samedi, 14 novembre 2009

Bon anniversaire, Dominique!

 

Vous avez répondu à l’invitation de Georges Tron, député-maire de Draveil, vous en avez rencontré « les habitants et les commerçants », puis vous avez assisté à une table ronde à la maison d’un  quartier classé en ZEP.

 

Bravo d’aller ainsi au devant des Français, et de vous enquérir de leurs préoccupations quotidiennes.

 

Bravo de vous déplacer pour tâter le pouls de la population et, en responsable politique appelé à des fonctions suprêmes, d’ aller rencontrer la vraie France, celle qui s’interroge sur le problème des emplois, sur celui de ses enfants, sur la nécessaire tolérance qui honore notre Nation, celle du bien vivre ensemble.

 

Vous avez bien compris combien les gens étaient sensibles au fait que les personnalités qu’ils voyaient à la télé se déplacent pour les rencontrer et surtout les écouter. Sensibles au fait que ces derniers  prennent le temps de les entendre leur exposer leurs difficultés.

N’importe quel médecin à l’écoute de son patient reconnaît qu’une attention sincère à ses problèmes résout une partie de ceux-ci, fussent-ils les plus organiques.

 

Notre classe politique vit en dehors des considérations quotidiennes de nos concitoyens.

 

Monsieur le Premier ministre, vous avez commencé votre écoute de terrain dans le 91.

L’opinion publique vous espère dans tous les départements de France…

On vous apostrophera.

On vous tutoiera.

On vous appellera par votre prénom, en faisant litière de tout cérémonial.

On vous offrira même un gâteau pour votre anniversaire.

 

Permettez que je me joigne aux enfants de Draveil et que je vous dise simplement :

 

Bon anniversaire, Dominique.

vendredi, 13 novembre 2009

Imposons les pauvres, ce sont les plus nombreux…

Je ne sais plus qui s’est exprimé dans ces termes au XIXème siècle, et pour un peu, je craindrais de faire de la démagogie en les reprenant, il n’empêche qu’aujourd’hui 57 députés contre 25 ont voté la fiscalisation des indemnités journalières versées par la Sécurité sociale pour les accidentés du travail.

Au passage, bravo l’assiduité de nos élus nationaux : 15 % étaient présents pour voter un amendement essentiel et emblématique.

Il faudra s’interroger sur cette faible participation. Etait-ce parce que cet amendement engendrait un débat houleux qu’il avait été mis au vote un vendredi après-midi afin d’éviter un tohu-bohu dans la majorité ou ce qu’il en reste ?

Ou bien, si les députés étaient aussi peu nombreux au prétexte qu’ils étaient dans leur circonscription, n’était-ce pas par manque de courage, par peur de devoir prendre publiquement une décision dont ils auraient à rendre compte ?

Plutôt que d’afficher  une position défavorable au gouvernement, ils préfèrent fuir…

 

Bref, je ne sais qui a inspiré Jean-François Copé lorsqu’il a proposé cet amendement inique, après en avoir combattu le principe il y a quelques mois, je ne sais quelles sont ses motivations, et à vrai dire, il faut peut-être mieux ne pas les connaître, toujours est-il que le résultat de ce vote est lamentable, et qu’on pourra toujours se targuer de justice fiscale, la preuve est faite que celle-ci n’est pas l’objectif de la majorité parlementaire.

La preuve est faite  aussi que la majorité  préfère récolter 150 millions d’euros sur le dos des accidentés du travail plutôt que de revenir sur le boucler fiscal.

Il est vrai qu’on ne compte pas beaucoup d’accidentés du travail parmi les bénéficiaires de ce dispositif.

 

Je ne sais plus quel député a finement analysé que se couper le doigt dans une tondeuse à gazon le dimanche dans son jardin devait relever de la même « justice » fiscale que la semaine sur son lieu de travail.

Où ces propos relèvent de la plus parfaite mauvaise foi, où ils confondent  loisir et travail.

 

 Certes, dans ce cas de figure le résultat final est le même : l’amputation d’un doigt.

 

 Mais les circonstances sont bien opposées : l’accident résulte d’une activité de bricolage pendant un moment de détente, et cette activité n’est en rien imposée dans le premier cas, alors que dans le second cet accident se produit dans le cadre d’une occupation rémunérée, dans un système hiérarchisé où les tâches sont réparties et réalisées dans un ensemble défini qui peut aller jusqu’à la contrainte..

 

 Les députés socialistes voient dans cette mesure une triple peine : le traumatisme lié à l’accident, la diminution des revenus à 60% du salaire journalier les 28 premiers jours, et maintenant leur imposition.

 

 Ils sont suivis par le Nouveau centre qui n’a pas voté le projet, arguant que « cette allocation est le plus souvent versée à des salariés parmi les moins favorisés de la population française ».

 

 Même le président de l’Assemblée nationale avait  émis quelques réserves et s’était réfugié derrière l’avis du Conseil économique, social et  environnemental qui avait recommandé « l’abandon » du projet.

 Comme le dit Le Point, « le malaise est également palpable dans les rangs de l’UMP ».
C’est bien pour cette raison que nos courageux députés ont préféré se réfugier dans leur circonscription…

Courage, fuyons…

Courage, Fillon !

 

mercredi, 11 novembre 2009

Un baromètre politique encourageant

Dans Paris-Match à paraître demain, le baromètre Ifop place toujours Jacques Chirac en tête du classement, récoltant 75 % des opinions positives.

Son ancien Premier ministre, Dominique de Villepin,  passe en un mois de la 31è à la 18è place, gagnant 12 points avec une cote  à 55%.

Rama Yade reste 2è avec une popularité à 73%, Bernard Kouchner passe à la 5è place et se fait devancer par Dominique Strauss-Kahn. François Fillon est 10è et Nicolas Sarkozy 30è.

 

Comment expliquer la spectaculaire avancée de Dominique de Villepin ?

 

Parce qu’il défend les principes fondateurs de la République. Ce que dit sur son blog « Bâtir une nouvelle société » Daniel Garrigue, député villepiniste de la Dordogne : « depuis deux ans, nous nous écartons de plus en plus des principes » sur lequel le général de Gaulle avait fondé la Vème République:

assurer l’indépendance de la France, rétablir l’équilibre de nos finances, affirmer la solidarité entre les Français et doter la France d’institutions fortes.

 

Parce que, comme il s’y était engagé, Dominique de Villepin, s’exprime dans une video accessible sur son site clubvillepin.fr :

 

Après avoir assuré l’ancien Président de la République, Jacques Chirac, de son amitié et de son estime, en le remerciant pour le travail effectué à ses côtés « au service de la France », il a expliqué de nouveau combien une « alternance républicaine » était nécessaire an nom de l’intérêt général des Français.

Il a fustigé le nombre des réformes engagées : 1222 selon un « institut indépendant » et souligné le danger « d’une réforme qui divise ». « Attention à une réforme qui n’est pas comprise ».

Il rappelle l’obligation pour toute réforme d’être menée à son terme et d’être élaborée dans « le plus grand consensus possible ». Il s’inquiète de la réforme de la taxe professionnelle et partage l’inquiétude des élus locaux, de l’arrivée de la taxe carbone, de la suppression du juge d’instruction et de l’indépendance de la justice.

« Nous devons rester fidèles aux principes qui sont les nôtres ».

 

Enfin, pour lui la chute du mur de Berlin, s’il y voit le souffle de la liberté, ne marque pas la fin de l’Histoire. Il exhorte les Européens à faire partager leur ambition de paix au-delà de nos frontières. « L’Europe est grande quand elle est capable de regarder en dehors d’elle-même ».

Il réclame la stabilité des régions en guerre. On le sent sur la même ligne que Jacques Chirac qui s’intéresse à la prévention des conflits.

Comme lui, il appelle à plus d’échanges avec les pays en développement tels que les pays africains.

 

Bref, il se montre rassembleur, généreux et réfléchi. Ce qu’aiment les Français.

mardi, 10 novembre 2009

Une histoire d'agenda inutile, dérisoire, déplorable...

Nicolas Sarkozy veut faire branché, surtout depuis que Dominique de Villepin a créé son réseau communautaire.

 

Il se saurait être en retard sur quiconque, encore moins sur son rival.

 

Va donc pour Facebook.

 

Or il n’a ni le temps ni les compétences d’entretenir ce réseau.

Il le confie donc à des proches. Lesquels, comme la mère Denis, veulent laver plus blanc que blanc, et pour montrer combien leur héros est réactif, intuitif, imaginatif, n’hésitent pas à lancer sa photo où on le voit contribuer à la démolition du Mur de Berlin le 9 novembre 1989.

Ils ont vraisemblablement vérifié rapidement que la date était authentique, et hardi petit !

 

Manque de chance, ils se sont trompés sur la chronologie, et pour venir au secours du chef, tous ceux qui étaient par hasard sur les lieux ou qui n’allaient pas manquer de s’y rendre, ont été obligés de travestir la vérité et de perdre encore une fois un peu plus de leur crédibilité.

Je me suis précipitée sur « La tentation de Venise », bloc-note d’Alain Juppé qui reste muet du 2 au 16 novembre 1989, jour où il dit s'être rendu à Berlin. De plus, autant sur la page 45 que sur la page 46, il ne parle que d’Alain Madelin comme accompagnateur…

Sa mémoire serait défaillante, explique-t-il aujourd’hui… ce serait bien la première fois qu’il serait pris en défaut dans ce domaine.

 

François Fillon lui aussi connaît des absences, et va jusqu’à intervertir les journalistes rencontrés, confondant Ulysse Gosset et Patrick Bourrat. Hélas, celui-ci décédé ne pourra pas le contredire.

 

Je vais arrêter ici les contradictions flagrantes de tous ceux que le président oblige à se déconsidérer. Et je dois confesser rougir de honte pour eux.

 

Nicolas Sarkozy avait  déjà entraîné dans des carabistouilles tous les ministres venus au secours de son fils Jean qui, selon eux, avait toutes les compétences pour devenir président de l’EPAD .

Il voit que cette histoire tourne au vinaigre et renie avoir voulu mettre son fils à ce poste convoité.

Quelle claque pour les ministres !

 

Aujourd’hui, pour une histoire qui n’en vaut pas la chandelle, juste parce que ses zélateurs veulent lui faire endosser un costume trop grand pour lui, et que la vérité ne suit pas, il se discrédite et devient contre-productif.

Comme il n’hésite pas à mettre ses pas dans les empreintes des grands, il va même jusqu’à paraphraser John Kennedy le 26 juin 1963 : « Ich bin ein Berliner » qui devient « wir sind Brüder, wir sind Berliner ». Il assène deux fois une phrase qui avait fait le succès du président des Etats-Unis.

Pour ma part je préfère répéter  les propos d' Alain Juppé quand il laisse transparaître sa pensée: « c’est tout de même se foutre du monde »….

(il parlait de la taxe professionnelle ; Il se serait excusé !!!)

 

Les gens n’aiment pas être pris pour des imbéciles et d’ailleurs, tout le monde se f…que Nicolas Sarkozy  fut le 9 ou le 10 ou le 11 ou… à Berlin.

Ce que les gens veulent, c’est qu’il soit efficace à traiter leurs problèmes et qu’il range ses soucis d’ego et d’image le temps qu’il lui reste à gouverner la France.

 

 

dimanche, 08 novembre 2009

On ne peut servir deux maîtres à la fois

Bruno Le Maire a montré ce matin les limites de son exercice.

 

Il garde toute son admiration à Dominique de Villepin et lui réaffirme son « amitié personnelle ».
Il serait bien ingrat d’oublier qui l’a fait roi, ou du moins qui l’a mis sur orbite.

 

Et ensuite, il s’est perdu dans des méandres assez oiseux pour expliquer combien Dominique de Villepin avait toute légitimité à s’exprimer. Ouf !

Qu’il était bien sûr compétent dans son analyse de la situation financière de la France....

C’est heureux  d’entendre ces propos du  directeur de cabinet de l’ancien Premier ministre. Il doit  se rappeler la situation de la France bien plus brillante il y a quelques mois concernant les déficits publics qui diminuaient, le plein emploi, etc…

 

Néanmoins, il ne comprend pas que Dominique de Villepin se veuille une alternative à Nicolas Sarkozy.

 

L’exercice de la solidarité gouvernementale est certes difficile en vertu du principe qu’ « un ministre, ça ferme sa g… ou ça démissionne », et tout le monde n’a pas l’audace de Rama Yade.

 

Mais c’est bien parce que le président de la République voulait enlever à Dominique de Villepin un de ses… «  fidèles », qu’il l’a promu d’abord secrétaire d’Etat, puis maintenant ministre de l’ Alimentation, de l’Agriculture et de la pêche.

 

Il était sûrement plus à l’aise dans les assemblées européennes que dans les salons de l’agriculture.

D’ailleurs, il n’a pas vraiment su s’imposer dernièrement au sommet de l’élevage de Clermont-Ferrand où il a dû rebrousser chemin devant « les paysans en colère ».

Et pourtant, il va devoir les trouver les 650 millions d’euros d’aides à débloquer de toute urgence pour les agriculteurs, sans oublier les 60 millions promis aux éleveurs et producteurs de lait.

Les agriculteurs n’entendront pas le même discours une troisième fois. Ils n’ont plus grand-chose à perdre.

Les pêcheurs et les ostréiculteurs ne sont guère mieux lotis, même ceux du Guilvinec’h…

Le secteur de l’alimentation lui sera peut-être plus favorable, hormis les producteurs de fruits et légumes qui devront rembourser 350 millions d’euros pour des subventions indues, enfin ceux qui ne sont pas morts, ceux qui sont encore en activité, etc…

 

 

Le ministre est en charge de bien des problèmes et des déceptions. Mais il connaissait la situation auparavant, et ce ne sont pas les quelques moments passés dans sa circonscription normande qui peuvent l’avoir familiarisé avec la population rurale.

 

Quant à la majorité présidentielle, fût-elle unie, elle serait déjà bien assez affaiblie avec un président qui dévisse dans les sondages, avec toutes ces promesses non tenues, tous les discours et les incantations.

 

Heureusement pour la France, il se dessine une alternative avec des hommes et des femmes politiques de courage « cette vertu qui est le sentiment de ses propres forces » (Montesquieu).

 

 

 

 

samedi, 07 novembre 2009

Un président qui fait pschitt !

 

Que se passe-t-il pour Nicolas Sarkozy, deux ans et demi après son élection de à la tête de l’Etat ?

D’abord, il lui aura fallu un demi-mandat pour saluer d’une façon aussi appuyée l’action de son illustre prédécesseur comme hier à la Sorbonne.

 

Alors que Jacques Chirac l’a remercié en l’appelant « Monsieur le président de la République, ….Votre présence nous honore », le successeur n’a pas tari d’éloge sur son hôte,   affichant son « amitié », son « estime »,son « plaisir », passant au prénom et tutoyant son aîné dans un élan de proximité qui a coupé le souffle à bon nombre se spectateurs.

Le voilà qui rend hommage à Jacques Chirac, parce que, le premier, il avait alerté l’opinion mondiale sur l’état de la planète, ou parce qu'il a eu un rôle déterminant lors du refus de l’invasion de l’Irak. Pour un peu, il aurait salué le discours du ministre des Affaires étrangères de l’époque.

Allez, encore un effort, Nicolas….

Il oublie dans le même temps que son ministre des Affaires étrangères, à lui, était favorable à cette guerre, de même que, pour faire bonne mesure, son récent secrétaire d’Etat aux Affaires européennes.

Bah, vérité en Sorbonne, erreur au-delà, ou inversement, on n’est plus à une contradiction près…

 

Et puis, les ministres n’ont guère d’importance. Ils sont là pour la photo, n’ont aucune responsabilité puisque c’est le chef qui fait tout (il le confesse : « si je ne fais pas tout moi-même… »), parfois relayé par ses conseillers intercalaires qui n’ont aucune légitimité sinon d’être l’oreille et la bouche du patron.

D’ailleurs, les ministres ne sont pas d’accord entre eux. Pour éviter d’étaler le ridicule, il faut mieux qu’ils restent muets.

Comme notre Pierre Lellouche déjà mentionné qui vient de se faire tacler par la ministre de l’Economie. Laquelle désapprouve ses propos sur les conservateurs britanniques lorsqu'il souligne, en fin diplomate, leur " euroscepticisme pathétique "…

 

 

Les parlementaires sont-ils plus obéissants ?

Que nenni ! Les sénateurs ne veulent pas de la réforme des collectivités territoriales telle qu’elle leur est présentée, les députés ne savent plus s’ils sont favorables à un Grand emprunt, modeste de 25 milliards d’euros, ou bien, inspirés par H.Guaino, s’ils  le verraient bien à 100 milliards. Le président tranche, ce sera entre 25 et 50… précision d’importance… rien que du simple au double…

 

Quant à l’opinion publique, elle voit défiler le train de 253 dossiers concernant des réformes. Ah le joli mot que  celui de réforme….qui promet le changement dans le poids du cartable des écoliers, la lecture de le lettre d’adieu à Guy Mocquet, mais qui n’apporte aucune solution à leurs problèmes quotidiens.

Les évadés courent toujours,  les fonds sont transférés bien loin de leur lieu de destination, les trains n’arrivent plus jamais à l’heure, l’insécurité progresse, d’autant qu’on a supprimé 8000 policiers, les soins médicaux sont assurés par un personnel soignant proche du burn-out, tellement chacun doit avoir cinq cerveaux et dix bras …

 

Le chômage progresse, le pouvoir d’achat diminue. La population regrette le gouvernement de Dominique de Villepin.

 

Il faut dire que les promesses du candidat Sarkozy sont bien loin de leur réalisation.

Mais tout n’est pas perdu, en effet, comme l’ont souligné deux journalistes ce matin sur Europe 1, depuis le 6 mai 2007, Nicolas Sarkozy a fait quatorze fois la même confidence : « il a changé ». Comme il avait déjà changé une fois, avait-il annoncé pendant sa campagne électorale, on compte désormais quinze changements…

 

Ce n’est plus de la rupture , c’est du tournis…

vendredi, 06 novembre 2009

Le Prix de la fondation Chirac pour la prévention des conflits.

Ce matin, dans le cadre de la fondation Chirac qui poursuit l’œuvre de Jacques Chirac au service de la paix,  l’ancien président de la République a remis ses premiers prix pour la prévention des conflits dans le Grand amphithéâtre de la Sorbonne, en présence d’hommes et de femmes qui œuvrent pour la paix, dont Kofi Annan, Prix Nobel de la paix, ancien Secrétaire général de l’organisation des Nations Unies, des membres du jury, Simone Veil, Michel Camdessus…

Il s’agit de récompenser les efforts des hommes, des femmes et de nombreuses institutions qui agissent sur le terrain pour prévenir des conflits.

Quand il était Secrétaire général des Nations unies, Boutros Boutros-Ghali avait déjà voulu faire de la prévention des conflits une catégorie à part entière de l’action internationale dans son Agenda pour la Paix (1992).

La fondation Chirac s’appuie sur un Comité d’experts qui identifie les zones de conflits potentiels. Lequel propose ensuite au Jury une liste de personnalités ayant contribué à créer un dialogue entre belligérants.
Deux lauréats sont alors retenus :

-l’un pour le Prix de la fondation Chirac remis à une ou plusieurs personnes de la société civile, doté de 100 000 euros,

-l’autre, le Prix Spécial du Jury remis à une personnalité politique.

 

Simone Veil a remis le Prix de la fondation pour la prévention des conflits à l’Imam Muhammad Ashafa et le Pasteur James Wuye. « Tous deux, anciens adversaires dans un antagonisme militant, ont su remettre en cause le recours à la violence pour se consacrer à la réconciliation des cœurs et des esprits, dans un Nigeria traversé par les fractures religieuses et ethniques » dira le Président Chirac.

 

Le Prix du Jury a récompensé «  l’action du Docteur Park Jae Kyu, ancien ministre coréen de la réunification, inlassable artisan du dialogue avec la Corée du Nord, et qui a ouvert la voie au rapprochement des populations ».

 

C’est peu de dire que Jacques Chirac a été ovationné à plusieurs reprises dans cette prestigieuse enceinte.

 

D’abord par son discours empreint de simplicité, d’empathie et de lucidité :  « Oui, selon le mot célèbre, notre monde est grand et terrible.

Grand dans toutes ses promesses, terrible dans tous ses fléaux, et d’abord, le premier d’entre eux : la guerre, la guerre, mère de toutes les pauvretés…..Je crois en la primauté du droit sur la force. Je crois en la vertu du dialogue. Je crois en l’Homme ».

 

Il croit en «  la force de la parole, de la main tendue, la force du vouloir vivre ensemble ».

 

« La paix n’est pas seulement affaire de conférences internationales. La paix est parfois humble, comme un repas partagé. Elle se construit laborieusement, dans le cœur des femmes et des hommes ».

 

Il veut des « militants de la paix, issus de la société civile » car l’action politique a « besoin de relais, besoin de passeurs, …de vigies de la paix ».

 

Jacques Chirac s’est exprimé avec l’élégance qui le caractérise.

 

Des journalistes l’ont surnommé « le nouveau Monsieur paix ».

 

Vraiment toujours un grand président.

mercredi, 04 novembre 2009

Je suis le ténébreux, le seul, l’inconsolé…mais je fais 8%

Ce « Desdichado » de Gérard de Nerval, qui porte « le soleil noir », non pas de la Mélancolie, mais de la puissance, si on se réfère à son ouvrage concernant Napoléon, n’est pas aussi déshérité que toute la classe politique le dit. 

En effet, selon un sondage Ifop réalisé les 29 et 30 octobre à paraître dans Valeurs actuelles de demain, Dominique de Villepin serait crédité de 8% d’intentions de votes au premier tour de la présidentielle de 2012.

 

Pour quelqu’un qui n’a jamais été élu, qui n’est soutenu par aucun parti, qui devait être discrédité par l’opprobre d’un procès où le président de la République le reconnaît comme coupable avant l’heure afin de bien marteler à l’opinion publique combien la cause est entendue, tout seul, il suscite l’adhésion de 8% d’électeurs.

 

Dominique Paillé, le toujours bien inspiré porte-parole adjoint de l’UMP, avait analysé la situation avec son objectivité habituelle: « Dominique de Villepin », lors de la réunion de ses sympathisants à la Maison de l’Amérique latine, « ne propose que sa personne. Les Français ne sont pas dupes….Je n’ai entendu aucune idée nouvelle, aucune proposition concrète »….

A mon avis, les applaudissements nourris qui ont ponctué tout le discours de Dominique de Villepin l’ont empêché de bien en saisir « la substantifique moelle ». Il est resté trop en retrait, encore que les partisans de l’ancien Premier ministre qui n’avaient pu accéder à la salle de réunion, sont restés dans le jardin et le héros de la fête est allé à leur rencontre par la suite....

 

De plus, c’est faux. Dominique de Villepin a lancé des pistes de réflexion qui animent son club et qui y prospèrent.

 

Ensuite, c’est oublier l’analyse gaulliste qu’il a faite quant au retour de la France dans l’OTAN. Mais là, on peut pardonner à D. Paillé de n’avoir pas tout compris.

« La puissance de la France ne se mesure pas à l’aune de sa seule puissance mais à sa capacité d’influence, à la spécificité qui l’anime. On ne peut pas renoncer à son modèle social, à son modèle républicain ». Et ça, ce ne n’est pas déjà un programme quand on voit détricoter toutes nos valeurs et s’évanouir la grandeur de notre pays?

 

« Les Français ne sont pas dupes » ils sont même nostalgiques du gouvernement précèdent, alors que le chômage était au plus bas, que les déficits publics diminuaient, que la France rayonnait dans le monde, que le président de la République présidait et que le Premier ministre, chef du gouvernement, déterminait et conduisait la politique de la Nation, sans conseillers intercalaires.  

 

Pour quelqu’un qui n’est pas candidat, qui n’est pas en campagne, ces 8% font l’effet d’un coup de tonnerre dans le paysage politique français. 

 

Ils sont pour Dominique de Villepin l’encouragement à se présenter aux prochaines élections présidentielles et pour ses partisans l’impérieuse obligation de se mettre en ordre de bataille au plus vite.

 

 

Les amis de Dominique de Villepin ne peuvent que le féliciter et continuer à le soutenir dans toutes ses entreprises, y compris celle de romancier.

Que « Le dernier témoin » rencontre tout le succès mérité, et que son auteur  continue , lors des apparitions médiatiques que nécessitera sa promotion, à transmettre ses valeurs humanistes, son amour de la France et sa vision du monde.

mardi, 03 novembre 2009

Un gouvernement schizophrène.

D’un côté, Eric Besson, dans sa lettre aux préfets, observe que « le débat sur l’identité nationale répond aussi aux préoccupations soulevées par la résurgence de certains communautarismes dont l’affaire de la burqa est l’une des illustrations ».

Nicolas Sarkozy a bien dit à Versailles que « la burqa n’était pas la bienvenue en France ». Elle témoigne de la montée de l’intégrisme islamique. Considéré comme portant atteinte à la laïcité, son port doit être interdit dans les endroits publics et tout doit être fait pour éduquer les jeunes filles des quartiers pour les soustraire à l’autorité masculine paternelle ou maritale qui leur impose cette pratique.

 

Pour se reconnaître français, il faut donc éradiquer les pratiques communautaristes, ce qui vise essentiellement l'islamisme et respecter le principe républicain de la laïcité.

 

De l’autre côté, la ministre de l’Economie, Christine Lagarde, a annoncé aujourd’hui, lors d’une conférence sur la finance islamique  organisée à Bercy, sa détermination à attirer les investissements venus du Golfe persique et permettre l’émission de « sukuks », obligations conformes à la loi islamique.

« Fondée sur la charia, loi islamique, la finance islamique interdit le recours aux intérêts, la spéculation et les investissements considérés comme impurs (jeu, alcool, armement, tabac…) ».

Le parlement avait donc, dans le cadre de la loi sur les PME, adopté un amendement proposé par le sénateur UMP Philippe Marini, afin de faciliter ces investissements venus des émirats et changer la loi modifiant le régime de la « fiducie » pour que l’on puisse émettre ces obligations « islamiquement correctes » : les fameux  sukuks.

 

Le Conseil constitutionnel avait censuré cet article  « au motif qu’il n’avait pas de lien avec l’objet du texte ».

 

Eh bien, la ministre a annoncé que cette disposition serait réintroduite « dans un nouveau véhicule législatif plus approprié, qui évitera la censure du Conseil constitutionnel ».

 

C’est ce qui s’appelle ne manquer ni d’audace, ni de mépris pour les institutions françaises.

 

C’est aussi bafouer la laïcité, principe intangible de la République.

 

 

L’Etat a donc deux discours contradictoires: l’un pour la finance, l’autre pour les jeunes filles de quartier…

C’est la crainte d’Eric Raoult, député de Seine-Saint-Denis et rapporteur de la mission burqa.

Doit-on durcir les lois pour les rendre intransigeantes vis-à-vis de l’islam ?

Doit-on modifier le droit français pour le rendre « charia compatible » ?

 

Le gouvernement devient de plus en plus schizophrène.

Il faut ratisser large et après l’ouverture à gauche, revenir sur les terres du Front national. Eric Besson excelle dans cette fonction qu’il incarne à la perfection, sous l’œil un peu pervers de son nouveau maître.

 

Par ailleurs, la France bling-bling est exsangue et a besoin d’argent. On nous invite à fermer les yeux sur les sources de financement, pourvu que les caisses se remplissent.

C’est ce qui s’appelle un grave manquement à la morale.

 

Conclusion : intolérance, perte des valeurs et atteinte au principe républicain de la laïcité.

 

Pauvre France !

 

lundi, 02 novembre 2009

Plan cancer II

Nicolas Sarkozy a présenté ce midi à Marseille son plan cancer qui fait suite au plan cancer de Jacques Chirac, une des priorités du quinquennat de ce dernier, au même titre que la sécurité routière qui a connu, grâce à lui, une embellie passagère et la lutte contre le handicap, chantier bien loin d’être terminé.

Le Président de la République, en orateur talentueux, a gardé le plus important pour la fin de son discours, puisqu’il a cité son prédécesseur, le président Chirac, en reconnaissant que ce 1er plan cancer avait été utile.

 

Le président actuel vient de signer un chèque de 750 millions d’euros pour des dépenses supplémentaires concernant la lutte contre le cancer.

Il veut « construire, dès aujourd’hui l’excellence des soins de demain » et pour garantir la qualité des soins, demande de recruter 20% de spécialistes en plus, « oncologues, radiothérapeutes, hématologues qui sont aujourd’hui en nombre insuffisants ».

 

Et il a raison.

 

Les premiers problèmes naissent de la réalité des faits : comment financer ces dépenses sans prélèvement obligatoire supplémentaire ?

Comment assurer une qualité de soins en diminuant de façon drastique les effectifs de personnel soignant ?

Comment faire naître 20% de spécialistes supplémentaires quand le pays est confronté au déficit démographique médical et que 680 postes d’internes en médecine générale n’ont pas été pourvus cette année. Par ailleurs, ces spécialistes ne seront opérants que dans une dizaine d’années. Il est plus rapide pour certains de devenir président d’EPAD (je n’ai pas dit EHPAD= établissement hospitalier pour personnes âgées dépendantes) que cancérologue chevronné. Toutes ces belles intentions ne se concrétisent pas d’un claquement de doigt.

 

Il s’intéresse à « l’annonce du diagnostic » et à « l’après cancer », mettant le médecin généraliste au cœur du problème.

Il a encore une fois raison, à ceci près que les généralistes qui se sont exprimés sur « Pratis TV »sont furieux que l’on découvre aujourd’hui  leur métier et ont des mots très durs pour ces « politico-administratifs qui ont toujours … du retard » alors que ce sont eux qui le plus souvent détectent, ou constatent la maladie, suivent leurs patients dans leurs traitements divers et sont présents lors de la phase terminale. Ils revendiquent le manque de moyens qui leur sont attribués alors qu’ils ont à cœur « l’honneur de leur profession ».

 

Enfin, est-il bien cohérent de vouloir réduire les inégalités quand on a vu défiler la hausse du forfait journalier, le déremboursement des médicaments à « service médical rendu » insuffisant comme le paracétamol (seul médicament efficace en cas de grippe, fût-elle A), les franchises médicales, ou plus récemment l’article 29 du projet de loi de financement de la sécurité sociale qui doit être voté demain à l’Assemblée nationale.

Cet article prévoit pour les Affections de Longues Durée prises en charge à 100% (ALD), affections longues et coûteuses au premier rang desquelles le cancer, une sortie du système au bout de cinq ans de suivi des patients qui n’ont pas de traitement lourd.

Dans beaucoup de cas, les patients sont en rémission complète au bout de ces cinq ans, sans être véritablement guéris, et vont rechuter quelque temps après….

 

A vrai dire, ce discours m’a profondément attristée. Encore une fois, le diagnostic est bon, mais il ne peut y avoir d’évolution favorable. En dehors des incantations qui dans ce domaine peuvent avoir un effet psychologique favorable, il ne sortira rien de ce plan cancer II.

 

Merci Jacques Chirac de l’avoir initié en 2003, même si sur les 70 mesures annoncées, un tiers restait à mettre en œuvre.