samedi, 28 novembre 2009

Les préparatifs de Copenhague

Au prix d’aggraver l’effet de serre  et de faire payer aux contribuables un surcoût à la taxe carbone, le président de la République française s’est rendu le 26 novembre dernier à Manaus, pour participer au sommet des huit pays de l’Amazonie.

 

L’ordre du jour était, bien sûr dans le cadre du sommet de Copenhague, de dessiner une politique sud-américaine contre le réchauffement climatique et une lutte contre la déforestation.

Et là, des huit chefs d’Etat, seul le président du Guyana, Bharrat Jagdeo, élu d’un pays peuplé de 800 000 habitants, avait fait le déplacement.

Les présidents de la Bolivie, du Pérou, de l’Equateur ne se sont pas déplacés. Le président colombien Alvaro Uribe était souffrant et le président Hugo Chavez  rencontrait à la même heure le palestinien Mahmoud Abbas à Caracas.

Les pays signataires du Traité de Coopération de l’Amazonie ont fait à Nicolas Sarkozy  ce que lui-même avait fait à l’Association des Maires de France, le coup du mépris. Difficile à avaler pour « la France, puissance amazonienne » qui partage, par son département de la Guyane, la plus longue de toutes les frontières françaises avec le Brésil.

Il faut dire que le président français n’était mandaté par aucun pays de l’Union européenne, peut-être y allait-il pour compenser la présidence suédoise actuelle qu'un de ses conseillers trouve « très classique dans ses fonctions ».

Bref, la « Bible climatique » semble avoir pris l’eau à l’endroit où les eaux noires du Rio Negro se jettent dans celles ocrées du Rio Solimoes, pour former l’Amazone.

 

Le président Sarkozy a fait ensuite une halte à Trinite-et-Tobago où se tenait le sommet des 53 pays du Commonwealth.

Il en a profité pour mettre au point le plan vaccinal français qui ne brille pas par sa bonne organisation.

 

Bref, il a beaucoup  de mal à être écouté ….

 

S’il veut vraiment lutter contre la déforestation et la désertification, il peut s’adresser à la Fondation Chirac puisque ce projet tient à cœur à Jacques Chirac.

On peut rappeler que pour la Fondation Chirac, « il est urgent de lutter contre la déforestation et la désertification pour contribuer à prévenir :

-le réchauffement climatique,

-la disparition des peuples et des cultures de la forêt,

-la migration des réfugiés climatiques, victimes de la dégradation de leur environnement,

-de nouveaux conflits pour les terres arables et forêts ».

 

Et si on envoyait le Président Chirac à Copenhague ? 

vendredi, 27 novembre 2009

Que devient Dominique de Villepin ?

Pendant que le gouvernement « pédale dans la semoule », Dominique de Villepin parcourt la France. Il  « vole de clocher en clocher »...Il effectue, à sa manière, un tour de France tout à fait remarquable .

 

Un jour dans la banlieue parisienne, un autre jour à l’Ecole Supérieure de Commerce de Toulouse, une autre fois dans une librairie pour l’exercice de signature de son dernier ouvrage, un « conte » philosophique. Où qu’il soit, il agrège la population. Il est à l’écoute de tous ses concitoyens, il leur laisse le temps d’exposer leurs problèmes.

Si tant est qu’elle ait jamais existé, il a aboli toute distance avec toutes les catégories de la population.

 

Il se montre simple, soucieux de comprendre les problèmes de ses congénères, et par ses réponses sobres, dans une langue parfaitement maîtrisée qu’il est agréable d’entendre, il donne son interprétation des faits et énonce ses propositions toutes issues de bon sens, mais qui sont le fruit d’une réflexion profonde.

 

Tout son discours se résume( !) dans les valeurs républicaines de la France que nous nous devons de défendre.

« La France doit être fidèle à elle-même, à son histoire, à sa vocation », et d’égrener tous les problèmes de mécontentement, ferments d’agitation sociale : l’école, l’emploi, la discrimination au quotidien, l’inégalité des chances.

Outre ce pacte républicain, dont on ne sait ce qu’il est devenu, il se préoccupe du pacte social, sans garantie pour la santé, pour les retraites…

 

Il parle de la France aux Français avec un enthousiasme quasi-amoureux, avec autant de brio que lorsqu’il la défend à l’autre bout du monde.

D’ailleurs, c’est le monde qu’il défend.

Ainsi lors du Sommet de la Coopération Internationale qui s’est tenue à Changchun en Chine le 1er septembre  dernier.

Au cours d’un discours particulièrement brillant, il a salué le rôle majeur de la Chine à jouer dans la définition de la nouvelle économie. Il a « souligné à quel point la coopération internationale est cruciale aujourd’hui ….Devant des incertitudes et des changements d’une ampleur que nous avons rarement connus par le passé, nous devons inventer de nouvelles formes de coopération…parce qu’aucun pays n’a plus le pouvoir de décider pour tous,… parce que dans une économie globalisée, aucun pays ne peut plus tout contrôler sur son propre territoire,… parce que nous entrons dans une nouvelle période de globalisation, définie par le retour de la politique et la loi de la rareté …les Etats qui ont résisté au choc l’ont fait à travers des interventions publiques massives, des plans de relance impressionnants et des politiques industrielles volontaristes ».

 

Il n’a pas dit où il situait la France dans l’échelle de ces pays volontaristes…mais il commence à faire rêver les Français d’une autre politique, d’une autre vision de leur pays. « Ce qui se fait aujourd’hui ne correspond pas à ce qu’on espère pour demain ».

 

Qu’on le veuille ou non, Dominique de Villepin est en train de conquérir l’opinion publique parce qu’il donne aux Français l’image qu’ils attendent  de leur « grand et vieux pays », parce qu’il incarne l’image d’un homme politique nouveau, très apprécié par les jeunes.

Il sait même, à l’occasion, pratiquer l’auto-dérision. Ainsi, lorsqu’à Toulouse un étudiant lui pose une question sur Clearstream, il répond que cette affaire « s’est transformée en face à face entre un ancien ministre de l’intérieur devenu président de la République et un ancien premier  ministre devenu rien du tout »….

 

Pour Jean-Marie Rouart , dans un article de Paris-Match intitulé « Villepin, l’astre noir », la dialectique de Villepin est « d’autant plus redoutable qu’elle puise son inspiration et sa légitimité dans le gaullisme ».

 

J’en viens à me demander si humilier son adversaire relève d’une fine politique !

 

 

Quoi qu'il en soit, quand on aime la France et qu'on place l'Homme  au coeur des préoccupations essentielles, quelle que soit son identité, il convient de soutenir et d'encourager Dominique de Villepin !

mercredi, 25 novembre 2009

Grande cause nationale 2010 : la lutte contre les violences faites aux femmes.

En cette Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, voilà ce qu' a annoncé le Premier ministre, François Fillon,  entouré de Michèle Alliot-Marie, Ministre d’Etat Garde des Sceaux, ministre de la Justice et des libertés, de Xavier Darcos, Ministre du travail, des relations sociales, de la famille et de la solidarité et de  Nadine Morano, secrétaire d’Etat chargée de le famille et de la solidarité.

 

 

«  Il y a exactement 10 ans, les Nations Unies dédiaient ce 25 novembre à un combat injustement méconnu… Aujourd’hui, cela fait 10 ans que la résolution été adoptée, 10 ans que le combat s’organise et que les consciences s’ouvrent progressivement à la réalité ».

 

 

 Inutile de rappeler quelques éléments statistiques :

 

-concernant les violences commises au sein du couple, une femme décède tous les 2 jours et demi sous les coups de son compagnon, mais seulement 8% des femmes victimes de violences physiques osent porter plainte ;

  

-9993 viols ont été commis en 2005 ;

  

-c’est sur le lieu du travail que les agressions sexuelles sont les plus fréquentes (25%) ;

 

-les mutilations sexuelles demeurent fréquentes : 53 000 femmes adultes excisées vivaient en France en 2004, et 20% d’entre elles l’avaient été sur le sol français ;

 

-8 000 adolescentes sont susceptibles d’être menacées, en France, chaque année, de mariage forcé.

Ces derniers chiffres émanent du rapport d’information de la mission d’évaluation de la politique de prévention et de lutte contre les violences faites aux femmes. Cette mission était présidée par Danièle Bousquet, députée socialiste, et Guy Geffroy, député UMP, en a été le rapporteur.

 

 

Le Premier ministre a rappelé les avancées dans ce domaine : la prise en charge des victimes, la plate-forme d’écoute téléphonique du 3919, la prise en charge des auteurs des violences…

 

 

Il veut surtout mieux protéger les femmes victimes de violences en renforçant le cadre juridique, en matière civile, par un « référé-protection » qui permettra d’aider sans délai les femmes en danger, et en matière pénale, par l’introduction d’un nouveau délit réprimant les violences psychologiques au sein du couple. 

 

La prévention de la récidive fera l’objet d’un dispositif expérimental de surveillance par un bracelet électronique afin de contrôler l’éloignement du conjoint violent.

 

Un effort particulier des professionnels de santé permettra le repérage et la prise en charge des victimes.

 

« En plus des souffrances qu’elles engendrent, ces violations des droits fondamentaux perpétrés contre les femmes compromettent leur insertion active dans la vie sociale, économique et politique…Si la violence envers les femmes se décline sous de multiples formes, elle a partout les mêmes effets, et elle est fatale au principe d’égalité des hommes et des femmes ; elle est fatale à la dignité de l’humanité ».

 

L’Association Française des Femmes Médecins que j’ai l’honneur de présider a constitué, avec 24 autres associations,  un collectif  dans le but d’obtenir que la Grande cause nationale 2010 soit réservée à la lutte contre les violences faites aux femmes.

Nous avons choisi ce combat, avons adopté le 23 janvier 2009  une charte inspirée des textes de l’ONU ( la plateforme de Pékin, Convention Cedaw) et nous sommes engagées à la promouvoir.

 

Un des principaux objectifs du collectif est des responsabiliser les différents catégories de la population, toutes les couches de la société, toutes les catégories socio-professionnelles.

 

Nous envisageons toute sorte de manifestation à type de séminaires et de colloques afin de dénoncer cette violation des droits de l’être humain, et « lever la honte qui accable les victimes culpabilisées par des faits qui déshonorent leurs auteurs ». Et  comme l’a conclu François Fillon : « le combat contre la violence faite aux femmes est l’affaire de tous. Il nous commande d’agir partout où la dignité, la morale et la loi l’exigent ».

mardi, 24 novembre 2009

« La femme est une promesse non tenue »…

Il me plaît de rappeler cette phrase de Claude Mauriac à Nicolas Sarkozy.

Qu’on ne se méprenne pas su le sens de mes propos : où est passée la parité ?

A chaque remaniement ministériel, des femmes ministres passent à la trappe. De 7 femmes sur 15 en mai 2007, elles ne sont plus que quatre deux ans plus tard, au bénéfice des secrétaires d’Etat qu’on nomme juste pour faire bien sur la photo.

Qu’on ne nous fasse pas croire que parité ne puisse se conjuguer avec compétence…

Je connais bon nombre de femmes qui seraient plus efficaces que des ministres hommes, indéboulonnables, mais toujours présents pour faire beaux (bofs ?) sur la photo.

 

A vrai dire, la modification de l’article 4 de la Constitution engageant les partis politiques à contribuer à la mise en œuvre de l’égal accès des femmes et des hommes aux mandats politiques n’a pas conduit .à changer les pratiques en profondeur.

Pire, la parité est un alibi pour installer filles, maîtresses, ou épouses dans le meilleur des cas, et pour que la gent masculine continue à exercer son pouvoir.

Oui, la classe politique française, comme celle de l’Europe du Sud, est phallocrate.

 

Depuis la réforme constitutionnelle du 8 juillet 1999, plusieurs lois d’application ont permis de modifier le paysage politique français de manière directe et indirecte sur le renouvellement des mandats et fonctions électives françaises ( Observatoire de la parité).

Mais comme la mentalité ne change pas, elles ont permis de préciser leur contournement pour ne rien changer aux assemblées masculines. Ainsi, pour les scrutins uninominaux ( législatives, sénatoriales dans les départements disposant de moins de quatre sièges, et cantonales) . Les circonscriptions ingagnables ont été réservées aux femmes, puisqu’à l’Assemblée nationale on compte aujourd’hui 18,5 % d’hommes pour 81,5% de femmes. Les conseils généraux comptent 12,3% de femmes…

Les scrutins de liste permettent, eux,  d’instituer une obligation de parité entre les femmes et les hommes (sénatoriales pour les départements disposant de quatre sièges et plus, européennes, municipales et régionales).

Les conseils régionaux affichent d'ailleurs une féminisation de 47,6%...

 

Et voilà qu’une modification du mode de scrutin pour les élections aux collectivités territoriales prévoit que 80% des conseillers territoriaux seront élus au scrutin uninominal majoritaire à un tour, chaque candidat se présentant individuellement dans le cadre d'une cinconscription, mécanisme qui rend caduc le principe de la parité.

C’est le recul colossal de la parité annoncé par Marie-Jo Zimmermann, députée UMP de Moselle et présidente de la délégation aux droits des femmes de l’Assemblée nationale, soutenue par Michèle André et Françoise Vilain, ses homologues au Sénat et au Conseil économique, social et environnemental.

Dans un texte commun, elles dénoncent « le risque important de régression en matière de parité ». La réforme « aura pour conséquence quasi mécanique d’exclure les femmes des responsabilités départementales et régionales ».

 

Elles alertent le gouvernement « sur le risque d’inconstitutionnalité du projet de loi  », en défavorisant « l’égal accès des femmes et des hommes aux mandats électoraux et aux fonctions électives ».

Guy Carcassonne, professeur de droit public, estime lui aussi le projet inconstitutionnel, mais parce qu’il ne comporte qu’un seul tour.

C’est d’ailleurs ce seul tour qui est la motivation principale du chef de l’Etat, puisqu’il est assuré de l’emporter, à la condition qu’il n’y ait pas de second tour.

Alors, la cause des femmes, en regard de cette fin ne vaut pas grand-chose…

 

Et pourtant, «  une promesse non tenue est une nuée sans pluie, une épée sans fil, un arbre sans fruit »…

Qu’à cela ne tienne « qui veut la fin, veut les moyens ».

 

 

dimanche, 22 novembre 2009

Les droits de l’enfant n’intéressent pas le président de la République!

La Convention internationale des droits de l’enfant vient de fêter son 20è anniversaire. La France a ratifié cette convention internationale en 1990 et a créé le Défenseur des droits de l’enfant en 2000, autorité indépendante de la République en charge de la défense et de la promotion des droits de l’enfant.

Cette institution est placée sous la responsabilité directe du chef de l’Etat auquel elle est tenue d’en présenter le bilan et des propositions.

Succédant à Claire Brisset, Dominique Versini a été nommée défenseure des enfants par décret du Président de la République le 29 juin 2006 pour une durée de 6 ans.

Elle est d’ailleurs présidente du réseau européen des 35 défenseurs des droits de l’enfant et reconnaît que la tendance en Europe est à la création d’une institution comme la nôtre. Les  Moscovites se préparent d’ailleurs à créer leur Défenseur sur le modèle français.

 

Quand une institution fonctionne trop bien, il faut la modifier et la réformer.

La Réformite a donc atteint la Défenseure des enfants puisque un projet de loi a été déposé au Sénat le 9 septembre 2009 au profit d’un nouveau Défenseur des droits englobant tous les pouvoirs en matière de droits.

 

Le poste de défenseur des enfants risque donc d’être supprimé (on n’imagine pas les parlementaires ne pas obtempérer sur ce sujet !), et Dominique Versini n’a jamais été consultée ni auditionnée malgré les demandes de rendez-vous formulées. Ce qui ne montre pas une grande élégance dans le procédé, ni un grand souci d’efficacité dans l’action.

 

Depuis sa création, l’institution a traité des réclamations concernant près de 20 000 enfants.

La Défenseure des enfants apporte son approche spécifique pour tenter de résoudre les cas auxquels les instances spécialisées n’ont pu trouver de solution. Elle s’est préoccupée des cas des enfants présents dans les centres de rétention administrative, du traitement des mineurs étrangers isolés….

Elle a sensibilisé aux droits de l’enfant, en trois ans, plus de 50 000 collégiens dans 12 départements, par l’intermédiaire de 32 « jeunes ambassadeurs » effectuant un service civil volontaire.

Elle anime une équipe de 60 correspondants territoriaux issus de la société civile, dévoués à la cause des enfants, mais ignorés par le projet de loi.

 

L’action de la Défenseure des enfants s’inscrit dans une réflexion de société sur les grandes questions concernant les enfants et fait des propositions législatives (statut des tiers beaux-parents), des propositions d’amélioration des politiques publiques (souffrance des adolescents, équipes mobiles de pédopsychiatrie).

 

Une consultation de 2 500 jeunes a permis de dresser un état des lieux des droits des enfants. Ils ont réfléchi sur 10 thèmes : famille, éducation, justice, violences, discrimination, santé, précarité, handicap, expression et participation, vie privée et internet.

Leurs conclusions se sont concrétisées en 200 propositions à l’attention du président de la République et du parlement.

Le président, surement intéressé mais trop occupé par des problèmes plus importants que ceux de l’enfant et de l’adolescent s’est défaussé sur son Haut Commissaire à la jeunesse.

 

En conclusion, ce sujet n’intéresse pas le Président de tous les Français. C’est vrai que les enfants ne votent pas.

Le gouvernement pense que tout a été fait dans le domaine des droits de l’enfant.

De plus, cette Institution coûte cher, et il n’y a pas des scandales  tous les jours !

 

Bref, la France, jusqu’alors très au fait de ces problèmes de l’enfant, va reculer, comme elle a reculé sur la question de la justice des mineurs et sur la prévention de la délinquance au profit de la sanction.

 

Beau travail !

vendredi, 20 novembre 2009

Le père de la Nation à Bordeaux

Jacques Chirac continue à remporter un succès populaire qu’aucun institut de sondage n’avait imaginé. Certes pour 76% des Français, il reste leur personnalité politique préférée, mais lors de ses déplacements pour les signatures de son livre « Chaque pas doit avoir un but », il rencontre une foule d’admirateurs pressante, inattendue pour les organisateurs, insatisfaite pour les derniers arrivés des longues files d’attente.

 

Aujourd’hui, il s’est rendu à Bordeaux pour dédicacer le premier tome de ses Mémoires. « Les plus courageux étaient arrivés plus de deux heures avant la séance au cours de laquelle il a signé, en deux heures, environ 300 ouvrages sur les 1 300 que la librairie Mollat avait commandés pour l’occasion ».

 

Toujours selon le figaro.fr, « dans la file d’attente qui s’étirait sur plus de cinquante mètres, du jamais vu depuis la venue de l’auteur populaire américain Mary  Higgings Clark, se trouvaient une majorité de femmes et de nombreux jeunes »….

 

"C’est un Jacques Chirac visiblement ravi qui a fait vendredi le voyage de Bordeaux, la ville d’Alain Juppé. L’ancien président de la République et son ancien premier ministre se sont retrouvés pour un déjeuner dans un temple de la gastronomie".

 

« J’ai toujours beaucoup appris en écoutant Alain Juppé » révèle  Jacques Chirac

Pour sa part, Alain Juppé se dit ne pas être étonné par le succès en librairie des mémoires de Jacques Chirac. « Les Français portent sur lui un regard apaisé. C’est un peu le père de la nation !»

Il est vrai que Jacques Chirac a toujours endossé avec dignité et responsabilité les habits de président de la République, qu’il s’est toujours abstenu de jugement sur son successeur, et que cette attitude élégante n’est pas pour déplaire à la population.

 

A l’heure du débat sur l'identité nationale lancé par le gouvernement, et alors que l’ancien président de la République  a toujours tenté  de définir celle-ci par une manière de vivre  ensemble, il est révélateur de voir les Français lui reconnaître un rôle essentiel de rassembleur.

« Je sais que la grande majorité d’entre vous souhaite ce Rassemblement. Ensemble nous le ferons. Mais il faut m’aider, me suivre, m’encourager par votre soutien sans faille.

Je vous promets, quant à moi, que je mettrai toutes mes forces, tous mes moyens, tout mon cœur, au service de la France dans le respect de la République et des Institutions » (discours d’Egletons, le 3 octobre 1976).

 C’est toujours ce discours que se remémorent  les Français et dont ils éprouvent un peu de nostalgie …

jeudi, 19 novembre 2009

Est-ce que le président de l'Europe doit être un personnage charismatique s'est interrogé Nicolas Sarkozy ?

 

Eh bien qu’il soit rassuré !

Les 27 chefs d’Etat ou de gouvernement ont choisi le Plus Petit Dénominateur Commun.

Voilà qui traduit bien leur conception enthousiaste de l’Europe : trouver « le visage » qui ne fera de l’ombre à aucun.

Mais, après les Ch’tis reconnus en la personne de Dany Boon décoré récemment par le président de la République française, on peut concevoir que la mode des frites gagne du terrain et que l’heure soit venue d’honorer nos voisin belges.

Et d’ailleurs, le Benelux fait figure d’ancêtres dans cette Europe que tout le monde veut « sincèrement » voir prospérer.

A la condition que les images des uns et des autres ne viennent pas empiéter sur leur propre ego.

 

Il paraît que Nicolas Sarkozy a fait campagne pour cet illustre inconnu qui vient de remporter le César de la meilleure non-candidature, le célèbre Herman Van Rompuy, premier ministre belge depuis moins d’un an.

Gagné.

Un homme politique aussi rompu aux affaires européennes ne manquera pas de donner son numéro de téléphone à Barack Obama pour résoudre les nombreux problèmes qui se poseront de part et d’autre de l’Atlantique Nord.

Sa fraîcheur dans ce domaine lui obtiendra la mansuétude de ses pairs. Encore que les plus inexpérimentés pour des coups d’essai réalisent parfois des coups de maître…Les 500 millions d’européens ne peuvent donc qu’être agréablement surpris.

 

Il paraît aussi que ce Monsieur Von Rompuy est un homme effacé qui « brille par sa discrétion ». Ce critère a été vraisemblablement retenu car nos chefs d’Etat et de gouvernement souffrent des gens qui se haussent du col pour entrer dans le champ de la caméra et figurer au deuxième plan des photos.

De ce côté, le résultat est assuré.

 

Il paraît enfin que « les 27 » se sont livrés à de savants marchés. C’est pourquoi la jeune Catherine Ashton a été élue Haut représentant à la politique extérieure, alors qu’elle ne fréquente l’exécutif communautaire que depuis moins d’un an, mais « il était important de montrer aux britanniques qu’on a besoin d’eux en Europe » a expliqué Nicolas Sarkozy.

 

Et puis, il fallait bien nommer une femme, et nos chefs ont eu peur de la brillante Lettone Vaira Vike-Freiberga : présidente de la République de Lettonie de 1999 à 2007 car réélue en 2003, européenne convaincue, engagée en faveur de l’intégration européenne de son pays, élue 48è femme la plus puissante du monde en 2005 par Forbes, écrivant en français des livres de poésie, voilà qui ne pouvait plaire à ses 27 électeurs aussi misogynes que mesquins.

Bref, elle était trop charismatique.

Les nombreuses pétitions en sa faveur n’ont pas abouti.

 

 L’Europe, au travers de cette élection, ne sort pas grandie de ces marchandages.

Quand aurons-nous des hommes et des femmes d’Etat soucieux de l’intérêt général de leur pays ? soucieux de l’Europe ? Ils ont aujourd’hui pratiqué le nivellement de leurs ambitions par la médiocrité.

mardi, 17 novembre 2009

La santé a un prix, mais elle nous sauvera…

Selon le Panorama du Médecin du 16 novembre, La santé, facteur de relance , « La santé est un secteur clé de l’économie de la connaissance » selon le président de la République, le 18 septembre dernier, au centre hépatobiliaire de Paul-Brousse.

Il témoignait ainsi de sa conviction que la santé est un secteur clé de la croissance économique.

Puis, devant des grands groupes industriels français et étrangers dans le cadre du Conseil stratégique des industries de santé, il confirmait « combien la santé et la recherche biomédicale sont stratégiques pour l’avenir de la France….Les sciences du vivant et de la santé seront un des moteurs de notre économie dans l’avenir ».

 

  Quelque temps plus tard, trois économistes ont exprimé leurs points de vue lors d’un débat organisé par l’Association des cadres de l’industrie pharmaceutique (Acip) dont le président est le docteur Michel Hannoun, ancien député, responsable de la Fédération des professionnels de santé de l’UMP.

  Gérard de Pouvourville, titulaire de la chaire santé à l’Essec, rappelle que l’espérance de vie apporte de la croissance, qu’une augmentation de 10% de l’espérance de vie c’est plus 0,5 à 0,62 de croissance supplémentaire pour le PIB.

  Les industries de santé sont essentielles à la croissance économique, mais aussi très contributives à la richesse de notre pays : avec 100 000 emplois directs (soit 0,4% de la population active) les entreprises du médicament contribuent pour plus de 2% du PIB ! Et pourtant les positions françaises s’effritent, selon Etienne Barral.

 

  Le paradoxe est clair : d’un côté, la santé est reconnue comme secteur clé de la croissance économique, de l’autre côté, la maîtrise des dépenses de santé tend à fragiliser le tissu industriel censé porter l’essentiel de cette croissance.

  Entre les deux, un gouffre, le trou de la sécurité sociale. Pour Marc Guillaume, il n’y a pas de trou… « Ce trou …c’est juste une question de répartition arbitraire et historique des dépenses…la crise réduit l’intérêt que l’on porte à la santé, car on raisonne en termes comptables. C’est une grave erreur ! »

  Et d’appeler à un renforcement des investissements dans ce secteur exemplaire en matière d’économie durable, et très demandeur au vu des progrès à accomplir, dans le cancer, les maladies neuro-dégénératives, la dépendance liée à l’âge, les maladies infectieuses et parasitaires … 

 

 
La balance commerciale du secteur pharmaceutique était excédentaire de 7 milliards d’euros en 2008, la France étant le premier pays européen en termes d’exportation de produits pharmaceutiques.

Voilà pour l’aspect financier du système qui a fait notre particularité initiée par le Général de Gaulle.

La santé est, on le voit,  porteuse d’avenir et de croissance.

 

Il est un autre aspect encore plus important, parce qu’il donne une dimension éthique à nos préoccupations.

Tout tourne autour des médicaments censés nous guérir. Encore faut-il que ce soit de VRAIS médicaments.

 

 

Jacques Chirac vient de souligner par « l’appel de Cotonou » que « de toutes les injustices, la plus cruelle est celle qui touche à la santé ». « Il  nous faut changer d’échelle et de méthodes. Il est temps que les nations s’unissent sans arrière-pensée contre cette menace commune » celle des faux médicaments ….Il faut " donner aux pays fragiles les moyens d’accéder à des produits de qualité. L’ancien président évoque, pour ce faire, UNITAID, avec les financements innovants du développement et la taxe sur les billets d’avion . Une autre de ces initiatives, lancée conjointement avec  le Brésilien Lula, en 2006"(Le Quotidien du Médecin-14 octobre 2009).

La santé est, on le voit, porteuse de solidarité.

 

Et si la santé remettait l’Homme au cœur de nos préoccupations!

 

 

lundi, 16 novembre 2009

Quand le président se dégonfle…

« Je n’imagine pas qu’un président puisse s’exonérer d’écouter ce qu’ont à dire des maires de toutes tendances politiques et de toutes les régions ».

C’était l’an dernier au congrès de l’Association des maires de France….

Comme l’année précédente, il avait voulu honorer les élus locaux, les dernières figures politiques reconnues par l’opinion publique.

 

Par une malchance rare, le président ne pourra pas saluer demain les quelque 6500 maires réunis pour leur 92è congrès, car son agenda est très rempli. Justement il part pour 48 heures en Arabie saoudite.

Il laisse le Premier ministre prononcer l’allocution pour la séance solennelle d’ouverture du matin. Ce malheureux François Fillon s’était déjà fait siffler l’année dernière, mais un Premier ministre, c’est fait pour recevoir les coups et supporter les broncas…

Quelques mauvais esprits sont allés jusqu’à dire que le voyage présidentiel revêtait une circonstance (doublement) diplomatique : « Le président Sarkozy avait dit qu’il viendrait chaque année devant les maires. Manifestement il avait oublié de dire que c’était uniquement les années où il pourrait se faire applaudir »selon André Laignel, maire socialiste d’Issoudun et secrétaire général de l’AMF.

A mon avis, il n’est pas près de s’exprimer aux congrès de l’AMF.

Peut-être même qu’il ne s’y rendra plus jamais…

 

Il est vrai que le « président-qui-ose-tout-de-son-fauteuil » élyséen a fait très fort en télescopant la suppression de la taxe professionnelle, dont les élus ne savent pas par quoi elle sera remplacée (ce qui est pratique pour établir un budget !) et la réforme des collectivités territoriales dont les compétences sont loin d’être définies.

 

« Balladur, Juppé, Raffarin, Larcher critiquent cette méthode »qui consiste en la réforme des finances locales avant celle des structures.

Les élus craignent « une recentralisation punitive ». Notre ministre de l’Economie, toujours « fière »-à-bras en a rajouté une couche « en affirmant que le gouvernement irait jusqu’au bout et n’avait pas à organiser la féodalité », propos jugés « irrévérencieux, injustes et offensants » pour Marcel Larmanou, qui fait remarquer que les collectivités locales étaient « le dernier bastion des services publics  et que les élus réalisaient 73% des investissements publics ».

 

Bref, la grogne enfle et s’il y a bien une chose que le « président-qui-ose-tout-de–son-fauteuil » craint plus que tout c’est la controverse publique.

Il a peur des sifflets et des railleries. Il ne supporte pas les blessures d’amour-propre.

 

Il faut voir les déplacements de policiers , les rues barrées, les barrières dressées à chacune de ses sorties.

 

Oui le président s’est dégonflé en ne se rendant pas à la Porte de Versailles demain 17 novembre.

 

Peut-être ne garde-t-il pas que des bons souvenirs de ce Parc des Expositions où le 23 février 2008, ses nerfs avaient lâché devant un paysan à qui il conseillait de « se casser, pauvre c.. ».

 

Il ne reste plus grand-chose de son sacre par l’UMP, au même endroit alors qu’« ensemble tout devient possible » le 14 janvier 2007 et que  le candidat égrène un chapelet de promesses. Deux ans et demi plus tard, se sont cassés : le pouvoir d’achat, le cinquième risque destiné à financer la dépendance, « les nouveaux espaces de liberté tarifaire »pour les médecins libéraux, l’alignement du C (consultation de médecin généraliste) sur le CS (consultation de médecin spécialiste), parce que « la médecine générale est une spécialité à part entière »…..

 

 

Comme chantait Dalida « paroles, paroles, paroles »….

 

Oui, le « président-qui-ose-tout-de-son-fauteuil » n’ose plus rien quand il a quitté son cocon. La preuve, c’est à l’Elysée qu’il recevra une délégation des maires de France vendredi prochain.

Gageons que là il osera de nouveau promettre tout et son contraire…

dimanche, 15 novembre 2009

Démographie médicale et taxe professionnelle

L’Union Nationale des Professions Libérales s’insurge contre la réforme programmée de la taxe professionnelle.

En effet, les professionnels libéraux BNC (bénéfices non commerciaux) employant moins de cinq salariés, les plus nombreux dans notre pays, subiraient un taux d’imposition au moins quatre fois supérieur à celui d’une entreprise en BIC (bénéfices industriels et commerciaux) de taille et de chiffre d’affaires équivalents.

 

Dans ces conditions, ces nouvelles dispositions vont avoir un effet restructurant immédiat.

 

« Les professionnels libéraux (de l’infirmière libérale aux médecins, en passant par les services à la personne) auront tendance –et intérêt- à se regrouper afin d’accéder au statut d’entreprise à « BNC de plus de cinq salariés » et d’être moins lourdement imposés. Les regroupements se feront principalement dans les zones urbaines au détriment des zones rurales ».

Selon Le Quotidien du Médecin du 13 novembre : « au total et tous secteurs d’activité confondus, un million d’emplois du secteur des services au public dans les zones rurales, serait ainsi menacé, ce qui priverait d’accès à un tel service quelque 5 millions de personnes ».

 

Pour l’UNAPL qui « prend l’exemple des médecins : « L’Ordre (des Médecins) constate déjà que les jeunes praticiens continuent à privilégier les grandes villes et la proximité des CHU en dépit de l’octroi d’aides à l’installation. Dans ce contexte, la réforme de la taxe professionnelle va accentuer le mouvement, allant à l’encontre des besoins de la population ».

Pêle-mêle, les médecins, les infirmières, les avocats, les notaires « de proximité » sont menacés.

L’UNAPL réclame que « toutes les entreprises libérales soient soumises au même régime fiscal, c’est-à-dire, qu’elles puissent rejoindre le régime général pour acquitter la taxe professionnelle ».

 

Cette réforme de la taxe professionnelle a-t-elle été bien étudiée ?

A-t-on eu le temps et les moyens d’en analyser les conséquences ?

Quelles répercussions sur le service public peut-elle induire ?

 

Au premier rang du pacte républicain figure l’égalité.

L’égalité des citoyens dans leurs droits et leurs devoirs.
L’égalité  dans leurs devoirs devant l’impôt, l’égalité dans leurs droits de l’accès aux soins pour tous, quelle que soit leur situation pécuniaire et géographique.

 

La réforme de la taxe professionnelle, en l’état, ne répond pas à ce pacte.