samedi, 19 septembre 2009
L'image d'un grand homme.
Le Monde du 18 septembre consacre, sous la plume de Raphaëlle Bacqué, toute une page à Jacques Chirac, sous le titre « Chirac et l’homme qui voulut le tuer ».
« Le 14 juillet 2002, Maxime Brunerie tirait sur le président de la République……
Depuis sept ans Maxime Brunerie est son souci secret Son énigme aussi….L’ancien chef de l’Etat s’est longtemps interrogé sur les motivations de ce grand garçon mince et dégingandé qui, à 25 ans, avait voulu mourir en entrant dans l’Histoire».
A l’occasion de la libération de son agresseur, le 3 août dernier, on apprend ainsi que Jacques Chirac a suivi l’évolution de ce jeune homme en détention, sa reconstruction, l’accompagnement psychothérapeutique qui l’a conduit à reprendre ses études et à passer avec succès un nouveau BTS.
On apprend aussi qu’il avait accepté de recevoir la maman, et comme le dit un autre journaliste, « alors qu’il aurait pu charger son agresseur, profiter de ce sinistre fait divers pour asseoir sa popularité ou faire un coup politique, Jacques Chirac a préféré jouer la carte de la compassion discrète et de la compréhension. La preuve d’ une belle âme » …
Il y a du Jean-Paul II dans cette attitude. Ce Pape qui avait rendu visite à son assassin emprisonné pour un attentat perpétré deux ans plus tôt sur sa personne.
Pas étonnant que Jacques Chirac améliore encore sa cote de 3 points dans « le classement des personnalités politiques » que fait paraître le numéro de Paris Match de cette semaine !
Il y recueille 76 % de bonnes opinions. Le journal ne s’attarde pourtant à aucun commentaire….
Il semblerait qu’il garde une certaine distance devant tous ces évènements, tentative d’attentat, forte popularité…qu'il reste imperturbable en toute circonstance...
Il est vrai que, pour ma part, je l’ai vu inaugurer l’Hôpital Européen Georges Pompidou le 21 décembre 2000, au milieu de vociférations de « camarades » syndiqués, comme le raconte Louis Omnes, le directeur de l’époque, qui « montaient en épingle le mécontentement de quelques brancardiers jugés en nombre insuffisants ». L’inauguration avait été confirmée malgré la semaine de grève des personnels qui se plaignaient de dysfonctionnements, conséquence des sept années de construction jalonnées de couacs, malfaçons puis d’une ouverture prématurée …
Le président de la République avait maintenu sa visite, s’était fait présenter l’hôpital, avait supporté sans broncher le chahut, prononcé l’allocution prévue tandis que les cris se taisaient et que Claude Pompidou restait digne et impavide…
Voilà l’image rassurante d’un grand homme.
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