mardi, 08 septembre 2009
JC superstar
Devenu un people, l'ancien chef de l'Etat est maintenant la personnalité préférée des Français.
Ariane Istrati [1]
mardi, 8 septembre 2009
C'est la superstar de la droite française mais il n'était pas question de le voir à Seignosse (Landes) pour les universités de l'UMP du week-end. Lui, c'est Jacques Chirac, deux mandats de Président au compteur, devenu en quelques mois la coqueluche des Français. Finies pour lui les arènes politiques; pas question de commenter l'action de son successeur ou de se livrer au jeu des petites phrases. Motus et bouche cousue. Et ça paie: le voilà consacré personnalité politique préférée des Français [2] dans le baromètre Ifop pour Paris-Match, devant Bertrand Delanoë, Bernard Kouchner ou Rama Yade.
Son terrain de jeu est désormais ailleurs: dans les pages people des magazines. A bientôt 77 ans, Jacques Chirac affiche une mine insolente de retraité toujours bronzé. Loin des affres du pouvoir, l'ancien chef de l'Etat s'éclate. Du temps de l'Elysée, il restait discret sur ses amitiés avec le grand patronat, préférant cultiver une image de télé-addict toujours une bouteille de Corona à la main. Désormais, il n'a plus besoin de se cacher. Hébergé à l'œil par la richissime famille libanaise Hariri à Paris, il vient de passer son mois d'août chez le non moins fortuné homme d'affaires François Pinault, à Saint-Tropez [3]. De l'or pour les paparazzis qui s'en sont donnés à cœur joie.
Alors que Nicolas Sarkozy se faisait photographier à vélo ou en pleine baignade sur les rochers, Chirac, adepte du «no sport» se payait des bains de foule dans la ville des célébrités. Chacune de ses sorties a fait l'objet de photos dans la presse sur papier glacé. A en faire pâlir Paris Hilton de jalousie. Son look est décortiqué: pantalon beige, chemise blanche, Tod's. Bernadette n'est pas en reste. L'ex première dame se promène en jeans, mocassins, lunettes noires et jupe en denim. Presque branchée. Le 13 août, on l'a même vue [4] au VIP Room, la célèbre boîte de nuit de Saint-Trop' en compagnie du couturier Karl Lagerfeld. Bon, elle avait une excuse, Alexandre Arnault, fils d'un autre ami milliardaire des Chirac, Bernard Arnault, était aux platines [5]...
De ringards, les Chirac sont devenus un couple hype. Du coup, Carla et Nicolas - qui, il n'y a pas si longtemps, traitait son prédécesseur de «roi fainéant» [6] - les ont invités à dîner dans la villa des Bruni-Tedeschi au cap Nègre. Depuis quelques mois, on ne compte plus les festivités que les époux Chirac honorent de leur présence. Le 30 juin dernier, ils étaient aux côtés de Line Renaud et de tout le gratin du show biz pour la remise de décoration à la chanteuse et comédienne sous les ors de l'Elysée. Quelques jours auparavant, ils étaient au gala de la fondation Ifrad qui lutte contre la maladie d'Alzheimer, en compagnie d'Alain Delon et de leur ami Johnny Halliday. En mai, Jacques Chirac était au baptême de l'Orchidée avec Rachida Dati, autre icône médiatique. La liste est longue des mondanités auxquelles les Chirac assistent.
S'afficher avec eux est devenu un must. L'ancien Président récolte aujourd'hui les fruits d'une retraite bien pensée. Il a eu tout le loisir de méditer celle de Valéry Giscard d'Estaing qui a quitté le Château plein d'amertume [7] et n'a eu de cesse que de prendre sa revanche. En tournant complètement la page de la vie politique, Jacques Chirac, méprisé par une bonne partie de l'opinion quand il était au pouvoir, s'est hissé au sommet des sondages par des Français qui préfèrent toujours ceux qui sont loin des responsabilités à ceux qui sont aux manettes. Le Président retraité bénéficie également du contraste entre son style et celui hyper dynamique de speedy Sarkozy. Par comparaison avec son successeur, il parvient à incarner l'image du «père de la nation» qui plaît tant dans notre pays. Lucide, Jacques Chirac ne se trompe pas sur les raisons de son soudain succès: «On est toujours beaucoup plus populaire quand on n'est plus rien».
Il a, en tout cas, l'intention de profiter de l'engouement de ses compatriotes. Il a annoncé cet été qu'il écrivait ses mémoires. Le premier tome, qui raconte ses débuts en politique jusqu'à sa victoire contre Edouard Balladur en 1995, paraîtra le 19 octobre aux Editions Nil. Encore une occasion de rester sous les projecteurs.
Ariane Istrati
URL source: http://www.slate.fr/story/10001/jacques-chirac-enfin-popu...
Liens:
[1] http://www.slate.fr/source/ariane-istrati
[2] http://www.parismatch.com/Actu-Match/Politique/Actu/Sondage-Paris-Match-Ifop-Chirac-plebiscite-89842/
[3] http://www.varmatin.com/ra/var/204479/saint-tropez-jacques-chirac-cote-de-popularite-maximum-a-saint-tropez
[4] http://www.purepeople.com/media/bernadette-chirac-et-karl-lagerfeld-a_m265374
[5] http://www.slate.fr/64604-alexandre-arnault-637x0-1.jpg
[6] http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2009/01/07/01011-20090107FILWWW00451-omnipresident-plutot-que-roi-faineant.php
[7] http://www.ina.fr/politique/elections/video/CAB00018244/message-de-valery-giscard-d-estaing.fr.html
lundi, 07 septembre 2009
Du Général de Gaulle à Dominique de Villepin
Il est loin le temps du Général de Gaulle, initiateur de notre modèle de santé que toute la terre nous enviait selon le principe que « chacun abonde la Sécurité sociale en fonction de ses moyens et reçoit les soins en fonction de ses besoins » quels que soient ses revenus.
En 65 ans, ce principe a vieilli et n’a pas vraiment suivi l’évolution de la société, de l’allongement de la durée de la vie, des nouvelles technologies…. Et pourtant la santé est considérée comme notre bien le plus cher et comme il est classique de le dire elle a un coût.
Cette année ce coût va battre tous les records.
En mai 2009 le déficit de la Sécurité sociale était annoncé à 15 milliards d’euros alors qu’il s’était maintenu au voisinage de 10 milliards en 2008.
Aujourd’hui, récession et augmentation du chômage ont fait s’effondrer les recettes et le fameux « trou » va dépasser les 20 milliards, dont 9, 4 milliards pour la seule branche maladie.
Il paraît qu’il faut s’attendre au doublement de ces chiffres l’an prochain.
A trois semaines de la présentation du projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) pour 2010, l’heure est à la recherche désespérée de milliards manquants….
Qu’à cela ne tienne, on va diminuer les dépenses ! Ce qui ne montre pas beaucoup d’originalité chez nos chères têtes pensantes.
On diminuerait le remboursement des « médicaments à prescription facultative » type aspirine ou paracétamol de 35 à 15 %. C’est ennuyeux pour traiter la grippe, fût-elle A, alors que le paracétamol est le médicament le plus efficace et sera le plus prescrit.
Cette grippe A serait responsable, à elle seule, d’une dépense de deux milliards d’euros dont un milliard pour la fabrication de 94 millions de dose de vaccin. On ne sait d’ailleurs toujours pas s’il devra être administré en une seule ou en deux injections, c’est-à-dire si on pourra vacciner 94 millions ou 47 millions d’individus…
Autre scandale, si votre médecin soupçonne une grippe H1N1 et qu’il prescrit un prélèvement des sécrétions naso–pharyngées, vous devrez acquitter de 84 à 200 euros non remboursés par la sécurité sociale….
Et puis, on va augmenter le forfait hospitalier, forfait que chaque patient paie pour chaque jour d’hospitalisation, remboursé par les mutuelles, sauf les femmes enceintes, les malades bénéficiant de la Couverture médicale universelle…
Les membres du gouvernement ont semblé hésiter tout au long du week-end, en fait ils préparent l’opinion publique à cette augmentation de 25%.
Passer le forfait hospitalier de 16 à 20 euros serait logique, entend-on , car il n’a pas été augmenté depuis 2007 ! Pour une personne trop fortunée ( !) pour bénéficier de la Couverture médicale universelle, sans mutuelle complémentaire, qui est hospitalisée un mois, cette dépense sera de : 20euros x 30 = 600 euros, on est près du minimum vieillesse….
Quatre euros par jour, ce n’est vraiment pas beaucoup. Voilà ce que disait sur les ondes le porte-parole adjoint de l’UMP hier soir…
Ce Dominique Paillié semble avoir une vision personnelle du niveau de vie de la population. Très porté sur la sphère médicale, il s’était illustré en 2005 lorsqu’il s’était mêlé de déontologie réclamant la levée du secret médical pour la personne du président de la République.
Je suis étonnée d’ailleurs, de ne pas l’avoir entendu réitérer cet appel à l’occasion du « malaise lipothymique » de Nicolas Sarkozy.
Bah, laissons les seconds couteaux s’exprimer et écoutons plutôt Dominique de Villepin qui s’inquiétait, en mai dernier, de l’avenir de notre protection sociale.
« Nous n’échapperons pas à une grande réflexion sur le financement de notre protection sociale ».
Il proposait que « trois messages forts soient envoyés aux Français » : un relèvement temporaire du bouclier fiscal, l’augmentation transitoire du taux de la plus haute tranche de l’impôt sur le revenu à 45%, le renforcement du fonds de réserve des retraites.
Et si, dans le grand souci de rassembler toutes les intelligences, on faisait appel à lui ?
vendredi, 04 septembre 2009
C...comme cacophonie, cafouillage, couleuvres, carbone...
Qu’il me soit permis, tout d’abord, de présenter au Premier ministre toute ma sympathie pour le nouveau désaveu qui vient de lui être infligé par le chef de l’Etat concernant la taxe carbone, telle qu’il la décrit dans un entretien du Figaro Magazine à paraître demain… Il paraît que « son interview ne serait pas parole d’évangile »… C’est à croire que la nature l’a doté d’un estomac d’autruche pour avaler autant de couleuvres sans broncher…
Loin de moi cependant l’idée de critiquer toute incitation à la réflexion et à l’action devant ce constat : « notre maison brûle et nous regardons ailleurs…La terre et l’humanité sont en péril et nous en sommes tous responsables » (Président Jacques Chirac- Johannesburg 2002). La planète va mal et on observe les effets du réchauffement climatique tous les jours.
Dans la continuité de son prédécesseur, Nicolas Sarkozy, en 2007, a réuni le « Grenelle de l’environnement » salué par la population ainsi que la conclusion de cette manifestation qui promettait une « contribution climat-énergie » à l’instar d’une demi-douzaine d’Etats membres de l’Union européenne.
Même si aujourd’hui le terme de « taxe » est à bannir, il n’en est pas moins vrai que les Français y voient un nouvel impôt, fût-il qualifié « d’intelligent » par le ministre du Budget, et qu’encore une fois le président de la République ne tient pas ses promesses, lui qui affirme régulièrement qu’ « il n’a pas été élu pour augmenter les impôts ».
Il faut dire qu’en cette période de crise, toute taxe, ou « contribution » n’est pas vraiment opportune, d’abord pour les agriculteurs qui connaissent une baisse de leurs revenus sans précédent, et auxquels on vient déjà d’annoncer des remboursements sujets à caution !
Et comment envisager une taxe équitable entre les citoyens des villes et ceux des champs, entre ceux qui peuvent utiliser les transports en commun et ceux qui en sont privés, entre les gens du nord (même s’ils ont dans le cœur le soleil …qui ne réchauffera pas leur progéniture) et ceux du sud, plus favorisés par les conditions météorologiques
La taxe carbone ne devrait pas concerner l’électricité fournie en grande partie par l’énergie nucléaire non productrice de CO2. Mais voilà que les écologistes ne sont pas d’accord…
Bref, tout se passe comme si le Président avait confondu vitesse et précipitation.
Alors qu’il aurait dû se donner le temps de trouver les bons arguments pour mettre en place une fiscalité incitative propre à orienter ses sujets vers des pratiques responsables dont tous ou presque étaient Convaincus, le voilà perçu comme un Chef Capable de Carboniser ses Concitoyens…
jeudi, 03 septembre 2009
Posture, imposture?
Si j’en crois l’article du Monde signé le 2 septembre dernier par Natalie Nougayrède ( la journaliste préférée de notre ministre aux Affaires étrangères), le scrutin qui s’ouvre le 17 septembre prochain en vue de l’élection du futur directeur de l’organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (lequel siège à Paris), « se prépare dans un climat malsain ».
Le candidat qui doit succéder au japonais Koïchiro Matsuura serait Farouk Hosni, ministre de la culture du président égyptien, Hosni Moubarak, lequel « semble avoir fait de la victoire de son candidat à l’Unesco une question de statut personnel ... ».
Rien jusque-là de répréhensible. Sauf que ce candidat s’est illustré à de nombreuses reprises pour ses déclarations « anti-israéliennes et parfois antisémites »et que chacun juge à Paris sa candidature « peu reluisante ».
« Mais voilà, le sentiment ambiant est que des engagements ont été pris. Du moins Hosni Moubarak a-t-il eu la conviction, à partir de 2007, que l’Elysée allait soutenir la candidature de son ministre de la culture.
C’était bien le signal que lui avait envoyé Nicolas Sarkozy dès leur rencontre à l’Elysée à l’été 2007, peu après son élection .Puis de nouveau, pendant ses vacances avec Carla Bruni en Egypte en décembre 2007, lorsque M.Moubarak lui refit la demande …Le président français a-t-il fait une promesse ? Il préparait, avec son conseiller spécial Henri Guaino, le projet d’Union pour la Méditerranée, conçu comme un pivot essentiel de l’influence de la France dans le monde arabo-musulman. A Hosni Moubarak, il offrait la coprésidence ».
Par ailleurs, Farouk Hosni aggrave son cas et « se propose de brûler lui-même les livres israéliens qui, d’aventure, se seraient clandestinement glissés sur les rayons de la Bibliothèque d’Alexandrie », et pourtant « l’Elysée a plus que jamais besoin de M Moubarak pour sauver l’édifice de l’UPM. Lorsqu’une tribune de Bernard-Henri Lévy, Claude Lanzmann et Elie Wiesel est publiée dans le Monde recensant les propos antisémites tenus depuis 2001 par Farouk Hosni et dénonçant comme « un naufrage annoncé » de l’Unesco son éventuelle élection, le sang d’Henri Guaino ne fait qu’un tour.
Le conseiller de l’Elysée suggère aussitôt aux Egyptiens de répondre par leur propre tribune, ce qui donnera un saisissant acte de contrition publique du ministre égyptien. Henri Guaino a-t-il lui-même rédigé ce texte ? Son entourage indique seulement qu’il l’a « lu avant publication », au cas où il eût fallu le modifier »…..
Tels sont les propos du Monde du 02/09.
Dans le quotidien daté du 04/09, Claude Lanzmann et Bernard-Henri Lévy remarquent avec humour que : « si le texte du ministre égyptien de la culture est sorti de la plume du conseiller français ou a été lu…. Henri Guaino passe du statut de plume française à celui de plume mondialisée ! »
Plusieurs réflexions s’imposent cependant:
-le Président Sarkozy subit-il l’influence de sa plume ? On pourrait alors commencer à s’inquiéter. Henri Guaino n’a pas été élu par le peuple, et lorsqu’il s’est présenté à des élections municipales parisiennes, celui-ci l’a franchement désavoué….
-ce qui interpelle dans ce cas précis, c’est la mise sous le boisseau par un assistant technique, fût-il brillant écrivain, de la conduite des affaires internationales avec le dessein de tromper l’opinion publique. ...
-pour le reste, je ne résiste à la tentation de rappeler « le Bon Roi Dagobert » : « le Roi faisait des vers, Mais il les faisait de travers, Le bon Saint Eloi lui dit : « Oh, mon Roi, Laissez les oisons faire des chansons… » « C’est bon lui dit le roi, c’est toi qui les fera pour moi… »
mardi, 01 septembre 2009
La sécurité reste une priorité absolue
Ainsi s’exprime le président de la République le 25 août dernier à l’occasion de la célébration du 65ème anniversaire de la libération de Paris, dans l’enceinte de la Préfecture de police.
Et il a bien raison d’affirmer, dans ce domaine, sa responsabilité de chef de l’Etat, soucieux de l’autorité de celui-ci, du respect des libertés de chacun et du besoin bien légitime de sécurité de la part des concitoyens qui l’ont d’ailleurs élu pour cette raison .
On ne saurait lui reprocher un quelconque changement de pied à ce sujet. N’est-ce-pas Nicolas Sarkozy, Ministre de l’Intérieur, de la Sécurité intérieure et des Libertés locales, qui énonçait le jeudi 4 juillet 2002 :
« Les Français n’attendent qu’une seule chose : que la délinquance baisse et que l’insécurité recule. Seul un combat permanent nous permettra d’atteindre cet objectif.
Nous nous devons de répondre à cette profonde aspiration de nos concitoyens qui nous jugeront à l’œuvre sur un seul critère : les résultats que nous obtiendrons » ?
Il allait jusqu’à se féliciter du renforcement de la sécurité qu’il avait initié dans les transports en commun d’Ile-de-France et de « l’affectation de 400 policiers supplémentaires… à la sortie des nouvelles promotions de gardiens de la paix… en renfort des services spécialisés de la préfecture de Police et de la Brigade des chemins de fer ».
Plus de sept années se sont écoulées, le ministre est devenu président. Il concentre à son gré toutes les autorités pour mener sa politique et RESPECTER son programme électoral. Et le 1er septembre 2009, que lit-on dans les gazettes? « Le gouvernement veut reprendre la main sur la sécurité » (le Monde), car malgré discours, incantations, contrats locaux de prévention, politiques de la ville (coûteuses et inefficaces), malgré la loi du 5 mars 2007 sur la prévention de la délinquance, un constat s’impose : aujourd’hui on assiste à une augmentation, sur un an, de 12% de cambriolages, de 4% de violences aux personnes…
Si ces chiffres ne sont pas un constat d’échec, il n’y a plus rien à comprendre.
Et ce n’est pas faute d’avoir agité l’opinion publique : ne devait-on pas débusquer les graines de malfaiteurs dès la maternelle, en raison de leurs prédispositions génétiques ? Les caméras de surveillance ne s’imposaient-elles pas pour dénoncer les auteurs de méfaits ? etc, etc…
Bref, des déclarations proférées en fonction de l’attente de la population, mais à l’évaluation déficiente, une indexation infructueuse des rémunérations des officiers et commissaires en fonction de leurs performances, une méthode sécuritaire agressive et inopérante aboutissent à ce résultat : « la prévention de la délinquance marque l’échec d’un loi phare de Nicolas Sarkozy » (toujours Le Monde) .
La sécurité des Français est l’ échec tant du ministre de l’Intérieur que du président de tous les Français.
Aux électeurs d'en tirer les conclusions le moment venu.
samedi, 29 août 2009
41 pendant 3 heures!
Non, il ne s’agit pas d’un pic thermique dû au premier assaut de la grippe A .
Il s’agit du nombre de membres du gouvernement plus fort que l’Académie française ou qu’Ali Baba.
Il n’est plus besoin de Secrétaire général à l’Elysée pour annoncer la bonne nouvelle des nominations, un clic sur internet suffit.
Ainsi pendant trois heures, la France s’est vu octroyer trois nouveaux secrétaires d’Etat.
Ouf, on avait casé le soldat Lefebvre, gagné les régionales de Corse en débauchant un radical de gauche Paul Giacobbi, et pour faire bonne mesure, ou pour le remercier d’avoir défendu avec autant d’ardeur la loi Mallié et le travail dominical, trouvé un chaperon en la personne d’Axel Poniatowski.
Le Président tenait ainsi sa parole, créant « la surprise » annoncée et continuant « l’ouverture vers la gauche » après l’avoir faite vers les sarkozystes comme l’avait réclamé en en son temps l’actuel ministre du plan de la Relance.
On dit que les champs de compétence posaient cependant quelques problèmes de définition.
On dit aussi que le Président qui avait promis la stricte parité homme-femme venait de s’apercevoir qu’il n’y avait toujours que QUATRE femmes ministres sur les 18, et qu’il se demandait quels hommes il devrait remplacer pour respecter son engagement de candidat….
Bref, tout devenait trop compliqué. A la trappe, le remaniement.
Hélas, l’Hôtel de Matignon, toujours le dernier informé, avait pris pour argent comptant (sans intérêts) les décisions du chef, et son service de communication soucieux d’une efficacité qui ne manquerait pas d’être reconnue par le sus-dit, a publié la composition du nouveau gouvernement.
Trois heures plus tard, les nominés étaient renvoyés à leurs triste condition antérieure. Et le lampiste de Matignon accusé d’une faute impardonnable.
C’est peut-être ça la rupture : un mouvement accéléré de l’histoire !
vendredi, 28 août 2009
Gouverner, c'est prévoir.
Emile de Girardin afficherait-il la même certitude 150 ans plus tard ?
Et s’il a raison, ce sont 18 983 183 Français qui sont bernés, eux qui ont fait confiance au Président qu’ils venaient d’élire parce qu’il leur promettait une vie meilleure. S’il soutenait qu’ensemble tout devenait possible, dont la rupture avec toute la politique précédente, il devait avoir préparé, analysé mieux que ses prédécesseurs la façon de travailler plus pour gagner plus, le pouvoir d’achat qu’il faudrait aller chercher avec les dents, une justice indépendante, une allocation familiale versée dès le premier enfant, une école à l’abri des conflits, la réhabilitation de l’autorité de l’état et de celle des patrons qui devaient « accepter de remettre en cause certaines pratiques choquantes et déraisonnables » (Perpignan. 23-02-2007), sans compter sur un gouvernement restreint exemplaire dans sa composition paritaire homme–femme. « Je constituerai un gouvernement de 15 ministres et pas un de plus » (TF1.25-04-2007).
Aujourd’hui, et alors qu’on attend la nomination d’un secrétaire d’Etat qui exprimait son désarroi sur les ondes il y a 48 heures, en se lamentant de la perte de son mandat de député déjà attribué par complaisance…aujourd’hui, 18 ministres se pressent autour de la table du Conseil, et les quatre secrétaires d’Etat se sont multipliés, puisqu’on en compte 19, sans parler du haut commissaire à la jeunesse, soit 38 membres d’un gouvernement « restreint. ». Que serait-ce s’il ne l’était pas ?
Comment alors qualifier le gouvernement de Dominique de Villepin ?
Etait-il famélique avec sa composition de 30 membres dont 16 ministres et 14 ministres délégués ?
Et pourtant, il s’est montré efficace. Faut-il rappeler les chiffres du chômage, les plus bas en 25 ans : 2 053 710 demandeurs d’emploi en France métropolitaine en décembre 2007, 2 535 200 fin juillet 2009, et quelque chose me dit que la courbe n’est pas près de s’infléchir….
Il en va de la promesse du travail comme de celle de l’effectif réduit du gouvernement pour « mettre fin à l’impuissance publique »…
Parlons donc de la puissance publique et de la réhabilitation de l’autorité de l’Etat…
Quelles conclusions tirer lorsqu’on assiste au cas inédit d’un préfet, certes suspendu, qui s’estime victime d’une cabale montée par l’actuel ministre de l’Intérieur, alors ministre de l’Intégration , « pour se refaire à bon compte une virginité de parfait antiraciste ».
Quel est ce système dans lequel le représentant de l’Etat dans un département s’en prend de manière aussi virulente à son ministre de tutelle ?
Il y aurait bien d’autres engagements pris par le candidat qui ne sont pas tenus par le Président Mais ces manquements seraient le fait de malencontreux aléas indépendants de sa volonté.
Comme sur l’Egypte de l’Ancien Testament, les plaies se succèdent sur notre « cher et vieux pays » : la crise, le déficit, la dette publique, la conjoncture internationale, le déficit de la Sécurité sociale…
Mais rien de tout cela n’était-il pas prévisible ? Il me semble même avoir entendu le candidat président conseiller d’imiter les pratiques américaines et vanter les emprunts hypothécaires à taux variable, les fameux subprimes… dont les risques étaient dénoncés d’ailleurs dès la fin 2006….
J’allais oublier la grippe A qui révèle un cafouillage étonnant et pour tout dire peu rassurant : chaque ministre concerné pour l’heure y va de ses mesures spécifiques, chacun prévoyant et anticipant ses maléfices, l’un fermant les classes dès que trois élèves seront atteints (en même temps ? et pourquoi trois ?), l’autre gardant ses fonctionnaires au chaud si leur présence n’est pas indispensable (ne l'est-elle pas pour tous ?), la dernière vaccinant à tout va (qui vaccinera ?), on peut dire que dans ce domaine « trop gouverner est le plus grand danger des gouvernements » (Mirabeau).
Qu’adviendra-t-il lorsque leurs 35 collègues s’exprimeront sur le sujet ?… à suivre
lundi, 10 août 2009
Pauvre Clotilde Reiss
Malgré les injonctions réitérées du ministère des Affaires étrangères qui « exige sa libération immédiate », cette malheureuse jeune femme a bien du souci à se faire, car on peut penser qu’elle paie les propos excessifs du maître du Quai d’Orsay lorsqu’il annonçait à l’égard de l’Iran en septembre 2007, que le monde « doit se préparer au pire » et « le pire, c’est la guerre ».
Bernard Kouchner est un va-t-en guerre. Curieux pour un ministre en charge de la Diplomatie.
N’était-il pas favorable à la guerre contre l’Irak, même si, plus tard, interrogé par Laurent Ruquier, il n’a pas hésité à revenir sur ses propos, mal interprétés, paraît-il?
Il n’hésitait pas plus d’ailleurs à se dire aussi éloigné de Nicolas Sarkozy que du PS, puisque que « depuis 40 ans, il milite dans ce parti de gauche ».
Admirons au passage cette « tectonique des sentiments », puisqu’il se trouvre désormais toutes les semaines, lors du Conseil des ministres au milieu de personnalités dont il a combattu les idées(pour la plupart d’entre elles) et que le PS l’a exclu.
Admirons aussi ce grand donneur de leçon qui n’a jamais souhaité se présenter devant les électeurs….
Il n’y a donc pas que chez les gaullistes qu’on peut envisager l’exercice de hautes fonctions sans être élu !
Ce doit être le seul point de ressemblance avec son grand , remarquable et remarqué prédécesseur au Quai d’Orsay.
Dominique de Villepin devrait l’inspirer. Et il lui serait profitable de l’imiter. Car Rue89, dans un article d’août 2008, décrit Bernard Kouchner « colérique et imprévisible » notamment envers une journaliste expérimentée du Monde, qui ne craint pas de recadrer les propos du ministre, ou de l’interroger sur « le risque de conflit d’intérêts » qui pourraient découler de la nomination de sa compagne Christine Ockrent à la tête de la nouvelle holding « chapeautant l’audiovisuel extérieur ». Cette malheureuse Nadine Nougayrède s’est ainsi vue expulsée manu militari de la Conférence des ambassadeurs entre deux policiers en civil.
Si tout cela relève de la diplomatie, il s’agit d’une réelle rupture dans notre diplomatie.
Ce monsieur Kouchner est-il donc bien capable de discussions toutes en finesse avec les Iraniens ?
A mon avis, ceux-ci n’ont pas beaucoup de considération pour les Mr Prudhomme qui agitent leur sabre de bois.
On pourrait peut-être conseiller au bon docteur de retourner à sa vocation première de gastro-entérologue : entre les couleuvres qu’il a dû avaler et tous les surplus de riz transportés sinon ingurgités, il a certainement expérimenté des médicaments qu’il pourrait prescrire à ses collègues…
Heureusement il n’est que l’exécutant du Président de la république qui décide de tout. Il reste cependant les « bourdes »… et les bourdes , c’est Clotilde Reiss qui les paie.
mercredi, 05 août 2009
Convictions et pragmatisme
Je ne parlerai pas de Gérard d’Aboville, si peu prophète en son pays d’adoption , le 15ème arrondissement, qu’il faut feuilleter Sud-Ouest pour entendre parler de lui dans la rubrique des « empreintes dans les pieds de marins ».
L’article mentionne sa traversée à la rame de Tokyo à Portland en 1991, à la suite de laquelle il annonce qu’une « chose est sure, je ne repartirai pas sur cette galère ». Le journaliste le traite de « parjure » car, onze ans plus tard, il s’attaque au Pacifique Nord….
En 2008, si l’on se réfère à l’excellent article de Bénédicte Charles dans Marianne2.fr , « dans le 15ème, c’est le retour de Koh Lanta » (d’actualité d’ailleurs, mais sur les ondes, à partir du 28 août2009 !), le meilleur ennemi de Gérard d’Aboville est Philippe Goujon , « apparatchik d’entre les apparatchiks ». Mais, fier de ses 10,11% gagnés grâce à l’équipe municipale précédente qui constitue sa liste et la légitimise, et après avoir juré ses grands dieux que « sa »liste se maintenait au second tour, en catimini il allait faire allégeance à son adversaire et sauvait sa peau. Ouf ! Son mandat au Conseil économique et social devait prendre fin en octobre 2009…. Ouf encore, celui-ci est prorogé jusqu’en 2010, moment où il partira faire le tour du monde pendant six mois avec son bateau prototype suisse. Notre parfait honnête homme (au sens du XVè …siècle pas arrondissement) ne sait d’ailleurs comment se mettre en disponibilité de son mandat de conseiller de Paris. Il paraît qu’il ne trouve pas correct d’en percevoir les indemnités alors qu’il ne pourra siéger ni à l’Hôtel de Ville, ni à la Mairie du 15è. Il compte sur la validité de ses votes par vidéoconférence…
Il a senti d’où venait le vent…
C’est aussi efficace en mer qu’en politique…
Je voudrais plutôt parler de l’unique député européen de son parti qui se sent bien seul, et financièrement éloigné de la manne publique du fait de la faiblesse de ses scores : Philippe de Villiers. Nonobstant ses invectives antérieures il se rapproche de Nicolas Sarkozy et va intégrer le comité de liaison de la majorité présidentielle.
Oubliés le « lapin tambour Duracell », l’alliance de « la com et la came » de l’université d’été UMP de 2006, « la société de l’eugénisme »…oublié le Président qui « a encore moins de pouvoir que René Coty ». Il est vrai qu’avec Philippe de Villiers qui se rend, toute honte bue, à Canossa, Nicolas Sarkozy va sentir son pouvoir décuplé…
Là encore, cet initiateur du Vendée Globe cherche le vent….
Il n’y en a qu’un qui reste « nec varietur » et ne change pas d’avis face à celui qu'il considère comme son seul adversaire.
Il a bien cherché à l’éliminer, mais celui en qui il voit un rival est fort, intelligent, cultivé, subtil. Nicolas Sarkozy, car il s’agit bien de lui, ne pourra pas longtemps se prévaloir de sa supériorité de magistrat suprême contre ce citoyen... non encore élu.
De plus, il a avoué sa faiblesse lors du dernier Conseil des ministres en affabulant.
« Monsieur de Villepin me vomit dessus toute la journée »….obsédé qu’il est par ce brillant ancien Premier ministre, car il s’agit bien de Dominique de Villepin dont l’image continue à le hanter de façon incoercible.
Et pourtant, lorsque Dominique de Villepin trouve l’action du Président de la République efficace, il le dit. Lorsqu’il ne l’approuve pas, il le dit.
De plus, la riche expérience de celui-ci lui permet, plus qu’à quiconque de s’exprimer sur les sujets les plus délicats.
La liberté d’expression a-t-elle été enterrée la nuit du 4 août ?
Mais une chose est sûre, en ce qui concerne Dominique de Villepin, Nicolas Sarkozy fait passer son obsession avant le pragmatisme que devrait lui dicter le seul intérêt de la France.
lundi, 03 août 2009
Dans la série: "qu'est-il allé faire dans cette galère?" (suite)
Il s’agit aujourd’hui de Bruno Le Maire, actuellement ministre de l’Alimentation de l’Agriculture et de la Pêche et auparavant secrétaire d’Etat aux Affaires européennes.
De l’avis de tous, et en particulier de celui d’Alain Lamassoure, député européen, cet homme possède « l’expérience de la conduite des affaires publiques et la richesse d’une formation pluridisciplinaire ». Il faut dire qu’il fut à bonne école dans le gouvernement de Dominique de Villepin, Premier ministre.
Il paraît que le président Sarkozy était tout emoustillé d’avoir ferré une « bonne prise » dans le vivier des villepinistes.
Cette prise était-elle si difficile ? Ils sont rares ceux qui savent résister à un maroquin , d’autant que dans son dernier livre « Des Hommes d’Etat », notre ministre ne se montre pas très amène avec son mentor.
Mais aujourd’hui, le voilà pris dans un beau guêpier. Et pourtant, il connaissait le problème soulevé par la commission de Bruxelles le 28 janvier dernier demandant aux agriculteurs français de rembourser 338 millions d’aides indues agrémentés de 150 millions d’intérêts.
Cette affaire est particulièrement périlleuse, à l’heure où l’agriculture française souffre de la concurrence espagnole et portugaise, alors que les pêcheurs sont en colère depuis la flambée des prix du pétrole et que Nicolas Sarkozy leur a promis la mise en place d’un mécanisme de compensation qui indispose la Commission, sans oublier les producteurs de Cognac qui voient, eux aussi, leurs aides contestées.
D’ailleurs, bon nombre de producteurs ont cessé leur activité d’une façon ou d’une autre. Les uns sont décédés, les autres ont mis la clé sous leur paillasson…. Situation somme toute kafkaïenne. Par bonheur, notre ministre qui avoue une passion pour ce grand écrivain tchèque saura vraisemblablement résoudre ce problème.
Il n’empêche que le Président ne lui a pas vraiment fait un cadeau en lui confiant ce poste.
D’autre part, à la lecture d’un quotidien, on apprend que Georges Tron, député réputé villepiniste, serait pressenti pour entrer au Gouvernement, mais qu’Edouard Balladur aurait conseillé à Nicolas Sarkozy de ne pas donner suite à ce projet.
Il rend ainsi service à son ancien lieutenant, n’en doutons pas.
Mais les souhaits d’Edouard Balladur prospèrent-ils toujours ? En 1999, il s’était opposé à la présence d’une candidate du 15ème arrondissement sur une liste électorale en vue d’élections européennes, et il n’avait réussi qu’à la déclasser de quelques rangs…




