mardi, 08 décembre 2009
Dominique de Villepin et Philippe Bilger, même combat
Quel virus a subitement frappé le ministre de l’Education ?
Quelle réelle motivation le pousse à rendre optionnelles l’histoire et la géographie pour les classes de terminale S ?
« L’idée même de rendre optionnel ce qui, pour la plupart des esprits de culture et de bonne foi, relève du fondamental –quelle que soit la voie choisie- semble surgie de manière erratique, d’élucubrations plus désireuses de provoquer que de pacifier » (Philippe Bilger-blog)
Les explications alambiquées démontrent que les élèves qui opteront pour les sciences auront bénéficié d’un enseignement plus intense en 1ère (4 heures au lieu de 5, 2 heures 30 en 1ère et 2 heures 30 en terminale), et donc ne perdront qu’une heure par semaine d’histoire et géographie.
Une heure d’enseignement en moins, c’est beaucoup de postes de professeurs en moins.
Je ne peux pas croire qu’on sacrifie ainsi l’éducation de nos enfants sur le temple des économies ou de la fameuse RGPP…
Dominique de Villepin, ce matin sur France-Info s’est dit "déterminé à mener un combat pour l’histoire et la géographie".
« Comment comprendre les enjeux de Copenhague, le dossier iranien ou le conflit israelo-palestinien, si on n’a pas la mémoire des peuples ?
Comment façonner un citoyen, s’il n’a pas la distance que procure la réflexion sur l’histoire, s’il n’a pas la maîtrise du temps et de l’espace ?
L’histoire, c’est la compréhension du monde. C’est aussi une sorte de plongée inverse dans la réalité des siècles, les vies et tumultes de notre pays, ses gloires et ses hontes, la perception sensible et chaleureuse que nous sommes portés par un destin collectif et que celui-ci continuera après nous. L’histoire et la géographie, c’est donner de l’éternité à notre précarité, de la profondeur à notre légèreté, du passé à notre avenir, de l’espérance à notre pessimisme ».
Quelle nouvelle forme de schizophrénie fait débattre en même temps de l’identité nationale et de la suppression de l’histoire et de la géographie en terminale S ?
Pour Philppe Bilger « le débat sur l’immigration et l’identité nationale n’a rigoureusement aucun sens si on le relie à cette histoire et géographie optionnelles en terminale S. Il ajoute que le salmigondis historico-culturel dont Henri Guaino a parfumé certains discours du président de la République, la journée consacrée à la lettre de Guy Môquet sont totalement déconnectés par rapport à ce désinvestissement éducatif. On est en droit d’exiger d’un Etat que le chemin qu’il trace …soit limpide et lisible »
Or la politique menée par le président de la République et ses conseillers est tout sauf lisible.
Pour Dominique de Villepin, le débat sur l’identité nationale est « piégé », absurde » et « autoritaire ». Il s’interroge sur l’opportunité de celui-ci « à un moment où les peurs sont aiguisées »par la crise. Alors que les Français attendent « des réponses à la crise », il dénonce « une tentation récurrente du pouvoir actuel que de donner la primauté à l’émotion, au spectacle, sur la réalité de la politique ».
Et il pose la question préalable à tout débat sur l’identité nationale : qu’est-ce que l’intérêt général ? »
vendredi, 27 novembre 2009
Que devient Dominique de Villepin ?
Pendant que le gouvernement « pédale dans la semoule », Dominique de Villepin parcourt la France. Il « vole de clocher en clocher »...Il effectue, à sa manière, un tour de France tout à fait remarquable .
Un jour dans la banlieue parisienne, un autre jour à l’Ecole Supérieure de Commerce de Toulouse, une autre fois dans une librairie pour l’exercice de signature de son dernier ouvrage, un « conte » philosophique. Où qu’il soit, il agrège la population. Il est à l’écoute de tous ses concitoyens, il leur laisse le temps d’exposer leurs problèmes.
Si tant est qu’elle ait jamais existé, il a aboli toute distance avec toutes les catégories de la population.
Il se montre simple, soucieux de comprendre les problèmes de ses congénères, et par ses réponses sobres, dans une langue parfaitement maîtrisée qu’il est agréable d’entendre, il donne son interprétation des faits et énonce ses propositions toutes issues de bon sens, mais qui sont le fruit d’une réflexion profonde.
Tout son discours se résume( !) dans les valeurs républicaines de la France que nous nous devons de défendre.
« La France doit être fidèle à elle-même, à son histoire, à sa vocation », et d’égrener tous les problèmes de mécontentement, ferments d’agitation sociale : l’école, l’emploi, la discrimination au quotidien, l’inégalité des chances.
Outre ce pacte républicain, dont on ne sait ce qu’il est devenu, il se préoccupe du pacte social, sans garantie pour la santé, pour les retraites…
Il parle de la France aux Français avec un enthousiasme quasi-amoureux, avec autant de brio que lorsqu’il la défend à l’autre bout du monde.
D’ailleurs, c’est le monde qu’il défend.
Ainsi lors du Sommet de la Coopération Internationale qui s’est tenue à Changchun en Chine le 1er septembre dernier.
Au cours d’un discours particulièrement brillant, il a salué le rôle majeur de la Chine à jouer dans la définition de la nouvelle économie. Il a « souligné à quel point la coopération internationale est cruciale aujourd’hui ….Devant des incertitudes et des changements d’une ampleur que nous avons rarement connus par le passé, nous devons inventer de nouvelles formes de coopération…parce qu’aucun pays n’a plus le pouvoir de décider pour tous,… parce que dans une économie globalisée, aucun pays ne peut plus tout contrôler sur son propre territoire,… parce que nous entrons dans une nouvelle période de globalisation, définie par le retour de la politique et la loi de la rareté …les Etats qui ont résisté au choc l’ont fait à travers des interventions publiques massives, des plans de relance impressionnants et des politiques industrielles volontaristes ».
Il n’a pas dit où il situait la France dans l’échelle de ces pays volontaristes…mais il commence à faire rêver les Français d’une autre politique, d’une autre vision de leur pays. « Ce qui se fait aujourd’hui ne correspond pas à ce qu’on espère pour demain ».
Qu’on le veuille ou non, Dominique de Villepin est en train de conquérir l’opinion publique parce qu’il donne aux Français l’image qu’ils attendent de leur « grand et vieux pays », parce qu’il incarne l’image d’un homme politique nouveau, très apprécié par les jeunes.
Il sait même, à l’occasion, pratiquer l’auto-dérision. Ainsi, lorsqu’à Toulouse un étudiant lui pose une question sur Clearstream, il répond que cette affaire « s’est transformée en face à face entre un ancien ministre de l’intérieur devenu président de la République et un ancien premier ministre devenu rien du tout »….
Pour Jean-Marie Rouart , dans un article de Paris-Match intitulé « Villepin, l’astre noir », la dialectique de Villepin est « d’autant plus redoutable qu’elle puise son inspiration et sa légitimité dans le gaullisme ».
J’en viens à me demander si humilier son adversaire relève d’une fine politique !
Quoi qu'il en soit, quand on aime la France et qu'on place l'Homme au coeur des préoccupations essentielles, quelle que soit son identité, il convient de soutenir et d'encourager Dominique de Villepin !
samedi, 14 novembre 2009
Bon anniversaire, Dominique!
Vous avez répondu à l’invitation de Georges Tron, député-maire de Draveil, vous en avez rencontré « les habitants et les commerçants », puis vous avez assisté à une table ronde à la maison d’un quartier classé en ZEP.
Bravo d’aller ainsi au devant des Français, et de vous enquérir de leurs préoccupations quotidiennes.
Bravo de vous déplacer pour tâter le pouls de la population et, en responsable politique appelé à des fonctions suprêmes, d’ aller rencontrer la vraie France, celle qui s’interroge sur le problème des emplois, sur celui de ses enfants, sur la nécessaire tolérance qui honore notre Nation, celle du bien vivre ensemble.
Vous avez bien compris combien les gens étaient sensibles au fait que les personnalités qu’ils voyaient à la télé se déplacent pour les rencontrer et surtout les écouter. Sensibles au fait que ces derniers prennent le temps de les entendre leur exposer leurs difficultés.
N’importe quel médecin à l’écoute de son patient reconnaît qu’une attention sincère à ses problèmes résout une partie de ceux-ci, fussent-ils les plus organiques.
Notre classe politique vit en dehors des considérations quotidiennes de nos concitoyens.
Monsieur le Premier ministre, vous avez commencé votre écoute de terrain dans le 91.
L’opinion publique vous espère dans tous les départements de France…
On vous apostrophera.
On vous tutoiera.
On vous appellera par votre prénom, en faisant litière de tout cérémonial.
On vous offrira même un gâteau pour votre anniversaire.
Permettez que je me joigne aux enfants de Draveil et que je vous dise simplement :
Bon anniversaire, Dominique.
22:39 Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : dominique de villepin, georges tron, draveil, 91
dimanche, 01 novembre 2009
"Qui sème la division récolte le socialisme"...
Voilà une belle sentence dont Jean-Pierre Raffarin a le secret. Il parlait de la réunion de Dominique de Villepin à la Maison de l’Amérique latine de mardi dernier.
Quatre jours se sont écoulés, et qu’apprend-on aujourd’hui ? Que le même Jean-Pierre Raffarin, accompagné de 23 autres sénateurs, ne votera pas la réforme de la taxe professionnelle.
Si je salue le courage qu’il montre ainsi en affirmant ses convictions, et qu’au demeurant cette prise de position me semble la seule légitime, je m’étonne qu'il divise lui-même et de belle façon, mais sans craindre de...« récolter le socialisme »….
Y aurait-il donc une bonne et une mauvaise division ? des valeurs plus importantes les unes que les autres ? Et surtout, s’il paraît difficile aujourd’hui de définir le socialisme, il n’est pas plus aisé de borner l’idéologie de la droite, sinon de l’UMP…
Les représentants de la Haute assemblée veulent promouvoir la « sagesse réformatrice », selon le JDD (je cite mes sources : je ne voudrais pas faire de plagiat à l’instar de ce pauvre Dominique Paillé qui vient de dire : « Toute division de l’UMP aura pour conséquence l’avènement du socialisme »…).
Jean-Pierre Raffarin a la décentralisation chevillée au corps, et à mon avis, on ne pourra jamais lui reprocher de vouloir lui donner un ancrage plus profond.
Il souhaite la réforme des collectivités territoriales qui lui apparaît « stratégique et moderne ». « Les décentralisateurs sont dans le camp des réformateurs » et, dit-il : « la recherche de plus de compétitivité pour les entreprises françaises nous conduit à souhaiter une réforme de la taxe professionnelle. …. Si le volet « allègement fiscal » pour les entreprises ne nous pose aucun problème et peut donc être voté rapidement, en revanche le travail relatif au volet territorial de la réforme n’est pas achevé ……
Il nous apparaît peu rationnel de mener la réforme des finances avant celle des compétences. Le principe de réalité nous conduit à penser qu’il est nécessaire de voter d’abord la réforme des collectivités territoriales, puis la réforme de la taxe professionnelle….
Définissons les compétences de chaque échelon territorial puis, sereinement, logiquement et équitablement, répartissons les recettes fiscales en fonction des missions des différents échelons ».
Voilà qui semble frappé au coin du bon sens.
Hélas, quoi qu’on eût dit Descartes, le bon sens n’est pas la chose du monde la mieux partagée, au moins par le président de la République qui s’entête, de façon pathétique, à mettre en place la réforme de cette taxe professionnelle, sans en connaître les impacts territoriaux et leurs conséquences.
Il veut mettre la charrue avant les bœufs, une gageure pour qui connaît si bien le milieu agricole !
Il pourra nous répéter pour la troisième fois « je ne suis pas venu là pour vous tenir un discours que vous avez déjà entendu » …
Le président n’y connaît rien en agriculture, et pas plus en réforme territoriale. Qu’il laisse les experts s’exprimer, et les sénateurs exercer leur rôle de sages de la Nation.
En revanche, que ces mêmes sénateurs puissent penser que la division qu’ils sèment dans leur « pré » carré, et qu’ils trouvent légitime, ressortit du même droit que celle qui anime Dominique de Villepin !
Ce n’est pas diviser que de savoir dire non.
Ce n’est pas diviser que d’appeler à une alternative destinée au contraire à rassembler tous les gens de bonne volonté qui n’ont qu’un souhait : la grandeur de la France.
samedi, 03 octobre 2009
Clearstream: acte II
« Finalement, le spectacle a fait pschitt » écrit Jean-Marie Pontaut dans l’Express. « L’audition de Dominique de Villepin, annoncée comme le moment fort du procès, d’où devait jaillir la vérité sur les manipulations politiques de l’affaire n’a pas tenu ses promesses. L’ancien premier ministre n’a en réalité jamais été mis en difficulté ni pris en défaut de mensonge ».
La vérité ? Quelle vérité ?
Pour les zélateurs d’une des parties civiles, de La partie civile, la vérité ne se conçoit pas sans la culpabilité de Dominique de Villepin. On se demande même pourquoi se tient un tel procès puisque leur vérité est avérée, le croient-ils ou font-ils semblant de le croire.
Car la condamnation de l’ancien Premier ministre est essentielle à l’écriture de leur histoire
Pour preuve, les propos du Canard enchaîné de cette semaine : « un ministre appartenant au premier cercle sarkozyste, a une vision originale du procès Clearstream. Selon lui, l’acharnement dont fait preuve Sarko vise avant tout à éliminer définitivement Villepin de la course à la présidentielle ».
Pour eux, il faut que le prévenu trébuche, qu’il soit soumis à la question, que le gladiateur, choisi à Rome pour sa force et son courage, soit occis pour montrer à l’inverse la puissance de son adversaire et laisser à celui-ci le champ libre.
Eh bien, c’est raté, les jeux du cirque ne se déroulent pas selon le scenario annoncé.
Au bout de huit heures de confrontation avec le procureur, « aucun élément n’est venu conforter la culpabilité de Dominique de Villepin » déclare son avocat Maître Olivier Metzner. « Face à la vacuité des arguments, le parquet a répété trois fois les mêmes questions à Dominique de Villepin…. Quand on est répétitif, c’est qu’on n’a pas d’arguments».
Et, qu’on se le dise, Dominique de Villepin « se dit heureux d’apporter sa contribution à l’émergence de la vérité dans une affaire où les mensonges et les manipulations ont obscurci la vérité. Je suis certain que la sérénité des débats permettra à la justice de faire son travail dans les meilleurs conditions ».
Face au déchainement annoncé, Dominique de Villepin donne l’image de calme, de maîtrise de lui-même et de ses émotions.
Lui que ses détracteurs raillent en vantant son talent de poète, sous-entendant qu’il serait animé plus par l’émotion que par le sens des réalités, démontre au contraire son sang-froid, son pragmatisme, sa capacité à ne pas se laisser entraîner dans une logorrhée dangereuse.
Bref, il incarne dans cette épreuve toutes les qualités qu’on attend d’un homme d’Etat.
D’ailleurs, l’opinion ne s’y trompe guère, qui préfère toujours un héros blessé à un puissant adversaire.
La conclusion de cette deuxième semaine, décisive puisqu’ on allait voir ce qu’on allait voir, donne incontestablement l’avantage à Villepin.
Par ailleurs, et après avoir exploité le bénéfice de la tribune que lui octroyait cette affaire, Dominique de Villepin convainc tous les jours de plus en plus de Français soucieux de la situation de leur pays. Ses partisans se sont ainsi réunis et, en véritables précurseurs, déterminés par l’ardeur de leurs convictions, ont créé le premier réseau social politique : villepincom.net
Ses supporteurs, plus nombreux et plus efficaces qu’on ne le croit, ont réussi les premiers, avec peu de moyens mais animés par la rage de vaincre et de convaincre, à exploiter les avancées technologiques primordiales dans une campagne électorale.
Qu’on ne croie pas Dominique de Villepin isolé. Son réseau s’étoffe, se multiplie tous les jours avec un nombre extraordinaire d’ inscriptions d’internautes venant d’horizons les plus variés .
A la tête de ce réseau et du Club Villepin, se trouve Brigitte Girardin, ancienne ministre de l’Outre-Mer, moquée par Claude Askolovitch sur Europe 1 mercredi dernier, car « villepiniste et chiraquienne », comme si elle incarnait une espèce en voie de disparition.
Que ce journaliste soit rassuré. Qu’il prenne le temps de consulter les sites en question et il nuancera les questions à son invitée de moins de mépris.
Il convient d’ailleurs de remarquer que Madame Girardin, par ses propos empreints de calme, de conviction et de fidélité ont ramené l’entretien au niveau du sérieux requis.
En effet, villepinistes et chiraquiens perpétuent le gaullisme, dans la naissance du grand mouvement qui se crée autour de Dominique de Villepin.
C’est le rassemblement de citoyens responsables qui souhaitent des propositions alternatives à celles qui leur sont imposées aujourd’hui et qui mènent notre « grand et beau pays » dans un gouffre.
C’était bien l’opinion de l’actuel Premier ministre qui, bien avant que la situation ne se soit encore plus dégradée, avait annoncé que « le pays est au bord de la faillite »…
Dominique de Villepin, en grand serviteur de l’Etat réfléchit aux problèmes des Français.
Il incarne l’espérance de la France. Et tôt ou tard, il en incarnera le destin.
lundi, 21 septembre 2009
Verbatim
"Nous sommes aujourd'hui le 21 septembre.
C'est le jour anniversaire de la République française.
C'est aussi le jour dédié par les Nations unies pour la paix dans le monde.
J'espère que l'exigence de justice sera au rendez-vous.
Je suis ici par la volonté d'un homme, je suis ici par l'acharnement d'un homme, Nicolas Sarkozy, qui est aussi président de la République française.
J'en sortirai libre et blanchi au nom du peuple français.
Certains voudraient croire qu'il n'y a pas dans notre pays de procès politique, je veux le croire aussi et pourtant nous sommes ici en 2009 et nous sommes en France.
Je veux redire que mon combat n'est pas un combat personnel, c'est le combat de toutes celles et tous ceux qui se battent contre l'injustice, c'est le combat de toutes celles et tous ceux qui sont victimes de l'abus de pouvoir.
La justice est un bien précieux mais c'est aussi un bien fragile qui demande l'engagement de tous.
Je sais que la vérité triomphera.
Je vous remercie"
Dominique de Villepin
mercredi, 21 janvier 2009
Le porteur de mauvaises nouvelles aura la tête tranchée...
C’est ainsi que Dominique de Villepin termine son entretien avec Jean-Jacques Bourdin ce matin sur RMC.
Il dit ne plus rien craindre….
Il s’exprime cependant sur les ondes en « prenant des risques, politiques, personnels ou professionnels », mais il sait « la France au bord du précipice » et il veut en avertir les Français et la classe politique.
Il juge la position de la France dans l’Europe et dans le monde. « Son expérience historique » lui fait dire que « notre stratégie économique doit être solidaire », menée avec « plus de réflexion, plus d’intelligence, plus de compréhension ».
« La France est un pays éruptif ».
« Il y a d’un côté un gouvernement et un président qui multiplient les réformes, et de l’autre côté, un pays qui ne comprend pas où on veut l’emmener et qui s’interroge sur le bienfondé de la politique menée ».
Il prône le rassemblement national, l’adhésion plus que la division des Français et loin de vouloir éliminer l’adversaire, réclame pour le pays une opposition et des voix discordantes qui nourrissent le débat.
Deux objectifs l’habitent : l’innovation et l’emploi (obsession qui lui a coûté cher mais qui avait mené la France au plus bas taux de chômage depuis 30 ans !), avec l’aide aux plus fragiles.
« La France peut couler comme le Titanic ».
Nous devrions saluer son courage pour mettre en garde la classe politique et prévenir les effets de la crise qu’il « pense devant nous ».
Cet homme a évité à la France sa participation au bourbier irakien. Son intelligence, la finesse de son analyse et son métier de diplomate en ont fait un grand ministre des Affaires étrangères. Il faut dire que pendant son mandat, il a su maintenir le cap de la politique étrangère de la France voulue par le Président de la République, Jacques Chirac.
Et pourtant, il fut incompris par « ceux qui ne croient qu’à la force et aux formes sempiternelles de la politique de puissance » (Stanley Hoffmann).
Comme Barack Obama, il veut éviter le choc des civilisations et croit à la nécessité du dialogue des cultures. « Un monde sans diversité s’apparente à la mort ».
Pour obtenir un monde plus sûr, il prône un monde en paix, et veut substituer au concept de force le concept de justice.
Le même Stanley Hoffmann qui enseigne notamment l’histoire intellectuelle et politique française à Harvard, termine la préface d’ « Un autre monde », en disant de lui « cet idéaliste lucide est un vrai révolutionnaire ».
Quel dommage que Dominique de Villepin soit convaincu que « l’heure n’est pas à la politique politicienne »…..
23:07 Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : dominique de villepin, jj bourdin, rms, un autre monde, stanley hoffmann, jacques chirac
vendredi, 21 novembre 2008
M.Sarkozy ignore la séparation des pouvoirs politique et judiciaire....
Le Quotidien du Médecin du 21 novembre 2008 (Richard Liscia):
"L’ancien Premier ministre (Dominique de Villepin) est ... fondé à dire que le président de la République mélange les genres et ignore la séparation des pouvoirs judiciaire et politique. Sa démarche récente, qui a consisté à prolonger par décret les fonctions de M. Pons pour qu’il eût le temps de signer le renvoi, est insoutenable.
Les juristes font toutefois remarquer que le renvoi n’avait pas besoin de deux signatures, que celle de M. d’Huy suffisait. Même si c’est vrai, l’ingérence, fût-elle bénigne, du chef de l’Etat dans une affaire qui, de surcroît, le concerne au premier chef, témoigne à la fois de son mépris pour l’indépendance de la justice et de son mépris pour le qu’en-dira-t-on.
On peut comprendre une bouffée de haine, on ne comprend pas qu’elle dure si longtemps et qu’elle occupe l’emploi du temps d’un président infiniment occupé.
Chassez le naturel…M. Sarkozy est donc aveuglé par ses soupçons, comme M. de Villepin semble avoir été aveuglé par son hostilité à M.Sarkozy et par sa fidélité à M.Chirac.
Que ce trio suprême de la droite se déchire au sujet d’un complot de spadassin ignare ne grandit pas la classe politique.
C’est pire que les déchirements du Parti socialiste qui portent quand même sur des sujets idéologiques.
Comme on a pu le voir en diverses circonstances, il y a bel et bien chez M.Sarkozy un naturel qu’il ne parvient pas à chasser et qui revient à un galop irrésistible.
Il semble prêt, en l’occurrence, à sacrifier la dignité de la majorité et celle de sa fonction à une vengeance qui ne lui rapportera rien, sinon, peut-être, la déchéance d’un homme par ailleurs tout à fait respectable.
On nous dira que la justice n’a fait que son métier, que le procès est donc inévitable et que le droit doit s’imposer quelles qu’en soit les conséquences.
On ne nous fera pas croire pour autant que le président n’était pas en mesure d’arrêter l’effroyable machine qu’il a lui-même déclenchée quand il a porté plainte.
Et on regrette qu’il n’ait pas cherché à échapper à un autre soupçon, celui de n’être motivé que par une rancune inexpiable."
Tout est dit ...
21:41 Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : dominique de villepin, ddv, clearstream, jean-pierre grand, ump, ps, quotidien du médecin
dimanche, 12 octobre 2008
Un homme d'Etat dans une belle émission
J’avais déjà dit à Serge Moati combien j’appréciais sa façon de conduire son émission « Ripostes », lors d’une rencontre dans les locaux de l’UMP, lui invité par le Secrétaire général de l’époque, un certain Alain Juppé qui animait les « Jeudis matin de l’UMP », et moi, militante de base et occupant, avant des déménagements impromptus, un bureau du 2ème étage du 55 rue de la Boétie, en tant que présidente de Femme Avenir, mouvement associé à la même UMP pour un durée de trois ans.
Les femmes gaullistes reconnaissaient dans l’empathie du présentateur une « méthode de dénuder les choses » et les évènements qui permettaient de les comprendre.
Autant dire que lorsque j’ai été invitée ce soir à la 342è émission qui avait pour invité Dominique de Villepin, je n’ai pas boudé mon plaisir, et je me suis rendue ventre à terre au Studio Gabriel.
J’ai entendu l’ancien premier Ministre, qui avait osé une politique qui allait dans le bon sens quant à la diminution du chômage (2 points), à la diminution de la dette, à une politique sociale conforme à l’idéal gaulliste de mes convictions, j’ ai entendu sa colère d’être poursuivi en correctionnelle pour un chef d’accusation inédit, quasiment fait sur-mesure : « complicité par abstention de dénonciation calomnieuse » dans l’affaire Clearstream.
Pour ma part, et modestement, je ne comprends pas comment il pouvait espérer un non-lieu sur cette affaire.
Les officines ne peuvent se déjuger….
Dominique de Villepin s’était déjà exprimé sur Radio J le matin.
« A la question : Est-ce qu’on peut faire pression sur le parquet ?, il a répondu : cela fait partie des choses possibles…Le parquet est sous les ordres de la chancellerie, la garde des Sceaux est nommée par le président de la République…. Ce dossier est politique, a-t-il ajouté en soulignant qu’il ne voulait faire de procès d’intention à personne ».
Dominique de Villepin se sent « libre de tout engagement », très déterminé à défendre ses convictions, au nom de l’intérêt de la France.
Il a dit qu’il demeurait un homme politique, que rien, ni personne, ne viendrait le détourner de son chemin, et qu’il défendrait la démocratie, valeur bien fragile dans notre société.
Bravo Dominique.
A bientôt.
23:52 Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : dominique de villepin, jean-pierre grand, ump, femme avenir
mercredi, 08 octobre 2008
Selon que vous serez puissant ou misérable,
....les jugements de cour vous rendront blanc ou noir.
La Fontaine avait raison. Rien n’a changé au Royaume de France :
Du côté du pouvoir est la toute-puissance,
En dehors du pouvoir, point de salut, noircissons donc à l’envi ceux qu’on veut l’en écarter.
Ainsi en est-il de Dominique de Villepin.
Le scénario semble tellement bien ficelé qu’on eût pu l’écrire à l’avance. Pour ma part, j’étais sure qu’il ne bénéficierait pas d’un non-lieu.
Mais, ce qui intrigue le plus, ce sont les atermoiements.
Pire, les contradictions :
le procureur n’avait pas trouvé suffisantes les charges contre l’ancien premier ministre il y a quelques semaines.
Hier, surprise, sous l’effet de quelle révélation (on peut s’interroger…), virage à 180° : le renvoi en correctionnelle est requis pour « complicité de dénonciation calomnieuse ».
En revanche un non-lieu partiel pour les autres délits reprochés : « complicité d’usage de faux, recel de vol et recel d’abus de confiance ». Ouf !
Cette histoire est scandaleuse.
Quel nouvel élément objectif justifie un tel retournement ?
Qu’en est-il des autres personnalités actuellement aux responsabilités, auxquelles on pouvait reprocher les mêmes charges, si tant est qu’elles existent ?
Mais pouvait-il en être autrement ?
Un non-lieu aurait désavoué les parties civiles de cette sombre histoire.
On ne saurait imaginer, en démocratie, que les motivations d’une procédure judiciaire aient des fondements politiques.
Quoiqu’il en soit, et c’est certainement le but de la manœuvre, l‘honneur de Dominique de Villepin restera sali (calomniez, il en restera toujours quelque chose),
Belle justice ! Belle démocratie !
14:18 Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : dominique de villepin, ddv, clearstream, jean-pierre grand




