vendredi, 27 novembre 2009
Que devient Dominique de Villepin ?
Pendant que le gouvernement « pédale dans la semoule », Dominique de Villepin parcourt la France. Il « vole de clocher en clocher »...Il effectue, à sa manière, un tour de France tout à fait remarquable .
Un jour dans la banlieue parisienne, un autre jour à l’Ecole Supérieure de Commerce de Toulouse, une autre fois dans une librairie pour l’exercice de signature de son dernier ouvrage, un « conte » philosophique. Où qu’il soit, il agrège la population. Il est à l’écoute de tous ses concitoyens, il leur laisse le temps d’exposer leurs problèmes.
Si tant est qu’elle ait jamais existé, il a aboli toute distance avec toutes les catégories de la population.
Il se montre simple, soucieux de comprendre les problèmes de ses congénères, et par ses réponses sobres, dans une langue parfaitement maîtrisée qu’il est agréable d’entendre, il donne son interprétation des faits et énonce ses propositions toutes issues de bon sens, mais qui sont le fruit d’une réflexion profonde.
Tout son discours se résume( !) dans les valeurs républicaines de la France que nous nous devons de défendre.
« La France doit être fidèle à elle-même, à son histoire, à sa vocation », et d’égrener tous les problèmes de mécontentement, ferments d’agitation sociale : l’école, l’emploi, la discrimination au quotidien, l’inégalité des chances.
Outre ce pacte républicain, dont on ne sait ce qu’il est devenu, il se préoccupe du pacte social, sans garantie pour la santé, pour les retraites…
Il parle de la France aux Français avec un enthousiasme quasi-amoureux, avec autant de brio que lorsqu’il la défend à l’autre bout du monde.
D’ailleurs, c’est le monde qu’il défend.
Ainsi lors du Sommet de la Coopération Internationale qui s’est tenue à Changchun en Chine le 1er septembre dernier.
Au cours d’un discours particulièrement brillant, il a salué le rôle majeur de la Chine à jouer dans la définition de la nouvelle économie. Il a « souligné à quel point la coopération internationale est cruciale aujourd’hui ….Devant des incertitudes et des changements d’une ampleur que nous avons rarement connus par le passé, nous devons inventer de nouvelles formes de coopération…parce qu’aucun pays n’a plus le pouvoir de décider pour tous,… parce que dans une économie globalisée, aucun pays ne peut plus tout contrôler sur son propre territoire,… parce que nous entrons dans une nouvelle période de globalisation, définie par le retour de la politique et la loi de la rareté …les Etats qui ont résisté au choc l’ont fait à travers des interventions publiques massives, des plans de relance impressionnants et des politiques industrielles volontaristes ».
Il n’a pas dit où il situait la France dans l’échelle de ces pays volontaristes…mais il commence à faire rêver les Français d’une autre politique, d’une autre vision de leur pays. « Ce qui se fait aujourd’hui ne correspond pas à ce qu’on espère pour demain ».
Qu’on le veuille ou non, Dominique de Villepin est en train de conquérir l’opinion publique parce qu’il donne aux Français l’image qu’ils attendent de leur « grand et vieux pays », parce qu’il incarne l’image d’un homme politique nouveau, très apprécié par les jeunes.
Il sait même, à l’occasion, pratiquer l’auto-dérision. Ainsi, lorsqu’à Toulouse un étudiant lui pose une question sur Clearstream, il répond que cette affaire « s’est transformée en face à face entre un ancien ministre de l’intérieur devenu président de la République et un ancien premier ministre devenu rien du tout »….
Pour Jean-Marie Rouart , dans un article de Paris-Match intitulé « Villepin, l’astre noir », la dialectique de Villepin est « d’autant plus redoutable qu’elle puise son inspiration et sa légitimité dans le gaullisme ».
J’en viens à me demander si humilier son adversaire relève d’une fine politique !
Quoi qu'il en soit, quand on aime la France et qu'on place l'Homme au coeur des préoccupations essentielles, quelle que soit son identité, il convient de soutenir et d'encourager Dominique de Villepin !
mardi, 06 octobre 2009
"Sarkozy rattrapé par Cleastream"
Selon le sondage Vivavoice pour Libération : « 69% des Français condamnent les propos présidentiels sur le procès » …et « estiment qu’il devrait laisser travailler la justice ».
« Le pourcentage de Français gênés par la double casquette sarkozyste -partie prenante au procès en tant que partie civile et garant de l’indépendance de justice en tant que président de la République-grimpe à plus de 75% chez les 35-49 ans, les cadres et professions intellectuelles ou les ouvriers. Et même chez les sympathisants UMP, cette schizophrénie est mal vue, puisque 56% d’entre eux regrettent l’interventionnisme présidentiel ».
L’article enchaîne sur « la calamiteuse interview télévisée du chef de l’Etat depuis New-York….Bilan de cette séquence américaine : une polémique de deux jours sur les nerfs mal maîtrisés du Président qui fait passer au second plan son activisme sur la scène internationale ».
Voilà qui est bien préjudiciable aux intérêts de la France.
Par ailleurs, lorsque l’on suit le déroulement de ce fameux procès, on ne peut que s’attrister qu’hier et aujourd’hui, les évènements supposés déstabiliser Dominique de Villepin fassent l’objet des JT de 20 heures, et que les révélations qui l’innocentent ne soient publiées que tard dans la soirée.
Ainsi, à 20 heures on voit la partie civile saluer le général Rondot pour l’extrême précision de ses propos quand il campe sur ses positions et « charge Dominique de Villepin et Michèle Alliot-Marie ». Mais on n’apprend qu’ à 21 heures 45 par l’agence Reuters que ce même « général de l’armée française » pense que l’ex-Premier ministre ignorait que « les listings étaient faux », ce qui exclut toute dénonciation calomnieuse.
De même ce soir, la presse s’est tue sur un incident pendant l’audience qui a valu à celle-ci d’être suspendue.
Maître Metzner avait insisté « sur ce qui, croit-il, gêne la plus célèbre des quarante parties civiles : l’ubiquité procédurale de Me Herzog, à la fois chez Thales » (partie civile du dossier des frégates) « et à l’Elysée »…
Il faut croire que l’affaire des frégates rôdait aujourd’hui au Palais de Justice.
Le malheureux juge Van Ruymbeke n’a-t-il pas dû se résoudre à rédiger une ordonnance de non-lieu général le 1er octobre 2008 concernant cette sombre histoire où se sont mêlés des morts suspectes et des milliards de dollars, intriqués vérités et mensonges, doutes et certitudes ?… « Si on commence avec des certitudes, on finit avec des doutes. Si on commence avec des doutes, on finit avec des certitudes » a conclu le magistrat ;
L’opinion publique pour sa part ne comprend rien, sinon que l’image de la France n’est pas grandie par ce procès.
D’ailleurs, « Les Français ne supportent pas de voir leurs élites s’entretuer » a coutume de répéter l’ancien président, Jacques Chirac.
Il a encore une fois raison.
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samedi, 03 octobre 2009
Clearstream: acte II
« Finalement, le spectacle a fait pschitt » écrit Jean-Marie Pontaut dans l’Express. « L’audition de Dominique de Villepin, annoncée comme le moment fort du procès, d’où devait jaillir la vérité sur les manipulations politiques de l’affaire n’a pas tenu ses promesses. L’ancien premier ministre n’a en réalité jamais été mis en difficulté ni pris en défaut de mensonge ».
La vérité ? Quelle vérité ?
Pour les zélateurs d’une des parties civiles, de La partie civile, la vérité ne se conçoit pas sans la culpabilité de Dominique de Villepin. On se demande même pourquoi se tient un tel procès puisque leur vérité est avérée, le croient-ils ou font-ils semblant de le croire.
Car la condamnation de l’ancien Premier ministre est essentielle à l’écriture de leur histoire
Pour preuve, les propos du Canard enchaîné de cette semaine : « un ministre appartenant au premier cercle sarkozyste, a une vision originale du procès Clearstream. Selon lui, l’acharnement dont fait preuve Sarko vise avant tout à éliminer définitivement Villepin de la course à la présidentielle ».
Pour eux, il faut que le prévenu trébuche, qu’il soit soumis à la question, que le gladiateur, choisi à Rome pour sa force et son courage, soit occis pour montrer à l’inverse la puissance de son adversaire et laisser à celui-ci le champ libre.
Eh bien, c’est raté, les jeux du cirque ne se déroulent pas selon le scenario annoncé.
Au bout de huit heures de confrontation avec le procureur, « aucun élément n’est venu conforter la culpabilité de Dominique de Villepin » déclare son avocat Maître Olivier Metzner. « Face à la vacuité des arguments, le parquet a répété trois fois les mêmes questions à Dominique de Villepin…. Quand on est répétitif, c’est qu’on n’a pas d’arguments».
Et, qu’on se le dise, Dominique de Villepin « se dit heureux d’apporter sa contribution à l’émergence de la vérité dans une affaire où les mensonges et les manipulations ont obscurci la vérité. Je suis certain que la sérénité des débats permettra à la justice de faire son travail dans les meilleurs conditions ».
Face au déchainement annoncé, Dominique de Villepin donne l’image de calme, de maîtrise de lui-même et de ses émotions.
Lui que ses détracteurs raillent en vantant son talent de poète, sous-entendant qu’il serait animé plus par l’émotion que par le sens des réalités, démontre au contraire son sang-froid, son pragmatisme, sa capacité à ne pas se laisser entraîner dans une logorrhée dangereuse.
Bref, il incarne dans cette épreuve toutes les qualités qu’on attend d’un homme d’Etat.
D’ailleurs, l’opinion ne s’y trompe guère, qui préfère toujours un héros blessé à un puissant adversaire.
La conclusion de cette deuxième semaine, décisive puisqu’ on allait voir ce qu’on allait voir, donne incontestablement l’avantage à Villepin.
Par ailleurs, et après avoir exploité le bénéfice de la tribune que lui octroyait cette affaire, Dominique de Villepin convainc tous les jours de plus en plus de Français soucieux de la situation de leur pays. Ses partisans se sont ainsi réunis et, en véritables précurseurs, déterminés par l’ardeur de leurs convictions, ont créé le premier réseau social politique : villepincom.net
Ses supporteurs, plus nombreux et plus efficaces qu’on ne le croit, ont réussi les premiers, avec peu de moyens mais animés par la rage de vaincre et de convaincre, à exploiter les avancées technologiques primordiales dans une campagne électorale.
Qu’on ne croie pas Dominique de Villepin isolé. Son réseau s’étoffe, se multiplie tous les jours avec un nombre extraordinaire d’ inscriptions d’internautes venant d’horizons les plus variés .
A la tête de ce réseau et du Club Villepin, se trouve Brigitte Girardin, ancienne ministre de l’Outre-Mer, moquée par Claude Askolovitch sur Europe 1 mercredi dernier, car « villepiniste et chiraquienne », comme si elle incarnait une espèce en voie de disparition.
Que ce journaliste soit rassuré. Qu’il prenne le temps de consulter les sites en question et il nuancera les questions à son invitée de moins de mépris.
Il convient d’ailleurs de remarquer que Madame Girardin, par ses propos empreints de calme, de conviction et de fidélité ont ramené l’entretien au niveau du sérieux requis.
En effet, villepinistes et chiraquiens perpétuent le gaullisme, dans la naissance du grand mouvement qui se crée autour de Dominique de Villepin.
C’est le rassemblement de citoyens responsables qui souhaitent des propositions alternatives à celles qui leur sont imposées aujourd’hui et qui mènent notre « grand et beau pays » dans un gouffre.
C’était bien l’opinion de l’actuel Premier ministre qui, bien avant que la situation ne se soit encore plus dégradée, avait annoncé que « le pays est au bord de la faillite »…
Dominique de Villepin, en grand serviteur de l’Etat réfléchit aux problèmes des Français.
Il incarne l’espérance de la France. Et tôt ou tard, il en incarnera le destin.
samedi, 26 septembre 2009
Un président peu au fait de ses dossiers.
Le président connaît-il ses dossiers avant de s’exprimer à la télévision ?
Prend-il le temps d’écouter ses conseillers ? Ou bien un mot lui sert-il de moteur de recherche et il démarre…
Ainsi mercredi dernier sur la taxe carbone : « le monde va à sa perte si on continue à émettre du carbone qui crée un trou dans la couche d’ozone et qui brise les équilibres de la planète ». Il a confondu couche d’ozone et effet de serre, sûrement parce que, pour lui, si la disparition de la couche d’ozone est due à l’utilisation de chloro-fluoro-carbones, il n’y a pas de raison que ces CFC ne génère pas d’une façon ou d’une autre du dioxyde de carbone.
Ses conseillers auraient dû lui expliquer que ce carbone constitue la base de la biologie, qu’il est essentiel à la vie…
On peut déjà se faire du souci pour la conférence de Copenhague, mais c’est bien loin…
Quant à l’affaire Clearstream dont il suit paraît-il les moindres détails, il semble ne plus se souvenir de l’action dans laquelle il s’est engagée…
Ainsi, si je reprends l’excellent article de Mediapart du 24 septembre dernier « en deux phrases, trente secondes, il va commettre quatre erreurs", article que je ne peux que retranscrire in extenso tellement il est, argumenté :
1/ «J'ai déposé plainte contreX.»
FAUX. Nicolas Sarkozy, et c'est tout sauf un détail, n'a pas déposé plainte, ni contre X ni contre personne. Il s'est contenté de se constituer partie civile, le 31 janvier 2006, dans la procédure déjà ouverte. Ses conseillers lui avaient précisément déconseillé à l'époque de déposer plainte, craignant qu'une telle initiative n'apparaisse trop offensive. Et donc comme une tentative de pression sur la justice.
2/ «J'ai déposé plainte contre X quand j'ai découvert avec stupéfaction que j'étais titulaire de deux comptes...»
FAUX. Là encore, la formulation est trompeuse. Elle laisse entendre à l'évidence que Nicolas Sarkozy a saisi la justice dès qu'il a eu connaissance que son nom figurait sur les faux listings. Et il répète à qui veut l'entendre qu'il n'a été informé que très tardivement.
Or, la chronologie démontre le contraire. La présence du nom de Nicolas Sarkozy sur les listings a été évoquée dans la presse, avec celles de trois autres anciens ministres (Alain Madelin, Jean-Pierre Chevènement, Dominique Strauss-Kahn), au mois de septembre 2004. Or, M. Sarkozy, contrairement aux trois autres, ne n'est constitué partie civile qu'en janvier 2006, soit près d'un an et demi après. Sans compter que de nombreux éléments laissent à penser qu'il avait été informé de la présence de son nom dès le printemps 2004.
3/ «Au bout de deux ans d'enquête, deux juges indépendants...»
FAUX. Pour le coup, il s'agit sans doute du lapsus le plus révélateur de l'intervention du chef de l'Etat. En effet, l'instruction de cette affaire n'a pas duré deux mais... quatre ans, puisque l'information judiciaire pour « dénonciation calomnieuse » confiée au juge Jean-Marie d'Huy – ensuite secondé par Henri Pons – a été ouverte par le parquet de Paris le 3 septembre 2004 et s'est achevée en 2008.
L'enquête s'est terminée en deux temps, les juges ayant clos une première fois leurs investigations le 22 février 2008, puis le parquet a exigé un complément d'information. Ils ont finalement clôturé le dossier le 3 juillet 2008. Nicolas Sarkozy n'a pas évoqué cette période de «deux ans» par hasard: il ne fait visiblement pas de doute dans son esprit que le « vrai » début de l'affaire correspond à son entrée dans le dossier, en 2006! De fait, l'enquête des juges avait connu une spectaculaire accélération juste après la constitution de partie civile de M. Sarkozy.
4/ «Deux juges indépendants ont estimé que les coupables devaient être traduits devant le tribunal correctionnel.»
FAUX. Est-il besoin de rappeler que, dans le droit français (comme dans la plupart des pays européens), toute personne est présumée innocente jusqu'à ce que sa culpabilité ait été définitivement établie par un tribunal. Dans l'exemple Clearstream, il faut donc parler de «prévenus» puisqu'il s'agit d'un procès correctionnel – aux assises, on parlerait d'«accusés».
Enfin, pour ma part, je ne comprends pas qu’il parle de « deux juges indépendants ». Pourraient-ils ne pas l’être ?
J’avais même cru, en d’autre temps, qu’il n’accordait aucune confiance aux juges et qu’il voulait leur disparition...Comprenne qui pourra…
A ce stade, il ne saurait s’agir de lapsus.
Le président est sûr de sa puissance, sûr qu’il peut faire pencher le fléau de la justice dans le sens qui lui est favorable.
Il est maître de la France, de l’Europe, du G20 dont il dira avoir influencé les décisions et fait partager ses convictions aux 19 autres membres.
Il n’a que faire des détails de dossiers.... On l’attend ailleurs…
Je crains que son hyperactivité ne lui permette pas d’étudier les problèmes de la France avec toute l’attention nécessaire. Et quand on entreprend trop de chantiers, il est rare d’en mener un à son terme.
C’est bien ce que disait Rabelais : « qui trop embrasse, mal étreint »…
22:16 Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : mediapart, couche d'ozone, effet de serre, clearstream, nicolas sarkozy, justice, g20
jeudi, 24 septembre 2009
Le sens des mots.
Les mots ont un sens et sont les vecteurs de notre pensée.
L’éducation nous permet de leur apporter précision, sinon subtilité.
Enfin, l’enseignement, surtout lorsqu’il est devient supérieur, apporte à chaque profession le vocabulaire adéquat qui permet à l’homme (ou la femme !) de métier de s’exprimer avec la justesse requise.
Et il ne viendrait à personne de s’adresser à un professionnel qui ne répondrait pas à ce critère essentiel.
A partir de ces considérations, je m’interroge sur l’attitude qui, devant m’assurer son concours, me ferait choisir un avocat qui confond « coupable « et « prévenu ».
A coup sûr, je fuirais cet homme de droit, fût-il le plus célèbre parce qu’exerçant la magistrature suprême de notre pays…Impair ? Pas impair ?
Quand on sait que le même, ministre de l’Intérieur, le jour de la capture d’Yvan Colonna, avait plastronné en se félicitant que « la police avait arrêté l’assassin du préfet Erignac », on commence à être glacé de terreur devant la méconnaissance de la présomption d’innocence, essentielle à notre justice, celle rendue au nom du peuple français.
Le comble, hier, devant des millions de téléspectateurs, a été atteint (mais dans ce domaine, le comble doit donner le sens de l’infini : quand on croit l’avoir atteint, on s’aperçoit que tout reste à venir !) :
Le président de la République a annoncé, concernant l’affaire Clearstream : « Au bout de deux ans d’enquête, deux juges indépendants ont estimé que les coupables devaient être traduits devant un tribunal correctionnel ».
A ce stade, trois réflexions s’imposent :
–ou il s’agit d’un lapsus, et comme l’a dit Dominique Bussereau, secrétaire d’Etat aux Transports : « comme n’importe qui, il a commis un lapsus » (tiens, il va bientôt devenir ministre de plein exercice, celui-là !). Le problème est que Nicolas Sarkozy n’est pas n’importe qui. Il a d’ailleurs beaucoup mouillé ses chemises pour en arriver là.
Il est le président de la République, le magistrat suprême.
Alors, comme le propose Marie-Anne Montchamp, qu’il revienne sur ce propos malheureux, même si cette attitude n’est pas dans sa logique.
-ou il est la proie d’une obsession névrotique, et on ne peut manquer de s’interroger sur la sérénité qui devrait entourer sa fonction. Il y va quand même de notre existence de Français…
-ou il veut peser sur les conclusions des juges, ce qui serait étonnant pour celui qui se dit ne pas être "un homme qui ment … un homme qui plaisante avec les principes d’honneur et de probité ».
J’ai même la faiblesse de le croire sincère en cette mise en scène de lui-même, normale dans le contexte.
La catastrophe pour lui est que le président doit faire respecter le Droit, et dans cet entretien, il viole un principe constitutionnel essentiel inscrit dans le code civil.
Article 9-1 : « chacun a droit au respect de la présomption d’innocence ».
Pour avoir confondu en son temps coupable et prévenu, le ministre d’Etat, Michel Poniatowsky, avait failli être traduit devant la Haute Cour de Justice… pardon pour ce lapsus… je veux parler de la Cour de Justice de la République…si la Justice peut encore être exercée en toute sérénité au pays des droits de l’Homme.
22:12 Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : justice, présomption d'inncence, clearstream, nicolas sarkozy, ivan colonna
vendredi, 21 novembre 2008
M.Sarkozy ignore la séparation des pouvoirs politique et judiciaire....
Le Quotidien du Médecin du 21 novembre 2008 (Richard Liscia):
"L’ancien Premier ministre (Dominique de Villepin) est ... fondé à dire que le président de la République mélange les genres et ignore la séparation des pouvoirs judiciaire et politique. Sa démarche récente, qui a consisté à prolonger par décret les fonctions de M. Pons pour qu’il eût le temps de signer le renvoi, est insoutenable.
Les juristes font toutefois remarquer que le renvoi n’avait pas besoin de deux signatures, que celle de M. d’Huy suffisait. Même si c’est vrai, l’ingérence, fût-elle bénigne, du chef de l’Etat dans une affaire qui, de surcroît, le concerne au premier chef, témoigne à la fois de son mépris pour l’indépendance de la justice et de son mépris pour le qu’en-dira-t-on.
On peut comprendre une bouffée de haine, on ne comprend pas qu’elle dure si longtemps et qu’elle occupe l’emploi du temps d’un président infiniment occupé.
Chassez le naturel…M. Sarkozy est donc aveuglé par ses soupçons, comme M. de Villepin semble avoir été aveuglé par son hostilité à M.Sarkozy et par sa fidélité à M.Chirac.
Que ce trio suprême de la droite se déchire au sujet d’un complot de spadassin ignare ne grandit pas la classe politique.
C’est pire que les déchirements du Parti socialiste qui portent quand même sur des sujets idéologiques.
Comme on a pu le voir en diverses circonstances, il y a bel et bien chez M.Sarkozy un naturel qu’il ne parvient pas à chasser et qui revient à un galop irrésistible.
Il semble prêt, en l’occurrence, à sacrifier la dignité de la majorité et celle de sa fonction à une vengeance qui ne lui rapportera rien, sinon, peut-être, la déchéance d’un homme par ailleurs tout à fait respectable.
On nous dira que la justice n’a fait que son métier, que le procès est donc inévitable et que le droit doit s’imposer quelles qu’en soit les conséquences.
On ne nous fera pas croire pour autant que le président n’était pas en mesure d’arrêter l’effroyable machine qu’il a lui-même déclenchée quand il a porté plainte.
Et on regrette qu’il n’ait pas cherché à échapper à un autre soupçon, celui de n’être motivé que par une rancune inexpiable."
Tout est dit ...
21:41 Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : dominique de villepin, ddv, clearstream, jean-pierre grand, ump, ps, quotidien du médecin
mercredi, 08 octobre 2008
Selon que vous serez puissant ou misérable,
....les jugements de cour vous rendront blanc ou noir.
La Fontaine avait raison. Rien n’a changé au Royaume de France :
Du côté du pouvoir est la toute-puissance,
En dehors du pouvoir, point de salut, noircissons donc à l’envi ceux qu’on veut l’en écarter.
Ainsi en est-il de Dominique de Villepin.
Le scénario semble tellement bien ficelé qu’on eût pu l’écrire à l’avance. Pour ma part, j’étais sure qu’il ne bénéficierait pas d’un non-lieu.
Mais, ce qui intrigue le plus, ce sont les atermoiements.
Pire, les contradictions :
le procureur n’avait pas trouvé suffisantes les charges contre l’ancien premier ministre il y a quelques semaines.
Hier, surprise, sous l’effet de quelle révélation (on peut s’interroger…), virage à 180° : le renvoi en correctionnelle est requis pour « complicité de dénonciation calomnieuse ».
En revanche un non-lieu partiel pour les autres délits reprochés : « complicité d’usage de faux, recel de vol et recel d’abus de confiance ». Ouf !
Cette histoire est scandaleuse.
Quel nouvel élément objectif justifie un tel retournement ?
Qu’en est-il des autres personnalités actuellement aux responsabilités, auxquelles on pouvait reprocher les mêmes charges, si tant est qu’elles existent ?
Mais pouvait-il en être autrement ?
Un non-lieu aurait désavoué les parties civiles de cette sombre histoire.
On ne saurait imaginer, en démocratie, que les motivations d’une procédure judiciaire aient des fondements politiques.
Quoiqu’il en soit, et c’est certainement le but de la manœuvre, l‘honneur de Dominique de Villepin restera sali (calomniez, il en restera toujours quelque chose),
Belle justice ! Belle démocratie !
14:18 Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : dominique de villepin, ddv, clearstream, jean-pierre grand




