lundi, 12 octobre 2009
Il n'y a plus d'enfants...
Certes, comme disait ma grand’mère, les chiens ne font pas des chats, mais de là à ce qu’un bambin suscite plus d’UBM (unités de bruit médiatique) que son prestigieux père, il y a des limites à ne pas dépasser.
Des limites ? Cette famille n’en connaît aucune. La preuve….
Voilà que la planète, d’abord incrédule, est secouée d’un immense éclat de rire.
Même la télévision chinoise se gausse et nous donne une leçon de démocratie : la chaîne CCTV ironise sur le parcours fulgurant du fils et le « népotisme à la française ». L’Italie, qui voit pourtant défiler beaucoup de sujets surprenants concernant sa classe politique, n’en revient pas. Le Times de Londres parle de la France comme d’une « république bananière » qui depuis quelques mois accumule les affaires (Clearstream, Mitterrand)…
Ce n’est plus « tel père, tel fils », c’est une génération qui, suivant un mouvement uniformément accéléré, fait que le fils va encore plus vite que le père.
Quels sont les faits ?
Un jeune homme de 23 ans, muni d’un diplôme « Bac+1 », car il redouble sa deuxième année de droit, va prendre la tête de l’ « Etablissement public d’aménagement de la Défense », territoire off-shore, qui regroupe 2500 sièges sociaux, qui affiche un chiffre d’affaires de 1 milliard d’euros dégageant un bénéfice de 350 millions d’euros, qui fait travailler 150000 salariés sur un bassin de population de 200000 personnes, par lequel passe tous les jours un million de franciliens.
Bref, le premier pôle tertiaire d’Europe.
Même « si la valeur n’attend pas le nombre des années », comme nous le ressassent Lefebvre, Balkany’s, et l’inénarrable Paillé qui ne manque jamais l’occasion de cirer les pompes présidentielles, le « Prince Jean » ne semble pas le plus qualifié pour gérer cet important EPAD. Il semble me souvenir que son projet d’enfouissement de l’avenue Charles de Gaulle n’avait pas brillé par la pertinence de ses études, ni par sa faisabilité…
Comme le dit Marianne : « Son seul diplôme est son patronyme. Sa seule expérience, le piston de son père ».
Quels sont les objectifs ?
En décembre prochain, l’EPAD, constitué de Puteaux et Courbevoie (situés à droite) va élargir son périmètre à la réserve foncière voisine de Nanterre (communiste) en multipliant sa superficie par 5 (770 hectares), et restreindre les responsabilités des élus de Nanterre.
Le quartier de la Défense doit occuper une place stratégique centrale dans le dispositif du Grand Paris, devenir un haut lieu de la finance mondiale et permettre ainsi d’avoir la main sur le département des Hauts-de-Seine dont le budget est supérieur à celui d’Etats européens.
Une manne… sans compter le réseau professionnel, culturel…. qu’une telle direction permet de pénétrer.
Papa veut tout simplement avoir la main sur ce pactole.
L’opposition française est indignée : opposition de gauche, bien sûr, mais opposition centriste et opposition neuilléenne. François Bayrou s’inquiète que « tous les piliers solides sur lesquels notre pays s’était construit en termes de principes, de décence et de raison, chancellent et s’effritent ».
La France est devenue la risée du monde entier, à cause d’un président hyperactif et omnipotent qui veut imposer son fils lui-même tellement pressé « qu’il grille tous les feux rouges de la vie politique » (Le Post).
Enfin, je crois qu’on pourrait demander à ce pauvre David Martinon ce qu’il en pense, lui qui croupit désormais dans un consulat français aux Etats-Unis, alors que son ami Jean devait le « soutenir à mort » à l’occasion des dernières élections municipales de Neuilly…
Comme quoi, il y a bien des prédispositions génétiques.Ca ne mérite vraiment pas un « Contrat de confiance »…
samedi, 10 octobre 2009
clearstream: acte III
On allait voir ce qu’on allait voir cette semaine, qui promettait des affrontements sans concession entre les prévenus et les témoins, pardon, « le » prévenu et les témoins.
Au bout du compte, une chose est claire : Dominique de Villepin est peut-être malmené, mais son innocence s’affiche de jour en jour, à tel point qu’elle fait commettre des fautes à son détracteur.
Une analyse sincère montre l’ancien Premier ministre face à un juge intègre sur lequel plane une mesure disciplinaire. Ce malheureux Van Ruymbeke souffre d’avoir été arrêté dans ses investigations concernant l’affaire des frégates de Taïwan. Il est convaincu que de puissantes influences se sont exercées et alors qu’il tente d’approcher la vérité par une voie non conventionnelle, il se voit sanctionné. Son témoignage disculpe Dominique de Villepin.
Le général Rondot, « ce grand général de l’Armée française », à qui on ne la fait pas, souligne que l’ancien Premier ministre n’était pas au courant de la falsification des listings.
L’accusation de dénonciation calomnieuse tombe d’elle-même. D’ailleurs le prévenu réplique : « une dénonciation calomnieuse en matière politique a ceci de particulier que ça signifie un arrêt de mort politique ».
Jean-Louis Gergorin, le Corbeau, n’est toujours pas remis de la mort qu’il juge encore suspecte de Jean-Luc Lagardère, son patron adulé, disparition qui a eu lieu quelques mois avant le début de toute cette affaire (mars 2003).
Intéressante, donc peu soulignée dans la presse, l’intervention de Jean-Pierre Raffarin qui a expliqué combien l’attitude de Dominique de Villepin avait été cohérente en traitant le dossier avec la retenue requise. Il s’étonne en revanche que le ministre de la Justice de l’époque ne soit pas cité comme témoin et encore plus Michèle Alliot-Marie, ministre de la Défense du gouvernement précédent. Mais futé, le président de la République l’a nommée ministre à la Justice, et elle ne peut venir à la barre comme un simple citoyen….
Le très grave problème consiste en un double phénomène : à mesure que la vérité se fait autour de Dominique de Villepin, un rideau de fumée s’épaissit autour de Nicolas Sarkozy et de son entourage.
D’abord, son secrétaire général n’a pas à s’exprimer dans cette affaire qui ne le concerne pas, et ses déclarations pour soutenir son maître sont aussi maladroites qu’incongrues.
De plus, dans le livre de Mathieu Delahousse à paraître demain, Patrick Ouart, le conseiller justice à l’Elysée, affirme qu’ il « conseille Nicolas Sarkozy » dans le cadre de l’affaire Clearstream dans laquelle il est partie civile.
Me Metzner dénonce à juste titre « une ingérence de l’appareil de l’Etat ». Il s’offusque : « Il est payé par qui ? Par les Français. Il se commet d’office aux frais de l’Etat »…. Ces mêmes Français au nom desquels la Justice va être rendue….
Enfin, il n’a été apporté aucune clarificatrion sur les notes de frais d’Imad Lahoud qui avait invité 15 fois François Pérol à dîner entre février 2004 et juillet 2005, ce même François Pérol, alors directeur adjoint au cabinet de Nicolas Sarkozy à Bercy, puis secrétaire général adjoint de l’Elysée.
Heureusement, des journalistes d’investigation cherchent à dénouer tout cet écheveau. C’est ainsi que selon le site Mediapart, Imad Lahoud « pourrait avoir bénéficié d’un traitement de faveur » dans une affaire d’escroquerie de 42 millions de dollars, grâce aux appuis d’un proche de Nicolas Sarkozy…..
Comme le dit Malakine dans son blog : « Espérons que le procès permette d’établir ce qu’il y a de vrai et de faux dans ces listings, dans quel but et pour servir quels intérêts du faux s’est retrouvé mêlé du vrai….Espérons surtout que la focalisation de l’affaire sur la pseudo dénonciation calomnieuse de Sarkozy ne soit pas un écran de fumée pour détourner l’attention de faits bien réels et beaucoup plus graves qui traduirait l’existence de pratiques mafieuses dans le monde de la haute industrie mondialisée ».
vendredi, 09 octobre 2009
Barack Obama, prix Nobel de la Paix 2009.
Quelle surprise !
Quelle leçon !
Quel encouragement !
Il y a 24 heures, qui aurait donné Barack Obama prix Nobel de la Paix ?
Moins de neuf mois après son arrivée à la Maison blanche, le comité norvégien salue ses « efforts extraordinaires en faveur du renforcement de la diplomatie internationale et de la coopération entre les peuples ».
« Il est rare qu’une personne ait, dans la même mesure qu’Obama, capté l’attention du monde entier et donné à son peuple l’espoir d’un avenir meilleur. Sa diplomatie est fondée sur le concept que ceux qui sont en position de diriger le monde doivent le faire sur les bases des valeurs et des attitudes qui sont partagées par la majorité de la population mondiale».
Il a marqué, dès son arrivée à la tête des Etats-Unis, une rupture complète avec le président précédent, son côté va-t-en-guerre, son immaturité et les problèmes où il a enferré les USA.
Bref, Barack Obama affiche une rupture, vraie, complète, significative aux antipodes de la précédente, sans ostentation et avec la prudence requise en terrain dangereux .
Quelle leçon ! Quand on voit Barack Obama remercier avec humilité le comité qui l’a désigné, on ne peut s’empêcher de voir l’image d’un grand président.
Il est vraisemblable que rien, dans son action, n’avait pour but d’obtenir cette désignation qui le fera entrer dans l’Histoire du monde.
Comme quoi la modestie sert ceux qui l’exercent !
Leçon de modestie mais aussi leçon d’efficacité. Le comité Nobel norvégien souligne combien, grâce à Barack Obama « la diplomatie multilatérale a repris une position centrale….Le dialogue et les négociations sont préférés comme instruments de règlement des conflits internationaux, même les plus difficiles… La démocratie et les droits de l’homme doivent être renforcés ».
Quel encouragement à mettre en œuvre ses discours où il promet d’ouvrir une nouvelle page « dans les relations entre Washington et les pays musulmans qu’il veut fondées sur le respect mutuel ».
Comme dit Mickaïl Gorbatchev : « en ces temps difficiles, ceux qui ont une vision, un engagement et une volonté politiques doivent être encouragés ».
« Depuis 108 ans, le comité Nobel norvégien s’efforce d’encourager précisément cette politique internationale et ces attitudes dont Obama est aujourd’hui le principal porte-parole sur la planète. Le comité fait sien l’appel d’Obama : aujourd’hui le moment est venu pour chacun d’entre nous de partager la responsabilité d’une réponse globale aux défis globaux ».
En conclusion, c’est la consécration d’un grand homme qui, en neuf mois, n’a pas encore montré toute la mesure de ses moyens, mais qui œuvre pour la paix au monde, et alors qu’il n’a pas cherché la récompense, celle-ci le conforte à point nommé pour mener à bien la politique que son pays et le monde entier attendent.
J’apprends à l’instant que Dominique Paillé, porte-parole de l’UMP, soutenu par Axel Poniatowski, estime que « Sarkozy aurait pu prétendre avoir le Nobel » … ils doivent tous les deux être restés à l'Alfred Nobel, l’inventeur de la dynamite !
jeudi, 08 octobre 2009
Pas de paix sans solidarité.
Telle est la phrase martelée par Jacques Chirac dans la dernière partie du film « Jacques Chirac, à visage découvert »que les deux journalistes Christian Malard et Bernard Vaillot ont présenté hier soir dans le cadre d’une rencontre des amis de l’association « Avec le Président Chirac ».
Ils sont doués, ces deux-là, pour avoir obtenu un aussi long entretien avec l’ancien chef de l’Etat pourtant peu enclin à s’épancher dans les médias.
Ils procèdent, dans leur reportage, par touches intuitives, insolites, pour « fendre l’armure » de l’homme dont ils veulent saisir le caractère.
Et ils réussissent à montrer combien Jacques Chirac aime les gens, s’intéresse à tout ce qui touche l’être humain et se veut un acteur de la paix dans le monde.
Je ne reviendrai pas sur le rôle essentiel de celui-ci en politique étrangère…
Je retiens l’empathie qui lui permet de comprendre les motivations de populations qui peuvent nous sembler lointaines, sa modestie d’occidental face à l’homme africain qui nous a précédés mais qui n’a pas bénéficié de toutes nos chances, sa connaissance de la civilisation chinoise pour laquelle il exprime toute son admiration….
Et surtout, je retiens son inlassable combat pour la paix, indissociable de la solidarité envers les pays défavorisés.
A l’occasion de cette projection riche d’enseignements, Franck Debié, Directeur général de la « Fondation Chirac, agir au service de la paix » a fait le point sur les objectifs de celle-ci.
La veille, l’ancien président avait promu, au musée du quai Branly, le programme « Sorosoro, pour que vivent les langues du monde ! ». Ce programme a pour objectif la préservation de la diversité linguistique à travers le monde : « sur les 6000 langues parlées aujourd’hui sur la planète, la moitié risque de disparaître au cours du siècle entraînant ainsi la perte définitive de pans entiers de patrimoine culturel de l’humanité ».
« C’est parce qu’elles sont porteuses de sagesse que les langues peu parlées, et les savoirs qu’elles véhiculent, méritent d’être conservées comme des témoignages du passé » a déclaré Jacques Chirac.
Il a émis le souhait qu’une « nouvelle forme de conscience collective, attentive à la diversité, respectueuse de l’apport de chacun au progrès commun, l’emporte sur l’arrogance de la pensée unique ».
Il lancera depuis Cotonou, le 12 octobre prochain, un appel à la « mobilisation internationale contre le trafic de faux médicaments qui est en passe de dépasser celui de la drogue en terme de bénéfices ».
Voilà un sage, qui continue à marquer son époque en se donnant le temps de réfléchir, un homme qui déteste autant les conflits que la pensée unique. Bref, un grand président de la République, une chance pour la France et pour les Français qui attendent avec impatience ses Mémoires.
mardi, 06 octobre 2009
"Sarkozy rattrapé par Cleastream"
Selon le sondage Vivavoice pour Libération : « 69% des Français condamnent les propos présidentiels sur le procès » …et « estiment qu’il devrait laisser travailler la justice ».
« Le pourcentage de Français gênés par la double casquette sarkozyste -partie prenante au procès en tant que partie civile et garant de l’indépendance de justice en tant que président de la République-grimpe à plus de 75% chez les 35-49 ans, les cadres et professions intellectuelles ou les ouvriers. Et même chez les sympathisants UMP, cette schizophrénie est mal vue, puisque 56% d’entre eux regrettent l’interventionnisme présidentiel ».
L’article enchaîne sur « la calamiteuse interview télévisée du chef de l’Etat depuis New-York….Bilan de cette séquence américaine : une polémique de deux jours sur les nerfs mal maîtrisés du Président qui fait passer au second plan son activisme sur la scène internationale ».
Voilà qui est bien préjudiciable aux intérêts de la France.
Par ailleurs, lorsque l’on suit le déroulement de ce fameux procès, on ne peut que s’attrister qu’hier et aujourd’hui, les évènements supposés déstabiliser Dominique de Villepin fassent l’objet des JT de 20 heures, et que les révélations qui l’innocentent ne soient publiées que tard dans la soirée.
Ainsi, à 20 heures on voit la partie civile saluer le général Rondot pour l’extrême précision de ses propos quand il campe sur ses positions et « charge Dominique de Villepin et Michèle Alliot-Marie ». Mais on n’apprend qu’ à 21 heures 45 par l’agence Reuters que ce même « général de l’armée française » pense que l’ex-Premier ministre ignorait que « les listings étaient faux », ce qui exclut toute dénonciation calomnieuse.
De même ce soir, la presse s’est tue sur un incident pendant l’audience qui a valu à celle-ci d’être suspendue.
Maître Metzner avait insisté « sur ce qui, croit-il, gêne la plus célèbre des quarante parties civiles : l’ubiquité procédurale de Me Herzog, à la fois chez Thales » (partie civile du dossier des frégates) « et à l’Elysée »…
Il faut croire que l’affaire des frégates rôdait aujourd’hui au Palais de Justice.
Le malheureux juge Van Ruymbeke n’a-t-il pas dû se résoudre à rédiger une ordonnance de non-lieu général le 1er octobre 2008 concernant cette sombre histoire où se sont mêlés des morts suspectes et des milliards de dollars, intriqués vérités et mensonges, doutes et certitudes ?… « Si on commence avec des certitudes, on finit avec des doutes. Si on commence avec des doutes, on finit avec des certitudes » a conclu le magistrat ;
L’opinion publique pour sa part ne comprend rien, sinon que l’image de la France n’est pas grandie par ce procès.
D’ailleurs, « Les Français ne supportent pas de voir leurs élites s’entretuer » a coutume de répéter l’ancien président, Jacques Chirac.
Il a encore une fois raison.
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samedi, 03 octobre 2009
Clearstream: acte II
« Finalement, le spectacle a fait pschitt » écrit Jean-Marie Pontaut dans l’Express. « L’audition de Dominique de Villepin, annoncée comme le moment fort du procès, d’où devait jaillir la vérité sur les manipulations politiques de l’affaire n’a pas tenu ses promesses. L’ancien premier ministre n’a en réalité jamais été mis en difficulté ni pris en défaut de mensonge ».
La vérité ? Quelle vérité ?
Pour les zélateurs d’une des parties civiles, de La partie civile, la vérité ne se conçoit pas sans la culpabilité de Dominique de Villepin. On se demande même pourquoi se tient un tel procès puisque leur vérité est avérée, le croient-ils ou font-ils semblant de le croire.
Car la condamnation de l’ancien Premier ministre est essentielle à l’écriture de leur histoire
Pour preuve, les propos du Canard enchaîné de cette semaine : « un ministre appartenant au premier cercle sarkozyste, a une vision originale du procès Clearstream. Selon lui, l’acharnement dont fait preuve Sarko vise avant tout à éliminer définitivement Villepin de la course à la présidentielle ».
Pour eux, il faut que le prévenu trébuche, qu’il soit soumis à la question, que le gladiateur, choisi à Rome pour sa force et son courage, soit occis pour montrer à l’inverse la puissance de son adversaire et laisser à celui-ci le champ libre.
Eh bien, c’est raté, les jeux du cirque ne se déroulent pas selon le scenario annoncé.
Au bout de huit heures de confrontation avec le procureur, « aucun élément n’est venu conforter la culpabilité de Dominique de Villepin » déclare son avocat Maître Olivier Metzner. « Face à la vacuité des arguments, le parquet a répété trois fois les mêmes questions à Dominique de Villepin…. Quand on est répétitif, c’est qu’on n’a pas d’arguments».
Et, qu’on se le dise, Dominique de Villepin « se dit heureux d’apporter sa contribution à l’émergence de la vérité dans une affaire où les mensonges et les manipulations ont obscurci la vérité. Je suis certain que la sérénité des débats permettra à la justice de faire son travail dans les meilleurs conditions ».
Face au déchainement annoncé, Dominique de Villepin donne l’image de calme, de maîtrise de lui-même et de ses émotions.
Lui que ses détracteurs raillent en vantant son talent de poète, sous-entendant qu’il serait animé plus par l’émotion que par le sens des réalités, démontre au contraire son sang-froid, son pragmatisme, sa capacité à ne pas se laisser entraîner dans une logorrhée dangereuse.
Bref, il incarne dans cette épreuve toutes les qualités qu’on attend d’un homme d’Etat.
D’ailleurs, l’opinion ne s’y trompe guère, qui préfère toujours un héros blessé à un puissant adversaire.
La conclusion de cette deuxième semaine, décisive puisqu’ on allait voir ce qu’on allait voir, donne incontestablement l’avantage à Villepin.
Par ailleurs, et après avoir exploité le bénéfice de la tribune que lui octroyait cette affaire, Dominique de Villepin convainc tous les jours de plus en plus de Français soucieux de la situation de leur pays. Ses partisans se sont ainsi réunis et, en véritables précurseurs, déterminés par l’ardeur de leurs convictions, ont créé le premier réseau social politique : villepincom.net
Ses supporteurs, plus nombreux et plus efficaces qu’on ne le croit, ont réussi les premiers, avec peu de moyens mais animés par la rage de vaincre et de convaincre, à exploiter les avancées technologiques primordiales dans une campagne électorale.
Qu’on ne croie pas Dominique de Villepin isolé. Son réseau s’étoffe, se multiplie tous les jours avec un nombre extraordinaire d’ inscriptions d’internautes venant d’horizons les plus variés .
A la tête de ce réseau et du Club Villepin, se trouve Brigitte Girardin, ancienne ministre de l’Outre-Mer, moquée par Claude Askolovitch sur Europe 1 mercredi dernier, car « villepiniste et chiraquienne », comme si elle incarnait une espèce en voie de disparition.
Que ce journaliste soit rassuré. Qu’il prenne le temps de consulter les sites en question et il nuancera les questions à son invitée de moins de mépris.
Il convient d’ailleurs de remarquer que Madame Girardin, par ses propos empreints de calme, de conviction et de fidélité ont ramené l’entretien au niveau du sérieux requis.
En effet, villepinistes et chiraquiens perpétuent le gaullisme, dans la naissance du grand mouvement qui se crée autour de Dominique de Villepin.
C’est le rassemblement de citoyens responsables qui souhaitent des propositions alternatives à celles qui leur sont imposées aujourd’hui et qui mènent notre « grand et beau pays » dans un gouffre.
C’était bien l’opinion de l’actuel Premier ministre qui, bien avant que la situation ne se soit encore plus dégradée, avait annoncé que « le pays est au bord de la faillite »…
Dominique de Villepin, en grand serviteur de l’Etat réfléchit aux problèmes des Français.
Il incarne l’espérance de la France. Et tôt ou tard, il en incarnera le destin.
jeudi, 01 octobre 2009
Un PLFSS bien nommé
Ce n’est pas un Projet de Loi de Financement de la Sécurité Sociale que le gouvernement a présenté aujourd’hui pour l’exercice 2010.
C’est un Projet de Loi pour les Français Sans-Souci.
Et l’adage qui dit qu’ « il vaut mieux être riche et en bonne santé, plutôt que pauvre et malade » n’a jamais été aussi authentique.
En effet, jamais la dégradation financière n’a été aussi forte : le déficit du régime général de la Sécurité sociale atteindra 24 milliards d’euros à la fin de l’année 2009, dont 11 milliards pour la seule branche maladie.
Il n’est pas vain de regretter le gouvernement précédent qui était parvenu à diviser par deux le déficit de l’assurance-maladie, de 8 milliards d’euros en 2005, à 4,4 milliards en 2008.
Autres temps, autres mœurs…
La dégradation actuelle serait la « conséquence d’une récession sans précédent depuis la fin de la seconde guerre mondiale », selon le gouvernement. Qui osera dire que la récession a bon dos et que les comptes sociaux ont explosé juste avant la crise ?
Tel est pourtant le cas.
D’ailleurs, l’Etat est-il bien honnête dans cette gestion de la Sécurité sociale ?
Qu’en est-il de toutes les taxes qui assomment les Français pour abonder, théoriquement, notre protection sociale : taxes sur le tabac, l’alcool, les industries polluantes, la part des primes d’assurances automobiles, une partie de TVA ?
D’après un rapport des comptes de la Sécurité sociale, si tout le produit des taxes payées par le bon peuple au titre de sa santé (produit qui s’élève à 20 milliards) était versé à son bénéficiaire, cette même Sécu non seulement n’ accuserait pas un trou abyssal de 11 milliards, mais se verrait allouer un excédent de 9 milliards.
Première malhonnêteté.
La deuxième consiste à rogner sur les dépenses de santé, alors que chacun sait qu’elles n’ont pas explosé, et que « c’est la première fois que l’on réussit à tenir, deux années de suite, en 2008 et 2009, un niveau de progression aussi bas des dépenses de santé », selon le ministère de la santé. Mais il faut trouver de l'argent coûte que coûte!
Troisième malhonnêteté : les Français ne sont plus égaux devant la maladie.
Après l’instauration des franchises médicales, voilà qu’on revoit à la hausse le forfait hospitalier, censé représenter la participation de chaque patient hospitalisé aux frais hôteliers.
Voilà qu’on baisse le remboursement de 35% à 15% pour les médicaments à « service médical rendu »faible. A noter, parmi ces médicaments, le seul efficace en cas de grippe A/H1N1 : le paracétamol !
Il est difficile de trouver de la cohérence dans ces mesures, sinon le désengagement de la Sécurité sociale au bénéfice d’assurances privées auxquelles beaucoup de Français ne pourront accéder…
J’allais oublier la fiscalisation des indemnités journalières consécutives à un arrêt de travail par accident, la dernière mesure inique sortie du crâne du président du groupe UMP à l’Assemblée nationale, alors qu’il en avait combattu le principe il y a quelques mois.
Oui le PLFSS tel qu’il a été présenté aujourd’hui ne concerne que les Français aisés.
La protection sociale qui avait fait notre orgueil, celle voulue par le général de Gaulle, n’est plus….
Enfin, je profite de mon blog pour conseiller à tous les centenaires qui le liront de se dépêcher de prévenir leur Caisse Régionale d’Assurance-Maladie qu’ils sont toujours vivants.
En effet, avec un tact qui n’honore vraiment pas les fonctionnaires de ces organismes, les centenaires doivent fournir un certificat médical attestant qu’ils sont toujours bien en vie. « Une pétillante centenaire de la région de Marseille ne décolère pas ….J’ai eu un peu honte d’être encore vivante… » (Le Quotidien du Médecin du 1er octobre 2009).
Il ne fait vraiment pas bon être vieux , pauvre et malade en France en 2009…
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mardi, 29 septembre 2009
On ne demande pas à un ministre d'être efficace.
Encore moins de se montrer respectueux des deniers publics….
Il y a juste une semaine, à l’aube et en deux heures, 500 policiers ont évacué la « jungle » de Calais, comme ont pu le retracer les nombreux reportages « sur le vif ».
Il faut dire que le ministre de l’Immigration avait prévenu quelques jours à l’avance qu’il allait lâcher les forces de l’ordre contre les exilés téméraires qui attendaient l’occasion de migrer sur le territoire britannique.
Eric Besson cacherait-il un cœur généreux ?
D’abord, il aura donné le temps aux clandestins de s’éparpiller alentour, si bien qu’au moment de la rafle, ne restaient que les plus jeunes, sinon les plus déterminés, et les membres des associations caritatives émus par les conditions précaires de ces êtres humains…
Ensuite, en déclarant ne pouvoir appliquer la loi concernant les tests ADN, il avait satisfait les orientations de Madame Carla Sarkozy qui les avait combattus. Il convenait donc, pour lui, de corriger son image d’homme revenu à gauche en imitant l'action de son mari qui avait supprimé le centre de la Croix-Rouge de Sangatte en 2002, geste auquel Nicolas Sarkozy se sera vraisemblablemnt montré sensible.
Il ne cherche qu’à faire plaisir…
Eric Besson aurait-il soigneusement préparé cette opération ?
Si tel était le cas, son entreprise ne brillerait pas par son efficacité.
En effet, n’ont été arrêtés le mardi 22 septembre que « 276 ressortissants en situation irrégulière ».
A la date d’aujourd’hui, « au moins 125 clandestins placés dans des centres de rétention ont été à ce jour libérés par des juges des libertés et de la détention » ayant « considéré que les personnes n’avaient pas pu exercer leurs droits, et qu’une partie d’entre elles étaient mineures et ne pouvaient être placées en rétention ».
Sur les 151 restants, 89 ont déjà été libérés, 129 ont été répartis dans quatre centres de rétention. Ne resteraient que 34 afghans reconductibles … Mais reconductibles où ? Dans leur pays d’origine, ce qui les exposerait à une fin tragique ?
Pour les autres clandestins, ceux qui ont été lâchés dans la nature, on leur aura fait pratiquer du tourisme, puisque la plupart ont séjourné à Toulouse pour rejoindre Calais dès aujourd’hui…
J’oubliais les quatre plus chanceux, porteurs de gale, qui ont été hospitalisés pour traiter leur parasitose cutanée. Ce qui en dit long sur les conditions d’existence et de survie de ces gens…
Mais qu’ils se rassurent. Ce ne sont pas eux qui sont dans le collimateur de Monsieur Besson, ce sont les passeurs « véritables proxénètes de l’exode » qui « exploitent la misère humaine ».
Il a même renoncé à appliquer le droit qui prévoit un « délit de solidarité ».
Un grand cœur, vous dis-je…A défaut d’être efficace et de veiller au bon emploi des deniers publics. D’ailleurs, la France n’a dû prendre en charge que des billets « aller simple » pour Toulouse….
lundi, 28 septembre 2009
Clearstream: Les Français sont sceptiques sur la neutralité du procès.
Une majorité de Français déclare ne" pas faire confiance" à la justice pour mener en toute impartialité le procès Clearstream, selon une enquête exclusive réalisée par l'institut LH2 pour Nouvelobs.com et publiée aujourd’hui 28 septembre.
52% des personnes interrogées ne font "pas confiance" à la justice pour juger les prévenus de manière neutre, dont 28% "pas du tout confiance". A l'inverse, 45% des personnes interrogées déclarent faire confiance à la justice pour mener ce procès de façon neutre, dont 12% seulement "tout à fait confiance".
Le sondage a été réalisé les vendredi 25 et samedi 26 septembre, à l'issue de la première semaine d'un procès dans lequel le président de la République, Nicolas Sarkozy, s'est porté partie civile, tandis que l'ancien Premier ministre Dominique de Villepin figure parmi les prévenus.
L'institut LH2 note un important clivage politique. "65% des sympathisants de la droite - dont 72% des sympathisants de l’UMP -déclarent faire confiance à la justice pour rester neutre, ce n’est le cas que de 36% des sympathisants de la gauche", commente Adélaïde Zulfikarpasic, la directrice du département Opinion. Ce sont les personnes les moins diplômées qui doutent le plus de l'indépendance de la justice. Ainsi, 63% des ouvriers déclarent ne pas lui faire confiance.
Quoi qu'il en soit, le procès n'intéresse pas que les médias, mais aussi une majorité de Français. 53% des sondés déclarent que le procès les intéresse, dont 21% "beaucoup" et 32% "un peu". En revanche, 47% des sondés affirment que le procès ne les intéresse pas, dont 27% "pas du tout".
L'intérêt pour le procès Clearstream augmente avec l’âge. Le procès intéresse seulement 48% des 18-24 ans, mais 63% des personnes de 65 ans et plus. L'intérêt augmente également avec le niveau d’enseignement et la catégorie socioprofessionnelle (66% chez les cadres, 35% chez les ouvriers).
Sondage LH2 réalisé pour Nouvelobs.com les 25 et 26 septembre 2009, par téléphone, auprès d'un échantillon de 1.004 personnes. Méthode des quotas.
dimanche, 27 septembre 2009
Clearstream: bilan à J+7
Il y a juste une semaine, le procès Clearstream allait s’ouvrir et il n’est pas inintéressant de tenter, en vision extérieure, d’en analyser les premiers ressentis.
Le décor avait été planté, d’abord par le président de la République sans lequel cette histoire n’en serait pas là où elle en est.
Il se considère comme victime, se constitue partie civile…. Bref, il lui donne un tour médiatique vraisemblablement excessif, immérité. Mais laissons les juges « indépendants » exercer leur métier. Il joue le parfait marionnettiste pour que l’affaire se situe comme il l’entend, en exploitant les plateaux TV. Et ça, il connaît.
Dominique de Villepin, accusé, réfléchit et, en bon stratège, examine sur quel terrain il peut rivaliser avec son adversaire, alors que les armes ne sont pas égales.
Qui pourrait lui donner tort ?
Il décide donc, dans un premier temps d’affronter son adversaire, puisqu’adversaire il y a, sur le terrain de celui-ci : les médias.
Preuve est de constater qu’il a parfaitement réussi à se montrer dans les émissions de grande écoute radio et dans celles plus ou moins populaires des chaînes TV.
De plus, au prétexte de Clearstream, il a déjà pu commencer à préparer l’opinion publique à un programme électoral, en analysant les problèmes, incommensurables, de la France et en invitant à la réflexion pour les corriger.
Qui pourrait le critiquer ?
Question décors : avantage Villepin.
Premier jour de l’audience. Dominique de Villepin arrive au Palais de Justice accompagné de sa femme et de ses enfants. Quoi de moins répréhensible pour cet homme entouré de sa famille ?
Marie-Laure a toujours l’élégance qu’on lui connaît, sobre et digne. Marie a abandonné ses obligations de mannequin, sa sœur cadette semble affectée par l’épreuve de son père et Arthur assure la transmission génétique du beau mec de la famille.
Quel esprit chagrin pourrait s’offenser de cette belle image ? A tout prendre, je préfère celle-ci, de jeunes adultes responsables, à celle d’un petit garçon exploité pour les besoins de la cause, qui souhaite « Bonne chance, mon papa » !
Premier acte : avantage Villepin.
Le deuxième acte va s’écrire dès demain, et là, je me dois de féliciter les journalistes du JDD qui ont osé révéler un rapport de quatre pages remis en 2008 aux juges d’instruction.
Dans ce rapport, « les policiers de la DNIF (direction nationale des investigations financières) ont recensé les frais de réception et de restauration remboursés à M Lahoud par son ancien employeur EADS, en 2004 et 2005, pour un montant total de 16 000 euros….
Imad Lahoud a ainsi déjeuné quinze fois avec François Pérol, qui était à l’époque directeur –adjoint du cabinet de Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’Economie » ( !!!)
Qui pourrait croire un instant que François Pérol n’était pas au courant des manipulations d’Imad Lahoud, manipulations qu’il n’aurait, bien sûr, pas gardées par devers lui ?
Quand on sait que rien n’échappait à sa vigilance quand il a rejoint l’Elysée pour jouer l’éminence grise du président sur les questions économiques, on finit par se demander si Nicolas Sarkozy ne se serait pas servi de l’affaire contre l’ancien Premier ministre.
Ce renseignement pourrait s’avérer lourd de conséquences, car il met en cause de nombreuses personnalités, dont Eric Woerth , Nathalie Kosciusko-Morizet et son mari Philippe Bernard…
Et si la pièce se terminait par un scénario différent de celui écrit par la victime ?
Si la victime n’était pas celle qui s’affiche ?
Quel coup de théâtre !




