mardi, 08 décembre 2009
Dominique de Villepin et Philippe Bilger, même combat
Quel virus a subitement frappé le ministre de l’Education ?
Quelle réelle motivation le pousse à rendre optionnelles l’histoire et la géographie pour les classes de terminale S ?
« L’idée même de rendre optionnel ce qui, pour la plupart des esprits de culture et de bonne foi, relève du fondamental –quelle que soit la voie choisie- semble surgie de manière erratique, d’élucubrations plus désireuses de provoquer que de pacifier » (Philippe Bilger-blog)
Les explications alambiquées démontrent que les élèves qui opteront pour les sciences auront bénéficié d’un enseignement plus intense en 1ère (4 heures au lieu de 5, 2 heures 30 en 1ère et 2 heures 30 en terminale), et donc ne perdront qu’une heure par semaine d’histoire et géographie.
Une heure d’enseignement en moins, c’est beaucoup de postes de professeurs en moins.
Je ne peux pas croire qu’on sacrifie ainsi l’éducation de nos enfants sur le temple des économies ou de la fameuse RGPP…
Dominique de Villepin, ce matin sur France-Info s’est dit "déterminé à mener un combat pour l’histoire et la géographie".
« Comment comprendre les enjeux de Copenhague, le dossier iranien ou le conflit israelo-palestinien, si on n’a pas la mémoire des peuples ?
Comment façonner un citoyen, s’il n’a pas la distance que procure la réflexion sur l’histoire, s’il n’a pas la maîtrise du temps et de l’espace ?
L’histoire, c’est la compréhension du monde. C’est aussi une sorte de plongée inverse dans la réalité des siècles, les vies et tumultes de notre pays, ses gloires et ses hontes, la perception sensible et chaleureuse que nous sommes portés par un destin collectif et que celui-ci continuera après nous. L’histoire et la géographie, c’est donner de l’éternité à notre précarité, de la profondeur à notre légèreté, du passé à notre avenir, de l’espérance à notre pessimisme ».
Quelle nouvelle forme de schizophrénie fait débattre en même temps de l’identité nationale et de la suppression de l’histoire et de la géographie en terminale S ?
Pour Philppe Bilger « le débat sur l’immigration et l’identité nationale n’a rigoureusement aucun sens si on le relie à cette histoire et géographie optionnelles en terminale S. Il ajoute que le salmigondis historico-culturel dont Henri Guaino a parfumé certains discours du président de la République, la journée consacrée à la lettre de Guy Môquet sont totalement déconnectés par rapport à ce désinvestissement éducatif. On est en droit d’exiger d’un Etat que le chemin qu’il trace …soit limpide et lisible »
Or la politique menée par le président de la République et ses conseillers est tout sauf lisible.
Pour Dominique de Villepin, le débat sur l’identité nationale est « piégé », absurde » et « autoritaire ». Il s’interroge sur l’opportunité de celui-ci « à un moment où les peurs sont aiguisées »par la crise. Alors que les Français attendent « des réponses à la crise », il dénonce « une tentation récurrente du pouvoir actuel que de donner la primauté à l’émotion, au spectacle, sur la réalité de la politique ».
Et il pose la question préalable à tout débat sur l’identité nationale : qu’est-ce que l’intérêt général ? »
mardi, 03 novembre 2009
Un gouvernement schizophrène.
D’un côté, Eric Besson, dans sa lettre aux préfets, observe que « le débat sur l’identité nationale répond aussi aux préoccupations soulevées par la résurgence de certains communautarismes dont l’affaire de la burqa est l’une des illustrations ».
Nicolas Sarkozy a bien dit à Versailles que « la burqa n’était pas la bienvenue en France ». Elle témoigne de la montée de l’intégrisme islamique. Considéré comme portant atteinte à la laïcité, son port doit être interdit dans les endroits publics et tout doit être fait pour éduquer les jeunes filles des quartiers pour les soustraire à l’autorité masculine paternelle ou maritale qui leur impose cette pratique.
Pour se reconnaître français, il faut donc éradiquer les pratiques communautaristes, ce qui vise essentiellement l'islamisme et respecter le principe républicain de la laïcité.
De l’autre côté, la ministre de l’Economie, Christine Lagarde, a annoncé aujourd’hui, lors d’une conférence sur la finance islamique organisée à Bercy, sa détermination à attirer les investissements venus du Golfe persique et permettre l’émission de « sukuks », obligations conformes à la loi islamique.
« Fondée sur la charia, loi islamique, la finance islamique interdit le recours aux intérêts, la spéculation et les investissements considérés comme impurs (jeu, alcool, armement, tabac…) ».
Le parlement avait donc, dans le cadre de la loi sur les PME, adopté un amendement proposé par le sénateur UMP Philippe Marini, afin de faciliter ces investissements venus des émirats et changer la loi modifiant le régime de la « fiducie » pour que l’on puisse émettre ces obligations « islamiquement correctes » : les fameux sukuks.
Le Conseil constitutionnel avait censuré cet article « au motif qu’il n’avait pas de lien avec l’objet du texte ».
Eh bien, la ministre a annoncé que cette disposition serait réintroduite « dans un nouveau véhicule législatif plus approprié, qui évitera la censure du Conseil constitutionnel ».
C’est ce qui s’appelle ne manquer ni d’audace, ni de mépris pour les institutions françaises.
C’est aussi bafouer la laïcité, principe intangible de la République.
L’Etat a donc deux discours contradictoires: l’un pour la finance, l’autre pour les jeunes filles de quartier…
C’est la crainte d’Eric Raoult, député de Seine-Saint-Denis et rapporteur de la mission burqa.
Doit-on durcir les lois pour les rendre intransigeantes vis-à-vis de l’islam ?
Doit-on modifier le droit français pour le rendre « charia compatible » ?
Le gouvernement devient de plus en plus schizophrène.
Il faut ratisser large et après l’ouverture à gauche, revenir sur les terres du Front national. Eric Besson excelle dans cette fonction qu’il incarne à la perfection, sous l’œil un peu pervers de son nouveau maître.
Par ailleurs, la France bling-bling est exsangue et a besoin d’argent. On nous invite à fermer les yeux sur les sources de financement, pourvu que les caisses se remplissent.
C’est ce qui s’appelle un grave manquement à la morale.
Conclusion : intolérance, perte des valeurs et atteinte au principe républicain de la laïcité.
Pauvre France !
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