samedi, 28 avril 2007
La démocratie confisquée sur les trottoirs.
Depuis quand un simple sujet n’aurait-il pas le droit de se présenter au suffrage de ses concitoyens ?
C’est pourtant la première invective qui m’a accueillie ce matin sur le marché de Breteuil lorsqu’on m’a dit que je n’avais pas le droit de faire campagne pour les élections législatives puisque mon (ex) parti ne m’en avait pas donné l’investiture.
Outre le caractère outrageant de ces propos sur la place publique, je trouve ces allégations pour le moins approximatives. En effet, que je sache, Françoise de Panafieu n’a pas été sanctionnée par sa candidature dissidente contre le député sortant qui n’avait pas failli, même si, à l’époque, il avait soutenu le Président de la République. Je rappelle donc, pour la clarté de mon propos, que Françoise de Panafieu s’est présentée aux élections législatives de 2002, contre le candidat investi par le parti majoritaire de l’époque, le député sortant, Bernard Pons. Elle n’a pas été sanctionnée.
Deux ans et demi plus tard, en vue des élections sénatoriales, Philippe Goujon, Conseiller de Paris, vice-président du Conseil Général, brûlant du désir de représenter le 15ème arrondissement de Paris aux élections sénatoriales, n’a pas hésité à présenter une liste dissidente soutenue par Nicolas Sarkozy, événement gravé dans la mémoire photographique qui reparait régulièrement dans les journaux de la 12ème circonscription de Paris. Président du comité départemental de Paris, il ne s’est pas sanctionné, et après négociations il a été nommé tête de la liste sénatoriale proposée aux grands électeurs de Paris.
Philippe Goujon a donc voulu être sénateur de Paris.
Il y accordait sûrement beaucoup d’importance puisqu’il n’avait pas hésité à présenter sa candidature en auto-dissidence !
Que de temps a passé depuis septembre 2004 ! deux ans et demi, c’est long pour la mémoire des parisiens qui n’en ont rien à faire…mais auxquels on peut rafraîchir, néanmoins la mémoire…..
Pour terminer sur les propos amènes des supporters exaltés du sénateur, je peux commencer, ce soir, la narration des invectives désobligeantes à mon encontre, devant la population du 15ème qui n’en pouvait mais. C’est vrai que j’ai l’audace de présenter aux élections législatives ma candidature contre une personnalité auto-investie du mouvement qui m’a d’ailleurs exclue la semaine dernière (sujet d’un prochain blog). Il n’en demeure pas moins que j’exige d’être respectée dans ma campagne. Je suis une femme qui habite réellement le 15ème depuis 35 ans. Je suis élue depuis 1995, Conseiller de Paris depuis 2001. J’exerce toujours le plus beau métier du monde : la médecine. Je fais partie de la société civile. Si les électeurs ne veulent plus de moi, ce qui est leur droit le plus strict, je les remercierai de m’avoir fait confiance pendant 12 ans, et je continuerai l’exercice de ma profession. C’est ma chance, et ma crédibilité de ne pas être un apparatchik et de ne pas attendre, de multiples combinaisons électorales, ma survie, tant alimentaire qu' intellectuelle.
Je suis un médecin libre, une femme libre, une citoyenne libre….Combien de mes collègues peuvent en dire autant ?
23:15 Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : UMP, Paris, PS, UDF, élections législatives, élections sénatoriales, 15ème



