lundi, 30 juin 2008
Un homme exceptionnel, une famille remarquable, une émission de qualité rare
Un moment rare, celui que nous a donné cette belle chaîne publique, France 2, pour relater « Un jour, un destin : Chirac intime ».
D’abord, je trouvais audacieux de vouloir résumer en 120 minutes les ressorts profonds d’un homme qui m’a semblé toujours en retrait de toute exposition publique et médiatique. Ce qui ne constitue que le corolaire d’une éthique et d’une éducation qui faisaient prévaloir la dignité et l’absolue obligation de ne pas afficher ses problèmes personnels. (Vais-je m’affranchir de cette obligation en disant que cette ligne de conduite est modestement celle que j’ai adoptée tout au long de ma vie?)
Je trouve que la famille Chirac, éprouvée, a montré une solidarité qui ne peut que forcer l’admiration des Français.
Toute cellule familiale subit des bonheurs et des malheurs, et ma conviction très profonde est que tout doit se résumer au carnet du jour du Figaro et/ ou du Monde. Point barre.
Un homme politique qui parvient à la fonction suprême s’extrait de toutes ses contingences privées, sinon la France peut se faire du souci !
L’attitude de Jacques Chirac, lors des tournants de sa carrière, qui sont ceux que les Français lui ont imposés, bons ou moins bons, est celle qui devrait faire l’admiration des écoliers des années à venir : s’obliger au calme, à l’impavidité, au respect de tous. Et peut-être montrer, comme lors de la passation des pouvoirs, le 16 mai 2007, que son objectif premier n’était pas celui des photographes, comme le lui indiquait d’un index qui deviendra célèbre, celui de son successeur, mais celui de se montrer digne.
Jacques Chirac a tourné la page, comme le dit un intervenant. Bien sûr, mais qui ne la tourne pas ? et parfois plus vite que Jacques Chirac !
De mauvais esprits glosent qu’il lui a fallu trois élections pour se faire élire. Il est vrai qu’en face de lui se présentaient de vrais ténors d’opposition. Plus tard, ce fut plus facile ..« à vaincre sans péril, on triomphe sans gloire »…
Certes, en 1995, il affrontait son ami de trente ans…ami qui d’ailleurs m’a donné des leçons d’union et de solidarité et m’a reproché de « n’avoir jamais fait le bon choix » ! (sic. Marché de Grenelle), sauf qu’en 2001, soutenant René Galy-Dejean, j’avais déjà montré ma détermination à ne pas souffrir la pensée unique…
Je ne veux pas m’égarer (j’aurai l’occasion de relater mes observations dans un avenir proche).
Pourquoi, comme la majorité actuelle des Français, j’aime Jacques Chirac ?
Parce qu’il me représente, parce qu’il incarne la bonne éducation que mes parents m’ont donnée, celle que je veux transmettre à ma descendance : faire front, rester impassible devant les évènements, ne pas étaler sur la place publique mes soucis et mes satisfactions (notamment lorsque je pressens celles-ci transitoires)… Ainsi, je préfère ne pas voir célébrer lors d’un 14 juillet la beauté d’une première dame de France qui ne sera qu’éphémère ( je parle de la beauté!).
Enfin, ce que j’appréciais chez Jacques Chirac en représentation à l’étranger, c’était sa tenue dans les salons officiels. Je ne l’ai jamais vu croiser les jambes en mettant le pied sur le genou opposé. Ces réflexions paraitront vénielles à certains thuriféraires. Il n’empêche que rares sont les présidents à exposer leurs chaussettes de cette façon!
La dimension d’un homme politique se mesure à l’image qu’il donne, à la transmission de ses valeurs, à l’empreinte qu’il laissera à la postérité. Et là, je n’en vois pas beaucoup à pouvoir rivaliser avec Jacques Chirac. Outre la politique étrangère qu'il a donnée à la France, et où il a fait un sans faute (sur 12 ans, ce n'est pas si mal), il laissera une trace indélébile dans l’histoire de la France et dans celle du monde par sa considération de de tout un chacun, par sa réelle empathie, par le respect du dialogue des cultures et par son souci de favoriser touts les civilisations à vivre ensemble en paix.
Merci Monsieur le Président.
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