dimanche, 01 novembre 2009

"Qui sème la division récolte le socialisme"...

Voilà une belle sentence dont Jean-Pierre Raffarin a le secret. Il parlait de la réunion de Dominique de Villepin à la Maison de l’Amérique latine de mardi dernier.

Quatre jours se sont écoulés, et qu’apprend-on aujourd’hui ? Que le même Jean-Pierre Raffarin, accompagné de 23 autres sénateurs, ne votera pas la réforme de la taxe professionnelle.

Si je salue le courage qu’il montre ainsi en affirmant ses convictions, et qu’au demeurant cette prise de position me semble la seule légitime, je m’étonne qu'il divise lui-même et de belle façon, mais  sans craindre de...« récolter le socialisme »….

Y aurait-il donc une bonne et une mauvaise division ? des valeurs plus importantes les unes que les autres ? Et surtout, s’il paraît difficile aujourd’hui de définir le socialisme, il n’est pas plus aisé de borner l’idéologie de la droite, sinon de l’UMP…

 

Les représentants de la Haute assemblée  veulent promouvoir la « sagesse réformatrice », selon le JDD (je cite mes sources : je ne voudrais pas faire de plagiat à l’instar de ce pauvre Dominique Paillé qui vient de dire : « Toute division de l’UMP aura pour conséquence l’avènement du socialisme »…).

Jean-Pierre Raffarin a la décentralisation chevillée au corps, et à mon avis, on ne pourra jamais lui reprocher de vouloir  lui donner un ancrage plus profond.

 

Il souhaite la réforme des collectivités territoriales qui lui apparaît « stratégique et moderne ». « Les décentralisateurs sont dans le camp des réformateurs » et, dit-il : « la recherche de plus de compétitivité pour les entreprises françaises nous conduit à souhaiter une réforme de la taxe professionnelle. …. Si le volet « allègement fiscal » pour les entreprises ne nous pose aucun problème et peut donc être voté rapidement, en revanche le travail relatif au volet territorial de la réforme n’est pas achevé ……

Il nous apparaît peu rationnel de mener la réforme des finances avant celle des compétences. Le principe de réalité nous conduit à penser qu’il est nécessaire de voter d’abord la réforme des collectivités territoriales, puis la réforme de la taxe professionnelle….

Définissons les compétences de chaque échelon territorial puis, sereinement, logiquement et équitablement, répartissons les recettes fiscales en fonction des missions des différents échelons ».

 

Voilà qui semble frappé au coin du bon sens.

 

Hélas, quoi qu’on eût dit Descartes, le bon sens n’est pas la chose du monde la mieux partagée, au moins par le président de la République qui s’entête, de façon pathétique, à mettre en place la réforme de cette taxe professionnelle, sans en connaître les impacts territoriaux et leurs conséquences.

 

Il veut mettre la charrue avant les bœufs, une gageure pour qui connaît si bien le milieu agricole !

Il pourra nous répéter pour la troisième fois  « je ne suis pas venu là pour vous tenir un discours que vous avez déjà entendu » …

Le président n’y connaît rien en agriculture, et pas plus en réforme territoriale. Qu’il laisse les experts s’exprimer, et les sénateurs exercer leur rôle de sages de la Nation.

 

En revanche, que ces mêmes sénateurs puissent penser que la division qu’ils sèment dans leur « pré » carré, et qu’ils trouvent légitime, ressortit du même droit que celle qui anime Dominique de Villepin ! 

Ce n’est pas diviser que de savoir dire non.

Ce n’est pas diviser que d’appeler à une alternative destinée au contraire à rassembler tous les gens de bonne volonté qui n’ont qu’un souhait : la grandeur de la France.

samedi, 03 octobre 2009

Clearstream: acte II

« Finalement, le spectacle a fait pschitt » écrit Jean-Marie Pontaut dans l’Express. «  L’audition de Dominique de Villepin, annoncée comme le moment fort du procès, d’où devait jaillir la vérité sur les manipulations politiques de l’affaire n’a pas tenu ses promesses. L’ancien premier ministre n’a en réalité jamais été mis en difficulté ni pris en défaut de mensonge ».

 

La vérité ? Quelle vérité ?

Pour les zélateurs d’une des parties civiles, de La  partie civile, la vérité ne se conçoit pas sans la culpabilité de Dominique de Villepin. On se demande même pourquoi se tient un tel procès puisque leur vérité est avérée, le croient-ils ou font-ils semblant de le croire.

 

Car la condamnation de l’ancien Premier ministre est essentielle à l’écriture de leur histoire

Pour preuve, les propos du Canard enchaîné de cette semaine : « un ministre appartenant au premier cercle sarkozyste, a une vision originale du procès Clearstream. Selon lui, l’acharnement dont fait preuve Sarko vise avant tout à éliminer définitivement Villepin de la course à la présidentielle ».

 

Pour eux, il faut que le prévenu trébuche, qu’il soit soumis à la question, que le gladiateur, choisi à Rome pour sa force et son courage, soit occis pour montrer à l’inverse la puissance de son adversaire et laisser à celui-ci le champ libre.

 

Eh bien, c’est raté, les jeux du cirque ne se déroulent pas selon le scenario annoncé.

 

Au bout de huit heures de confrontation avec le procureur, « aucun élément n’est venu conforter la culpabilité de Dominique de Villepin » déclare son avocat Maître Olivier Metzner. « Face à la vacuité des arguments, le parquet a répété trois fois les mêmes questions à Dominique de Villepin…. Quand on est répétitif, c’est qu’on n’a pas d’arguments».

  

Et, qu’on se le dise, Dominique de Villepin « se dit heureux d’apporter sa contribution à l’émergence de la vérité dans une affaire où les mensonges et les manipulations ont obscurci la vérité. Je suis certain que la sérénité des débats permettra à la justice de faire son travail dans les meilleurs conditions ».

 

Face au déchainement annoncé, Dominique de Villepin donne l’image de calme, de maîtrise de lui-même et de ses émotions.

 

Lui que ses détracteurs raillent en vantant son talent de poète, sous-entendant qu’il serait animé plus par l’émotion que par le sens des réalités, démontre au contraire son sang-froid, son pragmatisme, sa capacité à ne pas se laisser entraîner dans une logorrhée dangereuse.

Bref, il incarne dans cette épreuve toutes les qualités qu’on attend d’un homme d’Etat.

 

D’ailleurs, l’opinion ne s’y trompe guère, qui préfère toujours un héros blessé à un puissant adversaire.

La conclusion de cette deuxième semaine, décisive puisqu’ on allait voir ce qu’on allait voir,  donne incontestablement  l’avantage à Villepin.

 

Par ailleurs, et après avoir exploité le bénéfice de la tribune que lui octroyait cette affaire, Dominique de Villepin convainc tous les jours de plus en plus de Français soucieux de la situation de leur pays. Ses partisans se sont ainsi réunis et, en véritables précurseurs, déterminés par l’ardeur de leurs convictions, ont créé le premier réseau social politique : villepincom.net

Ses supporteurs, plus nombreux et plus efficaces qu’on ne le croit, ont réussi les premiers, avec peu de moyens mais animés par la rage de vaincre et de convaincre, à exploiter les avancées technologiques  primordiales dans une campagne électorale.

 

Qu’on  ne croie pas Dominique de Villepin isolé. Son réseau s’étoffe, se multiplie  tous les jours avec un nombre extraordinaire d’ inscriptions d’internautes venant d’horizons les plus variés .

 

 

A la tête de ce réseau et du Club Villepin, se trouve Brigitte Girardin, ancienne ministre de l’Outre-Mer, moquée par Claude Askolovitch sur Europe 1 mercredi dernier, car « villepiniste et chiraquienne », comme si elle incarnait une espèce en voie de disparition.

Que ce journaliste soit rassuré. Qu’il prenne le temps de consulter les sites en question et il nuancera les questions à son invitée de moins de mépris.

Il convient d’ailleurs de remarquer que Madame Girardin, par ses propos empreints de calme, de conviction et de fidélité ont ramené l’entretien au niveau du sérieux requis.

 

En effet, villepinistes et chiraquiens perpétuent le gaullisme, dans la naissance du  grand mouvement qui se crée autour de Dominique de Villepin.

 

C’est le rassemblement de citoyens responsables qui souhaitent des propositions alternatives à celles qui leur sont imposées aujourd’hui et qui mènent notre « grand et beau pays » dans un gouffre.

C’était bien l’opinion de l’actuel Premier ministre qui, bien avant que la situation ne se soit encore plus dégradée, avait annoncé que « le pays est au bord de la faillite »…

 

Dominique de Villepin, en grand serviteur de l’Etat réfléchit aux problèmes des Français.

 

Il incarne l’espérance de la France. Et tôt ou tard, il en incarnera le destin.

 

samedi, 26 septembre 2009

Un président peu au fait de ses dossiers.

Le président connaît-il ses dossiers avant de s’exprimer à la télévision ? 

Prend-il le temps d’écouter ses conseillers ? Ou bien un mot lui sert-il de moteur de recherche et il démarre…

Ainsi mercredi dernier sur la taxe carbone : « le monde va à sa perte si on continue à émettre du carbone qui crée un trou dans la couche d’ozone et qui brise les équilibres de la planète ». Il a confondu couche d’ozone et effet de serre, sûrement parce que, pour lui, si la disparition de la couche d’ozone est due à l’utilisation de chloro-fluoro-carbones, il n’y a pas de raison que ces CFC ne génère pas d’une façon ou d’une autre du dioxyde de carbone.

Ses conseillers auraient dû lui expliquer que ce carbone constitue la base de la biologie, qu’il est essentiel à la vie…

On peut déjà se faire du souci pour la conférence de Copenhague, mais c’est bien loin…

 

Quant à l’affaire Clearstream dont il suit paraît-il les moindres détails, il semble ne plus se souvenir de l’action dans laquelle il s’est engagée…

 

Ainsi, si je reprends l’excellent article de Mediapart du 24 septembre dernier  « en deux phrases, trente secondes, il va commettre quatre erreurs", article que je ne peux que retranscrire in extenso tellement il est, argumenté :

 

      1/ «J'ai déposé plainte contreX.»

FAUX. Nicolas Sarkozy, et c'est tout sauf un détail, n'a pas déposé plainte, ni contre X ni contre personne. Il s'est contenté de se constituer partie civile, le 31 janvier 2006, dans la procédure déjà ouverte. Ses conseillers lui avaient précisément déconseillé à l'époque de déposer plainte, craignant qu'une telle initiative n'apparaisse trop offensive. Et donc comme une tentative de pression sur la justice.

 

 2/ «J'ai déposé plainte contre X quand j'ai découvert avec stupéfaction que j'étais titulaire de deux comptes...»

 

FAUX. Là encore, la formulation est trompeuse. Elle laisse entendre à l'évidence que Nicolas Sarkozy a saisi la justice dès qu'il a eu connaissance que son nom figurait sur les faux listings. Et il répète à qui veut l'entendre qu'il n'a été informé que très tardivement.

 

Or, la chronologie démontre le contraire. La présence du nom de Nicolas Sarkozy sur les listings a été évoquée dans la presse, avec celles de trois autres anciens ministres (Alain Madelin, Jean-Pierre Chevènement, Dominique Strauss-Kahn), au mois de septembre 2004. Or, M. Sarkozy, contrairement aux trois autres, ne n'est constitué partie civile qu'en janvier 2006, soit près d'un an et demi après. Sans compter que de nombreux éléments laissent à penser qu'il avait été informé de la présence de son nom dès le printemps 2004.

3/ «Au bout de deux ans d'enquête, deux juges indépendants...»

FAUX. Pour le coup, il s'agit sans doute du lapsus le plus révélateur de l'intervention du chef de l'Etat. En effet, l'instruction de cette affaire n'a pas duré deux mais... quatre ans, puisque l'information judiciaire pour « dénonciation calomnieuse » confiée au juge Jean-Marie d'Huy – ensuite secondé par Henri Pons – a été ouverte par le parquet de Paris le 3 septembre 2004 et s'est achevée en 2008.

 

L'enquête s'est terminée en deux temps, les juges ayant clos une première fois leurs investigations le 22 février 2008, puis le parquet a exigé un complément d'information. Ils ont finalement clôturé le dossier le 3 juillet 2008. Nicolas Sarkozy n'a pas évoqué cette période de «deux ans» par hasard: il ne fait visiblement pas de doute dans son esprit que le « vrai » début de l'affaire correspond à son entrée dans le dossier, en 2006! De fait, l'enquête des juges avait connu une spectaculaire accélération juste après la constitution de partie civile de M. Sarkozy.

 

   4/ «Deux juges indépendants ont estimé que les coupables devaient être traduits devant le tribunal correctionnel.»

FAUX. Est-il besoin de rappeler que, dans le droit français (comme dans la plupart des pays européens), toute personne est présumée innocente jusqu'à ce que sa culpabilité ait été définitivement établie par un tribunal. Dans l'exemple Clearstream, il faut donc parler de «prévenus» puisqu'il s'agit d'un procès correctionnel – aux assises, on parlerait d'«accusés».

 

 Enfin, pour ma part,  je ne comprends pas qu’il parle de « deux juges indépendants ». Pourraient-ils ne pas l’être ?

J’avais  même cru, en d’autre temps, qu’il n’accordait aucune confiance aux juges et qu’il voulait leur disparition...Comprenne qui pourra…

A ce stade, il ne saurait s’agir de lapsus.

Le président est sûr de sa puissance, sûr qu’il peut faire pencher le fléau de la justice dans le sens qui lui est favorable.

Il est maître de la France, de l’Europe, du G20 dont il dira avoir influencé les décisions et fait partager ses convictions aux 19 autres membres.

Il n’a que faire des détails de dossiers.... On l’attend ailleurs…

Je crains que son hyperactivité ne lui permette pas d’étudier les problèmes de la France avec toute l’attention nécessaire.  Et quand on entreprend trop de chantiers, il est rare d’en mener un à son terme.

C’est bien ce que disait Rabelais : « qui trop embrasse, mal étreint »…

 

 

 

jeudi, 24 septembre 2009

Le sens des mots.

Les mots ont un sens et sont les vecteurs de notre pensée.

L’éducation nous permet de leur  apporter précision, sinon subtilité.

Enfin, l’enseignement, surtout lorsqu’il est devient supérieur, apporte à chaque profession le vocabulaire adéquat qui permet à l’homme (ou la femme !) de métier de s’exprimer avec la justesse requise.

Et il ne viendrait à personne de s’adresser à un professionnel qui ne répondrait pas à ce critère essentiel.

 

A partir de ces considérations, je m’interroge sur l’attitude qui, devant m’assurer son concours, me ferait choisir un avocat qui confond « coupable «  et « prévenu ».

A coup sûr, je fuirais cet homme de droit, fût-il le plus célèbre parce qu’exerçant la magistrature suprême de notre pays…Impair ? Pas impair ?

Quand on sait que le même, ministre de l’Intérieur, le jour de la capture d’Yvan Colonna, avait plastronné en se félicitant  que « la police avait arrêté l’assassin du préfet Erignac », on commence à être glacé de terreur devant la méconnaissance de la présomption d’innocence, essentielle à notre justice, celle rendue au nom du peuple français.

 

Le comble, hier, devant des millions de téléspectateurs, a été atteint (mais dans ce domaine, le comble  doit donner le sens de l’infini : quand on croit l’avoir atteint, on s’aperçoit que tout reste à venir !) :

 Le président de la République a annoncé, concernant l’affaire Clearstream : « Au bout de deux ans d’enquête, deux juges indépendants ont estimé que les coupables devaient être traduits devant un tribunal correctionnel ».

 

A ce stade, trois réflexions s’imposent :

 

 –ou il s’agit d’un lapsus, et comme l’a dit Dominique Bussereau, secrétaire d’Etat aux Transports : « comme n’importe qui, il a commis un lapsus » (tiens, il va bientôt devenir ministre de plein exercice, celui-là !). Le problème est que Nicolas Sarkozy n’est pas n’importe qui. Il a d’ailleurs beaucoup mouillé ses  chemises pour en arriver là.

Il est le président de la République, le magistrat suprême.

Alors, comme le propose Marie-Anne Montchamp, qu’il revienne sur ce propos malheureux, même si cette attitude n’est pas dans sa logique.

 

-ou il est la proie d’une obsession névrotique, et on ne peut manquer de s’interroger sur la sérénité qui devrait entourer sa fonction. Il y va quand même de notre existence de Français…

 

-ou il veut peser sur les conclusions des juges, ce qui serait étonnant pour celui qui se dit ne pas être "un homme qui ment … un homme qui plaisante avec les principes d’honneur et de probité ».

J’ai même la faiblesse de le croire sincère en cette mise en scène de lui-même, normale dans le contexte.

 

La catastrophe pour lui est que le président doit faire respecter le Droit, et dans cet entretien, il viole un principe constitutionnel essentiel inscrit dans le code civil.

Article 9-1 : « chacun a droit au respect de la présomption d’innocence ».

 

Pour avoir confondu en son temps coupable et prévenu, le ministre d’Etat, Michel Poniatowsky, avait failli être traduit devant la Haute Cour de Justice… pardon pour ce lapsus… je veux parler de la Cour de Justice de la République…si la Justice peut encore être exercée en toute sérénité au pays des droits de l’Homme.

lundi, 21 septembre 2009

Verbatim

"Nous sommes aujourd'hui le 21 septembre.

C'est le jour anniversaire de la République française.

C'est aussi le jour dédié par les Nations unies pour la paix dans le monde.

 

J'espère que l'exigence de justice sera au rendez-vous.

Je suis ici par la volonté d'un homme, je suis ici par l'acharnement d'un homme, Nicolas Sarkozy, qui est aussi président de la République française.

J'en sortirai libre et blanchi au nom du peuple français.

 

Certains voudraient croire qu'il n'y a pas dans notre pays de procès politique, je veux le croire aussi et pourtant nous sommes ici en 2009 et nous sommes en France.

 

Je veux redire que mon combat n'est pas un combat personnel, c'est le combat de toutes celles et tous ceux qui se battent contre l'injustice, c'est le combat de toutes celles et tous ceux qui sont victimes de l'abus de pouvoir.

 

La justice est un bien précieux mais c'est aussi un bien fragile qui demande l'engagement de tous.

Je sais que la vérité triomphera.

Je vous remercie"

                                                                                                                                                                                             Dominique de Villepin

jeudi, 29 janvier 2009

A propos d'un commentaire concernant Dominique de Villepin

Je ne résiste pas au plaisir de publier ce jour une réflexion que m’inspire un commentaire concernant mes derniers propos sur Dominique de Villepin.

 

 

Madame,

 

Je crois percevoir dans vos propos ce que vous semblez vouloir dire.

Je me permets d'y apporter quelques éléments de réponse.

 

1- Ayant été, selon vous, un excellent Ministre des Affaires étrangères, Dominique de Villepin aurait dû y rester... D'abord, permettez moi de vous dire que nous nous retrouvons sur un point : Dominique de Villepin est, lui, un excellent diplomate en effet. Pour autant, aurait-il dû rester aux Affaires étrangères. Evidemment, non. Non, parce que son passage au Ministère de l'Intérieur, puis à Matignon a prouvé que grâce à son action déterminée et à sa vision de la France, il obtenait des résultats concrets et tangibles dans bien d'autres domaines que la diplomatie : baisse de la délinquance, aménagement du territoire, vitalité économique, puis, et ce n'est absolument pas contestable : baisse de la dette et des déficits, baisse du chômage, compétitivité accrue de la France, modernisation de notre protection sociale, tout en confortant la pérennité de notre modèle social, patriotisme économique, égalité des chances et diversité....

 

Par ailleurs, selon votre théorie, un bon responsable devrait donc rester dans son champ de compétences. Selon vous, donc, la France aurait du se priver du Général De Gaulle (trop bon militaire), de Georges Pompidou (trop bon Premier ministre), de VGE (trop bon aux finances)... Quant à Nicolas Sarkozy, vous semblez insinuer qu'il eût été préférable qu'il restât Ministre délégué au Budget...

 

Bref, les faits ont donné raison au Président CHIRAC qui a bien fait de faire profiter à la fois notre pays et son économie de la volonté de ce grand diplomate.

 

2 - La dissolution... Ah qu'il est aisé de trouver le coupable ! L'histoire nous incite à nous méfier de la stratégie du bouc émissaire... Avant tout, laissez-moi vous rappeler que la dissolution est un pouvoir propre du Président de la République, qui signe seul la dissolution de l'Assemblée Nationale après avoir recueilli l'avis des Présidents des Chambres. Et Alain Juppé, puisque vous le citez, n'est pas resté dans l'histoire comme étant tout à fait étranger à l'affaire ! Par ailleurs, qui pourrait s'offusquer qu'en tant de crise économique, politique et sociale d'une gravité assez marquée, qui pourrait s'offusquer de redonner la parole au peuple français pour lui demander de faire un choix sur les grandes orientations politiques de notre pays ? Plutôt que de s'en offusquer, je pense que certains feraient mieux de s'en inspirer...

 

Bref, je pense, au final, que vos arguments, chère Madame,ne peuvent que me conforter dans mes convictions : le charisme, l'élégance, le projet politique et la vision de la France sont des qualités peu répandues dans la classe dirigeante. Et que dire lorsque ces qualités vont de pair avec des résultats concrets et positifs pour notre pays, fussent-ils le fruit de la « fainéantise » ?

 

Personne, en ce jour de grave mécontentement social, ne saurait dire que la France se porte mieux aujourd'hui qu'elle ne se portait il y a deux ans...

 

 

lundi, 30 juin 2008

Un homme exceptionnel, une famille remarquable, une émission de qualité rare

Un moment rare, celui que nous a donné cette belle chaîne publique, France 2, pour relater « Un jour, un destin : Chirac intime ».

D’abord, je trouvais audacieux de vouloir résumer en 120 minutes les ressorts profonds d’un homme qui m’a semblé toujours en retrait de toute exposition publique et médiatique. Ce qui ne constitue que le corolaire d’une éthique et d’une éducation qui faisaient prévaloir la dignité et l’absolue obligation de ne pas afficher ses problèmes personnels. (Vais-je m’affranchir de cette obligation en disant que cette ligne de conduite est modestement  celle que j’ai adoptée tout au long de ma vie?)

Je trouve que la famille Chirac, éprouvée, a montré une solidarité qui ne peut que forcer l’admiration des Français.

Toute cellule familiale subit des bonheurs et des malheurs, et ma conviction très profonde est que tout doit se résumer au carnet du jour du Figaro et/ ou du Monde. Point barre.

Un homme politique qui parvient à la fonction suprême s’extrait de toutes ses contingences privées, sinon la France peut se faire du souci !

L’attitude de Jacques Chirac, lors des tournants de sa carrière, qui sont ceux que les Français lui ont imposés, bons ou moins bons, est celle qui devrait faire l’admiration des écoliers des années à venir : s’obliger au calme, à l’impavidité, au respect de tous. Et peut-être montrer, comme lors de la passation des pouvoirs, le 16 mai 2007, que son objectif premier n’était pas celui des photographes, comme le lui indiquait d’un index qui deviendra célèbre, celui de son successeur, mais celui de se montrer digne.

Jacques Chirac a tourné la page, comme le dit un intervenant. Bien sûr, mais qui ne la tourne pas ? et parfois plus vite que Jacques Chirac !

De mauvais esprits glosent qu’il lui a fallu trois élections pour se faire élire. Il est vrai qu’en face de lui se présentaient de vrais ténors d’opposition. Plus tard, ce fut plus facile ..« à vaincre sans péril, on triomphe sans gloire »…

Certes, en 1995, il affrontait son ami de trente ans…ami qui d’ailleurs m’a donné des leçons  d’union et de solidarité et m’a reproché de « n’avoir jamais fait le bon choix » ! (sic. Marché de Grenelle), sauf qu’en 2001, soutenant René Galy-Dejean, j’avais déjà montré ma détermination à ne pas souffrir la pensée unique…

Je ne veux pas m’égarer (j’aurai l’occasion de relater mes observations dans un avenir proche).

Pourquoi, comme la majorité actuelle des Français, j’aime Jacques Chirac ?

Parce qu’il me représente, parce qu’il incarne la bonne éducation que mes parents m’ont donnée, celle que je veux transmettre à ma descendance : faire front, rester impassible devant les évènements, ne pas étaler sur la place publique mes soucis et mes satisfactions (notamment lorsque je pressens celles-ci transitoires)… Ainsi,  je préfère ne pas voir célébrer lors d’un 14 juillet la beauté d’une première dame de France qui ne sera qu’éphémère ( je parle de la beauté!).

Enfin, ce que j’appréciais chez Jacques Chirac en représentation  à l’étranger, c’était sa tenue dans les salons officiels. Je ne l’ai jamais vu croiser les jambes en mettant le pied sur le genou opposé. Ces réflexions paraitront vénielles à certains thuriféraires. Il n’empêche que rares sont les présidents à exposer leurs chaussettes de cette façon!

La dimension d’un homme politique se mesure à l’image qu’il donne, à la transmission de ses valeurs, à l’empreinte qu’il laissera à la postérité. Et là, je n’en vois pas beaucoup à pouvoir rivaliser avec Jacques Chirac. Outre la politique étrangère qu'il a donnée à la France, et où il a fait un sans faute (sur 12 ans, ce n'est pas si mal), il laissera une trace indélébile dans l’histoire de la France et dans celle du monde par sa considération de de  tout un chacun, par sa réelle empathie, par le respect du dialogue des cultures et par son souci de favoriser touts les civilisations à vivre ensemble en paix.

Merci Monsieur le Président.