vendredi, 21 novembre 2008
M.Sarkozy ignore la séparation des pouvoirs politique et judiciaire....
Le Quotidien du Médecin du 21 novembre 2008 (Richard Liscia):
"L’ancien Premier ministre (Dominique de Villepin) est ... fondé à dire que le président de la République mélange les genres et ignore la séparation des pouvoirs judiciaire et politique. Sa démarche récente, qui a consisté à prolonger par décret les fonctions de M. Pons pour qu’il eût le temps de signer le renvoi, est insoutenable.
Les juristes font toutefois remarquer que le renvoi n’avait pas besoin de deux signatures, que celle de M. d’Huy suffisait. Même si c’est vrai, l’ingérence, fût-elle bénigne, du chef de l’Etat dans une affaire qui, de surcroît, le concerne au premier chef, témoigne à la fois de son mépris pour l’indépendance de la justice et de son mépris pour le qu’en-dira-t-on.
On peut comprendre une bouffée de haine, on ne comprend pas qu’elle dure si longtemps et qu’elle occupe l’emploi du temps d’un président infiniment occupé.
Chassez le naturel…M. Sarkozy est donc aveuglé par ses soupçons, comme M. de Villepin semble avoir été aveuglé par son hostilité à M.Sarkozy et par sa fidélité à M.Chirac.
Que ce trio suprême de la droite se déchire au sujet d’un complot de spadassin ignare ne grandit pas la classe politique.
C’est pire que les déchirements du Parti socialiste qui portent quand même sur des sujets idéologiques.
Comme on a pu le voir en diverses circonstances, il y a bel et bien chez M.Sarkozy un naturel qu’il ne parvient pas à chasser et qui revient à un galop irrésistible.
Il semble prêt, en l’occurrence, à sacrifier la dignité de la majorité et celle de sa fonction à une vengeance qui ne lui rapportera rien, sinon, peut-être, la déchéance d’un homme par ailleurs tout à fait respectable.
On nous dira que la justice n’a fait que son métier, que le procès est donc inévitable et que le droit doit s’imposer quelles qu’en soit les conséquences.
On ne nous fera pas croire pour autant que le président n’était pas en mesure d’arrêter l’effroyable machine qu’il a lui-même déclenchée quand il a porté plainte.
Et on regrette qu’il n’ait pas cherché à échapper à un autre soupçon, celui de n’être motivé que par une rancune inexpiable."
Tout est dit ...
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dimanche, 12 octobre 2008
Un homme d'Etat dans une belle émission
J’avais déjà dit à Serge Moati combien j’appréciais sa façon de conduire son émission « Ripostes », lors d’une rencontre dans les locaux de l’UMP, lui invité par le Secrétaire général de l’époque, un certain Alain Juppé qui animait les « Jeudis matin de l’UMP », et moi, militante de base et occupant, avant des déménagements impromptus, un bureau du 2ème étage du 55 rue de la Boétie, en tant que présidente de Femme Avenir, mouvement associé à la même UMP pour un durée de trois ans.
Les femmes gaullistes reconnaissaient dans l’empathie du présentateur une « méthode de dénuder les choses » et les évènements qui permettaient de les comprendre.
Autant dire que lorsque j’ai été invitée ce soir à la 342è émission qui avait pour invité Dominique de Villepin, je n’ai pas boudé mon plaisir, et je me suis rendue ventre à terre au Studio Gabriel.
J’ai entendu l’ancien premier Ministre, qui avait osé une politique qui allait dans le bon sens quant à la diminution du chômage (2 points), à la diminution de la dette, à une politique sociale conforme à l’idéal gaulliste de mes convictions, j’ ai entendu sa colère d’être poursuivi en correctionnelle pour un chef d’accusation inédit, quasiment fait sur-mesure : « complicité par abstention de dénonciation calomnieuse » dans l’affaire Clearstream.
Pour ma part, et modestement, je ne comprends pas comment il pouvait espérer un non-lieu sur cette affaire.
Les officines ne peuvent se déjuger….
Dominique de Villepin s’était déjà exprimé sur Radio J le matin.
« A la question : Est-ce qu’on peut faire pression sur le parquet ?, il a répondu : cela fait partie des choses possibles…Le parquet est sous les ordres de la chancellerie, la garde des Sceaux est nommée par le président de la République…. Ce dossier est politique, a-t-il ajouté en soulignant qu’il ne voulait faire de procès d’intention à personne ».
Dominique de Villepin se sent « libre de tout engagement », très déterminé à défendre ses convictions, au nom de l’intérêt de la France.
Il a dit qu’il demeurait un homme politique, que rien, ni personne, ne viendrait le détourner de son chemin, et qu’il défendrait la démocratie, valeur bien fragile dans notre société.
Bravo Dominique.
A bientôt.
23:52 Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : dominique de villepin, jean-pierre grand, ump, femme avenir
mercredi, 08 octobre 2008
Selon que vous serez puissant ou misérable,
....les jugements de cour vous rendront blanc ou noir.
La Fontaine avait raison. Rien n’a changé au Royaume de France :
Du côté du pouvoir est la toute-puissance,
En dehors du pouvoir, point de salut, noircissons donc à l’envi ceux qu’on veut l’en écarter.
Ainsi en est-il de Dominique de Villepin.
Le scénario semble tellement bien ficelé qu’on eût pu l’écrire à l’avance. Pour ma part, j’étais sure qu’il ne bénéficierait pas d’un non-lieu.
Mais, ce qui intrigue le plus, ce sont les atermoiements.
Pire, les contradictions :
le procureur n’avait pas trouvé suffisantes les charges contre l’ancien premier ministre il y a quelques semaines.
Hier, surprise, sous l’effet de quelle révélation (on peut s’interroger…), virage à 180° : le renvoi en correctionnelle est requis pour « complicité de dénonciation calomnieuse ».
En revanche un non-lieu partiel pour les autres délits reprochés : « complicité d’usage de faux, recel de vol et recel d’abus de confiance ». Ouf !
Cette histoire est scandaleuse.
Quel nouvel élément objectif justifie un tel retournement ?
Qu’en est-il des autres personnalités actuellement aux responsabilités, auxquelles on pouvait reprocher les mêmes charges, si tant est qu’elles existent ?
Mais pouvait-il en être autrement ?
Un non-lieu aurait désavoué les parties civiles de cette sombre histoire.
On ne saurait imaginer, en démocratie, que les motivations d’une procédure judiciaire aient des fondements politiques.
Quoiqu’il en soit, et c’est certainement le but de la manœuvre, l‘honneur de Dominique de Villepin restera sali (calomniez, il en restera toujours quelque chose),
Belle justice ! Belle démocratie !
14:18 Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : dominique de villepin, ddv, clearstream, jean-pierre grand




