philippe Douste-Blazy, actuel président d’Unitaid.

Cette association constitue une centrale de l’Onu dont le but est de financer l’achat de médicaments pour lutter contre le sida, le paludisme et la tuberculose.

Philippe Douste-Blazy, ancien professeur de médecine, ancien ministre des Affaires étrangères du gouvernement de Dominique de Villepin, est devenu conseiller spécial de l’Onu chargé des financements innovants et président d’Unitaid.

Unitaid est alimenté en partie (essentiellement ?) par la taxe sur les billets d’avion, taxe initiée et voulue par le président de la République Jacques Chirac.

 

« Cette taxe de solidarité sur les billets d’avion est appliquée en France depuis le premier juillet 2006. Elle varie entre 1 et 40 euros selon la destination ou encore la classe choisie par le passager »( 2 villepin.blog).

 

Alors que le 5 août dernier, Philippe Douste-Blazy dressait un bilan mitigé sur ce nouveau financement, aujourd’hui , il en établit  un bilan essentiellement positif.

Quarante pays s’étaient engagés à mettre en place cette taxe en juillet 2006, onze avaient honoré leur engagement en juillet 2009. Ils sont seize quatre mois plus tard. Ce qui a permis de lever 1,25 milliard de dollars en trois ans.

 

« Aujourd’hui, trois enfants sur quatre qui sont soignés du sida le sont grâce à Unitaid » a expliqué l’ancien ministre de la santé. Il a rappelé, sur Europe 1,  « que le virus du sida infecte chaque jour 7400 personnes dans le monde , dont 1200 enfants ».

« Vous avez 2,5 milliards de gens qui n’ont pas le droit de se faire soigner et quand ils se font soigner, on leur donne des médicaments d’il y a dix ou quinze ans qui entraînent des effets secondaires  terribles ».

 

Bravo à Philippe Douste-Blazy qui a pris la mesure d’un problème de santé publique mondiale, qui applique les dispositions mises en place par le Président Chirac et son Premier ministre Dominique de Villepin, avec d’autant plus de courage que cette taxation sur les billets d’avion avait fait plus l’objet de quolibets que de consensus réfléchis.

 

 

Toujours dans cette interview du 1er décembre, et, sans changer du sujet de santé publique, mais pour réfléchir sur les conséquences sanitaires d’un autre virus, aujourd’hui beaucoup plus médiatisé, celui du H1N1, Philippe Douste-Blazy a émis  l’avis de donner aux médecins généralistes la possibilité de vacciner.

 

Faisant moi-même partie d’une équipe médicale au sein d’un centre de vaccination, je ne saurais m’exprimer sans faillir aux règles essentielles de déontologie.

 

Cela dit, si le gouvernement veut être cohérent et protéger réellement  la population, il n’a pas le choix de faire autrement que de permettre aux généralistes de vaccciner leurs patients et de répondre à leurs interrogations toutes spécifiques, d’autant que ceux-ci sont très attachés à leur médecin traitant (c’était d’ailleurs le but du médecin référent voulu par la Sécurité sociale). Il semble par ailleurs plus logique de faire appel à ces médecins plutôt qu’au service des Armées, aux médecins du travail, voire aux étudiants en médecine ,certes pas moins compétents, mais peut-être moins au fait des problèmes de la population du quartier!!! 

 

Enfin, je place ici la supplique ultime du médecin, installé dans le cabinet précaire dressé entre deux  cartons ondulés  : serait--il possible que celui-ci soit informé en temps réel, au moins en même temps que la population, des prises de décision ministérielle ?

dimanche, 29 novembre 2009

Bon anniversaire, Jacques...

Comme vous l’a dit très simplement ce soir  votre petit-fils en vous appelant par votre prénom, devant la caméra de Michel Drucker dans  Vivement Dimanche.

 

Martin a souligné combien vous étiez tolérant, à tel point qu’il en vient à vous faire aimer « le rap, le slam et les films gore ». Il a bien raison de vous mettre au parfum, tout comme sa mère vous avait fait aimer Madonna il y a quelques années.

Tout ce qui est humain vous intéresse. Et c’est une preuve d’amour que vouloir vous mettre au diapason de ceux que vous aimez : Martin, Claude, les Français.

 

Bernadette, dans son style, a rendu hommage à l’homme qu’elle admirait, et au séducteur attirant « les femmes comme autant de papillons autour de la lumière », mais il en est ainsi pour tous les hommes qui exercent le pouvoir…ajoute-t-elle avec philosophie et lucidité.

 

François Pinault a salué l’homme de culture, mais aussi l’homme secret « qui ne donne pas à ses adversaires la prime de le voir blessé par les coups ».

Et vous avez bien raison de ne pas livrer votre jardin secret.

 

Jacques Chirac, vous avez été un grand Président, un homme de cœur, mais c'est vrai  pour autant un homme secret.

 

Denis Tillinac, qu’on n’a pas vu aujourd’hui, mais qui vous connait bien, écrit à votre propos : « Il encaisse toute critique sur sa vie publique mais, si on le pousse dans ses retranchements intimes, il se claquemure. Son langage n’est pas un révélateur, plutôt un paravent ; au sens propre de la formule, il parle pour ne rien dire de soi ».

 

Il souligne chez vous une rare « disponibilité intellectuelle ».

" Son esprit n’est pas encombré par les vieilleries moralisantes. Il est à l’aise dans l’immanence. De fait, Chirac n’est pas démodable, puisque n’ayant jamais pris les trains de la mode. Sa culture révèle une prise de distance vis-à-vis de l’Occident contemporain. Donc, une mise en perspective. C’est aussi, plus intimement, un refuge contre la violence, voire une fuite hors la trivialité". (Chirac le Gaulois).

 

Et, c’est bien connu, vous ne cédez ni aux caprices du vent, ni aux modes.

 

N’aviez-vous pas ironisé le 12 novembre 1994 sur ce thème : « comme le disait justement Jean Guiton, être dans le vent, c’est avoir le destin d’une feuille morte » ?

 

Voilà l’homme que les Français aiment, indémodable, généreux, réservé, mais aussi un homme d’Etat, l’héritier du gaullisme qui voue un culte indéniable à son pays , qui « récuse viscéralement les clivages partisans et possède un sens aigu de ce que la France se doit »

 

Bon anniversaire Jacques, et encore beaucoup d’autres….